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EPITHELIOM DE LA MUQUEUSE BUCCALE

ordinaires ; on les rencontre principalement dans la couche sous-muqueuse, tantôt agglomérées en lobules et tantôt isolées.

Les vaisseaux de la membrane muqueuse sont excessivement nombreux, et se comportent , d'une manière générale , comme ceux de la peau. Les petites papilles ne renferment qu'une seule anse capillaire ; les papilles d'un certain volume, au contraire, simples ou ramifiées, présentent un réseau de capillaires (fig. 169) : c'est ce qui se voit notamment sur les gencives, au palais , clans la région glandulaire de la racine de la langue , à la face inférieure de cet organe et aux lèvres.

Les nerfs de cette membrane sont difficiles à découvrir; mais en la traitant par un alcali caustique, on rend très évident, dans ses couches externes, un réseau à larges mailles formé de raniuscules excessivement tins , dont les tubes nerveux se bifurquent quelquefois : ces divisions sont fréquentes, surtout à la face antérieure de l'épi glotte. Dans les papilles, il est souvent impossible de découvrir la moindre trace de nerf ; d'autres fois, au contraire, on y constate, dans les grosses papilles surtout, la présence d'une ou de deux fibres nerveuses onduleuses, dont le diamètre, primitivement de 0""n,005, finit par se réduire à 0mm,0027, ctdontlemode de terminaison n'a pu être déterminé exactement jusqu'ici. Chez la plupart des individus les papilles des lèvres contiennent des corpuscules de Meissner analogues à ceux de la main, mais notablement plus petits ; j'ai rencontré également , dans les lèvres, de ces pelotons nerveux signalés par Gerber (voy. p. 116). La muqueuse buccale est riche en vaisseaux lymphatiques; mais nous ne connaissons qu'imparfaitement les origines de ces vaisseaux et leurs connexions avec la muqueuse elle-même : je dois dire cependant que Sappey a injecté des réseaux lymphatiques sur les gencives et sous la voûte palatine. (Anat., I, 2, p. 687 ; Atl. Bonamy et Beau, t. III, pl. 5, fig. 3.)

§ 13&. Epithélium de la muqueuse buccale. — \J épithélium de la cavité

buccale (fig. 169) est de la nature des épithéliums pavimenteux stratifiés , c'est-à-dire qu'il se compose d'un grand nombre de cellules arrondies ou polygonales, aplaties et formant plusieurs couches superposées. Considéré dans son ensemble, cet épithélium aune épaisseur moyenne de 0mm,2 à 0mm,5, et forme une pellicule transparente, blanchâtre, assez souple, mais peu résistante et peu élastique ; la macération ou l'action de l'eau bouillante,

Fig. 169. — Papille simple de la gencive d'un enfant , pourvue de vaisseaux multiples et d'un épithélium. Grossissement de 250 diamètres. Les vaisseaux d'après Bowman.

Fig. 169.

celle de l'acide acétique, le séparent par larges plaques. Les éléments de cet épithélium sont tous des cellules à noyau dont l'arrangement et la structure rappellent celles qui constituent l'épidémie ; mais ils ne se divisent pas, comme ces dernières, en deux couches distinctes; ils forment, au contraire , une membrane unique, qui correspond plutôt à la couche muqueuse, bien qu'elle représente aussi la couche cornée. Les cellules, examinées de' dedans en dehors , montrent les caractères suivants. Immédiatement sur la face externe de la muqueuse et sur les papilles , on trouve

plusieurs couches de petites vésicules, de 0mm,009 à ümm,011 de diamètre (fig. 169), dont les plus profondes sont presque toutes un peu allongées, plus volumineuses (0nin,,01/t à 0mm,02) et disposées perpendiculairement à la muqueuse. Viennent ensuite plusieurs plans de cellules polygonales à angles mousses, aplaties, dont le volume et l'aplatissement augmentent de plus en plus vers la superficie, en même temps qu'elles deviennent plus exactement polygonales (fig. 170, ^.Extérieurement, enfin, on trouve quelques couches de lamelles epitheliales (fig. 170, a), c'est-à-dire de grandes plaques irrégulières, de 0mm,05 à 0mm,08 de largeur, et tellement aplaties que le nom de vésicules ne leur est plus applicable.

