‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 6 sur 58 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Les inscriptions que nous allons étudier appartiennent à l'époque la plus glorieuse de l’histoire de l'antique Iran. Elles sont de nature à modifier profondément les idées que nous nous étions faites sur la civilisation de la Haute-Asie; elles apportent le contrôle le plus sérieux qu’il soit possible de désirer aux traditions qui nous sont parvenues : — par les historiens orientaux, — par les livres sacrés de l'Iran, — et par les auteurs grecs qui nous ont parlé de l'Orient ; il importe donc de rappeler , aussi succinctement que possible, les données qui nous sont fournies par ces différentes sources, pour bien comprendre l’importance des lumières que les

découvertes modernes vont jeter sur cette phase de l'humanité.

Le document historique le plus sérieux qui nous soit parvenu de l'Orient sur l’histoire de l’antique Iran porte le nom de Schah-

Nameh, c'est-à-dire le Livre des Rois. C’est une histoire qui

Â4 ÉCRITURE ARIENNÉ.

commence aux premiers jours du monde et qui s'arrête à l’époque de la rédaction définitive du livre; elle est écrite en persan . moderne. Voici comment on raconte l’origine et la formation de cette grande épopée :

Il y avait un livre des temps anciens dans lequel étaient écrites beaucoup d'histoires. Tous les mobeds (les hommes de la classe la plus éclairée de la nation) en possédaient chacun une partie , et chaque homme intelligent en portait un fragment avec lui. Or, il y avait également un Pehlevan (prince) nommé Danischver, d’une famille de Dihkans, qui aimait à étudier et à recueillir les récits des temps passés. Il fit venir, de chaque province, un vieillard de ceux qui avaient rassemblé des parties de ce livre et il leur demanda l’origine des rois , des guerriers illustres, et la manière dont ceux-ci, au commencement, avaient ordonné le monde. Les vieillards récitèrent devant lui, l’un après l’autre, les antiques traditions de leur patrie. Il écouta leurs discours et en composa un livre digne de renom. C’est là le souvenir qu’il laissa parmi les hommes , et les grands et les petits célébrèrent ses louanges: Lors de la conquête de la Perse par les Arabes, la collection de Danischver , trouvée parmi les trésors d’Iesdedjerd, subit le sort des dépouilles que les vainqueurs se partagèrent : elle fut dispersée et on en perdit la trace. Cependant, deux siècles plus tard, on retrouva aux mains de Abdallah-ibn-al-Makafa cette précieuse collection ; mais elle fut encore malheureusement perdue. Alors une foule d’auteurs composèrent des histoires sur les vieilles légendes de la Perse. Quelques Arabes s’en approprièrent des extraits informes qu'ils faisaient réciter par des chanteuses dans les assemblées, en tournant en ridicule, dans leurs fêtes, les anciens rois du pays conquis. Mais, dans la partie

orientale de la Perse, il n’en était pas ainsi : une révolution qui

= Lars

s'était faite sourdement dans les esprits vint à éclater et la Perse secoua le joug du Khalifat. Ce fut Tacoub, fils de Leïs, fils d’un chaudronnier, qui rendit à la Perse son antique splendeur et fonda la dynastie des Soffarides. Il parvint à se procurer le recueil de Danischver-Dikan, et il ordonna à son visir Abou-Mansour de traduire en persan ces livres écrits en pehlvi. Abou-Mansour fit faire ce travail par le wakil de son père, Saoud-ibn-Mansour-al-Moamri, en lui adjoignant quatre personnes de pure race persane. L’ouvrage fut achevé, l’an 260 de l’Hégire, sous le titre de Livre des Rois. Les Soffarides ne gardèrent pas long-temps le pouvoir : vers lan 297 de l'Hégire, leurs possessions tombèrent aux mains des Samanides qui s’occupèrent avec ardeur des anciennes traditions persanes : Balami, visir d’Abou-Saleh-Mansour le Samanide, chargea Dakiki de mettre en vers la traduction du recueil de Danischver. Mais le poète mourut, assassiné par un esclave, laissant son œuvre inachevée. Les Samanides n’eurent pas le temps de faire recommencer l’entreprise ; car leur empire tomba quelque temps après aux mains des Ghaznévides. Cependant Mahmoud , le second roi de cette dynastie, s’affranchit de plus en plus du joug du Khalifat et abolit même l’usage de l’arabe dans l’administration de son royaume. Mahmoud, qui s'était formé une cour littéraire, ne pouvait laisser passer inaperçu l’ouvrage de ses prédécesseurs : il proposa des récompenses pour les meilleures rédactions en vers des épisodes du poème de Danischver, et, les désignant lui-même, il pressait Ansary, poète fort distingué d'alors, de mettre en vers toute cette collection ; mais celui-ci n’accepta point cette mission; il proposa au roi, qui l’agréa, Abou-Kasim-Mansour, dit Firdousi (le Paradisiaque). Les documentsauthentiques dans lesquels sa biographie est consignée sont très-rares : on ne trouve nulle part la date

exacte de sa naissance. Il vivait dans le IV°. siècle de l’Hé-

gire (X°. de J.-C.). De bonne heure il s'était occupé de ce genre de poésie : plus qu'un autre il pouvait remplir les projets de Mahmoud ; il s’en acquitta avec un succès qui lui valut les faveurs du prince. C’est ce poème qui est parvenu jusqu’à nous et que M. Mohl a traduit en français dans la collection orientale publiée par ordre du Gouvernement (1).

