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<lu renflement lombaire et dans la région cervicale. Mais, dans le l'ait, ils sont séparés l'un de l'autre dans tout le trajet de la moelle, par une foule de vaisseaux sanguins qui se rendent dans le noyau gris central en suivant le plan médian; c'est au point que, presque partout, leurs éléments ne se touchent même pas, et que là où ils sont en contact entre eux, il n'y a que simple juxtaposition et non entrecroisement. La substance blanche de la moelle présente donc deux moitiés unies entre elles uniquement par la commissure blanche. La division de chacune de ces moitiés en trois cordons remplissant les excavations produites par la substance grise proéminente est beaucoup plus artificielle.
La substance grise comprend une portion moyenne , d'apparence rubanée , et quatre lames qui s'en détachent latéralement ; il en «résulte que sa coupe transversale figure une £ croix. La partie moyenne, ou la commissure f£ grise, dans beaucoup de cas, est creusée, chez t l'adulte , d'un canal spinal analogue à celui *r qui existe chez le fœtus, et tapissé d'un épithé- ÇT lium cylindrique. Ce canal est entouré d'une ^ couche grise, que j'ai désignée sous le nom de noyau gris central, et que je rattache avec Virchow à l'épendyme du canal spinal. Je l'appellerai , pour ce motif, cordon central de Vépendyme. En avant et en arrière de ce cordon, se trouvent des fibres nerveuses transversales, constituant la commissure grise ou postérieure. Parmi les lames appelées cornes sur une coupe transversale, les antérieures sont plus épaisses et plus courtes (cornes antérieures). Elles sont d'un gris uniforme, et se composent de cellules nerveuses de différents volumes et de fibres nerveuses fines et moyennes. Les lames postérieures {cornes postérieur es), sont plus larges et plus minces, et offrent d'ailleurs, à leur origine, la même structure que les premières, si ce n'est qu'elles contiennent des cellules plus petites. A leur bord libre, au contraire, elles sont revêtues d'une substance plus pâle, composée principalement de petites cellules nerveuses : c'est la substance
Fig. 143. — Section transversale de la moelle épinièrc, au niveau de la partie supérieure de la région lombaire. Grossissement d'environ 30 diamètres (demi-schématique), a, cordons antérieurs ; b, cordons latéraux, portion motrice; c, cordons latéraux, portion sensible; d, cordons postérieurs; e, sillon longitudinal antérieur; f, sillon longitudinal postérieur; g, racines motrices; h, faisceau interne de ces racines; i, faisceau externe; /.-, entrecroisement des cordons antérieurs dans la commissure antérieure : l, fibres grises des cordons latéraux se prolongeant dans la commissure grise antérieure ; \n, cordon¢ral de répcndyme garni en dedans de deux groupes de cellules un peu foncées ; n, commissure grise postérieure, avec un vaisseau coupé en travers; o, fibres des cordons'posiérieurs, se prolongeant dans la commissure grise; p, fibres des racines sensitives se rendant dans les cordons latéraux ; q, fibres de même nature pénétrant dans les cordons postérieurs ; r, faisceaux de fibres longitudinales qui vont dans les racines sensitives; s, substance gélatineuse, traversée par des faisceaux de racines sensitives w; t, fibres des racines sensitives se dirigeant horizontalement en avant vers les commissures grises; u, grosses cellules des cornes antérieures (les points), groupe interne; v, groupe externe de ces cellules.
gélatineuse de Rolando. Les racines antérieures des nerfs spinaux passent entre les cordons antérieurs et les cordons postérieurs pour pénétrer dans les cornes antérieures ; les racines postérieures cheminent entre les cordons postérieurs, traversent la substance gélatineuse et se rendent dans les lames postérieures.
