‹ Éléments d'épigraphie assyrienne les écritures cunéiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'AssyrieChapitre 10 sur 33 · ÉCHUT II K ARIENNE · texte numérisé non relu

ÉCHUT II K ARIENNE

ont beaucoup moins estropié que la transcription hébraïque ov'ion»* qui l’avait caché depuis Joseph jusqu’à nos jours.

11 existe encore un vase de granit conservé dans le trésor de la bibliothèque St-Marc , à Venise , qui porte une inscription analogue. L’abbé Giacchetti signala le premier l’importance de cette inscription, et nous la reproduisons d’après la copie communiquée par sir Gardner Wilkinson au colonel Rawlinson , qui en a donné une des premières traductions (t).

Voici le cartouche égyptien :

La traduction de l’inscription perse donne :

A R DA Kll C1IA SCHA CH KCIIATATIYA VA 7.A H KA,

c'est-à-dire :

« Artaxerxès , le grand roi. »

Nous n’insisterons pas sur l’importance de ces inscriptions quadrilingues : il nous suffit de dire , quant à présent , que les recherches sur les deux autres inscriptions que présentent les documents en question ont pleinement justifié la lecture dont les inscriptions perses avaient donné les premières interprétations.

(1) The Persian, etc. Journ. of tlte B. A. Society, toi. X, part II, p* 348.— M. Newton a trouvé, dans les ruines du Mosoleum, un vase d‘albâtre portant une inscription identique.

LCHITllIK AltlKN.NK.

La démonstration de l'efficacité des procédés qui ont conduit à la lecture des textes ariens est donc non-seulement sanctionnée par les résultats , mais encore par un contrôle étranger.

La lecture des écritures cunéiformes n’est pas le résultat d’une convention ingénieuse, inventée par un homme habile, qui aurait eu le bonheur inespéré de trouver des esprits dociles et de les former à son système , c’est le produit réfléchi de toute une génération de philologues désintéressés qui devait aboutir , quel que soit le nombre des textes , aux mômes conséquences , aux mômes résultats. 11 y a là une œuvre d’ensemble, à laquelle chaque savant a contribué pour sa part. Chacun d’eux a travaillé à l’insu des autres : celui-ci en Allemagne, cet autre à Badgad, à Copenhague, à Dublin , à Londres et à Paris , et chacun s’aidant des travaux de ses devanciers quand il a pu les connaître , ou de scs propres forces , a apporté sa pierre à l’œuvre commune , dont on ne peut aujourd’hui méconnaître la portée.

Il ne faut pas s’étonner de la conformité des résultats. L’esprit humain , en présence des mômes faits, a compris qu’ils procédaient du môme principe , et les seules voies qui ne peuvent être continuées sont précisément celles-là qui conduiraient à l’erreur.

Nous n’avons rien dit sur l’origine de cette bizarre écriture. D’où vient-elle ? Qui l’a inventée? On l’ignore. A quel système graphique faut-il la rattacher? C’est ce qu’il n’est pas possible de déterminer aujourd'hui , et on se demandera long-temps peut-être si c’est un produit autochthone de l’Iran , ou si les Perses l’ont acceptée d’un peuple étranger. — Quoi qu’il en soit , il est facile de comprendre que toutes ces questions , que la science est heureuse d’agiter lorsque l’on possède les éléments nécessaires pour essayer

de les résoudre , n'ont aucune influence sur le résultat du déchiffrement. Nous le verrons bientôt, du reste, en étudiant l’écriture anariennc ; car il existe une différence profonde entre les trois genres d'écriture qui ont été signalés sur les murs de Persépolis. Mais nous n’avons encore rien dit du déchiffrement de deux d'entre elles, et cependant c'est précisément la lecture de ces inscriptions qui devra nous conduire h l’intelligence de ces milliers de textes assyrn-chaldéens qui s'entassent dans nos musées.

Il nous reste à faire connaître les différentes valeurs qui ont été attribuées aux vingt-deux lettres dont Niebuhr avait signalé la présence dans les écritures de la première colonne de Persépulis. Nous en donnons ici un tableau , sur lequel il est facile de suivre les progrès de la lecture : nous avons marqué par des lettres maigres les valeurs douteuses ou abandonnées; les lettres grasses indiquent les valeurs qui doivent être considérées comme définitives.

ÊÜBIUIIE AIUKN.NK.

ÉCRITURE ARIENNE

BVKitOtr 1336 (juin).

BEEllCl JACQCET

LA&SKN

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