‹ Éléments d'épigraphie assyrienne les écritures cunéiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'AssyrieChapitre 11 sur 33 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ÉCRITURES ANARIENNES.

§ I". - IVSCIUPTIOXS HÉJMMCriHIQCES.

Les travaux qui ont conduit au déchiffrement des écritures en caractères cunéiformes de la première colonne des inscriptions trilingues sont loin d’avoir eu , en fait, la suite qu’on peut apercevoir aujourd'hui dans l’enchaînement des procédés que nous venons d’exposer. Ce n’est qu’après avoir trouvé sur différents points de la Perse, à Mourgab, à l’Elvend, ù Hamadan, h Vin, h Risitoun , d’autres inscriptions qui présentaient dans leur ensemble le même aspect extérieur, et qui se prêtaient aux mêmes conjectures , aux mêmes hypothèses, aux mêmes inductions que celles de Persépolis, qu’on fut parfaitement convaincu que l’ordre dans lequel les trois genres d'inscriptions se trouvaient n’était pas arbitraire. Si la première place ou, du moins, celle que la nature des choses faisait considérer comme la première , appartenait toujours au texte perse , parce que c’était la langue des maîtres

Êmru nKs avahiknmks.

<1ii pays, la seconde place 11e devait pas être indifférente: il y avait un choix intentionnel entre les idiomes des différents sujets vaincus qui composaient le vaste empire des Perses. Aussi on donna , dès l’origine , à la langue dont les caractères occupaient cette seconde place , le nom de midique , parce que les Mèdes étaient en effet plutôt alliés que tributaires des Perses. Le troisième système était évidemment le moins bien traité; à Bisitoun , il est placé sous les pieds des rois vaincus. On supposa que ce texte représentait l'idiome des Assyriens , dont l’empire s’était écroulé, après l’invasion des Scythes, sous les armes de Cyrus.

Ces désignations ne furent adoptées , dans l’origine, que pour l’appellation des inscriptions ; car on ne savait rien sur leur contenu. Nous avons vu que Tyschen, Monter et G rote fend supposèrent que l’écriture de la seconde colonne était syllabique ; cependant la seule chose sur laquelle on pouvait être fixé lorsque les travaux de la première colonne furent amenés au point de lire tous les textes , c’était le sens do l’écriture qui paraissait le même. Mais était-ce le môme texte et la même langue écrite avec des alphabets différents; ou le même texte dans une autre langue, ou enfin un autre texte , une autre langue et un autre alphabet ?

Quant au sens de l’écriture , les mêmes raisons qui avaient guidé dans la détermination du sens de celle de la première colonne s'appliquaient à l’écriture de la seconde , et «le plus on ne tarda pas à reconnaître , dans l'ensemble des textes , des groupes qui reproduisaient évidemment les noms propres du texte perse , et qui se succédaient dans le même ordre; il était donc certain que ce texte se lisait encore de gauche a droite et, de plus, que c’était bien la reproduction de la même version. Malgré les recherches, qui dès l'origine portèrent sur les trois genres d'écriture, l’assyrien résistait h toute espère d’investigation. Dans l'ordre des décou-

ÉCBITllteK A.NABIKJiNKS.

vertes, ce fut le texte modique qui céda le second aux efforts des philologues.

Le texte arien devenait , pour les recherches ultérieures , ce que le texte grec de Rosette était pour les égyptologues. Mais il s’agissait d’abord de déterminer les noms propres sur ces lignes encore inconnues ; il fut facile de les isoler dans les plus courtes inscriptions , et de retrouver dans les textes plus étendus les groupes qui correspondaient constamment aux mêmes groupes du texte arien. C’est une opération qui ne préjuge rien sur la connaissance d'un idiome ; tout le monde peut la pratiquer avec succès pour peu qu'on s’y applique et on est toujours sûr de réussir en y apportant quelqu’attention. Tous ceux qui se sont occupés du déchiffrement d’un idiome nouveau , lorsqu’on possède en langue connue la traduction du monument que l’on étudie , ont dû débuter ainsi ; c’est le point de départ essentiel et indispensable des recherches de cette nature. Ce travail donna bientôt la certitude qu’un signe distinctif indiquait invariablement les noms propres d’hommes. C’était ce clou perpendiculaire J qui n'apparaissait jamais dans le premier système, et qui se retrouvait devant tous les noms d’hommes. Ainsi , au groupe perse

