ARTICLE II. DE LA LANGUE
§ 135. Muscles de la langue. — La langue est un organe musculeux recouvert par la membrane muqueuse de la cavité buccale et fixé à un os spécial, l'os hyoïde. Les éléments musculaires de la langue ne se distinguent de ceux des muscles striés périphériques que par leur disposition plexiforme, d'où il résulte qu'on ne rencontre point, dans l'épaisseur de la langue, de masses musculaires distinctes, mais seulement des faisceaux secondaires et des fibres musculaires.
La charpente, pour ainsi dire, delà langue est formée par les deux muscles génio-glosses , le muscle transverse de la langue et le fibro-cartilage de cet organe. Ce dernier, appelé aussi cartilage lingual ( fig. 172, c) , consiste en une lame fibreuse très dense, d'un blanc jaunâtre, placée de champ dans la langue, entre les deux muscles génio-glosses ; il s'étend dans toute la Ion-
gueur de l'organe, mais ne mérite point le nom qu'il porte, attendu qu'il n'est formé que de tissu tendineux ou ligamenteux ordinaire. Il naît en bas du corps de l'os hyoïde, où il est uni à une large lame fibreuse, la membrane hyo-glosse (Blandin), qui s'étend de l'os hyoïde à la racine de la langue en couvrant la terminaison du génio-glosse ; il atteint bientôt le niveau du muscle tr ans verse, pour diminuer progressivement dans le tiers antérieur de la langue et se perdre vers la pointe. Leseptum lingual, comme on pourrait appeler cette cloison fibreuse, a 0mm,27 d'épaisseur et s'étend en haut jusqu'à 3 ou k millimètres du dos de la langue, en bas, jusqu'à l'endroit où les muscles génio-glosses se perdent dans l'épaisseur de la langue; mais là il ne présente point un bord net, car il se continue avec le périmysium qui sépare les deux muscles génio-glosses. Sur les deux faces de cette cloison , les génio-glosses s'épanouissent en éventail dans la langue (fig. 171, g; 172 , g ; 173, /"), dont ils mesurent toute la longueur, placés sur la ligne médiane, et formant une masse musculaire assez mince, qui est loin d'être compacte. Les muscles génio-glosses, en effet, à peine entrés dans la langue,
se divisent de chaque côté en un grand nombre de feuillets placés les uns derrière les autres ; cette division commence au niveau du bord inférieur (su septumi lingual, où quelques faisceaux isolés (moins nombreux que ne l'ont représenté Bonamy et Beau [AU. , III, pl. 7, fig, 5; pl. 5, p. 3 ) s'entrecroisent avec ceux du côté opposé. Les divers feuillets des muscles génioglosses sont très rapprochés, mais séparés les uns des autres par les fibres
Fig. 171. — Coupe longitudinale de la langue humaine, grandeur naturelle, contours d'après Arnold, Icon. org. sens, g, h, muscle génio-hyoïdien ; /?, os hyoïde; g, génioglosse; g', muscle glosso-épiglottique ; tr, transverse de la langue; L s, longitudinal supérieur; e, épigiotte; m, mâchoire inférieure; d, dent incisive; o, muscle orbiculaire des lèvres; /, m, élévateur du menton; i, glandes labiales; f, follicules de la langue; g, glandes linguales avec leurs canaux excréteurs.
Fig. 171.
musculaires transverses de la langue; ils sont en général verticaux, se recourbent soit en avant , soit en arrière, et vont gagner le dos de la langue. Ainsi réunies en lames de 0mm,14 à 0mm,31 d'épaisseur, les fibres des muscles génioglosses atteignent le niveau du bord supérieur du septum, puis forment en général des lamelles qui se dirigent d'avant en arrière. En effet, tandis que précédemment les génio-glosses étaient divisés en feuillets transversaux séparés par les diverses couches du transverse, ils se partagent maintenant en lamelles antéro-postérieures, séparées par les faisceaux du muscle longitudinal supérieur de la langue. Ces feuillets verticaux et antéro-postérieurs sont très distincts dans les deux tiers antérieurs de la langue, beaucoup moins au voisinage des papilles caliciformes, où les muscles génio-glosses s'insèrent à la muqueuse par des faisceaux isolés, surtout vers la ligne médiane; à la base de la langue, enfin, les feuillets ont complètement disparu. Le muscle génio-glosse se termine à la face dorsale delà langue de la manière suivante : ses faisceaux primitifs , arrivés immédiatement sous la muqueuse, se continuent avec de petits faisceaux tendineux de tissu conjonctif, dont les uns se perdent dans les couches inférieures de la muqueuse, couches très denses que nous décrirons plus loin, et dont les autres s'étendent jusqu'à la base des papilles. En arrière, le muscle génio-glosse n'atteint pas la muqueuse, facile à séparer en cette région, avec ses follicules muqueux, des glandes en grappes situées plus profondément ; il se termine sur ces dernières glandes et dans leurs intervalles par des faisceaux tendineux qui se fixent sur les glandes ou se continuent avec le tissu fibreux serré qui les sépare. Il donne cependant un petit faisceau à l'épiglotte (levator epiglottidis Morgagni, muscle glosso-épiglottiqve de
Heister) (fig. 169, g) , ainsi ^ 4->'-jK fa
qu'à la petite corne et au J^^^^^^^^^,
tincts dans chaque moitié
Fig. 172. — Coupe transversale de la langue humaine, un peu en avant des papilles caliciformes. g, génio-glosse; l, i, muscle longitudinal inférieur ( lingual ) avec Fartère ranine ; ?r, muscle transverse, visible à gauche dans tout son trajet, à droite seulement sur le bord et entre les faisceaux écartés du génio-glosse ; c, septum lingual (fibro-cartilage) ; h, hyo-glosse; hgl, fibres verticales ascendantes par lesquelles se termine Fhyo-glosse , en dehors du génio-glosse; g', terminaison du génio-glosse sur lamuqueuse ; h1, terminaison de Fhyo-glosse; /, s, muscle longitudinal supérieur, dont les faisceaux aplatis sont situés entre les fibres verticales ; d, glandes du bord de la langue ; sf, gl, stylo-glosse.
