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monstres différents; mais l’issue n’est jamais douteuse. Ici, le monstre accuse la forme du taureau et son adversaire lui plonge un poignard dans le flanc ; ailleurs, c’est un lion qu’il étouffe dans une puissante étreinte. |
À quelques pas derrière ce palais , on aperçoit les ruines d’un édifice qui semble d’une construction postérieure à celle des sculptures qu'on y a attachées et qui se succèdent sans ordre. D'autres parties des ruines semblent avoir encore subi cette restauration inintelligente.
Le dernier groupe de ruines qui occupe cette plate-forme avait un développement de 72 mètres sur 65. En avant, on voit une vaste plate-forme sur laquelle s’ouvrait l'entrée principale du palais. On y arrivait, du côté de l’est et du côté de l’ouest, par deux perrons analogues à ceux que nous connaissons déjà : ce sont des gardes flanquant des inscriptions, à côté desquels on retrouve le combat allégorique du lion et du taureau ; puis, sur les marches des escaliers, encore des personnages chargés de présents. Le plan de ce palais , avec sa distribution, ressemble dans son ensemble à celui que nous avons décrit tout-à-l’heure, et, comme dans ce dernier, tout indique qu’il devait être habité. On y accédait par un portique à colonnes précédant une salle d’apparat , également à colonnes, autour de laquelle étaient distribués les appartements. Les bas-reliefs qui décorent l’intérieur de cet édifice ne diffèrent guère de ceux qui ornent les autres palais : ce sont encore les doriphores avec leurs longues lances, et à la porte principale, le roi avec ses deux serviteurs portant le parasol et le chassemouches. Au surplus, les sculptures sont encore plus prodiguées que dans l’autre palais. On trouve des bas-reliefs, non-seulement dans l’embrasure des portes, mais en outre dans l’embrasure des fenêtres. La destruction semble avoir été plus grande dans cette partie de la plate-forme ; ce n’est qu’en déblayant la terre qu’on peut suivre la trace d’une partie des bâtiments qui complétaient l’ensemble. Sur des blocs qui paraissent avoir été les pieds-droits des portes d’un édifice, dont il ne reste plus assez d'éléments pour en reconstruire même le plan, on reconnaît la figure du roi : il tient une longue canne de la main droite, et de la gauche une
fleur de lotus; au-dessus de lui, la figure symbolique du Dieu.
Le dernier palais dont il nous reste à parler est d’une étendue
ÉCRITURE ARIENNE. 4l
plus considérable encore, et il a aussi, par le nombre et la beauté des sculptures , une importance beaucoup plus grande; sa superficie se mesure par 91 mètres du nord au sud et 73 de l'est à l’ouest; à en juger par les débris, on ne tarde pas à se convaincre qu’il réunissait toutes les beautés que nous avons successivement indiquées dans chacun des autres édifices de Persépolis.
Ce monument se composait de deux parties distinctes : une grande salle carrée en avant; du côté du nord, un large portique, et, pour donner plus de grandeur encore à ce portique, on avait placé de chaque côté un taureau colossal. De ce portique on pénétrait dans l’intérieur par deux portes à large baie; on y avait également accès par trois autres faces, dans chacune desquelles étaient percées deux autres portes dont les jambages sont couverts de bas-reliefs où l’on trouve le lion, le griffon, le taureau et cet autre monstre sans nom, qui figure dans les scènes allégoriques, qu’on pourrait considérer comme la lutte du génie du mal contre le génie du bien. C’est là que le roi est représenté dans toute sa majesté : il est assis sur son trône, entouré d’un nombreux cortége, mais avec des variantes qui caractérisent des scènes différentes : ici, le souverain a ses sujets à ses pieds ; plus loin, il est environné de ses familiers et de ses gardes. Ce bas-relief, qui paraît avoir été l’objet de la prédilection de l'artiste, est divisé horizontalement en six champs, séparés les uns des autres par des bandes de rosaces qui, dans les deux sens de la hauteur et de la largeur , forment des cadres contenant les diverses parties du grand tableau. Dans les cinq cadres inférieurs sont rangés des gardes armés de lances, de carquois et de boucliers; il y en a dix à chaque rang ; au-dessus de ces cinquante gardes, le roi est assis sur son trône, placé sous un dais, tenant la canne et une
fleur de lotus : c’est Darius. Son trône a la forme d’une chaise à
dossier, et les pieds du prince reposent sur un tabouret.
DARIUES,
Derrière le monarque, dont la taille dépasse de beaucoup celle des autres personnages, un serviteur agite le chasse-mouches ; après lui on voit un officier qui semble porter les armes du roi. Devant le souverain, un personnage en tunique courte et portant une canne a la main droite levée et paraît parler au roi. De chaque côté du dais sont deux figures, dont l’une représente un garde, l’autre un serviteur portant un vase. Le dais royal est figuré par deux montants qui soutiennent un baldaquin à coins retombant aux angles et terminé par une frange ou un filet avec une bordure de glands; au-dessus de cette frange courent trois petites bandes de rosaces ; dans les intervalles qui les séparent sont deux petits champs superposés, dans lesquels plane la figure symbolique du dieu.
Un bas-relief analogue représente le roi entouré de ses sujets
C'est toujours, dans la partie supérieure, le prince assis sur son trône; dans la partie inférieure on distingue, soit par leur costume, soit par le caractère de leur visage, des Assyriens, des Mèdes , des Scythes et des Nègres; deux autres bas-reliefs analogues complètent l’ornementation de cette partie de l'édifice.
Pour terminer cette description d'un des plus magnifiques ensembles de palais ruinés qui soient restés debout, il faut encore signaler çà et là, dans la partie septentrionale du plateau qui sert d’assiette commune à tous ces monuments, un grand nombre de fragments dégrossis, préparés pour la taille du ciseau ou simplement coupés dans les blocs inhérents au sol même : preuve évidente que la dernière main n'avait pas été mise à ces travaux quand le génie destructeur est venu en interrompre le cours.
Enfin, pour compléter la description trop succincte sans doute de ces ruines, nous devons ajouter qu’on voit dans la montagne, à laquelle les monuments sont adossés, les dernières demeures des habitants de ces superbes palais. Ces tombeaux mêlent la sévère ordonnance de leur disposition funèbre à la richesse et à l’éclat de ces édifices , où des traces non équivoques permettent de supposer que la dorure et la peinture faisaient partie de la décoration des constructions de cette époque.
Les tombes sont disposées, à l'est, sur la pente de la montagne qui forme l'enceinte des ruines; elles sont creusées dans la roche vive. C’est le rocher lui-même qui a été taillé et sur lequel on a sculpté les détails de l’ornementation. Ces caveaux inaccessibles, d’une manière permanente du moins, rappellent l'architecture des palais. La façade offre à la base un portique simulé par quatre colonnes engagées ; leurs chapiteaux sont
formés de deux corps de taureaux adossés, dont les fronts cornus
supportent une corniche à denticules. Au-dessus règne une frise dans laquelle sont sculptés dix-huit lions, neuf de chaque côté, rangés en ordre inverse et séparés par une fleur de lotus qui occupe le centre. Au-dessus de cet encadrement , la façade se rétrécit, et sur un plan compris entre deux parties saillantes du rocher se trouve un grand bas-relief. A la partie supérieure du cadre plane la figure du dieu, telle que nous la connaissons déjà ; il préside à une cérémonie religieuse accomplie par un personnage dans lequel on peut reconnaître un roi : il est debout , monté sur trois degrés ; il tient un arc de la main gauche
et il étend la droite vers un autel sur lequel brüûle le feu sacré.