Ti m T<

dans lequel on avait lu le nom de Darius , correspondait , dans le texte médique , le groupe précédé du clou perpendiculaire qui devait évidemment contenir le même nom

et ainsi de suite pour les autres noms propres. 11 s’agissait dès

nO ÉCRITURES ,V N A RIEN N ES.

lors de déterminer un nouvel alphabet. Les combinaisons de l'élément radical se prêtaient à plus de cent combinaisons : on en forma la liste en les rangeant , pour la commodité des recherches , suivant un ordre logique basé sur le nombre et la direction des cléments. Mais ces signes étaient trop nombreux pour n’exprimer que des lettres : on adopta l’hypothèse de Monter , et l’on chercha des valeurs syllabiques pour chacun des signes de la seconde colonne. Rien de sérieux, cependant, ne fut produit avant l’année 1844.

A cette époque , le danois Westergaard , au retour d’un voyage qu’il venait d’accomplir en Orient , publia , dans les Mémoires de la Société des Antiquaires du Nord , la traduction des textes médiques qui accompagnaient les textes ariens déjà connus et traduits. Ce travail fut reçu avec défiance par les philologues de l’Europe : on se demandait si ce texte médique était bien la traduction du texte arien. Et , ce premier point prouvé , on se demandait encore si les mots obtenus à l'aide des valeurs attribuées aux caractères médiques , par la comparaison des noms propres , traduisaient bien la langue que l’on voulait comprendre. Ces mots semblaient ne se rattacher à aucun idiome connu , et si le sens général des documents pouvait être compris dans son ensemble , rien ne garantissait l’authenticité d’un idiome qu’on cherchait à reconstruire en empruntant des formes grammaticales h toutes les langues. La phrase présentait d’abord une structure générale indo-européenne ; mais les substantifs avaient une déclinaison analogue à celle des substantifs turcs ; on trouvait un pronom sémitique, des adverbes sanscrits, une conjugaison tartare et celtique , un vocabulaire enfin bigarré de toutes ces langues , auxquelles on empruntait ainsi des fragments plus ou moins considérables , pour en reconstruire quelque chose qui restait sans nom.

ÊUiniHES ANAMENMES.

Le D'. Hiucks , de Dublin , en 1846 , contrôla , le premier , le travail de Westergaard ; il publia , dans les Transactions de l’Académie d’Irlande (1), un mémoire fort remarquable , mais qui présente une assez sérieuse difficulté à la lecture. Le D'. Hincks a disposé une table comparative des différentes valeurs attribuées au même caractère par Westergaard et par lui , avec un numéro d’ordre : de telle sorte que les transcriptions ne sont possibles qu’à la condition d’avoir sous les yeux le texte cunéiforme et la table de rappel.

Le plus grand progrès qui résulte du travail de Hincks sur celui de Westergaard est celui-ci : Westergaard avait pensé que toutes les voyelles n’étaient pas exprimées dans cet alphabet nouveau , et qu’un A bref était quelquefois inhérent à chaque consonne , comme dans le premier système et dans les alphabets des langues indo-germaniques. Hincks pensa , au contraire , que toutes les voyelles y étaient exprimées au moins une fois ( al least once), et quelquefois plus ; car on exprimait quelquefois la voyelle après la consonne qui la précédait et avant celle qui la suivait. Ainsi on écrivait, par exemple, AN-NA-AP et on prononçait ANAP. C’était le premier pas de la démonstration du syllabisme des écritures anariennes : nous verrons, par la suite, quelles ont été les conséquences de ce principe.

