ÉCRITURES CUNÉIFORMES
signes idéographiques qu’on a constatés dans l'écriture assyrienne, et qui semblent y avoir conservé la même signification, tels que fils, Dieu , ville, ete. (1). Mais, quand on vient à articuler les mots que forment les lettres, il est tout-à-fait impossible de les comprendre : on soupçonne seulement, par les inflexions des groupes, que la langue ainsi représentée doit être une langue indo-germanique. Enfin dans ces inscriptions on a trouvé des tables généalogiques, sur lesquelles le D'° Hincks a lu le nom d’un roi d’Arménie, Argiste (2), qu'on retrouve dans les textes ninivites ;
mais C’est tout ce que la science a pu constater.
D'un autre côté, la capitale des Cissiens a fourni également des inscriptions en caractères cunéiformes, pour lesquelles les tentatives d'interprétation ne sont pas plus avancées : et pourtant la lecture de ces inscriptions est peut-être plus facile que celle de toutes les autres inscriptions en écriture cunéiforme anarienne. Mais la seule chose que l’on ait pu comprendre jusqu'ici, par l’ensemble des lettres, c’est que si la langue de ces nouvelles in-
scriptions est encore inconnue, elle diffère de celle de Vân (3).
Enfin, les nombreuses tablettes de Ninive offrent des particularités très-remarquables. Quelques-unes représentent de véritables dictionnaires , dans lesquels un mot assyrien est traduit par un mot d’une langue encore inconnue, que M. Oppert désigne
sous le nom de casdo-scythique. Ce sera évidemment là le point
(1) Conf. Inscriptions de Vän, 20 juin 4847; et la Lettre à M, Prisse d’Avenne, dans la Revue orientale du 15 juin 1852.
(2) Memoir on the inscription of Vén (1852), in the Journal of the royal Asiatic Sociely. — Voyez aussi Layard, Nineveh and Babylon, chap. xvux, p. 400 et suiv.
(3) Expédition scientifique en Mésopotamie, t, II, p. 68. — Voyez aussi les deux courtes inscriptions que M. Oppert a essayé de transcrire pour l'ouvrage de M. L. de Rosny, intitulé : Recherches sur l'écriture des différents peuples, p. 68 et 69,
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de départ de nouvelles découvertes, d'autant plus importantes, que les inscriptions de cette nature sont très-nombreuses et permettent d'espérer de curieuses révélations sur l’antique civilisation
de l’Asie centrale.
On découvre donc encore, de ce côté, des horizons sans bornes pour l’histoire. Quand la philologie saura rendre compte de tous ces idiomes, de toutes ces richesses , le paragraphe que nous ouvrons aujourd'hui pour les langues inconnues qui procèdent du même principe graphique que l’assyrien, et que nous sommes obligé de fermer aussitôt après avoir constaté l'insuffisance des connaissances actuelles, se remplira peut-être alors comme celui que nous avons consacré aux inscriptions de Babylone et de Ninive. Qui pouvait soupçonner , il y a vingt ans, tous les monuments que l’on a exhumés sur les bords du Tigre ? Qui-pouvait croire que dix ans d'étude suffiraient pour les faire connaître, et pour élever l’assyrien à la hauteur d’un idiome dont on peut
désormais discuter toutes les formes?