G. — INTERPRÉTATION DES FAITS
Avec le secours des considérations générales qui précèdent, nous pouvons aborder à présent l'interprétation des faits que nous ont révélés les coupes do Vertébrés (1).
Amphibiens. — Les dispositions que nous avons trouvées chez les Amphibiens sont faciles à interpréter (2).
Si dans la figure 85 A, schématisée (pl. 1, A), l’on part du point d répondant au bouchon vitellin, on peut passer au mésoderme viscéral (m2) et de là au mésoderme pariétal (m1), pour aboutir sur les bords de la bouche primitive.
Dans la figure 86 A, rendue schématiquement (pl. I, G), partant du point auquel aboutit la ligne ic, nous voyons que la couche cellulaire ic, qui n'est autre que l’entoblaste formé par les cellules vitellines, c’est-à-dire un entoblaste vitellin, se réfléchit pour se continuer avec le feuillet viscéral du mésoblaste ( m 2). Nous verrions celui-ci, si la coupe était représentée dans sa totalité, se recourber pour passer au feuillet pariétal du mésoblaste (mh). Le feuillet pariétal se continue à son tour en se réfléchissant sur la corde dorsale [ch). Les observations de Bellonci (voy. fig. 87), d’après lesquelles le mésoblaste est une masse pleine, non clivée en deux feuillets, ne sont pas pour nous un obstacle sérieux. Nous savons en effet comment les Hertwig entendent interpréter de pareilles images (voy. p. 175-176). Il suffit pour les obtenir d’appliquer l’un contre l’autre les deux feuillets du mésoblaste, comme il suffit de les écarter pour pouvoir distinguer toujours, dans une masse mésoblastique en apparence pleine, deux lames pariétale et viscérale, séparées par une fente cœlomique. Quant à la corde dorsale elle forme temporairement sur la ligne médiane le toit, incurvé en gouttière, de la cavité intestinale. Quand plus tard (fig, 86, B et C), les deux bords internes de l’entoblaste vitellin (ic) se prolongeant en dedans et se rencontrant au-dessouè de la corde, le cœlome et la goutière cordale se sont séparés de l’intestin primitif, quand, en d’autres termes, l’intestin définitif est
(1) Cette interprétation sera loin d’être complètement satisfaisante. Il est actuellement impossible de donner catégoriquement la raison d’être et d’expliquer le moins faciendi de la plupart des dispositions que présente la gastrula des Amniotes, compliquée de la formation du mésoderme et de la corde dorsale. Ainsi que le fait justement observer Keibel, ni les spéculations de Rabl (rapportées plus haut et développées dans un travail étendu intitulé « théorie du mésoderme »), ni les vues de van Beneden (exposées brièvement au congrès anatomique de Würzbourg et destinées à faire l’objet d’un travail in extenso à paraître ultérieurement) ne peuvent fournir une explication pleinement acceptable des faits si compliqués offerts par les Vertébrés supérieurs. On comprend donc toutes les réserves que comporte la tentative d’interprétation qui va suivre.
(2) Nous entendons nous limiter ici à l’interprétation des faits décrits par O. Hertwig.