PHÉNOMÈNES GENERAUX DE LA SEGMENTATION
C’est seulement au moment où les éléments chromatiques du noyau se partagent en deux éléments jumeaux, destinés respectivement à l’une et à l’autre des deux premières cellules embryonnaires, qu’elle fait commencer la division de l’œuf. Ce moment est actuellement arrivé. En effet, sur le dessin 5 de la figure 7, qui fait suite à N 4 dans la figure 6, on voit chacune des anses chromatiques se scinder suivant sa longueur en deux ansesfilles parallèles ; c’est là le phénomène de la division longitudmale. Chacune de ces anses-filles s’éloigne de l’équateur du fuseau et en gagne l’un des pôles (6). Dès lors le noyau de l’œuf est divisé, du moins dans ses éléments les plus importants, les éléments chromatiques. Les deux groupes jumeaux d’anses-filles vont chacun vers un pôle du fuseau (7). Les anses, dirigeant alors leur sommet vers la pointe du fuseau, se montrent alors, vues des pôles, groupées en une étoile, en un aster, et comme il y a à chaque pôle du fuseau une étoile de ce genre, ce stade est dit dy aster (8). Les anses, se réunissant ensuite par leurs extrémités, forment à chacun des pôles du fuseau un peloton ou spirème ; les deux pelotons ainsi constitués font donner à ce stade le nom de dispirème (ù). Chaque peloton devient bientôt un réseau, et le noyau-fdle est constitué à Y état de repos. Le schéma suivant, emprunté à Flemming, marque les différentes étapes de la caryocinèse.
noyau-mère
charpente-repos
forme en peloton spirème
Ch
forme en étoile aster
noyau- fille charpente-repos
forme en peloton dispirème
forme en étoile dyaster
plaque équatoriale métakinèse de Flemming métaphase de Strasbürger
Le noyau de l’œuf est désormais segmenté. La segmentation du vitellus suit de près celle du noyau : à la caryodiérèse succède la plasmodièrèse de l’œuf. Celle-ci se fait au prix d’une « plaque cellulaire », bien décrite surtout par Carnoy chez Ascaris mega -
locephala , et que l’on a vue ailleurs. La plaque cellulaire peut rester simple ; ou bien, en se clivant, elle se dédouble. Dans ce dernier cas les deux cellules-filles s’écartent l’une de l’autre, laissant entre elles un sillon, le premier sillon de segmentation ; et le vitellus s’étrangle, dans toute l’étendue de la plaque cellulaire dédoublée. La plaque cellulaire occupe le plan de l’équateur du fuseau actuellement disparu; par suite le premier sillon de segmentation, résultat du dédoublement de la plaque cellulaire, aura la même direction, et passera lui aussi par le plan équatorial de l’ancienne figure caryocinétique.
11 résulte des processus qui viennent d’être décrits la formation aux dépens de l’œuf de deux cellules-filles ou blastomères, ou encore cellules de segmentation; si le sillon qui les sépare devient très profond et si les cellules-filles perdent toute ou à peu près toute connexion, elles tendent à prendre une forme arrondie ou à. peu près arrondie, et peuvent être nommées alors sphères de segmentation.
Chaque cellule de segmentation renferme un noyau qui contient la moitié de la substance chromatique du noyau de l’œuf. Or van Beneden a montré que celle-ci est constituée par quatre anses, dont deux mâles dérivant du pronucléus mâle, et deux femelles fournies par le pronucléus femelle. Il en résulte que chaque noyaufille, après la division longitudinale des anses chromatiques du noyau-mère, possède deux demi-anses mâles et deux demi-anses femelles. Quand ce noyau-fille se divisera à son tour, il partagera sa chromatine mâle et sa chromatine femelle à ses descendants, et ainsi de suite. L’hermaphrodisme du noyau de l’œuf se maintiendra donc lors des divisions successives de ce noyau ; tous les noyaux qui dériveront de lui seront hermaphrodites (van Beneden). Cette importante doctrine, fondée sur l’observation des faits, se trouve représentée par le schéma ci-contre (1).
(1) Certains faits ont été apportés, depuis que van Beneden a fait connaître ses vues, à l'appui de l’hermaphrodisme des noyaux embryonnaires ; nous n'en citerons qu’un seul. Bôhm chez les Cyclostomes a montré que les éléments chromatiques mâles (qu’il appelle cc spermatomérites » ) et les éléments chromatiques femelles (qu’il nomme cc ovomérites ») sont disposés en deux groupes distincts, formant ainsi une figure dicentrique ; que si la figure ne changeait pas d'orientation, le plan de division du noyau de l’œuf et