‹ Éléments d'épigraphie assyrienne les écritures cunéiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'AssyrieChapitre 18 sur 33 · LJ · texte numérisé non relu

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llinek».

As I bave tabou red on this excellent bouse, lhe ancienl temple for the résidence of Anu and lv , tin* gréai Goda , my lords , and hase not been idle , and liave left uolhing for another work , and hâve ünished it in good tinte , and bave gladdcoed the bcarts of tbeir gréai Godskips; so may Anu end h surely compas» me about 1 and may tbey guide my weapons! and may tbey procure thich skiclds, uith alteniatc plates of Brass and Irou, for my campaigns ! May they keep me to the end in the close and in the distant fight ! May they n>ake ail the different peuple thaï arc hostile to me subject to me yoke, tbe tribes thaï are refractory , and lhe kings that annoy me I May they graciously draw near to my family and to my descendants! And may tbey establish my feel, Graily as a mountain, to future days, in lhe presence of Assur, and of their own great godheads.

Oppert.

As I bave consccraled the sublime bouse, the vénérable temple for the dwelling of Anu and Ao lhe great Gods, my lords, and bave not profaned them ; as I hâve not &voured the committing of sin, and hâve terminated into tbeir honour; as I bave obliged the heart of tbeir divinily, may Anu and Ao for ever bless uie ! May they glorify the work of my liands . may they Usten to the secret of my prayerl May they grant to my sword lire force of uuion and long years of good augury and viclocyl May they assis! me to the decision of bailles and Gghts ! May they reuder tribu la ries to my icgions the whok* of rebellious lands, the countries of obslinacy, and tbe kings wbo bâte me ! May they put nie in the présence of my enemyes and assailanls in a propitious moment! May tbey fortify for ever my power llkc mountain» in the imitation of God Assur and lhe great divinities, until the remolest days!

ÉCHITIIHE.S ASAIUENKKS.

administrateurs du BritishMuseum la connaissance d’une épreuve lithographiée de la longue inscription qui recouvre les prismes de Tiglat-Pileser. Il en envoya une traduction sous pli cacheté à la Société asiatique, en engageant cette Société à provoquer des traductions indépendantes du même monument , pour les comparer ensuite et voir quel serait , d’après le résultat , l’état des études assyriennes. Le Conseil de la Société , sur la proposition de sir II. Rawlinson , se mit en mesure de satisfaire au désir de M. Foi Talbot; sir Ilenrv Raulinson promit en môme temps de fournir une traduction. Le D' Hincks, ainsi que M. Oppert, qui se trouvaient alors à Londres , acceptèrent le concours, et un mois après tous les concurrents avaient terminé leur travail : l’épreuve a été des plus satisfaisantes.

Le 25 mai , les paquets furent ouverts ; les points de ressemblance furent notés avec soin , ainsi que les points de dissemblance. On constata les lacunes , et la Commission put se convaincre que l’épreuve était décisive ; enfin , pour que tout le monde fût à même de savoir à quoi s’en tenir sur le résidtat de ce concours , la Société asiatique fit imprimer sur quatre colonnes les quatre traductions. On peut ainsi saisir du même coup-d’œil les points sur lesquels les traducteurs se sont trouvés d’accord, ou ceux sur lesquels ils ont pu s’écarter plus ou moins les uns des autres.

Cette longue inscription fait connaître l’histoire des premières années du règne de Tiglat-Pileser I", roi d’Assyrie, qui régnait vers l’an 1 150 avant J.-C.; elle traite différents sujets, en passant brusquement de l’un h l’autre ; elle renferme un grand nombre de noms propres.

Beaucoup de passages ont été traduits absolument de la même manière par les quatre traducteurs ; il y en a d’autres qui ne dif-

ÉCRIT LUES AN ARIENNES

fô rent que par un mot, une nuance, une expression plus ou moins heureuse.

