LA COUCHE DE RAUBER
épithéliale hypoblastique. Au stade de la fig. 75, la tache embryonnaire n’est, comme le reste du gastrodisque, que didermique, et cela malgré la présence entre ces deux feuillets d’une masse cellulaire considérable. Cet amas de cellules va cependant s’organiser bientôt en un véritable feuillet qui, intermédiaire à l’épiblaste et à l’hypoblaste, prendra naturellement le nom de « mésoblaste » .
Fig. 75. — Vésicule blastodermique plus âgée que la précédente , schématique selon la description de TAN Beneden.
Le gastrodisque s’est ici étendu à tout l’hémisphère supérieur, de la vésicule, de x à y. — Il s’y montre constitué par deux feuillets, l’épiblaste ep. et l’hypoblaste définitif hp\ La région centrale de ce gastrodisque, ou tache embryonnaire, de a à p, est aussi didermique, formée par l’épiblaste et l’hypoblaste définitif. Mais elle contient en outre entre ces deux feuillets une masse cellulaire, partie non différenciée du reste vitellin.
Fig. 76. — Stade tridermique de la vésicule blastodermique du Lapin , schématique, selon van Beneden. Même signification des lettres que dans les fig. 74 et 75. — ep\ épiblaste embryonnaire ou définitif.
La tache embryonnaire est dès lors tridermique, et se distingue par là de la zone périphérique du gastrodisque, qui n’est que didermique, et du reste de la vésicule germinale qui est seulement monodermique (fig. 76).
Jusqu’à ce moment, l’ectoblaste de la tache embryonnaire ne se distinguait en rien de celui qui recouvrait le reste du germe. Mais bientôt, l’ectoblaste de la tache embryonnaire, plus brièvement nommé « ectoblaste embryonnaire », change de caractère; de pavimenteux qu’il était (fig. 74 et 75), il devient cylindrique (fig. 76 ep’). Dès lors l’ectoblaste embryonnaire, qui partageait
DESTINÉE DES FEUILLETS PRIMAIRES
naguère les caractères primitifs de l’ectoblaste du germe entier, a pris des caractères spéciaux qui lui sont définitivement acquis, et qui font de lui, par opposition avec l’ectoblaste primitif, un ectoblaste définitif. Les deux coupes ci-contre sont destinées à montrer les transformations que subit l’épiblaste au niveau de la tache embryonnaire (fig. 77). L’épiblaste, encore pavimenteux en A, est devenu cylindrique en B.
Fig, 77. — Coupe d’une- aire embryonnaire du Lapin en deux stades successifs (d’après van Benedex).
Les cellules ectoblastiques, encore aplaties en A sont devenues cylindriques en B. — e, ectoblaste. — m,-
mésoblaste. — i, entoblaste.
En somme, d’après van Beneden, Lectoblaste embryonnaire ou définitif se forme purement et simplement aux dépens d’une région déterminée, correspondant à la tache embryonnaire, de l’enveloppe de la vésicule blastodermique ou ectoblaste primitif; il en est une portion histologiquement différenciée.
Avec Rauber, Lieberkühn, Heape, Kolliker, etc., il en est tout autrement de la destinée de l’ectoblaste primitif et de l’origine du feuillet externe de l’embrvon.
Rauber est le premier observateur qui ait vu que l’enveloppe cellulaire, ectoblastique, de la vésicule germinale se prolonge sur la tache embryonnaire. Mais en même temps Rauber faisait de cette couche mince qui revêt la région embryonnaire une formation tran-
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Fig. 78 . — Coupe d’une aire embryonnaire du Lapin au 5e jour (d’après Koelliker).
Ra, couche de Rauber. — ec, ectoderme. — en, entoderme.
sitoire, qu’il nomma couche recouvrante et qu’on a depuis appelée couche de Rauber. Cette assise superficielle de cellules plates (fig. 78, Ra), qui tapisse la surface de la région embryonnaire, n’est