Le D’. Hincks n’avait ainsi contrôlé que les bases du déchiffrement des inscriptions médiqucs, dont Westergaard avait donné l’analyse. M. de Saulcy, en France, fit un pas de plus (2), et s'appliqua à contrôler , non-seulement les valeurs alphabétiques , mais encore les formes grammaticales si étranges auxquelles les

(I) On the firls and second hinds of Persepolitan writing. Kxlmted froin tüe Transactions of the royal Irish Acatlemy, vol. XXI, pari 1. Dublin , 1846.

(J) Recherches analytiques sur les inscriptions du système médique. Paris , 1850.

KCRITt'RES A.YViUE.VXKS,

valeurs, attribuées à chaque caractère par le dépouillement des noms propres, avaient conduit le savant Danois. Dans un travail de cette nature , la critique et la louange avaient également leurs périls. Cependant , après avoir sérieusement examiné le travail de Westergaard , M. de Saulcy n'hésita pas à déclarer que c'était un essai philologique qui présentait les indices les plus constants d'une insigne bonne loi , d'une inaltérable loyauté et d'une vaste érudition. Au surplus, M. de Saulcy ne s'éloigne guère des résultats généraux obtenus par Westergaard , et il confirme de plus en plus les bizarreries grammaticales qui pouvaient faire suspecter une première traduction.

D'après M. de Saulcy , l'idiome médique avait une analogie assez étroite avec l’idiome des Perses pour que Strabon , qui n’y regardait pas de très-près, ait pu dire que les Perses et les Mèdes parlaient la même langue. Cet idiome a laissé des traces évidentes dans plusieurs dialectes , tels que le zend , le persan moderne , le turc, le mongol, l'arménien, le géorgien et la langue des Tsiganes; mais le turc, plus que les autres langues congénères, présente des débris fort reconnaissables de l’ancienne langue des Mèdes.

L’écriture était syllabique, c'est-à-dire qu’un signe est attribué à chaque articulation quiescente , et un autre signe bien distinct , mais constant , représente une articulation avec une voyelle inhérente. Enfin , nous ne devons pas laisser passer une remarque importante : « Certains signes de l’écriture médique , dit M. de Saulcy , ont sans doute une certaine ressemblance avec les signes persans d’une même valeur ; mais la plupart d'entr’eux présentent des formes identiques avec ceux de l’écriture assyrienne. » O11 pressent déjà l'identité des deux systèmes graphiques.

Le travail de M. de Saulcy comprend l’ensemble des textes

ÉCRITURES ASAHIESRES.

qu’il était alors permis d'étudier ; c’est le travail le plus complet qui ait été fourni , au point de vue de l'analyse, sur ces inscriptions. M. de Saulcy assume la responsabilité des traductions de Westergaard , et il les fortifie de toute l’autorité de ses propres recherches. Les travaux ultérieurs ont donné raison aux deux philologues.

En effet , tous les textes n'étaient pas encore connus : il y avait surtout à analyser et il comprendre le texte de la deuxième espèce de Bisitoun. Le major Rawlinson l’avait soigneusement relevé ; il permit à M. Morris de le publier avec une traduction et des commentaires à l'appui (1). Les valeurs attribuées aux signes médiques par Westergaard et confirmées par les recherches de M. de Saulcy, ont subi le nouveau contrôle du déchiffrement d’un texte qu’on n’avait point pris pour base des recherches , et elles ont été pleinement confirmées ; elles n’étaient donc pas arbitraires ni erronées. Aussi M. Morris a pu compléter la série des renseignements que les philologues avaient à leur disposition sur ce point.

Nous pouvons, maintenant, donner la transcription de l’inscription que nous avons déjà prise pour exemple ( Sup p. 64).

