‹ Éléments d'épigraphie assyrienne les écritures cunéiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'AssyrieChapitre 16 sur 33 · FILS DE SENNACHÉRIB · texte numérisé non relu

FILS DE SENNACHÉRIB

ROI IlES BATAILLONS, etc. ,

FII-S UE SARC.ON ,

ROI DES BATAILLONS, etC.

Nous avons donc encore une nouvelle dynastie, mais qu’aucuu document ne vient relier à la première. Nous n'insisterons pas

232 ÉCIIITClIfcS ANAfUKNM'.S.

plus long-temps sur ces inscriptions : ce que nous en avons dit suffit pour démontrer la légitimité des travaux qui ont essayé de fixer, par des données chronologiques ou archéologiques, de nouveaux éléments. Quelques-uns de ces rois , plus ou moins counus , dont on lisait plus ou moins bien les noms , devaient , un jour ou un autre , rencontrer l’histoire du peuple de Dieu , nous présenter aussi , dans leur propre histoire , les noms d’Ézéchias, de Sidon, de Jérusalem, etc., et nous fournir de nouveaux et solides points d’appui pour nous avancer de plus en plus dans la connaissance de ces documents, dont les difficultés augmentaient avec le nombre, et dont le nombre même apportait cependant des moyens de solution plus faciles et plus sûrs.

Jusqu'ici la marche du déchiffrement paraissait entrer dans une voie qui ne connaissait d’obstacle que la rareté des documents fournis par les inscriptions trilingues, pour composer, à l’aide des valeurs fournies par les noms propres, un alphabet syllabique qui aurait permis de tout lire et de tout transcrire dans une langue encore inconnue, il est vrai, mais dont le caractère sémitique était déjà assez clairement indiqué pour qu’on pût espérer de trouver , dans les racines que ces inscriptions pouvaient offrir , la signification des mots et des phrases qu’un allait articuler. Aussi on attendait avec impatience le texte assyrien de Bisitoun , qui devait donner la transcription d’une centaine de noms propres connus par le texte perse.

Enfin, sir Ilenry Ruwlinson publia ce document dans les Mémoires de la Société asiatique de. Londres (1), avec une transcription et une traduction interlinéaire. 11 y a joint un alphabet

il) llafrylonian translation of the grcat persian inscription al llrhistun iuditeriminatc liste of babytonian and assy riait chante t ers, analyse of habylonian te. cl , etc., etc. ( Jouitt ni of the royal Asialie Sorte ly, voL \IV, part I. 1851 ).

ÉCMTL'HKft ANAHIKNNES.

qui donna la valeur de 24C caractères. Ses observations à l'appui comprennent une analyse de la première colonne et la justification des deux ou trois premières lettres de l’alphabet.

Ce travail a eu surtout le grand défaut de s'être fait long-temps attendre, et de plus, sur certains points , d'être resté en arrière des progrès accomplis par les travaux des savants d’Europe : sir Henry Rawlinson paraît les avoir ignorés. S’il eût été mieux renseigné sur les découvertes du D r Hincks ou s’il en avait tiré tout le parti possible, en présence de l’abondance des matériaux que lui fournissait ce document, il eût, h coup sûr, été fixé sur le syllabisme de l’écriture assyrienne. 11 aurait pu en puiser le germe dans les Mémoires de M. de Saulcy, et il aurait su que le ü r Ilincks avait élevé ce fait à la hauteur d’un principe. Sir II. Rawlinson ne fit que l'entrevoir: « il lui parut, dit-il, que certains signes exprimaient « tantôt une syllabe, tantôt une simple lettre. Ainsi, les deux pre- « miers signes du nom de la Cappadoce (Katpataku) représentent u l’articulation Kat; mais le premier signe a la valeur bien constatée

« de Ka ,

, et le second celle de al ,

Dans

« le concours de ces deux signes , comment distinguer celui qui « oonscrve sa valeur syllabique de celui qui perd sa voyelle? » Sir H. Rawlinson s’en tient à cette remarque ; seulement il se félicite d’avoir été le premier k annoncer ce phénomène, et d'avoir constaté que les signes assyriens expriment, tantôt des lettres isolées , et tantôt des syllabes. Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer ici que c’est la deuxième fois que le savant colonel trouve en l’erse, le premier, des choses que l’on a rencontrées avant lui en Europe, en France, en Allemagne et en Angleterre. Quoi qu’il en soit, le syllabisme était encore entrevu : nous dirons plus tard comment un en a formulé la loi , eu se débarrassant du principe

ËCHUTHËS AXAKIKNXES.

des homophones ; mais le moment de cette précieuse découverte n'était pas arrivé.

Nous pouvons nous montrer d'autant plus sévère sur les découvertes du colonel anglais, que nous en rencontrons une ici qui lui appartient bien en propre, et dont l'importance est aussi grande , dans la lecture des textes assyriens , que celle du syllabisme. Nous voulons parler du fait de la polyphonie.

Sir H. Rawlinson remarqua que certains signes n'avaient pas toujours la même valeur ; que le signe qu'il avait lu A , par exemple, dans la transcription d’un nom propre, de plusieurs noms propres même , devait se lire PAL dans un autre ; que tel signe avait ainsi les valeurs de KHI et de DA , tel autre celles de KUV et de BIL, et ainsi de suite. Ces signes étaient , en un mot , polyphones , c'est-à-dire susceptibles de plusieurs valeurs et de plusieurs sons.

Ce fut un grand embarras qu'une pareille découverte ; car on comprit aussitôt que , si elle était réelle , il fallait trouver un principe pour dire , lorsqu’on ne sera plus guidé par une transcription dans une langue connue, la valeur que tel signe doit avoir dans la composition d’un mot ; mais alors qui pouvait prévoir les limites ou l’étendue d’un pareil phénomène? Quel nouveau guide pouvait-on soupçonner pour éclairer ces textes encore incompris , qui n’ont plus leur contrôle dans aucun livre, sur aucun monument?

Mais ce n’est pas tout : le texte de Bisitoun devait renfermer le nom de Nabuchodonotor, dont le D' Ilincks avait déjà donné , sur les indications de Grotefend , la transcription qu'il avait lue sur les briques de Babylone. On devait s’attendre à en avoir la forme assyrienne exacte ; car la transcription perse le désignait clairement, et il était conservé trois fois dans le texte assyrien. Nouvel embarras 1 Si les lettres que l’on voyait sur les briques ,

ËCIUTCHES ANAIÏIKNNKS.

sur le cylindre de Ker Peter , permettaient d'articuler d’une manière satisfaisante au moins la fin de ce nom, il était impossible de le retrouver sur le roc de Bisitoun ; en effet, le groupe correspondant au perse Nabuchudracara s'y présentait ainsi :

Mcf=V5=J^a.

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