Relativement à la structure intime de la moelle épinière, il faut distinguer dans la substance blanche des fibres horizontales et des fibres longitudinales. Si l'on fait abstraction de la commissure antérieure, on trouve dans toute la substance blanche des fibres longitudinales en beaucoup d'endroits sans aucun mélange de fibres transversales. Ces fibres, dans toute l'épaisseur de la moelle, sont parallèles entre elles ; elles ne s'entrecroisent jamais les unes avec les autres ni ne forment des faisceaux plus petits. Leur nombre va en diminuant de haut en bas, attendu que, comme nous le verrons plus bas, les plus internes pénètrent successivement clans la substance grise. Ces fibres présentent les caractères généraux des tubes nerveux centraux, c'est-à-dire qu'elles ont une gaine très délicate, et une grande tendance à devenir variqueuses et à se diviser en fragments isolés, comprenant, soit tous les cléments du tube nerveux à la fois, soit seulement le cylindre de l'axe ou la moelle. Leur diamètre comporte de 0mm,0027 h 0mn,,011, ou, en moyenne, 0mm,005 à Ü,nm,0ü7 ; il varie très peu sur toute la longueur d'une môme libre. On ne rencontre dans la substance blanche ni bifurcation ni autre modification du diamètre des tubes nerveux.
Les fibres transversales existent : 1" dans les parties des cordons latéraux et postérieurs qui touchent les cornes de la substance grise : on en trouvera la description avec celle de cette substance; 2" dans la commissure antérieure; 3° dans les régions où les racines nerveuses pénètrent dans la moelle.
La commissure blanche ou antérieure (fig. 1/i3, U) n'est pas une commissure dans l'acception véritable de ce mot. Elle est formée par les fibres les plus profondes des cordons antérieurs qui se recourbent obliquement en dedans, s'entrecroisent au-devant de la commissure grise, et s'irradient, celles qui viennent du cordon antérieur droit, dans la corne antérieure gauche, celles qui naissent du cordon antérieur gauche, dans la corne antérieure droite. Ainsi, la commissure antérieure est le lieu où se lait Ventrecroisement des cordons antérieurs, et pourrait être désignée sous ce dernier nom. Son épaisseur est très variable ; très considérable au niveau des deux renQements de la moelle, elle est très faible, au contraire, à la partie moyenne de la région dorsale. La largeur de la commissure antérieure est généralement en rapport avec celle de la moelle et du fond du sillon antérieur; très grande dans le renflement cervical, elle diminue assez réguliè • rement vers les deux extrémités de la moelle. Les fibres nerveuses entrecroisées ont 0mm,()027 à 0n,m,007 de largeur, mais se rétrécissent quelquefois d'une manière évidente au moment où elles s'irradient dans les cornes antérieures.
Les racines des nerfs spinaux (fig. 143, g, n), arrivées au sillon collatéral antérieur et au sillon collatéral postérieur, passent entre les fibres longitudi-
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nales en suivant un trajet horizontal ou légèrement ascendant, mais restent parfaitement indépendantes de ces dernières. Elles s'enfoncent toutes dans les lames grises antérieures ou postérieures, où nous les retrouverons plus loin. Les tubes nerveux dont elles se composent n'ont pas tous un même diamètre. Les deux tiers de ceux qui forment les racines postérieures ont de 0m,n,009 à 0mm,018, le tiers restant 0,nm,0027 à 0mm,007. Dans les racines antérieures, les tubes mesurent de 0mm,01& ä ()mm,025 ; un quart environ n'a que O""11. 0056 à 0,nm,007. Aussitôt qu'ils sont entrés dans la moelle, ces tubes revêtent tous les caractères des fibres nerveuses centrales. Les plus larges mesurent encore, au commencement, 0mm,009 à 0""",01Zi dans les racines sensitives, 0mm,018 dans les racines motrices; mais ils s'amincissent de plus en plus, et au moment où ils pénètrent dans la substance grise, les premiers ont à peine plus de 0mm,0027 à 0mm,0063, les derniers plus de 0mm,009 (quelques-uns, cependant, ont encore 0"m,0Ui).
