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CELLULES NERVEUSES

à paroi distincte, renfermant une matière fluide, avec un ou rarement deux nucléoles foncés, volumineux, pourvus quelquefois eux-mêmes d'une cavité.

Le volume des cellules nerveuses est sujet à de grandes variations. De même que les fibres, on doit distinguer les cellules en grosses, petites et moyennes. Les diamètres extrêmes des cellules sont 0""", 005 à 0mn,,007 et 0""",tl à 0'n"',14. Les noyaux, dont le volume est généralement en rapport avec celui des cellules, mesurent de 0""n,003/i à 0mm,018 ; les nucléoles, de 0n"n,0()ll à 0m,",007. En outre, les cellules nerveuses se divisent en : lu cellules à parois minces et cellules à parois épaisses: les premières n'existent guère que dans la moelle épinière et dans l'encéphale ; 2" en cellules indépendantes et cellules munies de prolongements, pâles, uniques, ou au nombre de deux ou plus (cellules unipolaires, bipolaires, multipolaires) et souvent ramifiées, prolongements qui, dans une foule de points, se continuent avec des fibres nerveuses à contours foncés, et qui représentent même de véri~ tables fibres nerveuses sans moelle.

Indépendamment des cellules nerveuses, les organes nerveux centraux contiennent, comme éléments constants, une substance grenue, pâle, qui offre la plus grande analogie avec le contenu des cellules, et des noyaux libres, réunis souvent en très grand nombre dans certaines régions. Les mêmes éléments se retrouvent dans la rétine, et, suivant Wagner et Robin, dans les ganglions des plagiostomes.

Les cellules nerveuses sont de simples cellules, et Schwann les considérait déjà comme telles ; leur forme, leur composition chimique et la manière dont elles se développent, ne permettent pas le moindre doute à cet égard. Si récemment Bidder (/. c), partant de ce fait, que souvent les cellules ganglionnaires sont unies par leurs deux extrémités à des fibres nerveuses à contours foncés, a cru pouvoir en induire qu'elles ne sont que des masses sans enveloppe, englobées dans certaines dilatations des tubes nerveux, c'est qu'il a fait abstraction des cellules nerveuses qui ne fournissent pas de fibres, et qui néanmoins possèdent une gaîne comme les autres. Il a oublié aussi qu'il est des cellules nerveuses qui donnent naissance à une seule fibre, et d'autres qui sont l'origine d'un grand nombre de fibres, cellules auxquelles il est très difficile d'adapter la manière de voir de Bidder. Il a négligé, enfin, l'histoire du développement, qui nous montre les cellules nerveuses se formant in loin d'une cellule unique, qu'elles fournissent ou non des origines nerveuses. Tout dernièrement Remak a assigné au contenu des cellules ganglionnaires des raies une seconde enveloppe distincte, qui se continuerait avec les fibres centrales des tubes nerveux, tandis que la membrane proprement dite de ces cellules nerveuses serait en rapport avec la gaîne amorphe de ces tubes. Le même auteur a décrit le contenu des cellules nerveuses comme étant strié et formé de fibrilles sur des pièces traitées par l'acide chromique, fibrilles qu'il regarde comme la continuation de celles qu'il croit avoir vues sur ce qu'il appelle gaîne des fibres centrales des tubes nerveux. Évidemment ces stries sont produites par le réactif, et quant à la seconde membrane des cellules, son existence est aussi problématique que celle de la gaîne de l'axe central. Aujourd'hui R. Wagner nie l'existence de cellules nerveuses sans prolongements ; selon lui, tous les prolongements des cellules nerveuses se continuent avec des fibres nerveuses, ou servent à unir les cellules entre elles. Mais il a négligé jusqu'ici de nous donner des preuves à l'appui de ces propositions (voyez plus bas). On est encore dans le doute relativement à la question de savoir si les cellules nerveuses des organes centraux possèdent ou non une membrane d'enveloppe. Stannius a cherché en vain cette

membrane sur la lamproie, et R. Wagner n'a pas été plus heureux dans ses études sur l'organe électrique de la torpille. Je crois avoir vu une membrane distincte dans les grosses cellules rameuses de la moelle épinière et du cervelet de l'homme, quelquefois aussi en d'autres endroits ; je conviendrai volontiers cependant que sur toutes les petites cellules et sur les prolongements des cellules centrales, en général, il est impossible de s'assurer de l'existence d'une enveloppe. Mais ce fait ne suffit pas, selon moi, pour faire rejeter complètement l'idée d'une gaine spéciale. On devra donc s'abstenir provisoirement de porter un jugement définitif dans cette question, comme lorsqu'il s'agit des tubes nerveux les plus déliés. Les prolongements des cellules nerveuses de la moelle et de l'encéphale, que Purkyne a vus le premier, seront étudiés d'une manière plus approfondie avec les organes centraux: nous examinerons en même temps les rapports qui existent entre ces prolongements et les fibres centrales. Dans les ganglions on trouve rarement des cellules munies de prolongements multiples; elles y sont remplacées par des cellules pourvues d'un, deux, rarement trois ou quatre appendices qui se continuent avec des tubes à bords foncés. Les cellules nerveuses sont formées, en grande partie, par une substance protéique coagulée, quoique molle, qui semble avoir les plus grandes analogies chimiques avec celle de l'axe central. On n'a point recherché si la membrane d'enveloppe et le noyau jouissent de propriétés différentes. Il est certain que la graisse, qu'on a trouvée en petite quantité dans la substance grise, constitue au moins les granulations foncées des cellules; les autres parties du contenu cellulaire ne paraissent, pas non plus en être exemptes. Soumises à une certaine pression, les cellules isolées s'aplatissent considérablement; mais elles reviennent promptement à leur forme naturelle lorsque la pression a cessé. Les prolongements eux-mêmes sont très élastiques, et, de même que l'axe central, ils se laissent allonger par la traction et reviennent ensuite à leur longueur primitive.

SECTION II

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