EPILOGUE ET RESUME
Arrivé au but que nous nous étions proposé, en écrivant les premières pages de ce livre spécialement consacré à la recherche des éléments du beau dans les arts, et plus particulièrement à Taffirmation des principes constitutifs de l'art musical, arrêtons notre peïisée sur les idées émises, et sur les réflexions que nous a suggéré est notre sincère amour pour le vrai. Il nous sera facile d'établir, par un résumé rapide, les points sur lesquels repose notre croyance artistique, notre foi dans l'idéal qui semble fuir devant nous, pour nous inciter à toujours nous élever et atteindre la perfection, si toutefois on peut désigner ainsi le mieux relatif obtenu aux diverses époques de la civilisation.
Nous l'avons dit dans les précédents chapitres, l'esprit humain a trois sphères d'action très caractérisées, très distinctes : l'industrie qui répond à tout ce qui est utile, les arts, qui comprennent les ditférents modes d'expression du beaii^ les sciences, dont le terme absolu est la connaissance du vrai. Il n'y a pas de bornes fixes, immuables, qui délimitent l'activité humaine, le prog^rès est infini. L'esprit d'invention, et l'ima-
gination, ajoutent chaque jour de nouvelles découvertes, créent de nouveaux chefs-d'œuvre qui prouvent la toute- puissance du génie humain ; esclave d'abord de la nature, s'en affranchissant peu à peu, et finalement l'assujétissant, associant ses forces redoutables à sa volonté pour atteindre le but auquel il tend. C'est là croyons-nous, lidéal de l'industrie.
C'est par l'action de Vintelligence unie à la volonté que l'homme a pu dompter et utiliser les puissances naturelles, aveugles et fatales. C'est aussi grâce à Vintelligence, que l'homme possède le pouvoir de se perfectionner sans cesse : en toutes choses, l'esprit domine la matière. C'est par l'intelligence que nous avons la perception de l'absolu, de l'infmi, du bien. Le beau créé par l'homme, n'est autre chose que la manifestation du vrai sous les formes sensibles de l'art. On peut donc dire, en comparant l'infîniment petit à l'infmiment grand, que Dieu, dans ses merveilleuses créations, est l'artiste suprême.
Si les facultés intellectuelles de l'homme sont toujours perfectibles par l'étude et l'éducation, ses aptitudes spéciales diffèrent d'une manière très sensible suivant les variétés des races. Quelques-unes semblent avoir de préférence le sentiment poétique, le culte des belles lettres et l'amour des arts. D'autres au contraire par la nature réfléchie de leur esprit, et leur prédilection prononcée pour la recherche méthodique
dés causes, sont plus particulièrement doués pourles sciences, les études abstraites, la philosophie. Cette prédisposition marquée des nationalités pour un ordre spécial d activité de l'intelligence et certaines aptitudes artistiques, ne peut-être mise eu doute; mais l'éducation bien dirigée de l'enfance supplée très souvent les dispositions natives, et crée une seconde nature toute aussi forte et vivace qu'un don providentiel.
Nous l'avons dit à plusieurs reprises, si le vrai peut être perçu immédiatement, s'il peut éclairer subitement l'esprit, frapper notre intelligence, il s'affirme dans les œuvres d'art sous des formes diverses : l'artiste s'étudie à reproduire, à travers le voile des choses extérieures, les visions contemplées, les modèles entrevus par l'œil interne comme expression de l'idéal ; et ses créations sous leurs formes matérielles, sont bien réellement l'incarnation de l'idée divine traduite par le génie humain.
Les arts ne sont pas immuables ; et, quoique reposant sur des principes généraux, consacrés, reconnus, adoptés depuis de nombreux siècles, ils participent très directement aux évolutions de la civilisation. Ils naissent, progressent, souffrent et s'éteignent avec elles. L'art suit fatalement ses jihases de progrès et de décadence. Aux grandes époques de foi et d'enthousiasme il crée des chefs-d'œuvre, Fexal-
tation de l'Ame est le foyer où naissent les idées. Mais les crises sociales, politiques et religieuses, les temps de scepticisme ou disparaissent toutes croyances, sont des périodes stériles, improductives pour les arts.