Il était évident , après un pareil résultat , que les principes étaient acquis ; il s’agissait de les formuler. Nous sommes loin du temps où il fallait attendre le déchiffrement de deux lettres de l'alphabet perse pendant plus de dix années ; où Rask , en signalant l'M et l'N de l’alphabet arien, faisait époque dans la science! Les progrès avaient été rapides ; la marche avait-elle été aussi sûre? Nous pourrions invoquer, à l’appui d’une réponse affirmative, des considérations semblables à celles qui entraînèrent la conviction , lorsqu’on s’est demandé si le texte perse était enfin lu et déchiffré. Les valeurs attribuées aux caractères assyriens donnent, en effet, comme les valeurs attribuées aux caractères ariens, les noms des princes achéroénides , les noms des provinces de leur empire ; et les signes qui nous permettent de lire ces noms nous font lire également la traduction de leurs volontés, de leurs croyances et de leurs exploits. Mais ce n’est pas tout : ce sont les mêmes caractères que nous retrouvons sur les monuments unilingues de l’Assyrie , et ils nous ont permis de lire sur les bords de l’Euphrate les noms de Babylone et de Nabuchodonosor, dont les textes trilingues ne nous avaient donné que la forme idéographique; et nous avons lu également le récit des gigantesques travaux que ce prince avait entrepris dans la terre de Scnnaar. Ce sont encore les mômes caractères qui nous ont permis de lire, avec le nom de Ninivc, le récit des principaux événements de l’empire d’Assyrie; et, parmi les noms des rois vainqueurs ou vaincus, parmi les noms des villes ou des provinces dont on se disputait la conquête, nous avons pu lire ceux d’Éiéchias et d'Abdimeleck , ainsi que ceux de Damas, de Tyr, de Sidon et de Jérusulem.

N’avons-nous donc pas de puissantes raisons de croire que nous

244 ÉCHITUHKS ASAMENNES.

lisons bien une langue nouvelle? Mais il y a plus : l'épreuve tentée par la Société asiatique de Londres ne devrait-elle pas être considérée comme décisive par ceux qui ne veulent pas approfondir la question par eux-mêmes? Un grand corps ne se compromettrait pas aux yeux des savants de l’Europe , aux yeux des corps savants du monde entier, pour prêter la main à une plaisanterie organisée par quatre personnes dont l'honorabilité proteste à elle seule contre toute supposition de connivence mesquine, lorsque la Commission, du reste, s’est assurée, par tous les moyens qui étaient en sou pouvoir, de l’indépendance des travaux.

Désormais on doit donc considérer le problème comme résolu ; il ne reste plus aux savants , qui ont retrouvé ces lectures et cette langue , qu'à faire connaître les moyens qui les ont conduits à ce résultat ; tous les faits qui avaient arrêté la marche des progrès et dont on avait successivement triomphé , ne pouvaient pas sans doute amener immédiatement des principes dont la généralité eût été indiscutable; mais les bases étaient posées et il ne s’agissait plus que de persévérer avec confiance dans la voie si péniblement ouverte.

Ces différents travaux laissaient , eu effet , entrevoir que les faits déjà constatés pouvaient enfin se rattacher à des principes généraux et former un corps de doctrine pour devenir , non plus l’instrument d’un seul , mais le guide de tous ; il était temps que les savants, qui s’occupaient de la résurrection de l’Assyrie, vinssent dire à ceux qui voudraient prendre part à leurs découvertes pour les continuer ou pour les contrôler : Voilà ce que nous avons fait, et comment nous l’avons fait ; voilà comment vous pourrez le faire vous-mêmes , et pénétrer ainsi dans cette histoire qui se révèle à nous après tant de siècles d’oubli.

M. Oppcrt a compris le premier cette nouvelle tâche , et il a le

écuitches akamennes.

premier systématisé ces faits dans ses publications assyriennes. Nous en avons la preuve dans son travail sur l'inscription de Borsippa (1), et particulièrement dans le second volume de la relation de son expédition en Mésopotamie. Ce sont les premiers travaux qui ont fait sortir les recherches du cercle où elles semblaient devoir rester confinées , ou du moins , je n’hésite pas à le dire , c’est à partir de cette époque que j’ai osé produire mes premiers essais de lecture et d’interprétation . après avoir long-temps cherché, dans d’autres travaux, la clef de cette bizarre écriture (2). Enfin c’est encore à partir de cette époque que les savants ont été mis à même de contrôler les moyens d’investigation qu’on appliquait h cette science nouvelle : je ne dois pas passer sous silence les critiques dont elle a été l’objet.

M. Renan , par la nature de ses travaux , était nécessairement désigné pour s’expliquer sur le caractère d’une langue qui demandait sa place parmi les langues sémitiques , et qu'il n avait pu comprendre dans son ingénieux travail sur les idiomes des fils de Sem. Scs critiques se sont produites dans trois articles publiés par le Journal des Savants (3); elles révèlent, sans doute , le désir de s’initier aux procédés de lecture exposés par M. Oppert ; mais elles révèlent aussi le peu de persévérance que ce savant a mis à en faire l’application : aussi ses critiques sont , pour la plupart , d’une grande fragilité. Le jour où M. Renan voudra traduire un texte assyrien , il ne sera pas embarrassé par ses propres doutes ; la transcription d’un certain nombre d'inscriptions lui suffira pour s’assurer de la justesse des valeurs dont M. Oppert n’avait

(1) Études assyriennes. Inscription de Borsippa. Paris, 1857 (Extrait du Journal asiatique, n° 3 , année 1857).