Voici maintenant les principaux faits qui nous sont révélés par le Schah-Nameh, sur l’origine et les développements de la civilisation arienne :

Suivant le Schah-Nameh , deux dynasties seulement ont régné sur cette contrée, depuis l’origine du monde jusqu'au moment où l'empire de Darius s’écroula sous les armes d'Alexandre. La première dynastie, qui porte le nom de Pischdadiens { Pischdad, qui donne des lois justes), a commencé avec le premier homme, naturellement le premier roi de cette terre. C’est Kaïomors; il a régné cinq cent soixante ans. Ses descendants fournissent une succession de douze souverains qui ont régné pendant l’espace detrois mille deux cent soixante-neuf ans. La plupart de ces rois présentent des règnes dont la durée excède les limites de la vie humaine; ils nous montrent, comme dans les légendes de tous les peuples de l'Orient, des règnes séculaires qui font soupçonner des dynasties plutôt que des règnes isolés. Il est évident que plusieurs individus du même nom sont réunis sous un seul type. Quelques-uns de ces rois ont laissé sur la terre des souvenirs chers à leur patrie. Houschenk, petit-fils et successeur de Kaiïiomors, a établi dès ces temps reculés le culte du feu dans l’Iran. Thahamouras, son fils, apprit à

tondre la laine des brebis, à la filer, à en faire des vêtements.

(1) Voyez la belle traduction du Schah-Nameh, intitulée : Le Livre des Rois, par Abou’! Kasim Firdousi, publié, traduit et commenté par M. Jules Mohl ; 4 vol. in-folio. Paris, Imprimerie impériale.

Djemschid, le fils de Thahamouras, régna sept cents ans; 1l signala sa puissance par ses bienfaits, et les habitants de l’[ran en conservent encore le souvenir. Il amollit le fer, nous dit le Schah-Nameh, par sa puissance royale ; il lui donna la forme des casques, des lances, des cuirasses, des cottes de mailles; 1l fit des vêtements avec le lin et la soie: les étoffes de luxe, le brocart , apparurent sous son règne. Djemschid a fixé la durée de l’année et l’a divisée en périodes ; il a marqué le commencement de chacune d'elles par une fête spéciale que l’on célèbre encore aujourd’hui. Enfin il passe pour avoir jeté les fondements d’une ville qui fut pendant long-temps la capitale de la Perse. Les Grecs nous l’ont fait connaître sous le nom de Persépolis et ses ruines sont encore visibles non loin de Schiraz, à côté du village d’Istakhar.

Les hommes ont été long-temps heureux sous son règne; cependant, dans les dernières années de sa vie, ils négligèrent peu à peu le culte du vrai Dieu, et après la mort de Djemschid, un prince étranger, Zohak, s’empara du trône. Son règne, de lugubre mémoire, a duré mille ans, pendant lesquels la moralité fut méprisée , la magie en honneur et le culte établi par Djemschid abandonné. Il paraît que l’impur Zohak portait sur ses épaules deux serpents nés des baisers d’un Génie cruel, et qu'il fallait repaître ces monstres avides avec des cervelles humaines. Enfin, un descendant de la famille des Pischdadiens, Féridoun, arracha des mains de Zohak le sceptre de ses ancêtres, il ranima le culte du feu, institua des fêtes nouvelles, combattit la magie et régna 500 ans. Les habitants de l'Iran retrouvèrent sous ce prince le bonheur des premiers âges; après lui vinrent encore quelques rois pleins de bonté, dont le nom seul est resté dans l’histoire, et la dynastie des Pischdadiens s’éteignit pour faire place

à une dynastie nouvelle.

