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CHAPITRE II

Maturation et Fécondation

« Des œufs tels qu’ils ont été décrits précédemment ne sont pas encore capables de se développer, alors même qu’ils ont atteint leur taille normale. Si on leur ajoute du sperme mûr, ils demeurent stériles. En un mot, ils ne sont pas encore mûrs. Pour pouvoir être fécondés, ils doivent auparavant subir une série de transformations que l’on rassemble sous le nom de phénomènes de maturation » (O. Hertwig).

Le plus important de ces phénomènes consiste dans la production de certaines formations empruntées essentiellement à la tache germinative et accessoirement au reste du noyau ainsi qu’au vitellus. Ces formations étant habituellement rejetées au dehors par l’œuf, la maturation nous apparaît ainsi comme un phénomène de réduction des parties constitutives de l’œuf et principalement de ses éléments chromatiques. Les corps ainsi éliminés par l’œuf, que Carus passe pour avoir découverts, ont été nommés par Fr. Muller vésicules de direction parce qu’ils se trouvent toujours situés en un point par lequel passera plus tard le premier sillon qui segmente l’œuf ; ce point étant toujours proche du pôle animal de l’œuf. Robin a pu nommer les vésicules de direction globules ou corpuscules polaires.

On a été amené naturellement à penser que cette maturation, le spermatozoïde a dû aussi l'acquérir, et, comme l’oeuf, au prix de l’élimination de certaines de ses parties. La maturation des spermatozoïdes n’est d’ailleurs pas nécessairement, comme celle de l’œuf, un phénomène de la dernière heure, précédant immédiatement ou accompagnant même la fécondation. C’est qu’en effet le spermatozoïde a été constitué à la suite des divisions répétées d’une cellule-mère séminale primordiale en cellules spermatiques ;

MATURATION ET FÉCONDATION

puis chacune de celles-ci, en subissant une série de différenciations, est devénue un spermatozoïde. Dans le premier temps de la spermatogenèse, plusieurs étapes successives de la maturation ont pu être franchies par les diverses générations cellulaires desquelles le spermatozoïde descend. On est autorisé à croire que lors de la division cellulaire, il se fait une élimination de certaines parties du noyau ; pour le cas spécial de la division des cellules séminales, le fait a été observé par E. van Beneden, qui a constaté à ce moment le rejet de « corps résiduels » qu’il compare aux globules polaires de l’œuf. La cellule spermatique, le futur spermatozoïde, a donc déjà reçu en héritage un certain degré de maturité. Au second temps de la spermatogenèse, celui de l’ontogenèse même du spermatozoïde, la cellule spermatique, pour se différencier en spermatozoïde, a dû subir des réductions et des transformations, dans lesquelles on peut voir les phénomènes ultimes de la maturation. C’est ainsi que le protoplasma, réduit et détourné de sa signification primitive, devient la queue et les enveloppes caudales du spermatozoïde; le corpuscule accessoire a eu le même sort; la tête même, d’après Fürst, rejetterait dans la queue une partie de sa substance chromatique. On peut penser que, par tous ces phénomènes, en même temps que le spermatozoïde se fabrique des organes de locomotion utiles et s’équipe à la légère pour aller au devant de l’œuf, il parfait sa maturation.

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