CANAL NEURENTERIQUE DES REPTILES
termes il se fait un mouvement général de recul de tous les organes, qui envahissent déplus en plus la ligne primitive. La lumière du tube médullaire s’y enfonce toujours davantage, tandis que ses parois s’individualisent sur une étendue de plus en plus grande. Le canal neurentérique recule d’une façon parallèle. Les racines de la corde continuent à se souder au-devant du canal pour allonger l’ébauche cordale, tandis que derrière lui elles se reconstituent incessamment. En même temps se fait sur une longueur toujours plus considérable la délimitation des organes : tube médullaire, corde et entoderme sur la ligne médiane; mésoderme latéralement.
Les parois du canal neurentérique s’employant à la fois, par leur région dorsale à l’accroissement du tube nerveux (de m à m’, fîg. 134), par leur région ventrale à rallongement de la corde (de c/ià ch\ fig. 134) et par suite du tube digestif que la corde surmonte, le canal, dont la forme était d’abord celle d’un ^ à branche dorsale plus courte que la branche ventrale, se réduit, tout en reculant, à la portion en anse qu’affecte une direction verticale; aussi peut-on concevoir qu’à ce stade le canal neurentérique puisse être compris dans une seule coupe verticale et transversale. La cause en est que les pertes que subissent les parois du canal neurentérique en se différenciant en tube médullaire et corde dorsale cessent à un moment donné d’être compensées par l’appoint cellulaire de la ligne primitive.
Le canal neurentérique parfait que nous venons de décrire persiste assez longtemps chez les Reptiles, d’après les recherches de Hoffmann.
Plus tard, au lieu que, ainsi que c’était le cas pour les Vertébrés plus inférieurs, l’orifice supérieur du passage neurentérique s’oblitérant et la communication avec le tube médullaire se trouvant rompue, le canal neurentérique demeurait ouvert inférieurement dans l’intestin et représentait un diverticule de celui-ci, l’intestin caudal ou post-anal, ici, d’après les recherches de Strahl, c’est à partir du tube digestif que se fait la régression du conduit neurentérique devenu intestin caudal, c’est avec le tube digestif qu’il cesse d’être en rapport, tandis qu’il continue à s’ouvrir dans le tube médullaire ; il représente ainsi un diverticule non pas de
CONSTITUTION DE L’EMBRYON
l’intestin, mais du tube nerveux, et à ce titre n’est pas un intestin caudal au sens anatomique du mot, quoiqu’il en ait embryologiquement la signification.
b) Oiseaux. — Aux dispositions typiques que nous avons trouvées chez les Reptiles, nous devons rattacher celles que présentent les Oiseaux et les Mammifères.
Rappelons que plusieurs auteurs ont signalé dans le blastoderme de l’Oiseau la présence d’un trou, qui est l’entrée d’un cæcum, ou même l’orifice supérieur d’un canal. Ce canal est creusé dans l’épaisseur du prolongement céphalique, et s’ouvre ou non du côté vitellin du blastoderme.
Nous rapporterons d’abord les principales descriptions des auteurs.
Koller. a décrit une gouttière, nommée par lui gouttière du croissant, dont nous avons déjà parlé, et que nous avons considérée jadis comme le représentant d’une, invagination gastruléenne rudimentaire.
Avant Koller, Gasser avait indiqué l’existence, à la partie antérieure de la ligne primitive, au-devant du point qu’occuperait la gouttière du croissant de Koller, d’une fente qui s’enfonce en avant toujours davantage dans le blastoderme, sans le traverser chez le Poulet, tandis qu’elle le perfore chez l’Oie.
Braun décrivit chez divers Oiseaux trois’ordres de communications entre la surface extérieure et la face vitelline du blastoderme, ou entre le canal médullaire et la cavité intestinale. Ces communications sont séparées dans le temps et dans l’espace. La première apparue, qui est aussi la plus antérieure, est attribuée par Braun à la partie antérieure de la gouttière primitive ; elle correspondrait ainsi à la fente observée par Gasser. La deuxième communication, dont l’époque et le lieu d’apparition sont postérieurs à ceux du premier passage, unit dans les cas typiques (Canard, Perroquet) le tube médullaire et la cavité sous-germinale ; elle est d’ailleurs simple ou double. Cette communication peut manquer (Pigeon, Poulet) ou bien n’être représentée qu’en partie, par exemple par une gouttière entodermique qui n’arrive pas à se réunir au canal médullaire. Quand elle paraît manquer, on peut cependant retrouver son homologue dans un cordon cellulaire qui unit l’ectoderme à l’entoderme.
Kupfïer chez un embryon de Poulet du 3e jour trouva un canal situé dans la région postérieure de la ligne primitive, qui s’ouvrait d’une part dans le tube médullaire, d’autre part sur la face vitelline du blastoderme ; Kupffer identifie ce passage avec celui qu’il a d’autre part décrit chez les Reptiles, et dont il a été question plus haut.