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PHÉNOMÈNES QUI S* ACCOMPLISSENT DANS L'INTÉRIEUR DES CELLULES

nucléoles en forme de bâtons dans les cellules épidermiques du Cobitis barbatula[Zeitsckr . für wissensch. Zool., von Siebold und Kölliker, 1850, S. 2, Anm. I).

Schwann a donné Y interprétation suivante de l'accroissement de la cellule, et aussi de celui du noyau. Les molécules de la membrane de cellule agissent par attraction sur le liquide qui entoure la membrane, et de nouvelles particules viennent ainsi se déposer entre les premières. Lorsque le dépôt des molécules nouvelles a lieu dans la direction de la tangente de la membrane, la cellule augmente de dimensions; ce dépôt s'effectue-t-il dans la direction du rayon de la cellule, la membrane s'épaissit. Le noyau s'accroît moins que la cellule, parce qu'aussitôt que cette dernière est formée, il n'est plus en communication directe avec le cytoblastème concentré. L'accroissement dans tous les sens a lieu lorsque les molécules se déposent uniformément dans la membrane ; l'accroissement partiel s'opère lorsque celles-ci se portent préférablement en certains points, de manière à former là des accroissements plus considérables.

Cette théorie, lorsqu'on l'envisage sous le rapport de la formation des précipités en général et des cristaux, me paraît expliquer d'une manière satisfaisante les phénomènes de la croissance en tous sens, à la condition de conférer à la membrane de cellule la faculté de recevoir avec facilité dans son sein les molécules, et de les employer à son accroissement. Il ne peut en être autrement, car les noyaux, alors qu'ils sont libres, ne croissant jamais d'une manière notable, ni, en particulier, d'une manière partielle, montrent que le pouvoir de s'accroître n'est pas simplement lié à toute membrane organique, alors même que celles-ci ont à leur disposition des matériaux de formation suffisants ; il faut donc faire intervenir des conditions tout à fait spéciales, qui ne se trouvent réalisées que dans les membranes de cellules. Relativement à l'accroissement partiel, l'hypothèse de Schwann doit être un peu étendue. Les formes de croissance, dans lesquelles les cellules ne perdent rien de leur grandeur première, tandis qu'elles se développent plus spécialement en certains points, peuvent être expliquées d'après les vues de Schwann. 11 n'en est pas de même des cellules, qui, tandis qu'elles croissent en long, deviennent plus étroites ; ici il faut admettre que tandis que de la nouvelle matière s'accumule dans une direction, il se fait une résorption dans l'autre : ce phénomène ne peut être envisagé comme étant de l'ordre mécanique. 11 faut, en outre, remarquer encore que l'accroissement partiel peut trouver sa raison d'être, en ce que les emprunts de matière ont lieu pour certaines cellules seulement en des points déterminés, comme cela a lieu dans les cellules ligneuses des plantes, et il est possible que ce mode d'accroissement soit lié ainsi avec le s^ns de la direction des courants dans le contenu des cellules.

§ 15. Phénomènes qui s'accomplissent dans l'intérieur des cellules.

— Pour saisir clairement les phénomènes intérieurs des cellules, il serait nécessaire, avant tout, de posséder sur les propriétés chimiques du contenu

des cellules une connaissance plus approfondie que nous ne l'avons. Deux sortes de cellules seulement, l'œuf et les globules de sang, ont été soigneusement examinées (voyez à la fin du paragraphe, la remarque en petit-texte); mais ces cellules se comportent d'une manière toute particulière, et l'on peut à peine les considérer comme le type des cellules en général. Cette analyse peut cependant conduire à quelques conclusions sur les autres cellules; et en rapprochant ce que donne l'observation micro-chimique, il peut être permis de considérer le contenu des cellules en général comme une dissolution médiocrement concentrée de protéine avec des sels alcalins et terreux, et des particules dégraisse en dissolution ou en suspension. Beaucoup de cellules, cependant, s'écartent notablement de cette manière d'être (laquelle est ordinaire, et sans doute commune à toutes les cellules, du moins dans leur état de jeunesse), en ce sens que l'un des éléments que nous venons dénommer l'emporte de beaucoup sur l'autre, ou bien que de nouvelles matières interviennent. Ainsi, il y a des cellules avec beaucoup de protéine, comme les corpuscules ganglionnaires, ou avec beaucoup de graisse, comme les cellules adipeuses, les cellules des glandes sébacées, des glandes mammaires et autres ; d'autres, avec de l'hématine, du pigment, avec des éléments de la bile et de l'urine, avec du mucus (cellules epitheliales), avec du sérum (cellules adipeuses pathologiques, corpuscules du tissu conjonctif, cellules des os), etc.

Les phénomènes de la vie des cellules, dans leurs rapports avec leur contenu de composition variée, peuvent être désignés le plus convenablement sous les noms de : emprunt de matière, métamorphose de matière, restitution de matière. Ces phénomènes sont principalement sousl'empire des forces chimiques et physiques; ils peuvent être suivis aussi, en bonne partie, avec le microscope, et très souvent les changements de forme des cellules correspondent de point en point avec les mutations de leur contenu.

Pour ce qui concerne les emprunts de matière, on les observe, il est vrai, dans toutes les cellules, mais à un degré bien plus marqué dans celles qui, abstraction faite du noyau, n'ont dans le commencement aucun autre contenu. Dans ces cellules, la cause de la première pénétration de matière doit être attribuée, non pas à l'endosmose, mais comme Schwann l'avait déjà indiqué, à ce que les membranes formées par attraction de substance aux dépens du liquide qui les entoure se laissent, en vertu de leur porosité, pénétrer de matière vers leur intérieur. Il ne faut pas croire cependant que dans ce remplissage, les cellules laissent entrer purement et simplement toutes les substances qui s"e présentent ; les cellules, au contraire, offrent suivant le lieu et le moment, des attractions spéciales pour le cytoblastème, de telle sorte qu'elles écartent certains principes et en empruntent d'autres; la même chose a lieu pareillement aussi dans les emprunts de matière que font les cellules, lesquelles, dès lespremiers moments de leur formation, possèdent en elles un contenu . Ce qui prouve, par exemple, qu'il en est ainsi, c'est que chez les embryons, bien qu'il n'y ait pour toutes les cellules que des matériaux de formation uniforme, c'est-à-dire le plasma du sang, cependant

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