(2) Les Briques de Babylone. Essai de lecture et d'interprétation , br. in-8 # . Juin

13} Journal des Savant a, mars 1859, p. 185; atril, p. 251 ; juin, p. 360.

ÉCRITURES ANAHIENNES.

ait;

pas démontré l’origine rigoureuse , parce qu’il les considérait déjà comme acquises.

M. Renan admet le sémitisme d'un certain nombre d’expressions , mais il en conteste la lecture : ainsi , il se demande si la finale du groupe idéographique , qui se lit roàu ( supra, p. 212), joue le rôle d’un complément phonétique. 11 n’est pas convaincu de la lecture des signes qui composent les groupes que l’on articule sami, irsil , n«« , lisan, etc., etc. Ces doutes prouvent évidemment que M. Renan ne s’est pas assez familiarisé avec l'écriture anarienne ; car la lecture attentive de quelques noms propres eût suffi pour les dissiper. Ces valeurs étaient depuis long-temps acquises , et l’on ne pourrait plus aujourd’hui reproduire les critiques dont elles étaient l’objet, sans s’accuser d'une ignorance complète des principes les plus élémentaires de ces études.

Mais les critiques de M. Renan ne s’arrêtaient pas seulement aux bases du déchiffrement, elles portaient sur le caractère même de la langue. « Il n’y a pas , disait-il , de langue sémitique où dans ne se rende par a; à par S ; tout par a, et la découverte d'une langue sémitique où dans se rend par in a; à par <ma; tout par gab serait un phénomène presque aussi difficile à admettre pour le philologue que l’eût été pour Cuvier un carnassier à dents plates ou un mastodonte ailé (1). » — Ces critiques sont graves ; mais on peut se demander a priori pourquoi M. Renan , qui doute de la sincérité des lectures quand elles aboutissent à des transcriptions dont le sémitisme est évident , admet si facilement la lecture des mots dont le sémitisme lui répugne? — Ne se pourrait-il pas que les expressions de cette nature soient mal lues? Alors l’objection disparaîtrait. Mais si elles sont bien lues , si leur signification est

(l; Journal des Savant* , avril 1859, |V 24H.

ÉCKITUIES ANAKIENNES.

déjà définitivement acquise , et si malgré ces formes la langue assyrienne reste sémitique dans son ensemble , il faut bien admettre ces étranges exceptions qui formeront , au milieu du caractère général des idiomes sémitiques , la différence spécifique de la langue assyrienne.

Quoi qu'il en soit, les critiques de M. Renan sont dominées par cette grave objection : Vous m’apportez des traductions qui révèlent des faits inconnus à l'histoire ; des Sémites polythéistes ; une langue que vous dites appartenir à la grande famille des langues sémitiques, et dont l’écriture se lit de gauche à droite ; une langue qui présente des mots qu’on ne rencontre dans aucun groupe de cette famille; puis, pour justifier vos transcriptions, vous me présentez , au lieu d’un alphabet qui semble fait pour ces langues et pour ces peuples , un système graphique dont les valeurs , tantôt idéographiques, tantôt syllabiques et souvent polvphones, se prêtent avec une élasticité effrayante à toutes les interprétations; et vous paraissez puiser dans ces valeurs si mobiles au gré de vos désirs, en choisissant celle qui ca le mieux. N’y a-t-il pas quelque grand principe de lecture à découvrir, analogue à celui que Hincks a proclamé , pour enlever l’arbitraire aux transcriptions? De quel secours le sémitisme de la langue assyrienne peut-il être pour déterminer une valeur, si cette valeur ne peut convenir qu’à un mot donné, et si elle peut être changée pour une autre qui s’appliquera à un autre mot dont le sémitisme réclamera la différence? Comment accepter la traduction des étranges prières que vous lisez sur les murs de Khorsabad , lorsque vos lectures reposent sur des conjectures si hasardées, sur une base aussi fragile?