Les arts reflètent fidèlement, chacun suivant les moyens dont il dispose, les mœurs, les idées, les croyances, le génie du peuple auquel appartiennent les artistes. Le milieu social dans lequel se développent le goût, le sentiment, l'expression individuelle des artistes exerce aussi une grande influence; mais ajoutons que les évolutions de l'esprit, les courants religieux ou philosophiques , la foi ou le doute, le degré de civihsation atteint, le caractère, le tempérament et les aptitudes de la nation, s'affirment à difl'érents degrés par la création d'œuvres artistiques, se rapprochant ou s'éloignant du beau idéal. Au moyen âge, oii la foi religieuse était la loi suprême, tous les arts sont restés sous l'influence autoritaire des prêtres et des moines ; influence salutaire et bienfaisante sous plusieurs rapports, mais stérilisante aussi sous quelques autres. A ces époques troublées de guerres incessantes et de perturbations sociales, les abbayes et les monastères restaient les seuls asiles consacrés à 'la prière, au culte des arts et des lettres. C'est à ces moines tant décriés, que nous devons la conservation de manuscrits précieux,
enrichis de peintures et d'arabesques, les antiphonaires, les verriers, tous les trésois artistiques, qui sont l'histoire vivante, animée, du temps, nous ont été légués par eux. Sachons nous souvenir, et reconnaître les services immenses rendus aux sciences, aux lettres et aux arts, par ces religieux savants et patients, dont plusieurs ont été des artistes de génie, peintres et musiciens.
Dans ces siècles de foi, tous les arts s'unissaient, chacun suivant ses moyens propres et spéciaux, pour exalter et glorifier l'idée chrétienne, en respectant les données du temps. Le plainchant était alors Tunique expression musicale, chantée, et même dansée. Mais peu à peu, l'instinct de la race gauloise s'est fait jour. Les chants simples et naïfs du laboureur, du soldat, de l'artisan, des ménestrels, fournirent à la musique des éléments nouveaex, différant essentiellement du plain-chant, procédant d'une façon toute originale par l'intonation et par le rhythme, tenant compte surtout du caractère des paroles : bachiques, amoureuses, plaintives ou guerrières! De cette époque date l'action du chant national populaire, brisant ses attaches avec la musique antique.
L'art moderne puise sa force, sa puissance d'action dans l'inspiration, dans l'idée géniale unie à la science. Tout artiste qui veut créer des œuvres grandes , durables , originales ,
doit avoir une individualité , un sentiment personnel, et traduire ses pensées sous les formes les plus parfaites. Mais puisque les sources mystérieuses de Tinspiration poétique et mystique, de la foi, sont stérilisées, puisque les grandes traditions du passé, sont abandonnées, il faut que les artistes^ nouveaux prophètes, s'appliquent avec ardeur non à l'imitation du passé, mais à la production de types, d'une expression plus élevée, d'un idéal plus parfait.
Tous les arts ont suivi à leur origine, deux courants très caractérisés et distincts. L'action religieuse et l'action sociale, le dogme et la civilisation. Les prêtres, les philosophes et les législateurs, appréciateurs intelligents de toutes les créations de l'esprit, ont concentré et monopolisé dès le principe, la culture des sciences, des lettres et des arts. Mais il faut bien le dire, ils ont fait exclusivement servir cette influence civihsatrice à la glorification des croyances.
Aussi , pendant de longs siècles , ont-ils immobilisé et stérilisé Fart, en lui imposant des formes hiératiques qui enchaînaient l'imagination, l'essor de la pensée des artistes, à la reproduction de types invariables. Le statuaire grecque, en s'affranchissant de cette servitude, a transformé l'art, et idéahsé la beauté de la forme humaine.
