VII PRÉFACE
été écrit, parlé et compris pendant une longue période , puisque cette période embrasse près de deux mille ans.
Si on considère le nombre des monuments de cette langue, on s’aperçoit bientôt que les textes déjà étudiés, déjà déchiffrés, transcrits en caractères hébraïques, formeraient un volume plus considérable que la Bible. — L’assyrien présente donc à nos investigations une masse de documents bien étendue, puisque nous n’en connaissons encore qu’une faible partie.
Enfin, si on étudie le caractère de cette langue nouvelle , on voit qu’elle se présente avec une richesse de formes qui la rapproche de tous les idiomes sémitiques par les points qui les séparent les uns des autres, et qu’elle s’en éloigne ellemême par des points qui lui sont propres.— L’assyrien a donc une grande valeur philologique ; aussi on ne sera pas étonné que l’un des assyriologues les plus distingués, le D' Hincks, ait pu dire que cet idiome était appelé à jouer, au milieu des langues sémitiques, le rôle du sanscrit au milieu des langues indo-européennes (1).
Nous pouvons donc le proclamer, en présence de tous ces faits , les études assyriennes sont destinées à jeter une lumière bien vive sur une période de l’histoire de l'humanité dont il devient de jour en jour plus intéressant de bien apprécier le caractère: aussi nous nous estimerons heureux si nous pouvons contribuer à les répandre.
J. MÉNANT.
16 avril 1864.
(4) On the polyphony of the assyrio-babylonian cuneiform writing. P. 25, from the Atlantis, vol, IV,
« J'avais à cœur de n’entrer dans cette voie difficile qu'après avoir réuni tous les secours que pouvaient me fournir mes devanciers. »