MEMBRANE MUQUEUSE DE LA BOUCHE , ET TISSU SOUS-MUQUEUX
( papilles , villosités) , et traversée par des fibres musculaires lisses : c'est cette couche qui constitue la membrane muqueuse proprement dite ; 3° par une couche extérieure d'un tissu conjonctif lâche : tissu sous-muqueux, ou tunique cellulaire sous - muqueuse. La seconde tunique intestinale, ou tunique musculaire, contient des fibres musculaires striées au commencement et à la fin de l'intestin, dans une certaine étendue; partout ailleurs elle est formée de fibres musculaires lisses. Les éléments qui la composent sont groupés en deux couches principales, l'une extérieure, à fibres dirigées longitudinalement, l'autre profonde, à fibres transversales; plus rarement on peut y distinguer trois couches. La troisième tunique, enfin, ou tunique séreuse , se rencontre seulement dans la partie abdominale et pelvienne de l'intestin : c'est une membrane mince , transparente, peu riche en nerfs et en vaisseaux, pourvue d'un épUhélium, qui recouvre le tube intestinal , et se trouve en rapport avec les parois et viscères de l'abdomen .
ARTICLE Ier. DE LA BOUCHE.
133. Membrane muqueuse de la bouche, et tissu sous-muqueux. —
Une seule tunique, la tunique muqueuse forme, pour ainsi dire, la première portion du canal intestinal. Celte membrane, plus ou moins adhérente aux os et aux muscles qui limitent la cavité buccale, se distingue principalement par son épaisseur assez considérable, par sa rougeur, due à la grande richesse de son réseau vasculaire, et aussi par la présence d'un grand nombre de nerfs et de papilles.
La membrane muqueuse proprement dite se continue, au niveau des lèvres, avec le derme cutané , avec lequel elle se confond insensiblement : plus transparente et plus molle que le corium, elle est cependant assez résistante et encore plus extensible. Elle consiste, de même que les portions les plus minces du derme cutané , en une seule couche de 0mm,2 à 0mm,5 d'épaisseur, et présente , à sa face externe , un grand nombre de papilles analogues à celles de la peau. Ces papilles, ordinairement simples, sont quelquefois bifurquées (dans l'hypertrophie, elles peuvent présenter des prolongements multiples); elles sont coniques ou filiformes et ont une longueur de 0,T,m,2 à 0n"n,a, et une épaisseur de 0",m,0/i à u",m,09 ( au minimum et au maximum leur longueur est de 0"l",053 ou de 0niIT,,62, et leur largeur de 0,,,m,009 ou de Om,n,ll) ; elles sont distribuées sans régularité, et tellement pressées les unes contre les autres, qu'elles se touchent presque par leur base : il est rare que l'espace qui les sépare égale leur propre diamètre. Indépendamment de ces papilles , la membrane muqueuse présente à sa surface libre l'ouverture du conduit naso-palatin et un grand nombre d'ouvertures glandulaires dont quelques-unes reposent sur de petites éminences analogues à des papilles.
Le tissu sous-muqueux de la cavité buccale n'est pas partout le même : c'est ainsi que sur le plancher de la bouche , à la face antérieure de l'épiglotte,
et surtout aux freins des lèvres, de la langue et de l'épiglotte, il est mince, lâche, pourvu de vaisseaux d'un certain calibre et de très peu de graisse ; disposition qui donne une grande mobilité à la muqueuse de ces organes. Dans les points, au contraire, où le tissu sous-muqueux contient des glandes, il devient plus adhérent, comme aux lèvres et aux joues, ou même il est pour ainsi dire tout à fait fixe , comme à la base de la langue et au voile du palais ; en même temps, et c'est ce qu'on observe principalement dans les derniers points mentionnés, le tissu sous-muqueux se charge de masses adipeuses d'un certain volume. Le tissu sous-muqueux est très serré, dense, blanchâtre sur les prolongements alvéolaires des mâchoires, où il forme, en qudque sorte, une seule membrane avec la muqueuse proprement dite et le périoste {gencives). Il présente les mêmes caractères à la voûte palatine , où la membrane muqueuse est unie à l'os par une couche fibreuse épaisse, qui ne permet aucun mouvement et qui renferme aussi des glandes. Enfin , le tissu sous-muqueux est également très serré sur la langue, là où reposent les papilles. La membrane muqueuse de la langue, est unie intimement aux muscles, dont un grand nombre de fibres se prolongent dans son intérieur, ou plutôt se terminent dans une couche blanchâtre, épaisse, très solide et comme tendineuse, qui est située immédiatement au-dessus des fibres musculaires longitudinales supérieures, et qu'on a désignée sous le nom de fascia linguœ (Zaglas) .
En ce qui concerne la structure intime de la muqueuse buccale , on remarque que dans la couche sous-muqueuse le tissu conjonctif l'emporte de beaucoup, tandis que dans la muqueuse proprement dite se trouvent partout des éléments élastiques très nombreux. Dans la membrane muqueuse comme dans le tissu sous-muqueux, le tissu conjonctif se montre sous la forme de faisceaux de 0mm,00/i à 0n,m,011 de diamètre, non anastomosés en réseaux, mais s'entrecoupant dans les sens les plus divers, et présentant une sorte de stratification peu distincte. Le feutrage des fibrilles du tissu conjonctif est très marqué dans le voisinage de l'épithélium , où ce tissu se continue par degrés avec une couche à peu près amorphe, qui là, non plus que dans le derme, ne peut être isolé complètement.
Dans l'intérieur des papilles, à l'exception de celles de la langue, la structure fibreuse est généralement aussi peu distincte ; la papille paraît compo sée, dans son ensemble, d'une substance conjonctive à peu près homogène, légèrement granulée, et pourvue de quelques cellules plasmatiques,
Le tissu élastique se montre dans le tissu sous-muqueux sous la forme de fibres interstitielles peu nombreuses, fines, rarement contournées en spirale, eà et là plus abondantes, comme dans le frein de l'épiglotte, où les fibres sont aussi plus fortes. Le tissu élastique est abondant dans la muqueuse ; on le rencontre partout, entre les faisceaux du tissu conjonctif, sous l'aspect de réseaux serrés et cohérents de fibrilles élastiques ; les fibres qui le composent ont, en moyenne, de 0mm,002 à 0mm,033 de diamètre. On trouve pareillement ici des fibrilles élastiques contournées en spirale, mais en petit nombre. La membrane muqueuse renferme en outre des cellules adipeuses