HTg^fÿTYTTm^ra'

HTKT ^<~<Ï^t t T

KHSARCIIA KEI LACI1ALAKA KEI KEIOYNA DARIYAWAOUCH KEI CHARKI AKHAMENICHI VA.

(1) Mono ir 0 ii tht tcythic version of the liehislun inscription , bv M. E. Norris , dam le Journal Je la Société asiatique Je LonJres , vol. XV, port 1. 1853.

ÉCRITURES AMARIERXES.

C'est la traduction exacte du texte (>erse :

KHSAYARSA KHSAYAT1YA YAZARKA KHSAÏATIYA KHSAÏATIANaM DARIAVAUS KHSAYATIYA PUTRA ACHEMENIS.

On a constaté , dans ce système , l’usage de quelques signes qui ont une valeur idéographique : tels sont les caractères qui- signifient roi , mots , homme , Dieu , eau , animal. On a même constaté des groupes de signes qui correspondent aux mots cheval et chameau :

ï -fET (cheval).

| £= J | (chameau).

sans qu’on ait pu jusqu’ici en déterminer la prononciation. Il n’y a pas d’équivoque sur leur valeur ; ils sont annoncés par le signe

qui indique un animal , et suivis du signe

1 qui semble n’avoir d'autre fonction que d’indiquer la composition monogrammatique du groupe.

Cette écriture est donc à la fois syllabique et idéographique , le déchiffrement de ces nouvelles inscriptions est encore complet : tous les signes qui servent à les exprimer ont reçu une valeur qui permet de tout lire et de tout comprendre. Il ne resté plus d’incertitude que sur six ou sept caractères qui ne se trouvent pas dans des noms propres et qui sont d’un rare emploi.

Les travaux ultérieurs de M. Iloltzman dans les Mémoires de la Société orientale d’Allemagne, etdeM. Ilaug (1) dans les Annonces

(i) Ueher tchiift une/ sprache der zweilen Keilichvift G ait un g , >on D\ Hatig Gœttingen, 1855.

ÉCRITURES SSARIF.NNES.

de Gœttingue , n’ont point ébranlé ces nouveaux résultats ; ceux de M. Oppert les ont confirmés , et il est parti de ces premières données pour appuyer des recherches d’une autre nature qui donneront un jour, peut-être , la clef de l'histoire de l’Asie centrale.

I^a lecture de ces nouveaux textes , il faut bien le reconnaître , présente toutes les bizarreries que Westergaard avait signalées. Et cependant la grammaire de cette langue nouvelle , malgré ses anomalies , est devenue intelligible pour nous. Aussi s’est-on demandé avec raison si cette langue , qui semble avoir emprunté ses formes à tant d’idiomes différents , ne leur aurait pas au contraire laissé ses débris.

M. Oppert soupçonna, le premier, que cette langue pouvait représenter l’idiome des Scythes : il émit cette idée long-temps avant d’avoir formulé scs recherches sur le dernier système des inscriptions trilingues. Sir II. ltawlinson eut également la même pensée ; elle fructifia , et M. Morris l’adopta entièrement. Aujourd’hui il parait certain que cet idiome est la langue des populations tartnro-ûnoises comprises sous les vagues désignations de Scythiques ou de Touraniennes , qui renferment aussi les Mèdes non ariens , sans qu’on puisse encore distinguer d’une manière bien rigoureuse toutes les tribus qui , dans ces temps reculés , se mêlaient et vivaient de la même vie.

De toute antiquité , les vastes plaines qui s’étendent depuis le Danube jusqu’au nord du Pont-Euxin , du Caucase et de la mer Caspienne , aux rives de l’Oxus , paraissent avoir été occupées par une seule nation divisée en un nombre considérable de peuplades ou de tribus , chez lesquelles il y avait certainement un centre de civilisation qui a échappé jusqu’ici aux investigations de la science. Nous voyons , en effet , au moment où l’Assyrie

fcChITt'RKS ANARIKNNKfl.

