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NATURE DE LA SEGMENTATION

L’hermaphrodisme des noyaux embryonnaires qui descendent du noyau de l’œuf ne cesse pas de s’imposer comme une conséquence nécessaire des phénomènes de fécondation et de segmentation, si, n’acceptant pas de considérer avec van Beneden la fécondation comme due à la juxtaposition dans

Fig. 8. — Schéma de l'hermaphrodisme du noyau de l'œuf et de ses descendants.

l’œuf des anses chromatiques mâles et des anses chromatiques femelles d’ailleurs toujours distinctes, l’on se rallie à la théorie d’Hertwig et l’on soutient que dans la fécondation il y a fusion intime des chromatines sexuelles. Ici encore et plus encore peut-être que tout à l’heure, on se voit obligé de conclure à l’hermaphrodisme des noyaux embryonnaires.

Le processus par lequel vont se partager à leur tour les deux premiers noyaux embryonnaires et le protoplasma qui les entoure, continue d’être celui de la caryodiérèse (séparation du noyau), s’accompagnant de figures caryocinétiques typiques, et celui de la plasmodiérèse (séparation du protoplasma) (1). Les mêmes phéno-

du vitellus couperait la figure dicentrique perpendiculairement à son axe, de telle sorte que Tune des cellules de segmentation ne contiendrait que des ovomérites et l'autre uniquement des spermatomérites ; mais que, par suite d’une rotation de 90° que la figure éprouve, le plan de division partage en deux chacun des groupes d’ovomérites et de spermatomérites, et assure ainsi à chaque cellule embryonnaire une quantité de chromatines mâle et femelle équivalente à celle que possédera l’autre.

(1) Toutefois, si l’on en croit Boveri, les deux premières cellules de segmentation se distinguent l'une de l’autre dès qu’elles se préparent à une division ultérieure : l'une d'elles seule se comporte à la manière habituelle. L'une des cellules A montre en effet à nouveau quatre anses chromatiques, comme le noyau et l’œuf lui-même ; l’autre B ne

LA SEGMENTATION

mènes se répètent successivement un grand nombre de fois. C’est à leur ensemble qu’on a donné le nom de segmentation. Celleci est donc un processus de division nucléaire suivie le plus souvent de division cellulaire, par lequel se trouvent constituées en plus ou moins grand nombre des cellules dites de segmentation qui constituent les premiers rudiments du corps embryonnaire; ces cellules descendent toutes directement, ainsi qu’O. Hertwig l’a soutenu le premier catégoriquement, d’un ancêtre commun, l’œuf.

Au point de vue de la morphologie générale, la segmentation de l’œuf est en somme un simple phénomène de multiplication cellulaire, comme Kolliker et Remak les premiers l’ont soutenu. Les nombreux cas connus aujourd’hui chez les Vertébrés d’une segmentation sans fécondation préalable (segmentation parthénogénétique) en sont une preuve, puisqu’ici, en l’absence de toute influence sexuelle, la cellule-œuf se multiplie. Mais cette multiplication ne peut, dans ce cas, être le point de départ d’une évolution embryonnaire complète.

Si nous venons d’insister sur les considérations qui précèdent, c’est qu’il s’en faut, ainsi que va nous le montrer un coup d’œil historique rapide, que ces données, qui nous paraissent hors de contestation aujourd’hui, aient toujours régné dans la science. On connut de très bonne heure l’existence des cellules de segmentation, sans reconnaître toutefois la véritable signification du phénomène de la segmentation : von Baër par exemple, qui avait vu ce phénomène, ne savait s’il devait le considérer comme une manifestation de l’activité vitale de l’œuf, ou s’il fallait y voir un processus ayant pour but de soumettre toutes les portions de la masse vitelline à l’action des parties constituantes liquides et volatiles de la matière fécondante. Si les phénomènes extérieurs de là segmentation étaient à cette époque connus, quoique généralement mal interprétés, il n’en était pas de

les fait voir qu’indistinctement, et plus tard sa chromatine se résout en granules. Les cellules de segmentation qui dérivent de la cellule B continuent à offrir le même caractère, tandis que de la cellule A proviennent deux cellules Al et B 1, munies de quatre anses chromatiques chacune. Mais B 1 se comportera comme B, A 1 comme A. Boveri veut voir dans ce fait une continuation de la théorie de Nussbaum et de Weismann, sur la différenciation des cellules sexuelles, les cellules à anses chromatiques nettes (A, Al, etc.) étant seules, d’après lui, les cellules sexuelles. Ajoutons que Boveri, dans son récent travail, ne rappelle pas ce fait intéressant, qu’il eût été cependant important de maintenir.

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