CELLULES HÉPATIQUES ET RÉSEAU DES CELLULES HÉPATIQUES
plus fins aboutissent directement par des extrémités ouvertes aux cloisons dés réseaux des cellules hépatiques, comme le montre la figure schématique 225 (page 475), de telle sorte que la lumière du canal se trouve bouchée par les cellules hépatiques, ou bien que les canaux biliaires, terminés eux-mêmes en cul-de-sac, s'appliquent simplement sur les cellules hépatiques. Je crois, au reste, que des connexions de ce genre se rencontrent assez rarement sur la périphérie des îlots hépatiques , ce qu'on peut conclure du petit nombre de rameaux fournis parles conduits biliaires les plus fins.
Quelle que soit la manière dont on se représente la liaison des réseaux de cellules hépatiques avec les canaux biliaires , on ne peut cependant révoquer en doute que cette liaison a lieu seulement à la surface des îlots du foie et non dans leur intérieur, et que par conséquent la bile qui se forme dans les îlots, doit passer de cellule en cellules pour arriver au dehors. Une semblable progression de liquides à travers des cellules fermées n'a absolument rien d'impossible ( la physiologie végétale le démontre surabondamment ) ; on conçoit seulement qu'elle ne s'accomplira pas avec la même promptitude que dans les points où les liquides circulent dans de véritables canaux. La bile n'étant pas simplement séparée du sang, mais réellement formée dans le foie (les expériences nouvelles tendent à le démontrer de plus en plus clairement), et représentant à coup sur le produit de sécrétion le plus complexe, on est porté à penser que la disposition spéciale du parenchyme hépatique est intimement liée à cette spécialité d'action. Le plasma du sang, traversant un grand nombre de cellules , et soumis à l'influence métabolique de chacune d'elles, avant d'atteindre les canaux de l'excrétion , doit subir des changements autres que s'il était simplement sécrété au travers d'une couche simple de cellules, ou que s'il n'avait à traverser que la tunique ou les tuniques amorphes des canalicules glandulaires. La lenteur dans la sécrétion qui résulte de cette disposition est compensée par l'élaboration plus complète du produit sécrété et par le volume de la glande.
Traitées par l'acide azotique, les cellules hépatiques se colorent en jaune verdâtre, ainsi que Backer l'avait déjà observé ; le sucre et l'acide sulfurique les colorent en rouge. En y ajoutant de l'eau, on fait naître dans les cellules un précipité abondant de granulations foncées, qui se dissolvent assez facilement et complètement dans l'acide acétique : les cellules deviennent alors plus ou moins pâles (souvent très pâles). Le même phénomène se produit quand on traite les cellules hépatiques par l'eau acidulée. Lorsqu'on soumet le foie à la coction , le parenchyme devient résistant , les cellules hépatiques paraissent confondues ensemble et granuleuses. Les dissolutions étendues des alcalis caustiques attaquent vivement les cellules hépatiques des animaux, et les dissolvent rapidement. Chez l'homme, ces cellules résistent un peu plus; elles se gonflent d'abord de manière à acquérir le double de leur volume primitif, puis elles deviennent tout à fait pâles et finissent enfin par disparaître. L'alcool et l ether rendent les cellules hépatiques plus petites et granuleuses ; il en est de même de l'acide sulfurique et de l'acide azotique. La conclusion de tous ces faits et de ceux que nous avons rapportés plus haut, c'est que les cellules hépatiques renferment une notable proportion de substances azotées , de matières colorantes biliaires, de graisse, et peut-être aussi des acides de la bile.
Les substances azotées sont de diverses sortes : c'est , en premier lieu, de l'albumine, qu'on rencontre également dans les extraits aqueux qu'on a faits avec le foie, et en second lieu une substance insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'acide acétique, et qui rappelle la matière analogue à la caséine signalée dans le sérum du sang par Panum {Archiv f. patholog. Anat., t. IV, 1).
L'existence de la matière colorante de la bile dans les cellules hépatiques est démontrée, moins par la coloration déterminée par l'acide azotique , car beaucoup d'autres cellules présentent cette particularité, que par la coloration naturelle de ces cellules et par la présence fréquente de la matière colorante biliaire sous forme insoluble. L'existence des acides biliaires ( acides cholique et choléique) dans les cellules hépatiques ne peut pas être démontrée directement, attendu que le sucre et l'acide sulfurique colorent aussi en rouge l'albumine et la graisse ; mais elle est vraisemblable. Il est certain, au contraire, que les cellules hépatiques contiennent de la graisse, alors même qu'elle échappe à l'observation microscopique, car l'analyse chimique du foie en donne la preuve. Il en est de même du sucre, dont Bernard a démontré la présence dans le foie , et dont le siège sera fixé non pas seulement dans le sang du foie, mais dans le parenchyme de l'organe, et par conséquent dans les cellules hépatiques.
L'ensemble des cellules hépatiques formant la masse presque entière du foie, je joins ici le résultat d'une des nombreuses analyses chimiques du foie, faites par Bibra (Chemische Fragmente über die Leber und Galle, Braunschweig, 1 849). Pour analyse on s'est servi du foie d'un jeune homme qui avait succombé à une mort violente :
I00 parties de la substance du foie renfermaient 3,99 de cendres, composées principalement de phosphates alcalins, de phosphate de chaux, d'un peu de silice et de fer, et de chlorure de sodium. La matière protéique insoluble est fournie par les noyaux et les membranes des cellules hépatiques, ainsi que par les substances contenues dans leur intérieur et précédemment signalées. L'albumine provient en partie du sang et certainement aussi des cellules. Dans les matières extractives Bibra n'a trouvé ni créatine ni créatinine. La matière colorante , rangée parmi les extractifs, n'a point donné les réactions de la matière colorante de la bile, d'où Bibra conclut que cette matière colorante n'est point contenue dans les cellules au même état que dans la bile elle-même. Je signalerai encore ici la réaction acide du parenchyme hépatique frais, réaction qui certainement est ici plus étonnante encore que dans la rate (voy. l'article Spleen de Kölliker, dans Todd's Cgclop. of Anatomy, p. 799). Bibra (/oc. cit., p. 33) a trouvé également que les extraits aqueux préparés avec le foie du bœuf offrent une réaction acide; il a démontré que cette réaction est due à la présence de l'acide lactique.
§ 165. Conduits excréteurs de la Mie. — Le canal hépatique et ses divisions accompagnent la veine porte et l'artère hépatique , de telle sorte que chaque rameau de la veine porte présente à ses côtés un canalicule biliaire et un petit rameau artériel ; et ces trois ordres de vaisseaux se trouvent entourés par une gaine commune de tissu eonjonctif dite capsule de Glisson. Les canaux hépatiques se ramifient chez l'homme, avec les divisions
Matière protéique insoluble dans l'eau .
Albumine
Matière donnant de la gélatine
Matières extractives
Graisse
Eau