Mais raction importante, le rôle actif et les effets merveilleux attribués à la musique, reposaient sur des causes morales et sur des institutions spéciales. Tout affirme chez les Grecs l'union primordiale, inséparable du son modulé et de la parole. La pensée, poétiquement exprimée, cadencée, mesurée, soutenue et fortifiée par l'accent musical, par une intonation déterminée par le mode, donnait l'élan, la justesse, le coloris; voilà, croyons-nous fermement, la cause indéniable de l'action puissante et merveilleuse attribuée à la musique grecque, et par filiation très directe à l'influence séculaire de la mélopée du plain-chant, du chant liturgique; des prières déclamées, psalmodiées, suivant les modes antiques. Mais la musique, telle qu'elle est enseignée de nos jours', tire ses effets d'elle-même, de ses seuls éléments constitutifs; la mélodie, l'harmonie et le rhythme. La musique moderne a son action indépendante de toute influence accessoire, elle existe par son essence sonore ; elle impressionne, émeut, intéresse, sans demander l'appui d'un autre art. Cette existence à part, cette action isolée de la parole, ne date que de quelques siècles, et ne se relie qu'indirectement aux systèmes musicaux de l'antiquité.
Nous avons essayé de bien faire comprendre que, quelle que soit la diversité de moyens employés par les arts pour frapper nos sens,
là
nous impressionner, parler à l'intelligence, tous reposent sur les mêmes principes, tendent au même but. Ils ont pour mission, de traduire avec la plus grande vérité, avec l'expression voulue, la vision interne, mais idéalisée, de types créés par l'imagination, qu'ils s'adressent au sens de la vue ou de l'ouïe, qu'il s'agisse du peintre, du poète, du statuaire, ou du musicien ; inspirations poétiques ou mélodiques, idées exprimant le vrai et le beau sous des formes différentes. Dans les chapitres spéciaux consacrés à la musique religieuse, dramatique, symphonique, nous avons pu suivre et constater les évolutions successives de cet art, jusqu'à l'époque actuelle. 11 est utile de bien établir que l'art musical tel qu'il est pratiqué de nos jours, est un art presque moderne, qui ne compte que quelques siècles de généalogie. Nos grands ancêtres le comprenaient dans des données mélodiques, harmoniques et rhythmiques très différentes. Les progrès rapides et les transformations successives de Fart musical, l'ont rapidement amené à une somme de perfection et de puissance qui nous font presque redouter, comme imminente, une période de décadence, si les compositeurs ne s'ingénient à trouver des voies nouvelles.
Aussi bien, il faut le reconnaître, l'art musical dramatique et symphonique traverse actuellement une époque de crise et de transition.
Les compositeurs de l'école moderne cherchent à remplacer par des effets de puissante sonorité, les procédés jusqu'à présent usités ; leur prédilection pour le nouveau, les incite à substituer aux formules anciennes qu'ils trouvent démodées, et aux moules d'idées que le temps a usés, assurent-ils, un système musical, qui nous semble au pôle opposé des voies suivies par leurs prédécesseurs.
Mais cette recherche inquiète de formes dont le modèle n'est encore que vaguement pressenti, peut-elle être considérée comme un progrès, comme une transformation heureuse?
Et d'abord, disons-le bien hautement, malgré les audaces presque géniales de plusieurs musiciens de grande valeur, ces imitations de l'art antique, si habiles qu'elles soient, restent stériles et impuissantes pour créer un idéal plus parfait, car telle est l'affirmation de ces prétendus novateurs qui cherchent à nous ramener à la mélopée, à la mélodie infinie et indéfinie, sans carrure dans la phrase, et sans ponctuation dans l'idée musicale. Pour eux la symétrie, les proportions, les relations équivalentes des différents membres de phrase, conviennent uniquement à la musique de danse ou aux chansons de table.