corps de l'os hyoïde , un second faisceau un peu plus considérable, au constricteur supérieur du pharynx ( vtuscle glosso- pharyngien).
Le muscle Iransverse, ou les fibres transversales de la langue (fig. 171, tr; 172, tr; 173 , g) se composent de feuillets très nombreux, dis-
Fig. 172.
de la langue , placés très régulièrement entre les feuillets transversaux des muscles génio-glosses et ne manquant dans aucune portion de la langue : chaque feuillet est une lame en général verticale, de 0mm,2 à 0""", 35 d'épaisseur, et 2 centimètres de hauteur à la partie moyenne de la langue; lame dont les libres musculaires vont du septumau bord latéral de la langue. Ces fibres naissent directement, pour ainsi dire, des deux faces du septum, et dans toute sa hauteur, par de courtes fibres tendineuses transversales, qui se distinguent très bien des fibres longitudinales du septum ; elles se réunissent en petits faisceaux et se dirigent d'abord directement en dehors, mais se recourbent ensuite de bas en haut pour atteindre les fibres les plus élevées et les plus courtes , les parties latérales du dos de la langue, les fibres inférieures, plus longues, les bords de la langue ; elles s'insèrent enfin sur la muqueuse , par l'intermédiaire de petits faisceaux tendineux.
Les autres muscles de la langue forment en quelque sorte l'écorcede cet organe ; ils se réunissent en partie, dans leur trajet, à ceux que nous venons d'étudier, et en partie affectent une direction spéciale.
Le muscle hyo-glosse (basio-et cérato-glosse des auteurs, fig. 173, h et hgl) présente, sur les côtés de la langue, à peu près la même disposition que le génio-glosse sur la ligne médiane. En effet, les gros faisceaux de ce muscle, arrivés à la face inférieure du bord de la langue, se divisent en un nombre considérable de feuillets transversaux très minces, qui se recourbent plus ou moins de bas en haut, et s'enfoncent entre les divers feuillets du muscle transverse, pour suivre ensuite le même trajet que les fibres du génio-glosse, qu'ils recouvrent en dehors; avec cette différence seulement que dans ce trajet ascendant leurs libres présentent une légère incurvation qui leur donne une direction oblique en dedans. Au dos de la langue, l'hyo-glosse est situé entre le génio-glosse et le bord supérieur du muscle transverse ; il forme , comme le premier de ces muscles , des feuillets longitudinaux à libres verticales , entre lesquels cheminent les fibres longitudinales supérieures de la langue, et se termine enfin sur la muqueuse. Cette disposition du muscle hyo-glosse est surtout nette et bien marquée à la partie moyenne de la langue, où se trouve la masse principale du basio-glosse; en arrière, elle devient moins évidente, attendu que les feuillets du cérato-glosse y sont très minces et se rapprochent davantage du plan horizontal ; mais on y observe néanmoins cette pénétration des feuillets entre ceux du muscle transverse et leur terminaison sur le dos de la langue.
Le musclé stylo- glosse (fig. 172, sû, gl) se divise généralement en deux faisceaux, qui se comportent très différemment: le faisceau postérieur, plus petit , se porte directement en dedans , en passant entre les muscles cératoglosse et basio-glosse, ou entre les faisceaux de ce dernier, et s'enfonce entre les feuillets des muscles lingual et génio-glosse; quelques-unes de ses fibres atteignent le septum lingual et s'y insèrent avec celles du muscle transverse, qui occupe un plan un peu supérieur. La masse principale du muscle styloglosse suit le bord de la langue, en se dirigeant en dedans et en bas, s'unit
en avant du muscle hyo-glosse, avec le lingual inférieur, et se termine dans la muqueuse qui revêt la face inférieure de la pointe de la langue et dans cette pointe elle-même. En outre, les faisceaux antérieurs des muscles stylo-glosses de l'un et l'autre côté s'unissent en anses.
