ARTICLE IV. DES DENTS
§ iUi. Parties dont se composent les dents. — Les dents SOIlt des organes durs, implantés dans l'épaisseur des bords alvéolaires des mâchoires, qui, par leur texture , se rapprochent beaucoup des os , mais qui , d'après leur mode de développement, doivent être considérés comme des formations muqueuses.
Les dents présentent à considérer la dent proprement dite et ses parties molles. La première se divise en une portion libre, appelée couronne, et une portion cachée dans l'alvéole, ou la racine : celle-ci est unique ou multiple. Les diverses formes qu'affectent ces parties sont décrites dans les traités d'anatomie. Les dents sont creusées d'une cavité, appelée cavité dentaire, qui se prolonge, en forme de canal, dans les racines ( canal dentaire ), pour s'ouvrir à la pointe de ces dernières par un petit orifice ordinairement simple, rarement double (Hävers, Raschkow). Les parties molles comprennent : 1° la gencive (gingiva), membrane dense, formée par la réunion de la muqueuse et du périoste de la mâchoire, et qui circonscrit la moitié inférieure de la couronne ou le collet de la dent ; 2° le périoste alvéolaire, qui unit intimement la dent avec l'alvéole, et > enfin le germe dentaire (pulpa dentis), organe mou , riche en vaisseaux et en nerfs, qui remplit la cavité de la dent, et qui, franchissant l'orifice de la racine, vient adhérer au périoste alvéolaire.
La dent proprement dite (fig. 185) est composée de trois tissus bien distincts, qui sont : 1° l'ivoire, qui constitue la masse principale de la dent, dont il détermine la forme générale; TV émail, qui forme une couche
assez épaisse enveloppant la couronne , et 3° le cément, qui recouvre la face externe de la racine.
§ ikl. De rivoire. — V ivoire (substantia eburnea, ebur; dentine des Anglais) (fig. 185, d) est une substance d'un blanc jaunâtre, translucide ou même transparente quand on en examine une couche mince prise sur une
non usée par le frottement, il ne se montre nulle part à l'extérieur, attendu que l'émail recouvre la couronne et même le collet, tandis que le cément revêt toute la racine.
L'ivoire est formé d'une substance fondamentale et d'une foule de canalicules dentaires qui la traversent. La substance fondamentale, dans les dents fraîches, parait complètement homogène, même sur des tranches excessivement fines ; elle ne présente aucune trace de cellules , de fibres ou d'antres éléments dont elle serait composée. Sur des dents dépouillées de leurs sels calcaires, elle a une grande tendance à se diviser en grosses fibres parallèles aux canalicules ; ces fibres, à leur tour, peuvent être séparées en fibres plus fines, n'ayant que 0mm,005 à 0mn',007 de largeur. Mais déjà la forme irrégulière de ces fibres démontre qu'elles sont purement artificielles; en effet, leur production résulte tout simplement de cette circonstance que les canalicules sont très rapprochés les uns des autres et tous parallèles entre eux. La substance fondamentale se montre dans toutes les parties de l'ivoire, mais en proportions diverses ; elle est, en général, moins abondante dans la couronne que dans la racine, et vers la cavité dentaire que dans les portions extérieures qui touchent à l'émail et au cément.
Les canalicules dentaires (fig. 186, 187) sont des tubes microscopiques,
Fie. 185. — Dent molaire de l'homme, grossie environ 15 fois. 1, section longitudinale; 2, section transversale. a} émail; b, cavité dentaire; c, cément; d, ivoire et canalicules dentaires.
Fig. 185.