A R DA KH CHA SCHA CH KCHAYATIYA VA ZA A
c’est-à-dire :
« Artaxerxès , le grand roi. »
Nous n’insisterons pas sur l'importance de ces inscriptions quadrilingues : il nous suffit de dire, quant à présent, que les recherches sur les deux autres inscriptions que présentent les documents en question ont pleinement justifié la lecture dont les inscriptions perses avaient donné les premières interprétations.
(1) The Persian, etc. Journ. of the R. À. Society. vol, X, part IT, p. 348.—M. Newton a trouvé, dans les ruines du Mosoleum, un vase d’albâtre portant une inscription identique,
La démonstration de l'efficacité des procédés qui ont conduit à la lecture des textes ariens est donc non-seulement sanctionnée par les résultats , mais encore par un contrôle étranger.
La lecture des écritures cunéiformes n’est pas le résultat d’une convention ingénieuse, inventée par un homme habile, qui aurait eu le bonheur inespéré de trouver des esprits dociles et de les former à son système , c’est le produit réfléchi de toute une génération de philologues désintéressés qui devait aboutir, quel que soit le nombre des textes, aux mêmes conséquences , aux mêmes résultats. [1 y a là une œuvre d'ensemble, à laquelle chaque savant a contribué pour sa part. Chacun d’eux a travaillé à l'insu des autres : celui-ci en Allemagne, cet autre à Badgad, à Copenhague, à Dublin, à Londres et à Paris, et chacun s’aidant des travaux de ses devanciers quand il a pu les connaître, ou de ses propres forces , a apporté sa pierre à l’œuvre commune, dont on ne peut aujourd’hui méconnaître la portée.
Il ne faut pas s'étonner de la conformité des résultats. L'esprit humain , en présence des mêmes faits, a compris qu'ils procédaient du même principe , et les seules voies qui ne peuvent être continuées sont précisément celles-là qui conduiraient à
l'erreur.
Nous n'avons rien dit sur l’origine de cette bizarre écriture. D'où vient-elle ? Qui l’a inventée ? On l’ignore. À quel système graphique faut-il la rattacher ? C’est ce qu'il n’est pas possible de déterminer aujourd’hui , et on se demandera long-temps peut-être si c’est un produit autochthone de l'Iran, ou si les Perses l’ont acceptée d’un peuple étranger.—Quoi qu’il en soit , il est facile de comprendre que toutes ces questions , que la science est heureuse
d’agiter lorsque l’on possède les éléments nécessaires pour essayer
de les résoudre , n’ont aucune influence sur le résultat du déchiffrement. Nous le verrons bientôt, du reste, en étudiant l'écriture anarienne ; car il existe une différence profonde entre les trois genres d'écriture qui ont été signalés sur les murs de Persépolis. Mais nous n'avons encore rien dit du déchiffrement de deux d’entre elles, et cependant c’est précisément la lecture de ces inscriptions qui devra nous conduire à l'intelligence de ces mil-
liers de textes assyro-chaldéens qui s’entassent dans nos musées.
Il nous reste à faire connaître les différentes valeurs qui ont été attribuées aux vingt-deux lettres dont Niebuhr avait signalé la présence dans les écritures de la première colonne de Persépolis. Nous en donnons ici un tableau, sur lequel il est facile de suivre les progrès de la lecture : nous avons marqué par des lettres maigres les valeurs douteuses ou abandonnées; les lettres grasses indi-
quent les valeurs qui doivent être considérées comme définitives.