La seconde dynastie, celle des Keans où Kayans (rois géants), rois forts et guerriers , habiles à tirer de l’are, comprend une succession de neuf rois, qui ont régné 732 ans selon les uns ou 938 ans selon les autres, pour arriver au règne d’Iskander-le-Roumi ( Alexandre), qui porta un coup si cruel à la civilisation iranienne. Quelques-uns des rois de cette dynastie se présentent encore avec ces règnes séculaires, qui indiquent que nous sommes toujours dans les temps héroïques. Le plus célèbre de ces nouveaux souverains , c'est Gustasp ; il a régné 120 ans. Sous son règne s’est accomplie la grande révolution religieuse de l'Iran. Le culte de Djemschid était relâché ; les méchants commençaient à prendre de l'audace ; les bons tremblaient ; mais les fervents étaient pleins d'espérance. Le moment était venu , en effet , où le Dieu de l'Iran devait envoyer sur la terre le prophète qui devait les consoler et leur apporter la parole céleste. Ce fut alors qu’un saint personnage, Poroschasp, riche en chevaux, s’humilia devant le Seigneur et lui demanda un fils pour apporter la parole d'Ormusd parmi les hommes. Sa prière fut écoutée, et le Seigneur accorda à Poroschasp un fils, Zoroastre, qui devait relever les saintes croyances et délivrer les captifs.

Quelle est l'époque réelle de ce grand événement? Les calculs auxquels on s’est livré tendent à le placer à des époques bien différentes : on s’était arrêté à considérer Gustasp comme Histaspe, et à placer cette réforme sous Darius, en identifiant comme on pouvait les rois Achéménides avec les derniers rois Kayaniens ; mais aujourd’hui il faut abandonner ces calculs et reporter la venue de Zoroastre à une époque bien antérieure, sans pouvoir encore la fixer dans l’histoire. Les rois des premiers âges de la Perse ont vécu dans un temps pour lequel les dates font défaut ;

Gustasp lui-même nous montre encore une vie plus que sécu-

laire ; il touche à la légende et il ne saurait avoir vécu à l’époque de Darius dont le règne est désormais bien connu ; il y a plus: ces rois paraissent avoir eu le siége de leur empire, de même que le dogme dont ils étaient les défenseurs paraît avoir eu son berceau dans des contrées plus septentrionales que celles de la Perse, telle que nous pourrions aujourd'hui en fixer les limites. C’est au-delà de la Bactriane et beaucoup plus au nord, dans les pays où le plus long jour d'été est égal aux deux plus courts jours d'hiver (1), qu'il faut chercher l'origine des croyances religieuses qui ont fait “vivre la Perse. Le Schah-Nameh, qui retrace si bien les règnes vénérés de Féridoun et de Djemschid, n’a pas un chant pour les princes Achéménides : Cyrus, Darius, Xercès n’y sont pas nommés; il est impossible d'établir un rapport quelconque entre les rois mentionnés dans le poème de Firdousi et les rois que les Grecs nous ont fait connaître et auxquels les découvertes modernes ont donné une incontestable réalité. Il y a, dans l’histoire des rois de la Perse, des lacunes que nous pouvons constater, mais dont

il est impossible d'apprécier l'importance et la durée.

— Voyons maintenant ce que nous disent les livres sacrés de la Perse sur ces temps antiques. Ces livres, que les croyants regardent encore aujourd’hui comme l'expression par excellence de la parole divine, portent le nom d’Avesta et Zend-Avesta, à cause de

la langue dans laquelle ils sont conçus ; ils renferment un dogme,

(4) Voyez A. Du Perron, Zend-Avesta, Boundehesch, XXV. Ce passage n’a point échappé à Volney : « Un tel état de choses, dit-il, n’a lieu que par le 49€. degré 20 de latitude, où le plus long jour de l’année est de 16 heures 10 minutes et le plus court de 8 heures 5 minutes. Or, cette latitude est d'environ 11 degrés plus au nord que les villes de Bactre ou Balk et Ourmia ou Urmi, où l’histoire place le théâtre des actions de Zoroastre. » Volney, OEuvres complètes, 8 vol.; Recherches sur lhistoire an-

cienne, t, I°*., ch. xvir, p. 197.

20 ÉCRITURE ARIENNÉ.

un culte dont l’origine remonte aux premiers jours du monde, et qui a été successivement révélé aux hommes par une série de prophètes dont Zoroastre est le dernier.

Quelques-uns de ces livres pénétrèrent en Europe dans le courant du XVI. siècle; mais personne ne pouvait alors les comprendre : ils restèrent donc en Angleterre dans les bibliothèques publiques ou privées, comme un objet de curiosité. Hyde, en 1700, n’hésita pas à dire qu'il avait essayé de traduire ces livres, mais qu'il y avait trouvé tant d’absurdités qu’il lui avait fallu renoncer à son projet. La vérité était que Hyde ne savait même pas épeler les caractères dans lesquels ils étaient écrits. C'était un mensonge. Aussi l'Angleterre, malgré l'opinion de Hyde, promit des sommes considérables au premier traducteur sérieux. Ces encouragements n’eurent aucun résultat de l’autre côté du détroit. Ce fut un français, Anquetil Du Perron, qui de lui-même conçut le projet d'aller dans l'Inde surprendre les secrets des Parses au fond de leurs retraites, s’instruire de leur langue , de leurs usages, de leurs coutumes, afin de pouvoir rapporter en Europe une traduction de leurs livres. On sait qu’Anquetil Du Perron ne recula devant aucun sacrifice et ne fut arrêté par aucun obstacle pour accomplir son œuvre : il renonça aux douceurs de l’aisance et de la vie de famille pour s'engager comme simple soldat de la Compagnie des Indes, et le 7 novembre 1754, avant le jour , il quitta Paris à pied, confondu dans une de ces troupes de bandits dont les Recrues des colonies se composaient alors, commandée par un bas-officier des Invalides , au son lugubre d'un tambour mal monté. Il resta huit ans dans l’Inde, poursuivant son œuvre avec une persistance qui lui fit surmonter tous les obstacles. Il parvint à obtenir des copies des livres de Zoroastre, s’in-

