‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 142 sur 159 · FORME DES EMBRYONS HUMAINS TRES JEUNES · texte numérisé non relu

FORME DES EMBRYONS HUMAINS TRES JEUNES

pementde l’amnios. Si le pédicule est situé chez l’Homme à l’extrémité postérieure de l’axe de l’embryon, c’est que l’amnios s’est fermé non pas vers le milieu du dos, mais tout à-fait en arrière de la face dorsale de l’embryon. Le mésoblaste de la ligne primitive se prolonge en arrière dans l’axe de l’embryon jusque dans la région d’insertion de l’aire germinative au trophoblaste ; ce mésoblaste étant dans le plan médian n’est pas atteint par la fissuration cœlomique. Or c’est ce mésoblaste qui, chez les Sauropsidés, prend part à la formation de l’allantoïde, et il en est de même héréditairement chez les Mammifères et chez l’Homme. Ainsi se trouvent remplies toutes les conditions grâce auxquelles, la connexion primitive entre le trophoblaste et l’embryon persistant, mais se déplaçant en arrière et changeantde forme, il peut se former un support mésoblastique dans lequel végète l’allantoïde et que suivent les vaisseaux ombilicaux pour se diriger vers la surface du blastocyste et la vasculariser.

La forme des plus jeunes embryons humains observés sera étudiée plus tard, quant aux divers reliefs que présente la surface du corps, et qui sont les ébauches d'autant d'organes. Mais il est certains caractères généraux offerts par la forme de l'embryon humain, qu’il est bon de signaler dès maintenant. L'embryon humain présente une flexion crânienne, une légère torsion spirale de l'axe du corps et une incurvation à convexité dorsale, pareilles à celles que l’on observe chez les autres Mammifères.

Mais la dernière disposition n'est acquise que dans des stades relativement avancés. Chez de très jeunes embryons, il existe tout au contraire une incurvation à concavité dorsale, qui paraît augmenter avec l'âge, à en juger par les documents incomplets que nous possédons, pour faire place à la courbure à convexité dorsale. Cette courbe à concavité dorsale est en effet peu marquée dans l'embryon (fîg. 206) décrit par His; elle l’était au contraire beaucoup dans l’embryon étudié par Chiarugi, à tel point que le sommet de la courbe formait une sorte de genou plongeant dans la vésicule ombilicale ouverte à ce niveau dans l’intestin. Rappelons que l’embryon de plusieurs Mammifères offre aussi une légère concavité dorsale correspondant à l’orifice intestino-vitellin, et que chez les Rongeurs h feuillets invertis cette courbure est très accentuée.

Un autre caractère qui pourrait être distinctif de l’embryon humain serait l'absence de tout prolongement caudal de l’extré-

ÉLÉMEXTS D'EMBRYOLOGIE

ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME

mité postérieure du corps ; l’embryon humain n’aurait pas de queue. Une telle question a été vivement débattue par His et Ecker, comme devant être pour la morphologie du corps humain d’une importance considérable ; à Fol elle a paru tout au contraire oiseuse, et sans portée un point de vue phylogénétique.

L’existence de formes tératologiques de l’œuf et de l’embryon humain a été établie par His. Nous avons vu plus haut déjà d’ailleurs qu’il était possible que nombre d’embryons réputés normaux dussent être considérés comme monstrueux.

His, étudiant les embryons humains monstrueux, a même pu, d'après leur configuration extérieure, en décrire plusieurs types : conoïde, cylindroïde, etc. Le caractère commun de toutes ces formes monstrueuses, qui permet de les distinguer des embryons normaux, c’est le manque des reliefs dont est accidentée la surface du corps de ceux-ci (fig. 211 et 212), et, à la coupe, l’absence d’organes nettement délimités. Depuis His, des observations d'embryons monstrueux ont été faites par Giacomini, Romiti, Nicolas, Kollmann. L’embryon de Preuschen (fig. 211) considéré comme nor^

Fig. 211. — Embryon humain (d’après Preuschen). — al, soi-disant (( allantoïde libre » de l’auteur. — p, pédicule cutané.

Fig, 212. — Embryon humain monstrueux,

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