Ces considérations étaient sérieuses : elles pesaient de tout leur poids sur les études assyriennes; en dehors des assyriologues, elles pesaient de toute l’autorité qu’y donne la parole du savant

ÉCRITURES ANARIKNNES.

auteur de l'histoire des langues sémitiques. Heureusement que les résultats sont venus en démontrer la faiblesse. Je ne veux pas dire, sans doute, que tous les faits qui ont arrête la marche des progrès sont ou peuvent être élevés aujourd’hui à la hauteur d’un principe dont on a formulé la loi : il serait téméraire de l’affirmer. Toutefois, si quelques principes inaperçus sont encore enveloppés dans les inscriptions déjà traduites, l'ignorance dans laquelle on en est a rendu plus laborieuses et plus pénibles les traductions déjà acquises; mais elles n’en sont pas moins solides. On peut en juger par le passé. Avant que le syllabisme ait été reconnu comme un principe fondamental de la lecture des textes assyriens , nous avons vu des traductions assyriennes , et la découverte de ce principe n’a apporté aucun changement aux traductions de ceux qui ne l’avaient pas encore reconnu. Il en sera de même pour l’avenir. Quels que soient les principes nouveaux que les recherches futures permettront de constater, les traductions déjà faites n’en subsisteront pas moins avec leur valeur réelle; seulement les traducteurs nouveaux auront moins de difficultés à vaincre, à mesure que les travaux de chaque jour aplaniront la route à ceux qui s’occuperont les derniers de ces textes. Aussi les critiques de M. Renan n’auront qu’un résultat sérieux : — d’une part, elles contribueront peut-être à amener les assyriologues à appuyer leurs lectures sur des commentaires plus explicites pour les faire accepter en dehors des hommes spéciaux qui se livrent à ces études ; — d’autre part, elles avertironteeuxqui voudraientcontrôlerleurs travaux, qu’on n’aborde pas l’examen des résultats qu’ils annoncent avec des théories préconçues ; aussi je passerai sous silence les critiques de ceux qui n’ont fait que reproduire, en les affaiblissant, les arguments que M. Renan avait formulés (1). Les critiques vraiment profitables à la science

(1) Examen critique du déchiffrement de» inscriptions cunéiformes assyriennes , par M. Ch. SchobeL Pari», 1861.

ÊCRin.HKS AX.WUKN'NKS.

se sont produites dans les lectures mômes des assyriologues, qui n’ont jamais hésité à revenir sur leurs interprétations dés qu’ils ont trouvé ce qu’elles pouvaient contenir de défectueux.

Cependant les travaux continuaient toujours et les études assyriennes en étaient arrivées à ce point, lorsqu’en 1860 nous avons publié la première édition de cet Exposé. Depuis lors des travaux importants ont été accomplis en France et en Angleterre. Je dois les mentionner ici.

Les Trustées du British Muséum avaient chargé, il y a quelques années, M. Norris et sir II. Ha wl in son de la publication des principaux monuments épigraphiques que les découvertes assyriennes avaient mis au jour. Le premier volume a été publié en 1861 (1). Aujourd'hui, la plupart des inscriptions que ce volume renferme sont traduites et quelques-unes commentées. On peut donc maintenant se rendre compte de l'importance de cette publication. Le recueil se compose de soixante-dix planches in-folio. C’est un texte lithographié avec un grand soin , et qui nous donne un fac-similé très-satisfaisant des textes qu'il permet de consulter facilement désormais.

Les inscriptions des rois du premier Empire de Chaldée comprennent un ensemble de quarante-cinq inscriptions qui s’appliquent à vingt-cinq rois ; elles sont relevées sur des briques , sur des tablettes, provenant en grande partie des fouilles exécutées dans la Basse-Chaldée , et nous fournissent les premiers renseignements que l’histoire peut invoquer sur cette époque reculée.

Les documents relatifs au grand Empire d’Assyrie sont les plus nombreux et les plus étendus ; ce sont , en général , de longues

(1) A sélection [rom the historical Inscriptions of Chatiiaa, Assyria and Babylonia. London, 4851.

f.CHlTLRES A.NAHICNNES.