struisit de la langue dans laquelle ils étaient composés, acheta des

manuscrits, les copia lui-même et les défendit quelquefois au péril de sa vie, le pistolet au poing ; enfin, après huit ans de laborieux travaux, il revint en Europe en 1762, rapportant avec lui tout ce qu'il avait pu recueillir sur la religion de Zoroastre , et donna au monde savant la première traduction de l’Avesta.

Ces livres , lorsqu'ils étaient complets jadis , étaient au nombre de vingt-un; chacun d’eux portait le nom de Nosk; la sagesse divine les distribuait sur la terre par l’entremise de ses prophètes, à mesure que les besoins toujours croissants des peuples de l'Iran réclamaient des vérités nouvelles. Zoroastre, qui avait apporté à l'Iran le vingt-unième nosk de l’Avesta, devait avoir trois fils posthumes, et chacun d’eux, à des jours différents, devait apporter un nosk nouveau et compléter ainsi la collection des livres de Dieu. Mais il s’en faut que les vingt-un nosks qui existaient au temps où la foi au culte d'Ormusd était dans toute sa vigueur soient parvenus jusqu’à nous. Ces livres ont d’abord été détruits au moment de la conquête d'Alexandre; et plus tard, au moment de la conquête de l’Islamisme , les vainqueurs en ont dispersé les derniers fragments. Ce qui nous en reste aujourd’hui a été conservé avec une persévérance miraculeuse par les pieux sectateurs de Zoroastre, qui sont encore attachés à leur culte malgré les persécutions dont ils ont été l’objet.

Dans l’état actuel, ils comprennent d’abord le Vendidad-Sadé, renfermant l’Zzeschné, le Vispered et le Vendidad proprement dit. Par le mot Izeschné on désigne une prière dans laquelle on relève la grandeur de celui à qui on l’adresse. L'ouvrage qui porte ce titre se compose de quatre-vingt-douze Has, ou prières divisées en deux parties : la première contient vingt-sept has qui ont pour objet Ormusd et ses créatures ; la seconde parle de l’homme et de

plusieurs génies chargés de le protéger. On présume que l’Izeschné

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faisait partie du premier ou du second nosk de l’Avesta. — Le Vispered, qui mentionne tous les chefs des êtres, est divisé en vingt-sept Cardés ou portions et faisait probablement partie du quinzième nosk de l’Avesta. — Le Vendidad est un recueil de prières contre les Dews ou pour éloigner les Dews. Le mot Vendidad, qui désigne encore tous les nosks qui traitent de la loi, est cependant plus spécialement réservé au vingtième. Les sections ou divisions du Vendidad se nomment Fargards ; il en contient vingt-deux; le Vendidad réuni à l’Izeschné et au Vispered forme le Vendidad-Sadé, que les prêtres d’'Ormusd récitent encore aujourd’hui tous les jours, mais la plupart du temps sans le comprendre.

Comment ces livres ont-ils été conservés et transmis de génération en génération pour arriver jusqu à nous ? C’est un miracle plus difficile à expliquer peut-être que celui de leur céleste origine : Je dois me borner ici à constater quelques faits.

Alexandre, après la conquête de la Perse, a fait brûler sept des livres qui traitaient de la doctrine de Zoroastre ; il envoya en Macédoine les quatorze autres, parce qu’ils traitaient de la médecine et de l'explication des songes, et il les fit traduire en grec. Il est naturel de croire que les Perses cherchèrent, malgré cela , à reconstituer leur liturgie ; mais il est assez difficile d'apprécier le résultat de leurs efforts : les renseignements manquent, pour ainsi dire , complètement sur ce point.