Le muscle lingual des auteurs, que j'appellerai lingual ou longitudinal inférieur (fig. 172, /, /), est constitué par un faisceau musculaire assez volumineux, situé à la face inférieure de la langue, entre les muscles génioglosse et hyo-glosse. Ses deux extrémités sont peu distinctes : en arrière, le muscle semble se terminer, au premier abord, par de nombreux faisceaux aplatis et superposés, entre les fibres transversales des muscles génio-glosse (glosso-pharyngien), stylo-glosse et transverse, au niveau de la base de la langue; mais en y regardant de près, on acquiert la conviction que, de même que la partie postérieure du génio-glosse, ces faisceaux se divisent en un grand nombre de feuillets qu'on peut poursuivre au milieu des fibres transversales jusqu'à la périphérie de la couche glandulaire de la racine de la langue, et qui, se recourbant légèrement, deviennent ascendants et se terminent sur ces glandes, comme les faisceaux du génio-glosse, placés en dedans de lui. En avant, le lingual inférieur se réunit aux faisceaux volumineux du stylo-glosse et se termine avec lui au niveau de la pointe de la langue ; mais là encore un grand nombre de faisceaux très grêles gagnent la face antérieure, de l'hyo-glosse, et cheminent avec lui jusqu'à la face dorsale de la langue, se comportant, en un mot, sur les bords du tiers antérieur de la langue comme fait l'hyoglosse aux deux tiers postérieurs de cet organe.
On trouve enfin, chez l'homme, un muscle longitudinal
ou lingual supérieur, et quelques fibres verticales. Le
muscle longitudinal supérieur (fig. 171, 172, /, s; 173, e)
est représenté par une couche de fibres longitudinales
situées entre les fibres supérieures du muscle transverse
et la membrane muqueuse, couche qui occupe toute la
largeur et toute la longueur de la langue et qui dérive
du muscle Chondro- glosse , méconnu par la plupart des IRl^f ''II
anatomistes. Le muscle chondro-glosse naît de là petite f 'M WÉ
corne de l'os hyoïde, sous la forme d'un faisceau assez ™ |. F'/
volumineux, séparé du basio-glosse et du cérato-glosse ^ ■
par l'artère linguale et le muscle glosso-pharyngien ;
situ*} au-dessous de la couche glandulaire profonde de la base de la langue,
et en partie entre les terminaisons du génio-glosse et du lingual inférieur, il
se dirige en avant, occupe presque toute la portion de la langue antérieure
aux papilles caliciformes. et prend ensuite la forme de lamelles longitu-
Fig. 173.. — Fragment d"une section longitudinale à travers la partie latérale de la langue humaine, a, papille fongiforme ; b, papille filiforme; c, muqueuse linguale; d, couche fihreuse subjacente à cette dernière; e, xnuscle longitudinal supérieur; f, génioglosse; g, section du muscle transyerse.
39Zi HISTOLOGIE SPÉCIALE,
diiiales étroites, anastomosées quelquefois à angle aigu , placées immédiatement au-dessous de la muqueuse linguale ; il passe ainsi entre les terminaisons des muscles génio-glosse et hyo-glosse, et arrive jusqu'à la pointe de la langue, où il se perd dans la muqueuse de la face supérieure de cet organe. Comme ces faisceaux longitudinaux se renforcent en avant , il devient probable qu'il s'y ajoute des libres longitudinales indépendantes, étendues d'un point à un autre de la muqueuse dorsale de la langue.
Les fibres verticales, qui sont des fibres intrinsèques , ne se sont offertes à mon observation que clans la pointe de la langue, où elles forment des faisceaux grêles allant de la muqueuse supérieure à la muqueuse inférieure. La partie antérieure des feuillets du transverse passe entre les faisceaux internes des fibres verticales, tandis que les extrémités de ces fibres sont traversées assez régulièrement par les muscles longitudinal supérieur, longitudinal inférieur et stylo-glosse. Il en résulte qu'une section transversale de la langue montre alternativement des fibres verticales et des fibres longitudinales, ainsi qu'on le voit dans la figure 172, représentant une coupe du dos de la langue.
Remarquons en outre que le muscle glosso- palatin se perd en partie, avec le cérato-glosse, dans la muqueuse des bords de la langue, tandis qu'une autre portion semble s'unir avec le gros faisceau du muscle stylo-glosse.
