MOELLE ÉP1NIÈRE
antérieure, où elles se continuent en arc de cercle avec les fibres qui constituent cette commissure ; de sorte que les fibres des racines nerveuses du côté droit se rendent dans le cordon antérieur gauche ; celles du côté gauche, dans le cordon antérieur droit. Il s'ensuit que la commissure blanche établit la continuité entre les fibres longitudinales des cordons antérieurs et une partie des racines motrices, et qu'elle est le lieu où se fait V entrecroisement de ces racines.
Une partie notable des racines motrices ne participent point à cet entrecroisement et restent indépendantes des cordons antérieurs : ce sont les fibres les plus externes qui ont pénétré dans la corne antérieure (fig. 143, i) ; réunies en petits faisceaux, ou même complètement isolées, ce qui les rend plus difficiles à suivre , ces fibres se dirigent en arrière, soit directement, soit en décrivant un arc à convexité interne, mais gagnent toujours la moitié antérieure des cordons latéraux , traversent le groupe externe des grosses cellules rameuses qu'on trouve dans les cornes antérieures, et s'enfoncent dans les cordons latéraux en suivant un trajet horizontal. Ces fibres transversales pénètrent plus ou moins profondément dans les cordons latéraux (jusque vers leur partie moyenne et au delà), puis se recourbent de bas en haut et deviennent longitudinales. Ainsi , pour nous résumer, une seconde portion des racines motrices a son origine dans la moitié antérieure des cordons latéraux, et émerge de la moelle sans avoir subi d'entrecroisement.
Il est à remarquer que les fibres qui, des cordons antérieurs ou latéraux, se rendent dans les racines motrices des nerfs , éprouvent pour la plupart (peut-être toutes), pendant ce trajet, de notables modifications dans leur diamètre. Ainsi que nous l'avons déjà vu, ces fibres ont 0mm,005 à 0,nm,009 de diamètre en moyenne dans les cordons antérieurs ; dans la commissure antérieure, elles dépassent à peine 0mm, 007, et dans la substance grise, 0m,n,005. La même chose peut se dire des fibres des cordons latéraux qui, avant que d'atteindre la substance grise et clans leur portion horizontale, n'ont pas plus de 0mm,005 de diamètre. Mais à cet amincissement succède, quelquefois dès avant l'entrée des fibres dans la substance grise, d'autres fois seulement après leur sortie, une nouvelle augmentation de volume que nous avons déjà traduite par des chiffres dans le paragraphe précédent. Il s'ensuit que, si nous prenons pour point de départ les nerfs périphériques, nous trouverons d'abord un amincissement graduel des fibres depuis leur entrée dans la moelle jusqu'à leur émergence de la substance grise, puis un élargissement au moment où elles rejoignent les éléments longitudinaux delà substance blanche. Cet élargissement, cependant, est loin d'être suffisant pour rendre aux fibres leur diamètre primitif. Quant à des divisions de fibres, je n'en ai point rencontré dans les cornes antérieures, non plus que dans le reste de la moelle.
De même que les racines antérieures, les racines postérieures des nerfs spinaux , comme nous l'avons déjà dit , cheminent horizontalement ou en remontant légèrement, depuis le sillon collatéral postérieur et à travers les faisceaux longitudinaux de la substance blanche, jusqu'aux cornes posté-
rieures. Là elles forment un certain nombre de faisceaux plus ou moins volumineux (de 0mm,02 à 0mm,05 de largeur) (fig. 143, s, 145, b), qui traversent la substance gélatineuse chacun isolement et sans communiquer en aucune
façon avec les cellules nerveuses, pour pénétrer dans la substance grise. Là elles prennent deux voies différentes : les unes se recourbent en arc de cercle ou se coudent à angle presque droit pour devenir ascendantes et longitudinales; elles cheminent ensuite dans la portion postérieure de la substance grise, au-devant de la substance gélatineuse, et s'unissent peu à peu aux cordons postérieurs principalement , mais aussi en partie à la moitié postérieure des cordons latéraux (fig. 143, r; 145, g). Constamment une autre partie des racines sensitives (fig. 143, t ; 145), réunies en faisceaux, passent entre les faisceaux longitudinaux que nous venons de mentionner , se portent de plus en plus en avant et finissent par se perdre dans les cordons postérieurs et latéraux ; quelquesunes , cependant , se rendent dans la commissure grise. Les premières , celles surtout qui se rendent dans les cordons postérieurs , sont souvent très visibles sur des coupes horizontales (lig. 143, p, g). C'est vers l'extrémité inférieure de la moelle, au-dessous du renflement lombaire, que je les ai trouvées le plus nettement dessinées. Elles s'étendaient jusqu'au voisinage du noyau gris central, et c'est là seulement qu'elles se recourbaient en arrière , pour pénétrer dans les cordons postérieurs. Je les ai bien observées également dans le renflement lombaire , entre la substance gélatineuse et la commissure postérieure. Les fibres horizontales des racines postérieures qui vont dans les cordons latéraux sont aussi très évidentes dans certains cas; mais leur nombre paraît toujours bien inférieur à celui des fibres qui vont rejoindre les cordons postérieurs. La continuité entre les commissures grises et une partie des fibres des racines sensitives n'est pas difficile à suivre dans la commissure postérieure dont les fibres, ou un certain nombre du moins, se portent en arrière.
Fig. 145. — Section verticale de la moelle passant par la partie moyenne des cornes de la substance grise et par les points d'émergence des nerfs. Grossissement de 25 diamètres environ, a, cordons postérieurs traversés par les racines sensitives h; b, substance gélatineuse; c, prolongements des racines postérieures qui , arrivées au-devant de la substance gélatineuse, se recourbent en haut et deviennent longitudinales, pour se confondre principalement avec les cordons postérieurs ; d, base des cornes postérieures, présentant les extrémités apparentes (coupées en travers) de la portion horizontale des racines sensitives;
e, corne antérieure, parsemée de grosses cellules nerveuses qui sont figurées par des points et montrant les prolongements horizontaux, également coupés, des racines motrices;
f, cordons antérieurs, traversés parles racines motrices i.