Repoussons ce système faux et destructeur do la musique pure, qui veut l'ordre dans la variété, la symétrie des phrases, le parfait
équilibre des périodes, la noblesse et le charme des idées, les contours mélodiques bien dessinés, la versification musicale bien ponctuée par les accents, la mesure bien indiquée par le rhythme, les effets d'harmonie ne reposant pas sur des superpositions de dissonances s'enchevôtrant dans des tonalités dissemblables ; enfin l'énergie et la force s'affîrmant par la nature même des idées, la belle et bonne disposition des ensembles, et non par des armées instrumentales et chorales dont la puissance de sonorité ne répond pas exactement au nombre des exécutants.
Le progrès, la recherche du beau, et l'avenir de l'art musical, ne reposent pas, croyons-nous, dans un retour à l'antique mélopée et dans les effets exagérés de sonorité. La marche en avant consiste toujours, telle est du moins notre profonde conviction, dans le choix des idées, dans la forme qu'elles revêtent, et dans l'harmonieux concours de tous les éléments constitutifs de notre art. Les formes lyriques des airs, duos, trios, etc., etc., et des ensembles ne sont pas immuables, elles peuvent se modifier à rinfini ; mais, nous le croyons fermement, aussi longtemps que la musique restera Tart d'impressionner, démouvoir, d'intéresser par les combinaisons et l'agencement des sons, le système des idées philosohiques abstraites et des prétentions absurdes et baroques, de sym-
boliser les passions et les personnages historiques ou mithologiques par les timbres de Torchestre, par un lambeau de phrase musicale, restera une aberration artistique.
Oui, il est bon, et c'est la loi du progrès, que Fart impressionnaliste par excellence, la musique dramatique, ne s'immobilise pas dans des formes invariables, toujours les mêmes; mais pour ce travail de rénovation il importe que librettistes et compositeurs unissent leurs efforts dans un travail commun. Les poètes, tout spécialement, doivent s'étudier à trouver des moules nouveaux, permettant au musicien de modifier les formes typiques traitées jusqu'à ce jour depuis plus de cent ans. Il faut trouver des coupes originales poi;r les airs, des rhythmes plus variés, des combinaisons simples ou complexes ; il faut surtout être sincère et ne pas vouloir, pour le seul plaisir d'innover, détruire les lois du vrai et du beau. Les quelques musiciens éminents qui se sont laissé capter par la théorie transcendante mais nébuleuse de l'école Avagnérienne, reviennent peu à peu aux saines traditions do l'art pur, et désertent, sans le proclamer trop bruvammcnt , cette fameuse école dite de Tavenir.
Le sentiment d'éclectisme qui nous a de tout temps fait accorder une égale admiration aux chefs-d'œuvre italiens et allemands, a fécondé notre esprit national; mais si nous accueillons
avec une fraternelle sympathie les productions géniales des maîtres étrangers, gardons-nous des influences pernicieuses qui pourraient mettre en péril l'existence et l'avenir de notre art.
Au nombre des qualités distinctives des maîtres de Fécole française, il faut compter l'habileté d'orchestration. La critique étrangère, souvent hostile à nos compositeurs, leur reconnaît une délicatesse de touche, une ingéniosité de combinaison dans la disposition des timbres, dans la distribution raisonnée des forces de l'orchestre, qui donnent une grande variété de coloris aux pièces symphoniques, généralement désignées sous le titre de suites d'orchestre. Cette supériorité intelligente dans l'art de disposer les éléments sonores nous est accordée, et rentre, paraît-il, dans l'élément sprirituel qui caractérise notre style. Mais, sans vouloir soulever de question d'école, ce n'est pas seulement par Fhabileté de main et la séduction du coloris que nos compositeurs nationaux ont pris place aux premiers rangs des maîtres, c'est aussi par l'inspiration vraie, par la simplicité et la noblesse du style.
Est-ce un réel acheminement vers un idéal supérieur de repousser comme des pauvretés musicales, toute période cadencée, rhythmée, offrant des phrases symétriques, des séries régulières, des cadences harmoniques, enfin, nous le répétons à dessein, toute la ponc-
tuation mélodique pratiquée jusqu'à ce jour par les grands maîtres de l'art.