inscriptions qui nous racontent les conquêtes des souverains de l’Assyrie et les agrandissements successifs de leur domination. Je signalerai les plus importants. — Et d'abord le long récit des exploits de Tiglat-Pileser I"; c’est cette inscription qui a servi ,en 1837, h constater , devant la Société asiatique de Londres, l’état des découvertes philologiques assyriennes d’après quatre traductions présentées par M.M. Fox Talbot , Hawlinson , llincks et Oppert. On peut aujourd’hui contrôler facilement ces traductions, en les comparant au texte assyrien , et se rendre compte ainsi des difficultés que les traducteurs avaient alors à vaincre. La haute critique ne saurait s’exercer sur un sujet plus digne de son attention. — La plus longue inscription du recueil est celle de Sardanapale III , qui régnait vers Tan 920 avant Jésus-Christ ; elle est reproduite d’après les marbres du grand temple , découvert par M. Lavard à Nimroud , et les variantes résultent de la comparaison des passages de cette inscription répétés sur d’autres parties de l’édifice. — Une des plus curieuses inscriptions est celle de Samas-Phul ; elle est écrite en caractères archaïques de Ninive, et, sous ce rapport, elle donne des renseignements paléographiques de la plus grande importance. — Vient ensuite l’inscription dite du Baril de Sargon, copiée sur un des quatorze exemplaires que M. Place avait trouvés à Khorsabad. — Je citerai encore la longue inscription du prisme de Sennachérib ; et enfin l’inscription du prisme d’Assarhaddon , père du dernier Sardanapale. C’est lè que s'arrêtent les documents relatifs au grand Empire d’Assyrie. Les nombreuses inscriptions trouvées dans le palais de Koyoundjik produiront à elles seules des échantillons suffisants pour remplir le second volume , dont la publication est depuis long-temps annoncée et qui ne doit plus se faire attendre.

Les renseignements qui nous sont fournis sur le dernier Ein-

ÉCMTUI1ES ANAllIKKNES.

pire de Chaldée sont d'une autre nature. Iæs inscriptions de cette période sont pour ainsi dire exclusivement architectoniques , si je puis m’exprimer ainsi. Parmi celles que la publication des Trustées du British Muséum nous font connaître, la plus importante par son étendue émane de Nabuchodonosor ; c’est la reproduction de la fameuse inscription trouvée par sir Ilartfort Jones à Bagdad, en 1802 , et conservée au Musée de la Compagnie des Indes. Le monument le plus intéressant par les détails qu’il révèle appartient au règne de Nabonide ( Nabouimtouk ?), un des derniers rois de l’Empire assyro-chaldéen. Malheureusement , ce n’est qu’un fragment. B nous eût éclairé sur l’histoire des rois du premier Empire de Chaldée d’une manière satisfaisante , si l'on en juge par ce qui en reste. Nous y voyons , en effet , que Nabonide s’occupait avec une grande sagacité de la restauration des palais construits par les rois du premier Empire. B recherchait les inscriptions qu’ils avaient tracées sur les tablettes déposées dans leurs fondations, et il nous donne la copie d’un de ces antiques documents qu’il a ainsi perpétué jusqu’à nos jours.

Telle est , aussi sommairement que possible , l'indication des documents publiés par le British Muséum. Cette publication ne comprend, il est vrai, qu’un texte assyrien; mais, en le parcourant , on ne tarde pas à s'apercevoir que les éditeurs , qui ont déjà tant fait pour la science, comprennent les inscriptions qu’ils livrent au public , et que si leurs traductions ne les accompagnent pas encore , elles ne tarderont pas à paraître. D'ailleurs , ces nombreuses inscriptions, par leur importance môme, avaient, depuis long-temps déjà, été l’objet des travaux particuliers de ceux qui s’occupent de la lecture des textes assyriens. Aussi M. Fox Talbot en a donné quelques traductions dans les journaux scientifiques de l’Angleterre ; et , d’un autre côté , M. Opperl les

ËCHITX.'RKS ANAHIKNNCS.

a traduites presque toutes dans le premier volume de la relation de son Expédition en Mésopotamie , dont la publication vient d’ôtre terminée.

Le litre de AI. Oppert , aujourd'hui complet , nous permet d’apprécier dans son ensemble cette grande expédition , entreprise en 1831 par ordre du Gouvernement. La topographie deBabvlone, exécutée et contrôlée sur les lieux par les documents antiques , est un des résultats les plus importants qui aient été obtenus. Je ne parle pas des nombreux monuments qui avaient été alors expédiés en Europe : s’ils étaient arrivés h Paris, le Musée du Louvre n’aurait peut-être rien h envier à celui de Londres; malheureusement, ils ont sombré dans le Tigre. C’est une perte qu’on ne saurait trop déplorer, mais qui se réparera peut-être lorsque de nouvelles explorations seront ordonnées et entreprises. En attendant , les études se poursuivent ; les monuments acquis sont traduits et commentés , et le livre de M. Oppert se présente , non-seulement comme la relation d’une expédition scientifique du plus haut intérêt , mais encore comme le premier exposé méthodique des principes de la lecture et de l’interprétation des textes , dont il nous fait connaître les plus nombreuses interprétations.