Dans le milieu du VIP. siècle de notre ère, la Perse subit une nouvelle conquête ; les Arabes lui imposèrent la religion de Mahomet et détruisirent, autant qu’ils purent, les livres de Zoroastre. Le sort de ce malheureux empire fut décidé dans une grande bataille qui fut livrée au village de Nahavand, à 50 milles environ de l’an-

tique Ecbatane ; l’armée des Perses fut détruite et Iesdedjerd , le

dernier des rois masdaiesnans (1), fut contraint d'abandonner son royaume : il parvint à se cacher pendant quelque temps; mais il périt victime d’une trahison qui livra aux Musulmans le secret de sa retraite. Après la mort d'Iesdedjerd, les Parses qui étaient restés fidèles au culte d'Ormusd se retirèrent dans le Cohistan, où ils vécurent environ cent ans; ils descendirent ensuite à Ormas et de là firent voile pour l'Inde. Plusieurs siècles s’écoulèrent sans événements remarquables ; mais le nombre des Parses diminuait de jour en jour; vers l’an 900 d'Iesdedjerd (1450 de J.-C.), lorsque le mahométisme pénétra dans l'Inde, ils s’unirent au Rajah de Sandjan pour combattre le Sultan. Quatorze cents Parses, rassemblés de toutes parts, vouèrent leur vie au Rajah et lui assurèrent la victoire ; mais leur chef Ardeschir périt dans une bataille, et sa mort les obligea de fuir, emportant avec eux le feu sacré. Depuis quelques années leur condition s’est sensiblement améliorée ; leur nombre semble avoir une tendance à augmenter : on en compte bien près de cent cinquante mille qui habitent en général Bombay et quelques villes du Guzarat. Ils ont fondé des établissements à Calcutta et se sont mis en rapport avec tous les comptoirs de l’Inde. Leur prospérité commerciale leur a fait faire un retour vers leurs livres, et quelques-uns sont entrés en relation avec les savants d'Europe, dont ils empruntent les lumières pour éclairer et ranimer leur foi.

Les Parses qui n’ont point quitté leur patrie ont subi une autre destinée. Lorsque l'empire des Khalifes se fut bien établi en Perse,

lorsque les proscriptions eurent fait Justice de tout ce qui était

(1) Iesdedjerd, fils de Shéhériar, 28°. et dernier roi de la dynastie des Sassanides , fut détrôné par le khalife Hazeret-Omar-Ketab, et mourut l’an de Jésus-Christ 651. L'ère des Parses commença à la première année du règne de ce prince, c’est-à-dire l'an 632 de Jésus-Christ,

riche, influent, attaché au culte d'Ormusd, et que la peur eut converti le plus grand nombre , l’Islamisme régna sans partage; il ne resta plus que quelques Parses trop pauvres pour mériter la proscription, trop ignorants pour qu'on pût songer à les convertir; ils ne valaient pas la mort : on leur abandonna un coin de terre dans une province marécageuse et malsaine, située dans le Kirman , où ils traînèrent une vie misérable ; aucun événement remarquable n'a signalé pendant douze siècles leur soumission ; aucune tentative d'insurrection contre le Croissant n’est venue protester au nom de leur foi. Ce sont pourtant les mêmes hommes que nous retrouvons dans l'Inde ; ce sont les mêmes livres, le même culte; les traits de leur figure n’ont pas changé et nous les retrouverons sur les marbres de Persépolis pour nous attester que, depuis vingt siècles, cet air de famille des Achéménides s’est transmis d'âge en âge, jusqu’à nos jours, sur le visage des sectateurs d'Ormusd.

Le Zend, tel que les manuscrits que Anquetil Du Perron a donnés à la Bibliothèque impériale nous le font connaître, est une langue arienne à laquelle se rattachent différents dialectes : le pazend, le pehlvi, le parsi et naturellement la langue de la Perse antique, dont le persan moderne ne doit être qu’une dernière transformation. L'écriture zend se trace de droite à gauche ; un signe de ponctuation sépare tous les mots; elle comprend quarante-huit caractères, dont seize marquent les voyelles et trente-deux les consonnes ; ces différentes lettres n’expriment toutefois que trente-cinq valeurs : douze voyelles et vingt-trois consonnes.

La langue zend porte les traces d’une haute antiquité et son expression graphique semble avoir été toujours appropriée aux idées qu'elle était chargée de transmettre. Cependant , si antique que

soit cet idiome, cet idiome et son expression graphique ne parais-

sent pas avoir été le moyen le plus antique qui ait servi à exprimer la pensée. En effet, les plus vieilles traditions sur la vie de Zoroastre nous font connaître que les livres révélés par Ormusd au prophète de l’fran ont été présentés dans un long recueil au puissant roi Gustasp, pour en propager les doctrines, et que ce prince en admira d’abord les lettres et le siyle sans en comprendre le sens (1). Ces lettres avaient donc quelque chose d’insolite à ses yeux, et dès lors on peut se demander s’il n'y avait pas à cette époque, à côté des formes graphiques si simples que les livres sacrés nous ont fait connaître, des formes plus ou moins rapprochées de cette écriture monumentale dont les ruines de Persépolis nous ont conservé les rares échantillons. Mais rien, dans les livres sacrés de la Perse, ne peut éclairer cette question. [ci encore nous retrouvons, dans l’histoire religieuse comme dans l’histoire politique de la Perse , des lacunes que nous ne pouvons combler. La chaîne des traditions a été brisée plusieurs fois peut-être , et les chroniqueurs en ont renoué les anneaux sans chercher à expliquer l'intervalle qui les sépare. Il ne faut donc pas songer aux traditions orientales pour connaître la phase la plus glorieuse de la civilisation arienne ; voyons maintenant quelle lumière nous pourra

venir des récits qui nous ont été transmis par les Grecs.