Si, après cette description détaillée des muscles tant extrinsèques qu'intrinsèques de la langue, nous jetons un coup d'œil sur la structure générale de cet organe , nous verrons que la portion véritablement charnue de la langue ne présente en réalité que trois espèces de fibres musculaires, que l'on peut désigner sous les noms de fibres verticales , fibres transversales et fibres longitudinales. Les fibres verticales proviennent, à la partie moyenne de la langue, du muscle génio-glosse, latéralement des muscles lingual et hyo-glosse, à la pointe, du muscle vertical ; elles constituent de la pointe à la racine de la langue un grand nombre de feuillets transversaux, dont la largeur totale est, à peu de chose près, celle de la moitié de la langue, et dont les fibres «ont placées, en général, perpendiculairement aux deux faces de l'organe. Les fibres transversales du muscle transverse, et aussi en partie du muscle stylo-glosse , forment un nombre égal de feuillets, généralement un peu plus épais que les précédents, entre lesquels ils s'insinuent ; ces fibres naissent du septum médian pour se terminer au
Fig. 174. — Faisceau primitif ramifié d'une langue de grenouille , mesurant 0U"",41 de largeur. Grossissement de 350 diamètres.
MUQUEUSE LINGUALE. 395
bord ou à la face supérieure de la langue. Les fibres longitudinales, enfin, appartiennent aux muscles lingual supérieur (chondro-glosse) , lingual inférieur et stylo-glosse ; elles recouvrent la face supérieure, le bord et une portion de la face inférieure de la langue, et sont en général sous-jacentes à la muqueuse.
Les diverses couches musculaires de la langue sont séparées les unes des autres par un périmysium très mince, et là où cheminent des vaisseaux et nerfs d'un certain volume, par du tissu conjonctif plus ou moins abondant; elles contiennent très souvent, entre leurs éléments, une quantité notable de cellules adipeuses, qui s'accumulent de préférence dans le voisinage du septum, entre les muscles génio-glosses, à la pointe de la langue et sous la muqueuse.
On trouve dans la langue de la grenouille de très belles ramifications des fibres musculaires striées (fig. 174). La langue humaine ne m'a rien présenté de semblable. Cependant les fibres du génio-glosse m'ont semblé parfois présenter des divisions isolées un peu avant de se transformer en fibres tendineuses. Les muscles de la langue, chez la grenouille, se terminent dans la muqueuse et dans les papilles.
§ 136. Muqueuse linguale. — La muqueuse linguale, dans sa portion dorsale comprise entre le foramen cœcum et la pointe de la langue, diffère du reste de la muqueuse buccale en ce qu'elle est unie très solidement avec la partie musculaire de l'organe , et qu'elle est munie d'un nombre considérable d'élevures, connues sous le nom de papilles linguales ou gustatives. Les papilles caliciformes (papillœ circumvallatai), au nombre de six à douze, sont formées, à l'état parfait : 1° d'une papille centrale, arrondie dans son pourtour, aplatie à son sommet , mesurant 1 à 2 millimètres en diamètre et 0""",5 à lmm, ou même lmm,5 en hauteur; et 2° d'un anneau moins saillant, régulier, qui circonscrit exactement la base de la papille centrale, et qui a 0m,n,2 à 0"1,n,75 de largeur. Mais il existe des transitions entre les papilles caliciformes et les papilles fongiformes; c'est ainsi qu'il faut considérer surtout la papille qui occupe le foramen cœcum ou de Morgagni. Les papilles caliciformes présentent d'ailleurs de nombreuses variétés relativement à leur nombre, leur grandeur et leur siège. Les papilles gustatives placées en avant des précédentes sont disposées en séries plus ou moins régulières, parallèles, en général, à celle des papilles caliciformes ; sur les côtés^e la langue elles dégénèrent en replis foliacés, quelquefois dépourvus de dentelures à leur bord libre, et qu'il n'est plus possible de ranger parmi les papilles. Les papilles fongiformes ont une surface lisse, une longueur de 0""",7 à lmm,8 sur 0""",8 à 1""" de largeur; faciles à reconnaître sur le vivant à leur couleur rougeâtre, elles se montrent principalement sur la moitié antérieure de la langue , où elles sont assez régulièrement réparties sur toute la surface, à des intervalles de 0n,m,5 à 2,nm et plus ; à la pointe de la langue, notamment, elles sont souvent tellement serrées les unes contre les autres, qu'elles se touchent ; on en trouve aussi quelques-unes sur les portions postérieures de cet organe, jusqu'au voisinage des papilles caliciformes.
Les papilles filiformes ou coniques, qui mesurent 0mm,75 à 3n,m en hauteur et 0m,",2 à 0mm,5 en largeur, se font remarquer par leur nombre et par leur couleur blanche ; très serrées les unes contre les autres, elles couvrent les intervalles que laissent entre elles les papilles fongiformes : mais c'est dans le sinus du V des grosses papilles et sur la ligne médiane de la langue qu'elles sont toujours le plus nombreuses et le plus développées ; là aussi elles se terminent par des extrémités pénicillées. Vers les bords et la pointe de la langue, ces papilles deviennent plus rares et plus courtes, aussi bien dans leur ensemble que dans leurs prolongements ; de sorte qu'elles passent par degrés aux organes foliacés dont nous avons parlé, et présentent beaucoup d'analogie, sous certains rapports , avec les papilles fongiformes, au point qu'il est difficile de les séparer de ces dernières, du moins si l'on envisage la conformation de leur surface.