Je mentionnerai maintenant la traduction de la plus longue des inscriptions deSargon , que j’ai publiée avec AI. Oppert dans le Journal de la Société asiatique. On sait que les découvertes de M. Botta, à Kliorsabad , comprennent un ensemble de monuments qui composent la plus grande partie du musée assyrien du Louvre , et sur lesquels AI. Botta a recueilli de longues inscriptions qui couvrent plus de deux cents pages in-folio. AI. Botta , en copiant le premier ces inscriptions , s’aperçut bientôt qu'il avait sous les yeux plusieurs exemplaires du même texte. Alalgré cette certitude, il a tout copié et tout publié , laissant h ceux qui voudraient étudier ces

êcHITUHES ANAIMKNNKS. 2S3

papes le soin de mettre de l’ordre dans ces archives. Il s’agissait , en effet, de déterminer les textes semblables, de les comparer signe par signe , et de les restituer dans l’ordre qu’ils devaient avoir; c’est un travail qui familiarise promptement avec l’écriture assyrienne, qui on révèle toutes les difficultés et toutes les ressources. A ce titre, je l’avais entrepris depuis long-temps , lorsque M. Oppert , après m’avoir aidé d’abord des conseils de son expérience , s'est associé à mon travail , et nous avons résolu de traduire et de commenter ces longues inscriptions. On sait qu’elles renferment plusieurs récits ; quelques-uns sont d’une très-grande étendue. Nous nous sommes arrêtés pour le moment au plus complet; il est écrit autour de la sallo qui porte le n° X du plan de M. Botta et qui se répétait dans les salles VIII, VII, V. En comparant ces différentes séries d’inscriptions, on peut facilement retrouver les éléments de la version principale, dont les copies se complètent les unes par les autres, à quelques mots près (I). Cette longue inscription nous raconte les principaux événements du règne de Sargon , ses guerres, ses conquêtes , la prise d’Asdod et de Samarie , et enfin la construction d’une ville à laquelle il a donné son nom et que les fouilles de M. Place, l’habile continuateur de M. Botta , vont achever de nous faire connaître.

M. de Longpérier m’avait signalé, au Musée du Louvre, une inscription du plus haut intérêt; j’en ai d’abord donné une traduction que j’ai lue devant l’Académie des inscriptions et belles-lettres , dans la séance du 6 février 18ü2 : je l’ai publiée en anglais dans l’Atèenœum du 20 septembre 1802 , et je viens de terminer la publication du texte avec un commentaire philologique

li) Les Faste « de Sargon, roi d'Assyrie , traduits et publiés d’après le texte assyrien de la grande inscription des salles de Kliorsabad, par M\l. J. Oppert et J. Méi.anl. Rroch. in-f*. 1863. Extrait du Journal asiatique.

ÉCRITURES ANAHIKNNKS.

à l'appui de ma traduction (1). Cette inscription appartient au règne de Hammourabi, roi de Babylone, de la première dynastie chaldéenne , qui régnait , par conséquent , à une époque comprise entre l’an 2000 et l’an 1550 avant Jésus-Christ. On s’était demandé si ces rois étaient d’une origine sémitique ou annonçaient une domination étrangère à celle qui s’est perpétuée sur ces plages. Je crois que l'analyse de cette inscription permet de fixer le véritable caractère des rois de cette première dynastie, jusqu’ici méconnu ou contesté. 11 est certain aujourd’hui que les rois du premier Empire de Chaldée appartenaient à la même race que leurs derniers successeurs, et qu’ils parlaient une langue qui s’est perpétuée jusque sous les Achéménides, depuis les bouches du Nil jusqu’aux montagnes de l’Arménie , avec cette vitalité propre aux langues sémitiques et qui en fait un des caractères les plus saillants.

Je ne dois pas oublier , parmi les découvertes les plus importantes pour l’histoire de l’Assyrie, celle des tables chronologiques qui permettent de suivre, année par année, le règne des rois assyriens pendant une période de plus de deux cent cinquante ans. Ces monuments, que rien ne recommandait extérieurement, avaient été apportés en Angleterre avec les innombrables briques chargées d'inscriptions que JM. Layard avait exhumées des ruines du palais de Koyoundjik et qui formaient ce qu’on peut appeler, à juste titre, la bibliothèque de Sardanapale. Ils avaient été recueillis tels que les fouilles pouvaient les donner , c’est-à-dire dans le désordre que les destructeurs du palais y avaient apporté par leur œuvre de dévastation. Ils restèrent donc ignorés , comme beaucoup d’autres documents le sont encore aujourd’hui, parmi des

U) Inscriptions de Hammourabi , roi de Babylone , traduite» et publiées avec un commentaire à l'appui. Paris, 1863.