Hérodote nous apprend que le vaste pays qui devait former la Perse, compris entre l’Indus et l’Euphrate, depuis le golfe Persique jusqu'aux bords de la mer Caspienne, fut peuplé jadis par un certain nombre de tribus dont il nous a conservé les

noms. C’étaient d’abord des tribus guerrières : les Maspiens , les

(1) Voyez le Zerdust-Nameh , ch. x1v, cité par Anquetil Du Perron dans la Vie de Zoroastre, t. I°",, p. 34.

Marapbhiens, les Pasargades , dont les Achéménides formaient une branche et qui donnèrent à la Perse ses rois les plus célèbres et les plus glorieux; venaient ensuite des tribus nomades : les Mardes, les Dropiques, les Sagartiens et les Daces, pasteurs errants sur les rives de la mer Caspienne, depuis les bords de l'Oxus jusqu'aux bouches du Tanaïs ; enfin des tribus de laboureurs : les Panthialéens , les Déruséens, les Germaniens, peuplades sédentaires attachées au sol qu'elles cultivaient. Toutes ces tribus , au surplus, étaient prêtes à quitter, au premier signal, le socle ou leurs troupeaux, pour se ranger sous la bannière qui les protégeait et les conduisait au combat.

La Perse était encore dans cet état voisin de la barbarie, et déjà, autour d'elle, vivaient des États puissants et civilisés : à lorient , l’Inde et ses traditions séculaires, une race d'hommes avec des besoins et des goûts qui la séparaient profondément des habitants de l’fran ; à l’ouest, le vaste Empire d’Assyrie, dans toute sa splendeur, brillait par le luxe traditionnel de ses rois et par son collége de prêtres, chaldéens ou mages, profondément versés dans les sciences et dans les arts. Il tenait sous sa puissance Sidon , Tyr, les Lydiens, les Syriens, les Paphlagoniens, tous ces petits États, qui s’étendaient à l'occident plus ou moins loin sur les bords de la Méditerranée. Enfin, au nord, une civilisation dont on ne connaît encore que le trop plein qui refluait sur la Perse. On sait qu'à une époque dont la date peut être précisée (de l'an 625 à l'an 537 avant J.-C.), les innombrables tribus nomades des Scythes, mêlées, confondues avec les autres tribus, nomades comme elles, des Bactriens, des Daces et des Perses, débordèrent sur les royaumes de la Haute-Asie et y exercèrent, pendant vingt-huit ans , leur domination.

La Perse fit avec ces farouches guerriers l'essai de ses forces :

elle aspirait à l'indépendance, et entrevoyait déjà, au moment de leur retraite, l'aurore d’une nationalité future. Aussi, dès que ces belles contrées furent délivrées de l'invasion des peuples du Nord, elle a dû promptement grandir. Vers le milieu du VF. siècle avant J.-C., sa prospérité naissante commence à inspirer de l'inquiétude à ses voisins. Crésus, roi de Lydie, malgré le désespoir que lui cause la mort de son fils, héritier présomptif de son trône, comprend qu'il est temps que sa douleur de père s'efface devant les préoccupations du roi. « Il faut, dit-il, se hâter d'arrêter la puissance des Perses avant qu'elle devienne plus formidable ; car elle prend, de jour en jour, de nouveaux accroissements. » Les Perses, tributaires de la Médie, s’affranchissent d’abord de cet impôt. Un prince jeune, audacieux, Cyrus, fils de Cambyse, les pousse à la révolte, les convie à la liberté, les conduit à la victoire. La Médie devient bientôt le partage de ce jeune conquérant; avec lui commence la grandeur de la Perse ; il fonde Pasargade, et l’une des plus puissantes dynasties de l'Orient. À partir de cette époque, l’histoire de la Perse occupe une grande place dans l’histoire du monde. L'Empire d’Assyrie, ébranlé par la chute de Ninive, s'écroule bientôt sous les armes de Cyrus, et les conquêtes incessantes de ses successeurs portent la Perse au comble de la gloire. Sous Darius, elle forme un grand et vaste empire, partagé en vingt satrapies qui comprennent le monde civilisé d'alors. Darius et ses successeurs élèvent , à l’envi l’un de l’autre, des monuments qui ont éternisé la mémoire de leur gloire et de leur puissance.