Outre ces papilles, qui proéminent à la surface de la langue, on en trouve d'autres, dans toute la région gustative de cet organe, qui sont plus petites et complètement ensevelies dans l'épithélium ; elles concordent parfaitement avec celles des régions non gustatives de la langue.
Relativement à la structure intime de la muqueuse linguale, la portion de cette membrane qui n'est point] garnie de papilles proéminentes ne diffère en rien de la muqueuse buccale, c'est-à-dire qu'elle possède un épithélium pavimenteux stratifié, qui a 0,!"",1 d'épaisseur à la base de la langue et 0mm,l 3 à ()mm,2 à la face inférieure de la pointe, et de petites papilles simples enfouies dans cet épithélium, qui ont 0""",'2 à ()mm,l de longueur sur 0m,",009 à 0mm,05 de largeur, et qui se montrent même à la face antérieure de l'épiglotte et dans l'intervalle entre celle-ci et les papilles caliciformes. Dans la région gustative proprement dite, il n'existe aucune trace de tissu sous-muqueux : la muqueuse linguale y est unie aux muscles de la langue par l'intermédiaire d'une couche très serrée de tissu conjonclif (voy. plus haut § 135) ; elle est épaisse et dense, assez extensible cependant, propriété qu'elle doit à la quantité notable de tissu élastique, aux nombreux vaisseaux, ainsi qu'à la grande abondance de cellules adipeuses de 0n"",036 à l)ra,n,054 de diamètre qu'elle renferme.
Les papilles filiformes ou coniques (fig. 175) sont formées essentiellement d'une saillie conique du derme muqueux, garnie, soit à son extrémité seulement, soit sur toute sa surface, d'un certain nombre (5 à 20) d'élevures plus petites, de 0mm,2 à 0""",3 de hauteur; le tout est recouvert d'une couche assez épaisse de cellules épithéliales qui, à leur extrémité, se divisent en un grand nombre de filaments long et fins (Omm,02 à 0mm,05), terminés en pointe et subdivisés à leur tour (fig. 175, f). Ces filaments, qui peuvent atteindre jusqu'à lmm,3 et lmm,5 de longueur et 0mn,,05 à O'm",06 de largeur à leur base, donnent à l'ensemble de la papille la forme d'un pinceau très fm. Les couches les plus superficielles de cet épithélium, par leur grande résistance aux alcalis et aux acides, se rapprochent beaucoup des lamelles épidermiques, et ne consistent, leurs filaments surtout, qu'en petites écailles cornées de 0raia,5 à 0mm,6 de largeur- elles forment souvent une partie
MUQUEUSE LINGUALE, 397
centrale plus dense et une partie corticale composée de lamelles qui se recouvrent comme les tuiles d'un toit; si bien que l'ensemble représente assez bien un poil. La portion dermique des papilles filiformes est composée d'un tissu conjonctif très net , et d'une quantité très remarquable de fibrilles élastiques qui, sous la forme de filaments ondulcux de 0mm,0009 à 0mm,0018 de largeur, se retrouvent même, au nombre de dix à vingt, dans les papilles secondaires, et donnent à la papille entière une certaine . i rigidité , une certaine consistance dont les papilles muqueuses simples sont complètement dépourvues.
Dans chaque papille se ramifie une petite artère, qui fournit aux papilles simples une anse capillaire de 0mm,009 à 0mm,01 .de largeur, d'où naît ensuite une petite veinule.
La grande abondance de tissu élastique qu'on rencontre dans les papilles, rend très difficile l'étude de leurs nerfs : c'est en vain qu'on chercherait des nerfs dans les papillesseeondaires ; mais presque toujours les nerfs sont évidents à la base de la papille principale, du moins ; ils représentent un ou deux petits troncs formés de cinq à dix libres primitives foncées , de 0,u'u,005 à 0mm,007, de diamètre, et se dirigent vers le sommet des papilles en diminuant graduellement de largeur. Je n'ai pu constater exactement quel est leur mode de terminaison ; leur extrémité semble se trouver, non dans les papilles secondaires, mais k la base de ces dernières. Chez certains animaux, je crois avoir observé des anses nerveuses , chez le veau, par exemple, où chaque papille filiforme reçoit dix à douze fibres primitives de 0nim,005 à 0mm,()07 de largeur, mais qui s'amincissent au point de n'avoir plus que 0mm,002, et qui ne pénètrent pas non plus dans les papilles secondaires. D'après R. Wagner, les nerfs de ces papilles semblent se continuer avec des fibres pâles terminées par une extrémité libre (Gott. Nachr., avril 1853).
