ARTICLE III. — DES GLANDES DE LA CAVITÉ BUCCALE
A. Glandes muqueuses.
§ 137. — Division de ces glaodes. — Les glandes muqueuses de la bouche sont de petites glandes acineuses jaunâtres ou blanchâtres, de forme en général arrondie, à surface bosselée, et dont le diamètre varie entre 0mm,75 et 5""". Elles sont ordinairement adossées à la face externe de la muqueuse, et s'ouvrent dans la cavité buccale par un conduit excréteur court et droit, qui y verse leur produit muqueux.
Les glandes muqueuses présentent quelques légères différences , suivant les régions où on les observe , ce qui leur a fait donner des noms particuliers.
1° Les glandes labiales se trouvent entre la couche musculaire et la muqueuse ; elles ont 1 à 3 millimètres de diamètre , et sont tellement nombreuses qu'elles forment un anneau presque complet autour de l'orifice buccal , anneau qui commence à 7 millimètres du bord rouge des lèvres et qui a environ 15 millimètres de largeur.
2° Les glandes buccales se rencontrent plus en dehors, recouvertes par le buccinateur ; elles sont assez nombreuses, mais plus petites que les glandes labiales. Quelques glandes plus volumineuses se montrent près de l'embouchure du canal de Sténon , sur le muscle buccinateur, et plus en arrière , dans la région de la dernière molaire (glandes molaires).
3° Les glandes palatines. Celles de la voûte du palais sont petites et dépassent à peine, en avant, la partie moyenne de cet organe ; celles du voile du palais, au contraire, forment à la face inférieure de cet organe une couche glandulaire épaisse, mesurant 7 à 9 millimètres, un peu moins vers les bords libres et vers la luette. Sur la face postérieure du voile existent également des glandules ; mais elles sont plus petites et ne forment pas toujours une couche continue.
li° Les glandes linguales. Je distinguerai dans ce groupe :
a. Les glandes muqueuses de la base de la langue ; elles ont de 1 à 5 milli-
STRUCTURE INTIME DES GLANDES MUQUEUSES. /|0'.i
mètres de diamètre et forment une couche souvent très épaisse au-dessous des follicules muqueux simples de la base de la langue, que nous décrirons plus loin, et des papilles caliciformes. Cette couche a, notamment audessous des follicules, une épaisseur qui va jusqu'à 9 millimètres, et s'étend presque sans solution de continuité d'une tonsille à l'autre. En avant du foramencœcum, les glandes muqueuses sontplus rares et plus petites ; on en trouve encore quelques-unes au-devant des papilles caliciformes les plus antérieures, plus ou moins enfoncées dans la couche musculaire ; mais jamais elles n'atteignent la moitié antérieure de la langue. Les conduits excréteurs de ces glandes, qui sont traversées parles terminaisons du muscle génio-glosse auxquelles elles sont souvent adhérentes, ont quelquefois jusqu'à 1^ millimètres de longueur dans les glandes postérieures ; ainsi que l'a montré E.-H. Weber, ils s'abouchent aux follicules muqueux de la base de la langue, en s'élargissant en entonnoir. Dans la région des papilles caliciformes, au contraire, ils ont un orifice distinct, situé entre les papilles et dans les sillons qui séparent les papilles caliciformes; quelques-uns s'ouvrent sur les parois du foramen cœcum.
b. Les glandes marginales de la racine de la langue. Sur les bords de la racine de la langue, au niveau des papilles caliciformes, on trouve, comme nous l'avons dit plus haut, des plis verticaux et d'apparence foliacée ; entre ces plis se montrent des orifices très étroits appartenant à un petit groupe de glandes spéciales, situées au milieu des expansions de l'hyo-glosse et du transverse. Chez les animaux, ces glandes, ainsi que les plis dont il a été question [organe de Viager) prennent quelquefois un grand développement (voy. Brühl, loc. cit.).
c. Les glandes de la pointe de la langue. A la face inférieure de la pointe delà langue, mais encore dans l'épaisseur des muscles lingual inférieur et stylo-glosse, on rencontre, à droite et à gauche, deux groupes allongés de glandes, longs de ïk à 22 millimètres, larges de 7 à 9 millimètres, et épais de 5 à 7 millimètres. Les conduits excréteurs de ces glandes, au nombre de 5 ou 6, s'ouvrent sur les côtés du frein de la langue, au sommet de quelques replis lobulés que forme la muqueuse en cet endroit. Blandin avait déjà donné une description minutieuse de ces glandes, que Nuhn vient de tirer de l'oubli.
§ 138. Structure intime des glandes muqueuses. — Toutes les petites
glandes que nous venons de mentionner présentent la même structure et se composent, sans exception, d'un certain nombre de lobules glandulaires et d'un canal excréteur ramifié. Dans les glandules les plus simples, les lobules sont peu nombreux (/i-8) ; ils sont allongés oupiriformes, quelquefois aussi arrondis, assez souvent aplatis; ils ont 1 millimètre à 1""",5 de longueur sur 0,r"",5 à 1 millimètre de largeur; quelquefois les deux diamètres du lobule sont sensiblement égaux. Chacun de ces lobules repose sur un rameau du canal excréteur deOmm,07 à 0mm,1 de largeur. Le canal lui-même mesure 0m,n,27 à 0mm,7 en diamètre, quelquefois même 1 milli-
llOk HISTOLOGIE SPÉCIALE.
mètre (glandes de la base de la langue). Les lobules se composent d'un nombre plus ou moins considérable de conduits tortueux et garnis d'une
foule de dépressions en cul-de-sac, simples ou composées, qui paraissent être la continuation directe des canaux excréteurs des lobules; ces canaux, à peine entrés dans les lobules, se divisent successivement en un certain nombre de brandies, le plus souvent sans diminuer de diamètre. Les prétendues vésicules glandulaires (acini) ne sont autre chose que les petits cœcums et les [terminaisons de ces conduits, dernières ramifications des canaux excréteurs.
Examinés superficiellement et à un faible grossissement, les acini paraissent régulièrement arrondis ou piriformes ; mais une étude minutieuse d'un lobule entier, ou mieux encore, de toute une glande di lacérée et injectée , prouve que ces lobules affectent des formes très diverses , qu'ils sont arrondis , piriformes ou allongés. Il n'est guère possible de décrire toutes les variétés qui se présentent sous ce rapport : aussi me contenterai-je de faire observer que les
Fig. 180.
Fig. 181.
Fig. 182.
terminaisons des lobules, glandulaires offrent souvent, en petit, les formes, et aussi la structure des vésicules séminales. La figure ci-contre, en partie schématique, en donnera une bonne idée.
Les plus fins canaux et les vésicules glandulaires, dont le diamètre varie
Fig. 180. — Glande muqueuse en grappe du piancher de la cavité buccale, a, enveloppe de tissu eonjonctif; b, conduit excréteur; c, vésicules glandulaires ; d, canaux des lobules, chez l'homme. — Grossissement de 50 diamètres.
Fig. 181. — Figure schématique représentant deux conduits d'un lobule de glande muqueuse, a, canal excréteur du lobule; b, rameau secondaire; c, les vésicules d'un lobule in situ; d, ces vésicules écartées les unes des autres, et leur conduit déplissé.
Fig. 182. — Deux vésicules d'une glande muqueuse en grappe de l'homme. Grossissement de 300 diamètres, a, membraue propre; b, épithélium tel qu'il se montrait sur une coupe de la vésicule ; c, épithélium vu de face.