était dans toute sa splendeur , ces populations entreprendre de grandes guerres qid ne purent être conçues et dirigées que par des gouvernements fortement constitués ; l’Europe est soulevée contre l'Asie , les Cimmériens contre les Scythes : la victoire reste à ces derniers , qui poursuivent et refoulent les Cimmériens audelà de la mer Caspienne , sur les bords du Don. Mais voilà que ces guerriers vainqueurs , en rentrant dans leur patrie , s’égarent dans les défilés du Caucase. Chemin faisant , ils rencontrent une armée qui assiégeait une ville : ils détruisent l'armée et s’emparent de la ville : c’était l’armée de Cyaxarès qui assiégeait Ninive. Ils s’emparent ainsi de la Médie et ils dominent bientôt sur l’Assyrie tout entière. Ils s’avancent vers le sud et menacent l’Egypte , qui ne parvient à conjurer leur fureur qu’à force de présents. Pendant vingt-huit ans ( 623 à 397 ) , ces farouches conquérants exercèrent leur terrible domination sur la Haute-Asie.

Ces hordes puissantes, qui s’éloignèrent au moment où l’empire de Cyrus allait naître et avec lesquelles les Perses avaient peutêtre combattu contre la vieille civilisation assyrienne, méritaient bien une distinction qu’il serait hasardeux de chercher dans des considérations philologiques auxquelles les Achéménides durent être assez étrangers, et on plaça ainsi leur langue au second rang dans les fastes de la Perse.

Mais tout n’est pas dit sur cette langue , ni sur son expression graphique. Nous avons vu que M. de Saulcv a déjà signalé de nombreuses ressemblances entre ces caractères et ceux de la troisième colonne des inscriptions trilingues. M. Oppert, dont le nom s’attache à tous les progrès sérieux qui ont été faits dans l’interprétation des écritures en caractères cunéiformes , a été plus loin : il a démontre qu’elle procédait du même système graphique. Sur cent neuf lettres que contient ce système d’écriture, il a pu en assimiler

ÉCRITURES AN ARIENNES

quatre-vingt-seize au système assyrien. Enfin , il a constaté que c’était en approfondissant ce système qu’on pourrait trouver , un jour , l’origine des cunéiformes assyriens. Il faut donc attendre à avoir les renseignements qui seront fournis par les études sur ce dernier genre d’écriture, pour nous prononcer définitivement.

Faisons encore un retour en arrière et ne considérons qu’une chose , c’est que les travaux de Westergaard et de ses successeurs ont donné la certitude de la réalité des trois langues : la troisième table de Persépolis renferme évidemment , comme la seconde , la traduction de la première. Mais , pour la comprendre et l’expliquer, faudra-t-il encore chercher un nouvel alphabet et une nouvelle langue ? C’est ce qui va désormais nous occuper.

Voici maintenant le tableau des différentes valeurs qui ont été attribuées aux caractères médo-scythiques par les savants qui se sont occupés du déchiffrement de cette écriture. Dans la sixième colonne , les valeurs attribuées par M. Norris sont marquées des lettres c et p , pour indiquer , d’après lui, leur certitude ou leur probabilité. Les deux lettres cc indiquent un degré de plus , et les trois lettres ccc un plus grand degré de certitude encore.

ÉCHITtriES ANAIIIEN.NES,

WMTERGAARD HIRCR9

af — p

up

an — p

an. (Dieu)

lak — »

tak

na — ccc

na*

mon — »

( mois )

si — oc

si*

pu — ce

liu. mu. vu

mus. vus.

sar — cc

sir

ali

» liiu — »

K ak — ccc

n ven — c

K gau — cic

Tu lu — c

ar — ccc llar

Ha La ra — ccc

pa par — ccc

Ti li — ccc

ÉCRITURES ANAR1ENNES

de

fliocks

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