Les papilles fongiformes ont pour base une élevure du derme muqueux
Fig. 175. — Deux papilles filiformes de l'homme, dont une avec son épithélium. Grossissement de 35 diamètres. D'après Todd-Bowman. p, papilles elles-mêmes; av, vaisseau artériel et veineux d'une des papilles, et anses capillaires qui devraient pénétrer dans les papilles secondaires; e, revêtement Epithelial ; f, filaments épithéliaux.
Fig. 17!
en forme de massue, garnie à sa surface de papilles secondaires coniques , de 0'""\2 à 0mm,25 de longueur; elles sont recouvertes d'un épithélium simple, analogue à celui de la muqueuse buccale en général, et n'offrant
ni cellules cornées , ni prolongements filiformes ; l'épaisseur de cet épithélium , mesurée depuis le sommet des papilles secondaires, est de 0""",09 à 0""", I1. Cette espèce de papilles renferme beaucoup moins de tissu élastique que les papilles filiformes ; les papilles secondaires sont même complètement dépourvues de ce tissu. Mais on y trouve un réseau très distinct formé par des faisceaux de tissu conjonctif, qui ont 0""",005 à 0""",0()7 de largeur. Les vaisseaux des papilles fongiformes se comportent comme ceux des papilles filiformes, si ce n'est qu'ils sont beaucoup plus nombreux ; et pour ce qui est des nerfs, chaque papille fongiforme reçoit un ou deux ramuscules de 0,n"',09 à 0n,,n,18 de largeur, et plusieurs autres plus fins dont les ramifications pénicillées s'anastomosent fréquemment entre elles (voy. Zeitschr. f. iv. s'irradier enfin dans toutes les directions, et gagner les papilles secondaires et leurs corpuscules de Meissner (voy. § U\). Dans ce trajet , les tubes nerveux s'amincissent considérablement ; ceux qui, clans les petits troncs, avaient 0mm,00^i à 0""n,009, ou en moyenne, ()""", 007, n'ont plus , arrivés à la base des papilles, que 0n"",Q02 à 0"m',003 ; ils présentent également des divisions très évidentes. Je n'ai pu m'assurer de leur mode de terminaison ; dans quelques cas il m'a semblé voir des anses , d'autres fois j'ai cru apercevoir des extrémités libres : je n'oserais décider lequel de ces deux modes de terminaison est le véritable. En examinant des papilles fongiformes enlevées sur sa propre langue, Waller a trouvé, dans les papilles secondaires, des nerfs terminés par des filaments pâles et très fins ; Wagner croit avoir fait la même observation. Dans les papilles linguales de la grenouille, Waller a vu les nerfs se terminer par un bout libre : ce fait a été vérifié par Leydig, par Wagner et par moi.
Dans les papilles caliciformes, la papille centrale, qu'on peut considérer comme une papille fongiforme aplatie, est garnie à sa surface de petites papilles secondaires coniques très serrées et revêtues extérieurement d'un
Fig. 176. — A. Papille fongiforme, garnie de papilles simples ou secondaires, p (un des côtés a conservé son revêtement épithélial, e). Grossissement de 33 diamètres.
B. Papille fongiforme où l'on a marqué seulement le contour de l'épithélium , c, avec ses vaisseaux, a, artère; v, veine; d, anses capillaires des papilles secondaires; e, capillaires des papilles secondaires de la muqueuse qui entoure la base de la papille fongiforme. Grossissement de 18 diamètres. D'après Todd-Bowman.
ZooL, t. IV, pl. iv), pour
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épithélium uniformément épais , sans filaments spéciaux. L'anneau qui entoure cette papille centrale est une simple élevure du derme muqueux , et présente un épithélium lisse, recouvrant plusieurs séries de papilles secondaires coniques. Ces papilles sont généralement dépourvues de tissu élastique ; elles ont, du reste, la même structure que les papilles tbngiformes, si ce n'est qu'elles sont encore plus riches en nerfs. Chaque papille caliciforme contient, dans sa partie inférieure, plusieurs ramuseules nerveux de 0mm,l à 0mm,18 de diamètre, lesquels forment un peu plus haut un magnifique réseau, d'où partent, en rayonnant ~ une foule de nerfs destinés aux papilles secondaires. La distribution ultérieure de ces nerfs est la même que dans les papilles fongiformes ; mais déjà, dans les rameaux, les tubes nerveux ne dépassent pas 0mtn,007 en moyenne, et à la base des papilles ils n'ont plus que 0'1,m,002 à 0""",003. L'anneau des papilles caliciformes reçoit également de nombreux nerfs, qui se comportent tout à fait comme dans les papilles elles-mêmes.