Les cellules nerveuses et les tubes nerveux de la substance grise méritent une attention toute spéciale. Les premières affectent des formes très différentes ; mais elles ont ce caractère commun que toutes, sans exception, sont pourvues de prolongements, généralement multiples, qui, après s'être ramifiés plusieurs fois, se terminent par des filaments très fins et très pâles, semblables aux cylindres de l'axe les plus fins. Je distinguerai: 1° Celles de la substance gélatineuse ; elles ont un diamètre de 0mm,009 à 0m,n,018, une couleur légèrement jaunâtre, et sont pourvues d'un à trois prolongements et d'un noyau simple. Outre ces cellules, la substance gélatineuse contient encore des faisceaux de fibres provenant des racines postérieures , ainsi qu'un grand nombre d'autres fibres nerveuses (voyez plus bas). 2° Celles qui se trouvent principalement au sommet des cornes antérieures, où elles forment un groupe interne et un groupe externe (fig. \kh, v). On les rencontre aussi, en moins grand nombre, il est vrai, dans les autres points des cornes antérieures, mais jamais dans la substance gélatineuse, ni dans la commissure antérieure. Ces cellules nerveuses (fig. 164), très remarquables par leur développement, ont toutes de 0mm,07 k 0""M,12 de diamètre; elles sont fusiformes ou polyédriques, et souvent remplies d'un pigment brun. À leur partie centrale se voit un noyau de 0""",011 à 0"'m,018 de diamètre, et de leur périphérie partent 2 à 9 prolongements ramifiés ou même plus, larges souvent de 0""", 009 à 0""", 011 à leur origine; on peut suivre jusqu'à une distance de 0mn,,2 à 0""",5 ces prolongements, qui se terminent par des filaments d'une ténuité extrême, mesurant à peine plus de 0""",0009 et placés au sein delà substance grise. Outre ces grosses cellules, on trouve encore, dans la substance grise, un nombre moins considérable de cellules nerveuses plus petites, qui forment une série complète entre les premières et celles de la substance gélatineuse; il est inutile d'en donner une description spéciale.
Les tubes nerveux de la substance grise sont excessivement nombreux ; ils forment bien certainement la moitié, si ce n'est davantage, de la masse totale de cette substance. Ils ne diffèrent de ceux de la substance médullaire qu'en ce qu'ils sont de moitié moins larges, en moyenne, que ces derniers
(0mm,0018 de diamètre). Cependant on trouve aussi, dans la substance grise, des tubes larges, analogues à ceux de la substance blanche et des racines nerveuses , notamment dans les cornes antérieures , et surtout près des racines antérieures ; mais ces tubes y sont toujours plus isolés. Le trajet des fibres nerveuses dans la substance grise est un des problèmes les plus difficiles de l'histologie. Si nous examinons, en premier lieu, les racines des nerfs périphériques (fig. 143, 145), nous verrons : 1° que les racines motrices,
Fig. 144.
après avoir pénétré dans le sillon collatéral antérieur et croisé la direction des faisceaux longitudinaux de la substance blanche, s'enfoncent dans la substance grise, où elles suivent deux directions principales. Les unes, et ce sont celles qui se trouvaient à la partie interne du faisceau (fig. 143, A), plongent dans la portion interne des cornes antérieures, au voisinage des cordons antérieurs, et se dirigent en arrière et un peu en dedans, sans constituer de plexus ni de faisceaux secondaires distincts ; elles cheminent entre les cellules rameuses du groupe interne sous forme d'un faisceau compacte, complètement indépendant des prolongements de ces cellules. C'est ce qu'on voit très bien à un fort grossissement, permettant de suivre les différentes fibres nerveuses à travers les groupes de cellules. Sur des coupes bien faites, il est possible de voif aussi le trajet ultérieur de ces fibres dans la substance grise, et de s'assurer qu'elles s'étendent jusque sur les côtés de la commissure
Fig. 144. — Grosses cciiules nerveuses munies de prolongements , tirées des cornes antérieures de la moelle épiniëre de l'homme. Grossissement de 350 diamètres.