On connaît, par les Grecs , l’histoire des rois Achéménides ; on sait de plus que ces rois avaient l'habitude, pour perpétuer le souvenir de leurs exploits, d’en écrire le récit sur des stèles de marbre

en plusieurs langues différentes. Hérodote nous dit, en effet,

que Darius fit ériger, sur les bords du Bosphore, deux colonnes de pierre blanche, et qu'il fit graver, sur l’une, en caractères assyriens, &copuu ypapuare, et sur l’autre , en lettres grecques, les noms de toutes les nations qu’il avaità sa suite(1). Or, il menait à cette guerre tous les peuples qui lui étaient soumis... Depuis l'expédition des Scythes, ajoute l'historien d'Halycarnasse, les Byzantins ont transporté ces deux colonnes dans leur ville et les ont fait servir à l’autel de Diane Orthosienne, excepté une seule pierre qu’on a laissée auprès du temple de Bacchus à Byzance , et qui est entièrement chargée de ces caractères.

Ce texte est d'autant plus précieux que c’est le seul passage dans lequel il soit question de l’écriture employée par les Perses, et à laquelle Hérodote donne le nom d'écriture assyrienne. Thucydide parle également d’une lettre d’Artaxercès [°. aux Lacédémoniens, qui était écrite en caractères assyriens. Cependant, d’après Strabon et Arrien (2), il y aurait une différence entre l’écriture des Perses et celle des Assyriens ; car ils distinguent ces deux écritures par la dénomination de ypéupara äcovpua @t ypappura repouxt. Cette distinction peut être justifiée aujourd’hui, puisque nous savons maintenant que les monuments épigraphiques des Perses étaient écrits avec deux alphabets différents. Mais les renseignements antiques sur ces écritures nous font défaut : les plus précis ont péri, peut-être, avec le Traité de Démocrite d’Abdère sur l'écriture sacrée de Babylone, et nous en serions réduits aux plus vaines conjectures , si les découvertes modernes n'étaient venues nous fournir les renseignements les plus précis sur un système gra-

phique qui paraissait à jamais enseveli dans les ténèbres de l'oubli.

(1) Melpomène, IV, LxxxvI.

(2) Conf. Srrason, XIV, cap. v., et XV, cap. 1113 — ARRiEN, Anab., 1. IT, cap. v, et 1. VI, cap. xxix.

ÉCRITURE ARJENNE. 29

On ne saurait douter maintenant que les deux stèles que Darius fit élever sur le Bosphore, ne fussent des monuments semblables à ceux que l’on a découverts sur différents points de la Perse, et que cette écriture que les Grecs appelaient ypéppura acoûpia OU repart ne fût l'écriture que nous avons appelée cunéiforme.

Si la stèle dont parle Hérodote nous fût parvenue, elle eût été d’un grand secours pour retrouver la langue des Assyriens et des Perses. C’est une inscription de ce genre qui a donné la clef du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens. Mais tout document analogue nous a manqué, et il a fallu retrouver sur les ruines de la Perse, par un soupçon sublime, ce que la science moderne a consacré comme le plus merveilleux effort de l’esprit humain.

Voyons maintenant quelles sont ces ruines. La Perse a subi toutes les alternatives d’une nation dont la longue agonie s’est prolongée jusqu'à nos jours. De temps à autre, elle a paru se réveiller pour reconquérir son antique splendeur; mais elle est bientôt retombée dans cette langueur qui semble avoir frappé tous les empires de l'Orient, en laissant toutefois, de ses efforts, de glorieux témoignages sur lesquels on peut lire son histoire plus fidèlement que dans les récits incomplets de ses chroniqueurs et de ses poètes.

Parmi les ruines des différents âges qui couvrent la Perse, nous n’avons pas à nous occuper de celles qui ne portent point l'empreinte de cette écriture dont nous cherchons à pénétrer le sens : ce sont les monuments des Achéménides qui seuls paraissent, jusqu'ici, nous avoir transmis , avec ces caractères, ces curieuses révélations de la grandeur et de la gloire de ses rois ; nous nous

en tiendrons done aux débris de ces monuments.

30 ÉCRITURE ARIENNÉ.

Les plus belles ruines de cette époque sont celles de l’ancienne capitale de la Perse. Les Grecs avaient appelé cette puissante cité Persépolis (4); mais son nom antique n’est pas parvenu jusqu'à nous. On sait que cette ville fut détruite par Alexandre, qui y mit le feu dans une nuit de débauche, et que ses temples, ses palais s’écroulèrent alors pour ne plus se relever. On en désigne aujourd’hui les débris sous le nom du village qui à remplacé la ville, ou bien encore sous des noms fournis par la disposition des ruines : c’est alors Tschilminar, les quarante, les cent colonnes, ou enfin sous le nom d’un des groupes dont l’ensemble se compose et qui rappelle le souvenir des anciens rois de ce pays : Takht-i-Djemschid, « le trône de Djemschid » ; Kanei Dara, « la maison de Darius. » Aujourd’hui, ces débris de la splendeur de l’antique résidence des souverains de la Perse sont bien connus de l'artiste, du philologue et de l’antiquaire. Nous croyons cependant devoir rappeler, avec quelques détails, l'aspect général qu’ils présentent.

