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LA COUCHE DE RAUBER

point cependant pour Rauber l’ectoblaste de l’embryon. Celui-ci est en effet placé au-dessous de la couche recouvrante, et représenté par une assise de grosses cellules cubiques (ec) sous lesquelles se trouve la couche entoblastique, formée de cellules larges et plates (en).

Rauber ne considérait pas sa couche recouvrante comme étant simplement le prolongement de l’enveloppe générale du germe, la portion embryonnaire de l’ectoblaste primitif, mais il en faisait une couche spéciale, dérivée du reste vi tellin, qui se diviserait en trois assises : une profonde, entodermique, une moyenne ectodermique, une superficielle enfin représentant la couche recouvrante. La couche de Rauber n’a plus reçu de la part de Lieberkühn, Kolliker, Kupffer, etc., la même interprétation. Pour ces observateurs, la couche recouvrante n’est que la partie embryonnaire de l’ectoblaste primitif. Il s’en faut cependant qu’elle devienne directement l’ectoblaste définitif ou embryonnaire, après une simple différenciation de ses éléments, comme nous avons vu van Beneden le soutenir.

Parmi les embryologistes précités, quelques-uns ont pensé que la couche de Rauber s’emploie à la constitution de l’épiblaste embryonnaire qu’elle ne contribue que très accessoirement à former, tandis que cet épiblaste doit essentiellement son origine à une assise superficielle du résidu vitellin. Tel fut l’avis de Lieberkühn, de Balfour, de Ileape.

Voici comment, suivant Lieberkühn, les choses se passeraient : le résidu vitellin, recouvert par la couche de Rauber, séparé d’elle d’ailleurs par une cavité sur la signification de laquelle nous nous sommes expliqué,

Fig. 79. — Coupe de la tache embryonnaire de la Taupe (d’après Lieberkühn).

ecpr, couche de Rauber ou ectoderme primitif. — ec, en, assises ectodermique et entodermique du reste

vitellin.

se divise en deux couches, dont l’une profonde, formée- d’une assise de cellules plates, devient l’entoderme, tandis que l’autre, plus superficielle, est constituée, au moins chez la Taupe, par plusieurs rangées superposées (fig. 79, ec, en). Plus tard, la couche de Rauber, à laquelle Lieberkühn

DESTINÉE DES FEUILLETS PRIMAIRES

donne le nom d’ectoderme primitif (ecpr), disparaît en tant qu’assise distincte. L’auteur pense cependant que les éléments de cette couche ne se détruisent pas, mais se confondent ultérieurement avec les cellules delà couche ectodermique issue du reste vitellin, pour former l’ectoderrne embryonnaire ou définitif.

Balfour, ayant observé, quant à la constitution de l’épiblaste embryonnaire du Lapin vers le septième jour, l’existence de deux assises de cellules, dont l’une superficielle n’est représentée que d’une façon très incomplète par quelques éléments à grand axe tangentiel et disséminés çà et là (fig. 80, r), taudis que la seconde assise profonde est constituée d’éléments

Fig. 80. — Coupe des feuillets chez un Lapin de 6 jours et 9 heures, intéressant l’aire embryonnaire (cVaprèg

Balfour).

r, éléments de la couche de Rauber. — ec, ectoblaste. — en, entoblaste.

columnaires disposés en une couche continue (ec), a pensé que la première correspondait à la couche de Rauber, dont les éléments sont en train de s’intercaler à ceux de la seconde assise; celle-ci est formée aux dépens du reste vitellin dont elle représente la couche ectoblastique.

D’autres observateurs ont au contraire affirmé que la couche de Rauber n’a qu’une existence transitoire, au moins dans lescas habituels, et qu’en tout cas elle ne contribue jamais à la formation de l’ectoblaste embryonnaire, que constitue exclusivement le reste vitellin. On se souvient que telle était l’opinion de Rauber luimême, à laquelle depuis se sont ralliés Kôlliker et Kupffer. Chez certains Mammifères seulement (les Rongeurs), la couche de Rauber (fig. 81, ecp) persiste et s’accroît même en un certain endroit pour constituer un organe spécial, le « suspenseur » de l’embryon (lig. 81, III). Dans la figure 81, outre la persistance de l’épiblaste primitif ou couche de Rauber, caractéristique du développement des Rongeurs, on voit comment, selon Kupffer, une partie du reste vitellin fournit l’ectoderme définitif ( ecd ), tandis que ce qui reste du résidu vitellin devient l’entoderme (en).

Contrairement à van Reneden donc, la majorité des auteurs pensent que la couche de Rauber n’intervient nullement ou seule-

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