CELLULES HÉPATIQUES ET RÉSEAU DES CELLULES HÉPATIQUES
en effet, ne modifie point leur couleur, et les alcalis caustiques ne les dissolvent point.
Les cellules hépatiques sont tellement groupées dans les îlots du foie que, sans le secours d'aucune partie étrangère, sans substance conjonctive interposée et sans membranes d'enveloppe, elles forment un réseau, en s'appliquant les unes contre les autres par leurs faces aplaties (voy. fig. 225). Les séries simples ou ramifiées de cellules hépatiques qu'on trouve presque toujours sur les parcelles de ^..^-^ foie obtenues par le grattage ^ fe^'^^'^/l
ne sont rien autre chose que fl|jL^© w*Éi des fragments du réseau des cellules hépatiques, dont les éléments ne sont pas solidement adhérents. Envisagé dans son ensemble, le réseau des cellules hépatiques offre des mailles à peu près arrondies à la périphérie des ^^^^Py 4ÉiB^BPPS^C3iK îlots ; vers le centre, au con- ^^^^^r^^^r^^^^ß^^^ traire, la disposition est con- w stamment radiée, de telle IG" 22°'
sorte que sur des coupes qui divisent transversalement la veine centrale de l'îlot , on voit les séries de cellules hépatiques serrées les unes contre les autres, se dirigeant du centre dans tous les sens et se réunissant sur les côtés par de courtes anastomoses , d'où il résulte que les mailles qui composent les réseaux apparaissent comme des fentes étroites et allongées. Les trabéeules formées par l'association des cellules hépatiques comprennent tantôt une a trois séries de cellules, plus rarement trois à cinq; elles ont en moyenne 0 ,02 à 0rnm,033 de largeur (au maximum et au minimum, 0mm,04 ou 0mm,013); elles sont tantôt cylindriques, tantôt prismatiques , et cela sans régularité aucune , avec des surfaces bombées, planes ou même concaves par places, et avec des bords arrondis ou tranchants. Les mailles du réseau des cellules hépatiques correspondent au diamètre des capillaires et à celui des vaisseaux plus volumineux placés sur les limites des îlots ; ces mailles sont complètement remplies, durant la vie, par les vaisseaux; nous les étudierons plus loin avec plus de détails.
Nous ajouterons à ce qui précède que le parenchyme du foie ne contient aucune espèce de canaux qu'on puisse décrire comme les canalicules biliaires les plus fins. Il est vrai qu'on a admis assez généralement ces canaux jusqu'à présent, soit qu'on les ait considérés comme des espaces intercellulaires
Fig. ?2o. — Roseau de cellules hépatiques de l'homme, d'après nature. Grossissement de 350 diamètres, b, cellules groupées en réseau; a, conduits iuterlobulaires ; c, vides remplis par les vaisseaux.
qu'on a supposé exister entre les cellules hépatiques (Henle, Gerlach, Hyrtl, Natalis Guillot, Lereboullet), soit qu'on les ait envisagés comme formés par uue tunica propria remplie par les cellules hépatiques (Krukenberg, Schröder van der Kolk, Backer, Retzius, Theile, Weja, Cramer), ou par des séries de cellules hépatiques comme fusionnées et ouvertes les unes dans les autres (E.-H. Weber). Le parenchyme du foie est constitué par les réseaux solides des trabécules, formées de cellules hépatiques ; les espaces canaliformes circonscrits par ces réseaux n'existent réellement pas quand tout est en place (quand les vaisseaux sanguins les remplissent). J'ai émis cette opinion pour la première fois en 1852, en l'appuyant également sur des preuves physiologiques; mais, avant moi, Handtield Jones avait déjà décrit les lobules du foie comme composés de séries associées de cellules solides (voy. Mihrosk. Anat., II, 2). Si le parenchyme du foie est réellement constitué ainsi, la différence qui existe entre le foie et les autres glandes du corps saute aux yeux, et il se présente naturellement une question importante , celle de savoir comment le produit de sécrétion se trouve transporté hors des cellules, dans l'intérieur desquelles nous le croyons formé, et comment il est en définitive évacué. L'anatomiene donne à cet égard qu'une réponse insuffisante, car si l'on a pu suivre les ramifications des conduits hépatiques, en compagnie de la veine porte, jusqu'aux îlots du foie, on est dans le doute sur ce qui concerne les connexions des plus fines ramifications des conduits hépatiques avec le réseau des cellules hépatiques. Sans poursuivre ici les canaux biliaires dans leurs divisions et subdivisions (voy. § 165), je veux seulement faire remarquer que, sur des préparations microscopiques faites avec soin, on trouve parfois entre les îlots hépatiques des fragments des canaux biliaires les plus fins (ductus interlobulares deKiernan), et qu'on peut facilement se convaincre qu'ils sont constitués d'après le type accoutumé des canaux excréteurs. Les canaux les plus fins de ce genre que j'aie vus mesuraient 0"'m,02 de diamètre; ils possédaient une lumière très évidente de 0m,n,0072, et consistaient en une simple couche de cellules épithéliales pavimenteuses ordinaires, cellules qui se distinguaient très nettement des cellules hépatiques par leur plus petit volume (0mm,009 à 0""", 011), par leur contenu transparent et par la petitesse de leur noyau. Je n'ai point vu dans ces canaux, que j'ai souvent observés, dégaine fibreuse extérieure, peut-être parce que la préparation les en avait dépouillés : mais ils paraissaient pourvus çà et là d'une membrane propre, tout au moins étaient-ils très nettement délimités en dehors. Sur des canaux biliaires plus gros (de 0n,m,09 à Omm,ll) la gaine extérieure existait toujours et les cellules d'épithélium étaient déjà plus cylindriques, bien qu'incomplètement; elles avaient seulement 0mm,01 à 0mm.912 de largeur, et 0"'n\013 à Omm,015 de longueur. Quoique j'aie souvent dirigé mon attention sur ce point, je n'ai jamais pu apercevoir distinctement de connexion directe entre les canaux hépatiques les plus fins et les réseaux des cellules hépatiques, ce qui n'a rien d'étonnant, vu la grande finesse des parties. Il reste, par conséquent, dans l'anatomie microscopique du foie une lacune que des hypothèses ne combleront qu'incomplètement. Je suppose que les canalicules biliaires les