Toutes ces cellules possèdent une membrane de cellule très mince, facile à mettre en évidence au moyen de l'acide acétique et des alcalis, un contenu transparent, plus ou moins abondant suivant le degré d'aplatissement de la cellule, souvent avec des particules graisseuses, et un noyau qui ne manque jamais. Dans les plus petites cellules, le noyau mesure OtT"",005 h 0mm,007 ; il ' est oblong ou sphéroïdal, et dépourvu ordinairement d'un nucléole distinct. v Les cellules polygonales renferment constamment un ou deux très beaux noyaux vésiculaires, le plus souvent sphériques, d'un diamètre de 0mm,009 à 0m'",01^, et rempli d'un contenu transparent avec un ou deux nucléoles. Dans les lamelles, enfin, les noyaux sont saisis d'un mouvement de dégradation ; ils sont redevenus plus petits, de 0mm,009 à 0m,n,011 de longueur sur ()mra,005 à ü""",0032 de largeur; ils sont généralement aplatis, homogènes, sans cavité distincte, sans nucléole, ou bien ils n'offrent, en place de ce der-

Fig. 170. — Cellules épithéliales de la cavité buccale de l'homme, à grosses cellules ; fe, cellule moyenne; c, cellule à deux noyaux. Grossissement de 350 diamètres.

nier, que quelques granulations. Sous le rapport chimique, l'épithélium pavimenteux de la cavité buccale jouit des mêmes propriétés que la couche muqueuse et les couches cornées profondes de la peau : ainsi, comme dans ces dernières, les lamelles elles-mêmes se gonflent rapidement dans les alcalis (voy. à ce sujet le § U9).

Un fait digne de remarque, au point de vue physiologique, c'est que l'épithélium de la cavité buccale est soumis à une mue continuelle, à une desquamation incessante qui, de même que dans la peau, semble dépendre moins de certains phénomènes vitaux dont la muqueuse ou les cellules épithéliales seraient le siège, que des nombreuses influences mécaniques que subit la muqueuse buccale, principalement pendant la mastication et les mouvements de la parole. Ces influences ont pour effet, d'une part, de détacher sans cesse les lamelles superficielles de 1 epiderme, d'autre part, de provoquer la régénération des portions détruites, par suite de la formation de nouvelles cellules dans la profondeur: cellules dont la production et le développement me paraissent suivre la marche que j'ai décrite à propos de l'épiderme (§ 50) et des poils (§ 68).

L'épithélium de la bouche, bien qu'épais, est très perméable, caractère qui le distingue de l'épiderme, dont la couche muqueuse seule présente cette perméabilité. Il se laisse traverser de dehors en dedans par les liquides les plus divers, qui, une fois en contact avec la muqueuse , peuvent être absorbés par les vaisseaux de celte membrane, ou impressionner les nerfs qu'elle reçoit. Toutes choses égales d'ailleurs, plus sera mince la couche épithéliale, sa portion lamelleuse surtout , qui est certainement la moins perméable, et plus seront nombreux et superficiels les vaisseaux et les nerfs, plus l'absorption sera active et l'impression vive: ainsi s'explique pourquoi la sensibilité est plus délicate aux lèvres, où les papilles pourvues de nerfs sont très nombreuses et touchent presque la superficie de l'épiderme, qu'aux gencives, dont les papilles sont dépourvues de nerfs; plus délicate encore à la pointe de la langue , dont les papilles, recouvertes d'un épithélium mince relativement, sont proéminentes à la surface de la muqueuse (voy. , quant à l'importance des corpuscules de Meissner, le § 41). Mais l'épithélium est également perméable de dedans en dehors; aussi peut-il permettre au plasma exsudé des vaisseaux sanguins de s'épancher dans la cavité buccale. Ainsi, de même que l'épiderme prend part à la Perspiration cutanée, l'épithélium participe à la formation du mucus, liquide fourni non-seulement par les glandes qui s'ouvrent dans la bouche , mais encore par toute la surface de la muqueuse en général.

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