É0RITU11ES ANARIENNKS.

milliers de briques non classées , jusqu'à ce qu’un heureux hasard vint appeler sur eux l’attention.

Ce fut en fouillant ces archives , dans le commencement de l’année 1854, que le D r Hincks en découvrit les premiers fragments. A l’aide de ces fragments, il établit que les Assyriens désignaient l’année par le nom de certains grands personnages auxquels il donne le titre d' Éponymes, en attendant une désignation meilleure. Plus tard , sir Henry Rawlinson trouva , dans la masse de documents qu’il peut fouiller sans cesse pour les besoins de la publication dont il est chargé , des tablettes analogues , et il ne tarda pas à compléter la découverte du D' Ilincks ; il publia le résultat de ses recherches dans lAttienœum du 31 mai 1862.

Aujourd’hui , il est certain que l’on possède les fragments de quatre tablettes qui contenaient, lorsqu’elles étaient complètes , la copie d’un canon assyrien , indiquant , pour une période de deux cent soixante-quatre années , le nom des grands personnages par lesquels chacune d’elles était désignée ; des compartiments marquent la durée des règnes , et le nombre des noms compris dans chaque case est en harmonie avec le nombre des années du règne. On a eu la preuve de ces faits d’une manière péremptoire ; il me sufüt de les énoncer ici. La chronologie assyrienne se trouve donc fixée pour une période de deux siècles et demi ; et, pour rattacher ces dates désormais acquises aux événements que les autres sources de l’histoire nous ont fait connaître, il suffit d’un point de contact. Or, il s’en est déjà trouvé plusieurs : on a pu fixer, par exemple, la date de l’année 721, qui correspond à la dernière d’Osée, comme la date de l’avènement de Sargon au trône, et déterminer ainsi la place que ces tables chronologiques doivent occuper de l’année 944 à l’année 642 avant Jésus-Christ.

Cette découverte devait singulièrement frapper les esprits.

ÉCRITURES ANAHIENNES.

Chacun de ceux qui s’occupent de la lecture de ces textes était surtout désireux de les connaître. M. Oppert a pu, dans le courant de l’année 1862 , consulter ces listes, et il en a publié une traduction française dans les Annales de philosophie chrétienne (t. VI, B' série, juillet 1862). Ses calculs s’éloignent peu de ceux du savant général ; j'aurais été heureux de les vérifier lors de mon dernier séjour à Londres ; mais sir H. Rawlinson , qui n’ignorait pas, j’en suis certain, ma présence et mes recherches dans le British Muséum, a mis, pour un motif que je ne saurais comprendre, le conservateur des antiquités assyriennes dans l’impossibilité matérielle de me communiquer les précieuses tablettes, et j’ai dû ainsi renoncer à la satisfaction de consulter ces documents dans l’établissement public le plus libéralement ouvert aux investigations de la science (1).

Ces travaux , par leur étendue , ont dû singulièrement augmenter la confiance que l’on doit avoir dans les traductions assyriennes ; les faits se contrôlent les uns par les autres avec une singulière vigueur. En 1880, sir II. Rawlinson estimait que les inscriptions qu’il avait alors déchiffrées pouvaient comporter cinq mille mots, et qu’il en connaissait sûrement un dixième, soit cinq cents, des plus usités. Aujourd'hui , par suite des progrès qui ont été accomplis, on peut porter à près de six mille les faits qui peuvent être comptés comme sûrs. Le Dictionnaire assyrien se remplit tous les jours, et l’étude des formes grammaticales permet de plus en plus de préciser l’idiome assyrien. On ne peut , du reste, séparer l’étude des formes grammaticales des essais d’interprétation. Déjà quelques essais de grammaire avaient été tentés par

(!) Voycx mon deuxième Rapport il Son Excellence M. le Minixtre d'Êtat sur le» inscriptions assyriennes du Brilish M tntum. Juin 1863, p. 45.