Les vaisseaux lymphatiques forment, d'après Sappey (Anat., I, 2, p. 685), des réseaux très serrés dans la muqueuse linguale , celle de la face dorsale surtout ; ils entourent circulairement les papilles, et envoient même dans leur intérieur des ramuseules très fins qui constituent un réseau complet, plus superficiel que celui des vaisseaux sanguins. Les troncs de ces vaisseaux sont superficiels à la base de la langue et se dirigent en arrière, pour rejoindre les ganglions du cou; plus en avant, ils traversent les muscles de la langue , deviennent profonds et apparaissent à la face inférieure de l'organe, d'où ils gagnent également les ganglions du cou, les uns à travers le muscle hyo-glosse, les autres à travers le mylo-hyoïdien. (Voy. Bonamy et Beau, AtL, III, pl. 23, fig. 1-2.)
Les papilles de la langue présentent de nombreuses variétés, dont voici les plus importantes :
'1° Les papilles filiformes sont toutes allongées, et pourvues de prolongements épithéliaux très considérables . Ce qu'on appelle communément enduit gastrique de la langue dépend principalement d'une sorte d'hypertrophie des prolongements épithéliaux des papilles filiformes , prolongements inclinés tous en arrière et simulant une couche spéciale. Ces prolongements prennent-ils des dimensions encore plus considérables, de façon, par exemple, que les papilles filiformes mesurent 3 à 5 millimètres, il en résulte la langue hirsuta ou villeuse , qu'il n'est pas rare de rencontrer dans certaines maladies. Il est enfin des circonstances où les prolongements prennent un développement tel, que la langue semble garnie de poils de 9 à 13 millimètres de longueur.
Fig. 177. — Section d'une papille caliciforme de l'homme. A, papille véritable ; B, relief annulaire qui l'entoure; a, épithélium; c, papilles secondaires; bb^ nerfs des papilles et de l'anneau. Grossissement d'environ 10 diamètres.
2" Les papilles filiformes n'ont que de très petits prolongements épithéliaux , ou bien elles en sont privées complètement : c'est à peine alors si on les distingue des petites papilles fongiformes.
3" Les papilles filiformes ne forment point des saillies spéciales; elles sont complètement ensevelies dans l'épithélium de la face dorsale de la langue. On trouve des langues, notamment chez les gens âgés, qui, sans être recouvertes d'un enduit, présentent cependant une absence complète de papilles sur certains points ou sur la totalité de leur surface ; elles ont ou bien une surface complètement lisse , ou bien seulement quelques rares prolongements linéaires, correspondant aux séries normales des papilles. Il existe là un épithélium plus développé, et, dans la profondeur, de petites papilles de forme normale. Il n'en est pas de même des langues qui offrent une surface lisse, bien que les papilles aient leur développement ordinaire ; là, les papilles sont encroûtées d'épithélium hypertrophié, de mucus, de sang, de corpuscules, de pus, de cryptogames, enduit qui donne à la langue une surface complètement lisse ou bien sillonnée de crevasses.
4° Les prolongemen ts épithéliaux des papilles filiformes sont garnis de cryptogames. Il n'est pas de micrographe qui n'ait trouvé dans les enduits de la langue des corpuscules brunâtres, allongés (0mm,27 à 0mm,54 de longueur et 0Q1'U,09 à 0"'"% 1 8 de largeur), composés d'une partie centrale foncée et d'une substance corticale finement granulée (fig. 178). La partie centrale seulement de ces corpuscules est formée de
FlG. 178.
lamelles epitheliales cornées, mais susceptibles de s'isoler et de se gonfler sous l'influence de la potasse ou de la soude, surtout à chaud, ce qui prouve leur analogie avec les prolongements épithéliaux des papilles filiformes; lecorce granulée n'est autre chose que la matrice d'un cryptogame filiforme de 0mm,'10i de largeur, cryptogame que connaissait déjà Leeuwenhoek , qui est absolument le même que celui qu'on rencontre sur les dents [Leptothrix buccalis, Ch. Robin (voy. Robin, Végétaux parasites, fig. 3 45), et qui y pullule quelquefois en nombre infini. Sur le cadavre, on reconnaît facilement, même in situ, les cellules épithéliales garnies ou non de fils (fig. 179), et sur le vivant il suffit de racler la surface de la langue pour s'en procurer un nombre indéfini. Sur vingt ou trente jeunes gens bien
Fig. 178. — Amas de cellules épithéliales, a, coiffé de la matrice granulée des cryptogames, b, d'où naissent des cryptogames luxuriants, c. Grossissement de 350 diamètres. — Chez l'homme.
Fig. 179.
MUQUEUSE LINGUALE. ^01
portants, et dont la langue est nette et rouge, il s"en trouve à peine un chez qui les cellules épithéliales de la muqueuse linguale ne présentent point cette couche granuleuse. Plus l'enduit est marqué, plus cette couche granuleuse est abondante et les cryptogames fréquents. Ces derniers, il est vrai, se montrent rarement, 3 fois sur 30 cas, avec ^ , la netteté de ceux qui sont représentés dans la xsNv figure i 78 ; mais on les rencontre chez un tiers environ des individus dont les papilles filiformes s'écartent quelque peu de l'état normal.