Est-ce bien un progrès cette orchestration touffue, massive, et n'est-il pas préférable d'arriver aux effets puissants par des moyens moins cherchés, de trouver le vrai, le beau, par le simple, par le naturel? Le progrès nous semble irréalisable par l'abus des styles compliqués en usage dans les écoles allemandes modernes; celle du moins qui affirme l'aurore d'un art nouveau, qui pousse à l'exagération des procédés harmoniques, et cherche ses effets dans l'accroissement des forces sonores, dans l'emploi incessant de progressions dissonantes et de cadences évitées qui semblent ne jamais conclure ; enchevêtrement pénible d'idées qu'éclairent parfois, mais deloin en loin, des inspirations audacieuses et puissantes, que l'on se hâte d'abandonner par horreur de la forme. Entre ces deux systèmes, nous n'hésitons pas à choisir le premier, qui repose sur cette trinité indissoluble : la mélodie, l'harmonie et le rhythme, reliés par la forme. Les musiciens qui sont l'honneur et la gloire de notre art, sans se laisser enserrer dans les liens étroits des vieilles formules, sans renoncer à innover, à chercher le progrès dans des données nouvelles, conservent le respect des grandes traditions et se gardent bien, sous prétexte d'inventions, de faire dévier l'art de sa voie naturelle.
Pour tout dire en quelques mots, l'expression
— uo —
du beau musical nous apparaît toujours dansTétroite et indissoluble union de l'inspiration géniale sagement développée, de la vérité d'expression et de la forme harmonieuse. Ce sont ces lois, ces principes qui ont guidé les maîtres dans la création de leurs chefs-d'œuvre, que nous admirons, non par fétichisme, mais par amour sincère du vrai, du beau, du bien; trinité dogmatique dans les arts comme en philosophie. Avant de conclure, résumons notre pensée sur l'état présent des sciences, des lettres et des arts en France. Peu de mots suffiront à bien définir la situation actuelle telle que nous la comprenons. Le xix' siècle, à partir de l'extrême limite du xvin° siècle, a produit une riche moisson d'hommes éminents dans tous les genres. La puissance d'activité intellectuelle et d'audaces géniales de toute sorte se sont traduits par des faits immenses , découvertes scientifiques, chefs-d'œuvre littéraires et artistiques, etc., etc. Le génie français s'est affirmé par une fécondité prodigieuse qui semble appartenir au roman ou aux vieilles légendes de l'antiquité. Ce siècle agité, inquiet, tourmenté, déchiré par les crises sociales, remué dans ses fondements par l'esprit révolutionnaire et les idées de réforme, a produit une foule d'hommes illustres, philosophes, écrivains, moralistes, tribuns éloquents, initiateurs convaincus d'idées généreuses. Cette époque héroïque de rénova-
tion a fait surgir des entrailles du pays des armées légendaires qui ont conquis le monde ; mais ce qui est bien préférable, elle a aussi fait germer des idées, et créé dans les arts et les lettres de nombreux chefs-d'œuvre, plus durables, et d'une impression plus humaine, que les plus glorieux faits de guerre. Il faut conclure, en disant très haut que le xix® siècle laissera dans l'histoire de l'humanité une trace profonde et lumineuse, d'un éclat retentissant incomparable. Mais actuellement, ce siècle fécond en grands événements et en grands hommes , nous semble fatigué de produire ; il achève son évolution dans le doute, l'impuissance et l'atonie. Est-ce fatigue ou bien épuisement? En nous abandonnant, l'esprit de foi a-t-il éteint en nous la flamme sacrée, l'amour de l'idéal? Espérons qu'il n'en est rien, et que le flambeau qui éclaire la marche vacillante de l'humanité nous guidera de nouveau dans les voies mystérieuses, vers ce progrès infini, vers un avenir radieux, ou la grande famille humaine, unissant ses eflbrts pour le bien de tous, ne connaîtra ni la haine, ni l'envie, ni la guerre, mais glorifiera TEternel par la fraternité des races, et par l'universelle communion du beau.