‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 108 sur 247 · CELLULES NERVEUSES · texte numérisé non relu

CELLULES NERVEUSES

fait connaître la transition entre les prolongements pâles des corpuscules ganglionnaires et les fibres à contours foncés, il a été possible de porter un jugement définitif dans cette question. R. Wagner avait d'abord émis l'opinion que les fibres pâles des corpuscules dePacini et des organes électriques sont des gaines nerveuses renfermant un cylindre de l'axe, et que les prolongements de cellules qui deviennent des fibres nerveuses ne sont eux-mêmes que de simples cylindres de l'axe. Le même auteur regardait le contenu tout entier de la cellule ganglionnaire comme un cylindre de l'axe gonflé en sphère. Moi-même, quand j'eus démontré que le cylindre de l'axe est un élément constant dans les nerfs vivants, et différent de son enveloppe médullaire, je me crus pleinement autorisé à soutenir que par V intermédiaire du cylindre de Caxe les tubes nerveux contenant de la moelle sont en continuité directe, d'une part avec les prolongements pâles des globules ganglionnaires et avec le contenu de ces globules, d'autre part avec les extrémités pales des nerfs mentionnés ci-dessus. Mais je ne crois pas qu'on soit en droit, d'après cela, de considérer tout bonnement ces fibres pâles, ou le contenu des cellules, comme identiques avec les cylindres de l'axe. Cette confusion ne serait permise que s'il était établi comme une chose certaine que, dans le développement des nerfs, la moelle des tubes à contours foncés vient s'apposer à la face externe du contenu des fibres embryonnaires, en constituant un élément nouveau entre ce contenu et la gaine nerveuse. Mais ce fait n'est rien moins que démontré, et il est même plus probable, au contraire, que la moelle, qui contient de l'albumine, résulte simplement d'une métamorphose que subissent les portions périphériques du contenu des nerfs embryonnaires, c'est-à-dire d'une formation de graisse dans leur épaisseur, et que le cylindre de l'axe n'est que la partie centrale de ce contenu, laquelle n'a éprouvé aucune transformation. A ce compte tous les éléments dont nous discutons ici la valeur seraient, non point de simples cylindres de l'axe, mais des tubes nerveux dans un état tout à fait embryonnaire, et dont le contenu est encore homogène ; ils se continueraient, par conséquent, avec tous les éléments qui constituent le tube à contours foncés. Pour le moment, cette seconde interprétation me paraît préférable. Je ferai observer, du reste, que les tubes pûtes eux-mêmes présentent divers degrés de développement. Les tubes à noyaux de l'organe olfactif ressemblent complètement à des fibres embryonnaires; il en est de même, selon toute apparence, des ramifications nerveuses pâles de l'organe électrique. Le contenu mou et grumeleux des premiers montre peu d'analogie avec un cylindre de l'axe. Le contenu des fibres pâles, des corpuscules de Pacini , lesquelles offrent également une gaîne, représenterait plutôt un cylindre de l'axe. Dans la cornée, le contenu des tubes terminaux, complètement hyalins, paraît plus fluide ; on peut en dire autant du contenu des fibres optiques de la rétine, dans lesquelles on ne distingue pas la moindre trace du cylindre de 1 axe. Pour ce qui est enfin des prolongements des cellules nerveuses, qu'ils aient ou non une gaîne délicate, ils consistent en une substance qui souvent ressemble beaucoup à un cylindre de l'axe, mais qui d'autres fois est moins résistante que ce dernier et se rapproche davantage du contenu des cellules nerveuses. Il s'ensuit que le contenu des tubes nerveux pâles et sans moelle, bien que représentant plus qu'un cylindre de l'axe sous le rapport génésique, pourrait cependant revêtir à peu près tous les caractères de cet élément.

§ 115. Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses, cellulœ nerveœ ( corpuscule* de revêtement [Belegangskörper] , corpuscules nerveux, Valentin) (fig. 142), sont des cellules à noyau qu'on rencontre en grand nombre dans la substance grise ou colorée des organes centraux et dans les ganglions, quelquefois aussi dans les troncs nerveux et dans les expansions périphériques des nerfs (rétine, limaçon, vestibule). Les cellules nerveuses sont pourvues d'une enveloppe extérieure, membrane délicate etamorphedontla démonstration est facile sur celles des ganglions (cellules ganglionnaires, globules, cor-

puscules ganglionnaires), difficile, au contraire, sur celles des organes centraux. En se servant de divers réactifs, il est possible, cependant, de voir assez nettement cette membrane sur les grosses cellules ; tandis que sur les plus petites, de même que sur les tubes minces, elle se dérobe à notre observation, bien qu'elle existe peut-être. Le contenu des cellules nerveuses est une sub-

stance molle, visqueuse, élastique, qui, outre le noyau de cellule, se compose de deux parties : 1° d'une substance fondamentale , légèrement jaunâtre ou incolore, à laquelle principalement le contenu des cellules nerveuses doit ses propriétés physiques, et qui consiste en grande partie en un composé protéique ; 2° de granulations fines de diverses espèces. Dans les cellules incolores, ces granulations ont toutes la même grosseur : elles sont arrondies, ordinairement fines et pâles, rarement foncées et d'un certain volume, distribuées dans tout le contenu jusqu'à la partie la plus interne, et incorporées à la substance fondamentale. Dans les cellules colorées, au contraire, elles sont remplacées par des corpuscules plus ou moins jaunâtres, bruns ou noirs. Ces derniers, en général, sont plus volumineux et accumulés dans la région de la cellule voisine du noyau. Quelquefois ils remplissent presque toute la cavité de la cellule, à laquelle ils donnent complètement l'aspect d'une cellule pigmentaire brune ou noire. Au centre du contenu se trouve le noyau, qui a la forme d'une vésicule le plus souvent très nette, sphérique,

Fig. 142. — Cellules nerveuses du nerf acoustique, grossies 350 fois.

1. Cellule nerveuse avec origine d'une fibre nerveuse, tirée du rameau anastomotique entre le facial et l'acoustique dans le conduit auditif interne du bœuf: a, membrane de la cellule; b, contenu; c, pigment; d, noyau; e, prolongement de la gaîne sur la fibre nerveuse ; f, fibre nerveuse.

2. Deux cellules nerveuses avec des fibres, tirées du nerf ampullaire inférieur du bœuf : a, gaîne pourvue de noyaux ; b, membrane des cellules ; cl, origine d'une fibre dont la gaîne est parsemée de noyaux; e, trois fibres nerveuses à contours doubles.

3. Contenu d'une cellule ganglionnaire extrait de son enveloppe, et présentant un noyau et deux nucléoles.

Je dois ces dessins a l'obligeance de M. le marquis Corti.

Fig. 142.

Page 1