Voici les déductions physiologiques qu'on peut tirer des faits anatomiques précédents. Les papilles filiformes ne sont ni des organes de la gustation, ni des instruments d'un tactexquis : leurépithélium épais et corné me semble peu susceptible d'être traversé par des liquides sapides, ou de transmettre des impressions quelconques aux rares filets nerveux qui atteignent la base seulement des papilles simples. Je regarde, avec Todd et Bowman, les papilles filiformes commes les analogues, au point de vue fonctionnel, des épines linguales des animaux , lesquelles ne sont autre chose que
des papilles filiformes modifiées : elles me paraissent destinées à maintenir sur la langue et à mouvoir les particules alimentaires, tandis que leur épithélium constitue, à mon avis, un revêtement protecteur pour cet organe. Les deux autres espèces de papilles sont préposées toutes deux à la gustation ; elles sont en outre le siège de la sensibilité ordinaire (percevant les impressions mécaniques, la température, etc.), deux fonctions auxquelles s'adaptent parfaitement leur épithélium mince et délicat, leurs papilles molles, leurs nerfs superficiels (dans les papilles secondaires) et nombreux. La sensibilité est la plus exquise là où les papilles fongiformes sont le plus serrées, c'est-à-dire à la pointe de la langue, qui, pour ce motif , fonctionne si admirablement comme organe du tact; peut-être est-ce aussi parce qu'un grand nombre de ses papilles renferment des corpuscules du tact. La sensibilité est plus obtuse à la base de la langue, où elle s'accompagne de la sensibilité spéciale. La sensibilité gustative est beaucoup plus fine à la racine de la langue que partout ailleurs, sans en excepter la pointe ; elle est aussi un peu différente. La raison de ce fait ne se trouve ni dans l' épithélium , ni dans la substance propre des papilles, qui est la même dans les papilles caliciformes et dans les papilles fongiformes ; peut-être pourrait-on songer à la chercher dans les nerfs. Dans les papilles caliciformes, en effet, les nerfs sont constamment plus fins et. plus abondants , non-seulement d'une manière absolue, mais encore relativement; d'où il suit qu'à égalité de surface ces papilles reçoivent plus de terminaisons nerveuses. Cette finesse des fibres nerveuses , liée à une moindre épaisseur de la gaîne médullaire et à une position plus superficielle du cylindre de l'axe, finesse que nous retrouvons dans toutes les terminaisons nerveuses des organes des sens, expliquerait peut-être pourquoi les substances sapides impressionnent ici plus profondément, et peuvent encore produire une sensation lorsqu'elles cessent d"être perçues par des éléments nerveux moins délicats. Si cette circonstance n'était pas suffisante pour rendre compte de la diversité du goût dans les deux espèces de papilles, il ne resterait plus qu'à en chercher l'explication dans le cerveau, ou bien à attribuer aux fibres nerveuses elles-mêmes des effets spéciaux, ce qui revient à avouer tout simplement notre ignorance. — Remak a découvert de petits ganglions microscopiques sur les terminaisons du nerf glosso-pharyngien dans la langue; plus récemment ces ganglions ont été étudiés de nouveau par moi (Miter., Anat.,
Fig. 179. — Papille filiforme dont les prolongements épithéliaux , ici très fins, sont entourés de la matrice des cryptogames, d'où sortent môme quelques fils.
/l02 HISTOLOGIE SPÉCIALE.
II, p. 32) et par Remak (Müll., Arch., 1852). Chez le mouton et. le veau, Remak a observé des ganglions analogues sur le trajet du nerf lingual, jusqu'au voisinage de la pointe de la langue ; mais ils étaient plus petits et plus rares que ceux du glosso-pharyngien. Il ne les a pas retrouvés sur les branches linguales de l'homme, mais seulement sur les ramuscules les plus déliés de l'intérieur de la langue, où ils étaient excessivement petits. Schiff. (Arch. für phys. Heilk., 4 853, p. 377) vient de confirmer l'existence de ces ganglions, et Remak s'est efforcé d'établir un rapport entre eux et les glandes linguales, et de les ranger, sous le rapport fonctionnel , à côté du ganglion lingual. Son -opinion paraît assez plausible ; je ferai remarquer cependant : 4° qu'il existe des ganglions non-seulement sur les branches, muqueuses des nerfs, mais aussi sur les branches papillaires, et dans des régions où il n'y a point de glandes (pointe) , et 2° que la région glandulaire elle-même de la base de la langue jouit de la sensibilité gustative. C'est pour ces motifs qu'il me semble impossible, de même qu'à Schiff, de nier toute relation entre les ganglions en question et la sensibilité de la langue.