A douze lieues de Schiraz, sur un rocher qui domine perpendiculairement la plaine de Merdascht, s'élève le village d’Istakhar. C’est au pied de ce rocher que s'étendent les ruines. Les voyageurs qui les ont visitées nous disent l'impression profonde que l’on éprouve en y arrivant, après de fréquents détours dans des sentiers interrompus par les canaux et les marécages de la plaine. Les récits les plus récents, ceux de M. Texier, ceux de M. Flandin, ne font, du reste, que confirmer les narrations de Morier, Chardin , Corneil-le-Bruin,

Ker-Porter, etc.

(4) Le nom de Iepoerdhie n’est peut-être que la transformation d’un mot iranien

que les Grecs auraient d’abord prononcé [lepoemt}n. Voyez Oppert, Les inscriptions des Achéménides, p. 225.

La montagne au pied de laquelle sont situées les ruines, et qui borne la plaine à l’est, forme en cet endroit comme une espèce d’hémicycle ; sa base s’élargit en suivant une pente douce. C’est là que, sur un vaste plateau, en partie produit naturellement par le rocher, en partie construit avec de gros blocs de pierre rapportés pour établir le niveau du sol, s'élèvent les ruines de trois palais bâtis successivement par Darius et ses successeurs; elles sont entourées de trois côtés par une ceinture de rochers élevés. Du haut de la plate-forme, le palais principal dominait la plaine de Merdascht dans toute son étendue. La vue se promène depuis les montagnes du Khorasan et les pics élevés du Fars jusqu'aux défilés des monts Bactyaris. Cette immense terrasse, de 40 mètres de hauteur environ , s'étend sur une longueur de 473 mètres nord-sud, sur 286 de large de l’est à l’ouest. Ce soubassement, formé quelquefois de pierres gigantesques scellées les unes aux autres avec une précision qui à défié le vandalisme des siècles, ne présente aucun ornement ; il s'ouvre et s'incline pour faire place à un magnifique escalier qui conduit sur la terrasse. À droite et à gauche se déroulent deux rampes divergentes qui ont cinquante-huit degrés; au haut de ces deux premiers escaliers sont deux paliers sur lesquels s'ouvrent et montent, en sens inverse des deux premiers , deux autres rampes de même largeur ayant quarante-huit marches chacune. Les degrés de ces quatre rampes ont seulement 410 centimètres de hauteur, et la pente est si douce qu’on peut la monter et la descendre à cheval.

Le premier monument qui s'offre à la vue, sur la terrasse, est un portique composé de deux énormes quadrupèdes ailés, de dimensions colossales ; au-delà sont deux colonnes et plus loin deux autres piliers semblables et correspondant aux premiers.

Chacun de ces piliers présente deux nouveaux monstres, dif-

J2 ÉCRITURÉ ARIENNE.

férents des premiers : ils portent une tête d'homme sur un corps de taureau aux ailes d’aigle. Au-dessus de ces monstres on distingue trois tablettes , chargées d’inscriptions en caractères cu-

néiformes.

|| | BYE CA ANAULLLUE AIT ji Z

OUTRE 7 f LS

Les colonnes étaient d’une grande délicatesse, et les débris le prouvent encore suffisamment ; elles étaient cannelées et reposaient

sur une base également ornée de cannelures, et surmontées d'un

chapiteau très-élevé, composé de plusieurs pièces d’une forme très-

caractéristique.

Après avoir franchi ce portique, on tourne au sud pour arriver aux palais groupés à droite du plateau. En face de lui, au milieu d’un grand nombre d’autres, se dressent encore treize colonnes restées debout. L'édifice auquel appartenaient ces colonnes était assis sur une terrasse à laquelle on arrive par quatre escaliers. Le mur de cette terrasse , dont le développement n’est pas moindre de 83 mètres, est littéralement couvert de sculptures ; les quatre rampes sont formées de trente-une marches, et leurs murs sculptés représentent autant de figures de gardes armés de lances, d’arcs et de carquois, posés sur chaque degré, et qui semblent ainsi protéger les abords du palais. Dans un cadre de forme triangulaire, compris entre le sol et la ligne d’inclinaison des escaliers, on voit

un taureau qui se cabre et se défend vainement contre la rage

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d'un lion qui l’a saisi avec ses puissantes griffes et qui dévore sa

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croupe. Les portions du mur comprises entre les cadres triangulaires des escaliers et les rampes sont ornées de sculptures, et la série n’est interrompue que par trois tablettes préparées pour

recevoir des inscriptions. Sur le mur du perron central, quatre

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