APERÇU HISTORIQUE SUR LA SEGMENTATION
même des processus intimes delà segmentation, en particulier de ceux qui intéressent l’élément nucléaire. On croyait que, de même que la vésicule germinative disparaissait avant l’émission des globules polaires, le noyau de l’œuf fécondé se dissolvait à son tour, et qu’il s’en formait à nouveau et de toutes pièces un dans chaque cellule-fille. C’était l’époque où régnait la théorie delà « formation libre ». Cependant, dès cette période, on trouve des auteurs (v. Baër, Kôlliker, J. Müller, etc.) pour soutenir que le noyau de l’œuf ne se détruit pas, mais s’étrangle en s’allongeant et prend ainsi une forme en biscuit, puis une forme d’haltère, et, l’étranglement se prononçant de plus en plus, finit par se trouver partagé en deux moitiés; cette division du noyau provoque celle du protoplasma qui la suit de près. C’est ce qu’on appelait alors la « scissiparité » du noyau. Dès ce moment, les observations sur la division de la cellule et de son noyau se multiplient ; les œufs sont parmi les objets de recherche les plus étudiés. Dans les œufs envoie de segmentation comme dans les cellules des tissus en train de se diviser, on trouve des figures spéciales, des fuseaux, des asters. Auerbach, qui fut des premiers à observer ces formations, proposa de les nommer « figures karyolytiques » (de Xu<o , je dissous), parce que selon lui ce n’étaient là que des phénomènes préparant la dissolution du noyau ; cet auteur est obligé d’admettre ensuite, comme on le faisait autrefois, la formation libre des noyaux- filles. Un grand nombre de travaux cependant aboutissent à une autre conclusion ; les figures en fuseau sont l’indice non d’une prochaine destruction du noyau, mais d’un remaniement, d’une métamorphose de la substance nucléaire ; cette transformation s’accompagne de mouvements des éléments constituants du noyau ; de là l’expression de « caryocinèse »
( xiv7)<jiç mouvement), qu’on impose dès cette époque à ce phénomène. La segmentation est une division cellulaire indirecte, pareille à celle que l’on trouve en d’autres cellules ; cette division est dite « indirecte » parce qu’elle ne consiste pas purement et simplement en une séparation ou scissiparité « directe » de la cellule et de son noyau en deux moitiés, mais qu’elle ne peut s’effectuer qu’indirectement, au prix de transformations profondes dans la constitution intime du noyau qui se manifestent extérieurement par l’apparition de figures caryocinétiques. Flemming, O. Hertwig, Fol furent des premiers à établir les faits actuellement reconnus au sujet de la division indirecte des éléments cellulaires; et comme les objets de leurs recherches étaient des œufs en voie de segmentation, on put dire dès ce moment que la division indirecte représentait le mode de la segmentation.
LA SEGMENTATION