ÉCRITURES ANAR1ENNES.

sir H. ftawlinson (1) et par le D r Hincks (2); mais M. Oppert (3) est celui qui a poussé le plus loin les investigations dirigées de ce côté. Sa Grammaire assyrienne présente, sous un format modeste, l'ensemble le plus complet des éléments de cette langue , dont on ne peut plus aujourd'hui méconnaître le véritable caractère. Aussi , grâce à lui , on peut déjà se faire une idée assez exacte des différentes parties du discours de la langue assyrienne. En voici le résumé :

Article. — M. Oppert a remarqué que l’assyrien, de même que l’araméen , n’a pas d’article. Mais il a comme lui un état emphatique (tel qu’il se trouve aussi dans les langues Scandinaves) , qui n’est que le reste d’une ancienne déclinaison sémitique, conservée dans la nunngtion des Arabes. Chez les Assyriens, il y a une mimmation qui est restée intacte pour les substantifs féminins et pour les masculins qui se terminent en T.

Plus tard, les formes u m pour le nominatif, am pour l’accusatif et im pour les autres cas obliques , se sont changées en uv, av, iv, et cette dernière désinence s’est altérée en u, a, i; c’est ainsi que l’arabe littéral nous l'a conservée dans les substantifs précédés d’articles.

Exemple : Bilit , souveraine.

Bilitum , et par contraction bilitu ,

Bilitam , — bilita ,

Bilitim , — biliti.

Adjectifs et Substantifs. — En général, le T marque le féminin

(1 ) Journal of the royal asiatic Society , vol. XII , p. 2. 1850.

(2) Journal of sacred lite rature , 3* série, U II. 1855.

(3) Voy « l’article de M. Oppert dans la Zeitschrift der deutschen morgenlandischen Gesellschaf ts ; —ses Éludes assyriennes ; — son Expédition en Mésopotamie, passirn ; — et enfin sa Grammaire assyrienne, publiée dons le Journal asiatique. Janvier 1860.

ÉCRITURES AN ARIENNES

dans les substantifs; le pluriel masculin se forme en M, N et T indifféremment ; mais le véritable pluriel féminin parait être toujours en AT.

Les noms abstraits se forment , d'une manière très-sémitique , par l’addition de la terminaison ut aux formes primitives; les exemples en sont très-nombreux :

Malik ,

roi;

Malik-ut ,

royauté ;

Sarru ,

roi ;

Sarru-ut ,

royauté (1)

Gai,

esclave;

Gal-ut ,

esclavage ;

Un ,

dieu ;

Ilu-ut,

divinité;

llabu ,

grand.

Rabu-ut ,

grandeur.

Les noms verbaux se forment par la préfixe T.

Enfin , le signe du régime qui indique le rapport de deux suhstantifs se traduit par le signe sa , qui correspond pour ainsi dire identiquement au ï? des Hébreux.

Pronoms. — Nous avons déjà eu occasion de remarquer le sémitisme du pronom personnel assyrien Anaku, je ou moi. Ta' tableau des suffixes est très-complet. M. Oppert en a présenté les formes suivantes :

Singulier, 1" pers. des 2 genres, Ta, moi;

2 r pers. masc. Ka , fém. Ki, toi;

3' — Su , — Sa, lui , elle.

Pluriel, f" pers. des 2 genres, A ï, nous;

2' pers. masc. Aun, — Aïn, vous;

3' — Sun , — Sin , eux , elles.

Ces formes ont été confirmées par la découverte que M. Oppert a faite à Londres d'un fragment qui contient, d’un côté, les

(1) Sarru s’applique aux rois d’Assyrie; A/a/iÀ , aux rois tributaires de l’Assyrie.

ÉCRITURES A.NA1UENNES.

formes pronominales d'une langue encore inconnue et qu’il nomme le casdo-scythique , et de l’autre, celles de l'assyrien; le mot choisi est itti, « avec » , en scythique Â’i (1).

CÀSDO-SCYTHIQL’E.

Kini

ta

ittisu ,

avec lui.

Kinanni

ta

ittisunu,

avec eux.

Kitnu

ta

ittya ,

avec moi.

K irai

ta

ittini ,

avec nous.

Kisu

ta

ittitka,

avec toi.

Kizunnanni

ta

ittikunu ,

avec vous.

Verbes. — Les formes verbales assyriennes se sont dessinées, dès l’origine des recherches, avec une apparence sémitique que les découvertes ultérieures n’ont fait que confirmer. 11 y a un kal, niphal, pael, ifla'al (avec la seconde redoublée), saphel, istaphal, aphel, iftal , comme dans tous les idiomes de la même famille. M. Oppcrt donne , à l'appui, un exemple du paradigme du verbe régulier zakar, « se souvenir », dont toutes les formes ont pu être observées (2).

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