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STRUCTURE DES GLANDES SALIV AIRES

un tissu dense et serré, composé de tissu conjonctif et d'une foule de réseaux étroits de fibres élastiques fines et moyennes. Ce n'est que dans le canal deWharton qu'on trouve, à grand'peine, en dehors de l'épithélium et de deux couches de fibres élastiques, transversales et longitudinales, une faible couche de fibres musculaires lisses, très difficiles à isoler, et munies de petits noyaux peu distincts, ayant de 0mm, 009 , à 0mm,01/i. de longueur, tout au plus 0mm,018. Ces fibres, dirigées dans le sens de la longueur, sont recouvertes par uue couche de tissu conjonctif mêlée de fibrilles élastiques.

Les vaisseaux sanguins des glandes salivaires sont très nombreux et n'ofrentrien de spécial. Leurs capillaires ont 0,nm,007 à 0""",009 de diamètre et forment des réseaux à larges mailles qui entourent les vésicules glandulaires ; il en résulte que chaque vésicule reçoit du sang de plusieurs côtés à la fois. Les canaux excréteurs eux-mêmes sont assez riches en vaisseaux. Il existe également des lymphatiques dans les glandes salivaires ; mais on connaît peu leur distribution dans l'intérieur de ces organes. Des filets nerveux émanés du plexus carotidien externe pénètrent dans les glandes salivaires en même temps que les vaisseaux ; en outre, le ganglion lingual (lingual et corde du tympan), fournit des rameaux aux glandes sous-maxillaire et sublinguale, le facial et probablement le nerf auriculaire antérieur, à la parotide. Quant à la distribution de ces nombreux nerfs, je ferai remarquer seulement qu'il est impossible de découvrir des tubes nerveux sur les plus petits lobules glandulaires, tandis qu'il est facile d'en constater sur les vaisseaux d'un certain calibre et sur les canaux excréteurs. Chez les animaux, les conduits de Rivinus, surtout, m'ont offert de nombreux réseaux nerveux, dont les fibres avaient 0mm.002 à 0mm,005 de largeur. Dans la parotide du cheval, Donders a trouvé des tubes nerveux opaques qui se bifurquaient et qui se terminaient par une extrémité libre (loc. cit. , fig. III).

Le liquide sécrété par les glandes salivaires à l'état normal ne renferme aucune particule solide ; mais on y rencontre accidentellement des cellules cylindriques, provenant des canaux excréteurs, ou quelques cellules à demi-détruites détachées de l'épithélium des vésicules. Ce liquide varie dans ses caractères physiques et chimiques suivant qu'il a été fourni par telle ou telle glande. La salive parotidienne est limpide et fluide ; de même que les vésicules de la parotide, elle ne contient point de mucus- Le produit de la glande sous-maxillaire, au contraire, est filant chez les animaux, et renferme du mucus ; ces caractères se retrouvent , d'après Bernard , dans les extraits aqueux préparés avec cette glande. Chez l'homme, on trouve ordinairement dans le canal de Wharton une espèce de mucus peu abondante, composée essentiellement de cylindres et de détritus de cellules épithéhales des vésicules glandulaires, et ne renfermant qu'une proportion très minime d'une substance coagulable par l'acide acétique, qui est peut-être du mucus. Lorsqu'on écrase les vésicules glandulaires , au contraire , on en retire le plus souvent une assez grande quantité de mucus , formant un coagulum filamenteux avec l'acide acétique ; il en est de même des cellules épithéhales qui tapissent ces vésicules. Le mucus est plus abondant encore dans les

vésicules de la glande sublinguale. ïl se rencontre aussi, le plus souvent, dans le canal de Bartholin ; quant aux conduits de Rivinus, ils sont remplis, chez l'homme et chez les animaux, d'un mucus amorphe, jaunâtre, visqueux, parfaitement coagulé par l'acide acétique, et qu'on retrouve également dans les conduits des petites glandes muqueuses, ainsi que dans leurs vésicules. Il suit de là que les glandes salivaires, à l'exception de la parotide, se rapprochent beaucoup des glandes muqueuses de la bouche ; tout au moins peut-on dire que la division de ces diverses glandes en deux groupes tout à fait distincts n'est rien moins que justifiée.

Ç*test ici le lieu de dire quelques mots sur les corpuscules salivaires ou muqueux des auteurs : ce sont des cellules arrondies, de 0"'m,01 de diamètre, munies d'un ou de plusieurs noyaux, et qu'on rencontre pour ainsi dire constamment, bien qu'en proportions variables, dans le liquide buccal. La plupart des auteurs les font dériver des glandes muqueuses ou salivaires ; mais c'est à tort , car l'examen de ces deux espèces de glandes et de leurs canaux excréteurs donne la preuve qu'elles ne sécrètent aucune particule solide. A mon avis , les corpuscules muqueux ne sont autre chose que des produits de la muqueuse buccale ; bien que constants, en quelque sorte, ils ne sont] nullement normaux; ils forment plutôt une variété des corpuscules inflammatoires ou purulents , avec lesquels , comme on sait , ils offrent la plus grande analogie de structure (voy. mon Anal. Micr., § 1 3:2). 11 est certain que ce ne sont pas des cellules épithéliaïes qui auraient subi un arrêt de développement, puisqu'on les rencontre dans des régions dont l'épithélium est tout à fait intact. Je n'entends pas dire par là que si, par une cause quelconque, il se forme sur la gencive, par exemple, de petites plaies où l'épithélium se trouve détruit, il ne puisse se développer là, comme sur toute plaie, des corpuscules muqueux ou inflammatoires, qu'on pourrait considérer ensuite comme dés cellules épithéliaïes arrêtées dans leur développement; je prétends seulement que, dans les circonstances normales, ce fait ne se produit point dans la cavité buccale.

Pour étudier la muqueuse buccale, il est indispensable de se procurer des coupes verticales de cette membrane fraîche, ou durcie dans l'alcool et desséchée ; sur ces coupes on voit très bien l'épithélium et les papilles; une solution très étendue de soude caustique rend ces éléments encore plus nets , et permet d'observer facilement les cellules les plus profondes, placées verticalement. Les papilles seront examinées avec avantage sur des lambeaux de muqueuse, qu'on a fait macérer dans l'eau, ou sur des coupes verticales ou horizontales de cette membrane traitée par la potasse caustique, en tant qu'il s'agit simplement d'étudier la disposition et la forme des papilles ; ce réactif détache rapidement l'épithélium. On s'y prendra de la même manière pour étudier les papilles de la langue, dont l'épithélium, d'ailleurs, est rarement intact, celui des papilles filiformes surtout. C'est encore la soude étendue qui permet de voir le mieux les nerfs de toutes ces parties; l'acide acétique peut aussi rendre quelques services dans certains cas. Une dissection minutieuse fournit déjà des résultats importants sur la disposition des muscles de la langue, surtout si Ton fait usage de langues qui ont longtemps séjourné dans l'alcool. On peut employer aussi dans ce but des langues fraîches, mais avec beaucoup moins d'avantage ; il faut, en général, les faire bouillir dans l'eau jusqu'à ce qu'elles soient bien ramollies. Pour obtenir des coupes minces, propres aux observations microscopiques, il faut se servir d'une langue desséchée on durcie dans l'alcool ou par 1 ebullition : ces coupes seront traitées ensuite par la soude, qui les rend transparentes, mais en attaquant quelque peu les fibres musculaires. Il est important d'examiner des coupes verticales , longitudinales et transversales ; on n'oubliera pas la région glandulaire de l'organe. Nous avons déjà indiqué se9 particularités les plus importantes qui se rattachent aux glandes.

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