‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 15 sur 247 · PHÉNOMÈNES DE LA VIE DES CELLULES ACHEVÉES. — ACCROISSEMENT · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES DE LA VIE DES CELLULES ACHEVÉES. — ACCROISSEMENT

tement sur le noyau. Ce mode de formation comporte une explication physique et une explication chimique. On peut, avec Schwann, envisager le noyau comme attirant les molécules qui l'entourent, jusqu'à ce qu'elles forment autour de lui une certaine masse, laquelle se solidifie sous forme de membrane et s'écarte du noyau par les progrès de développement. Ou bien on peut supposer encore que le noyau détermine d'une manière quelconque des actions chimiques dont l'issue est la formation d'une membrane autour de lui. Ainsi, il se pourrait qu'il se forme dans l'intérieur du noyau une substance coagulable, qu'il excréterait ensuite à sa surface, ou qu'agissant sur les composés protéiques du cytoblastème à la manière de la présure sur la caséine, il coagule ce qui se trouve dans son voisinage, il se pourrait enfin que le noyau enlevant aux substances albumineuses leur alcali, il les rendit par là insolubles, ainsi que cela a lieu dans la formation des vésicules d'Ascherson. Jl n'est pas possible provisoirement de décider laquelle de ces diverses probabilités est la véritable ; toutefois, pour ce qui me concerne, j'aime mieux m'en tenir à la première supposition, et reconnaître l'existence d'une même force physique dans les divers modes déformation des cellules, Sans pénétrer plus avant dans cet obscur domaine , je répète encore une fois que je regarde comme inadmissible que les phénomènes physiques de la formation des cellules, qu'on peut désigner sous l'expression générale d'attraction moléculaire, je tiens, dis-je, pour inadmissible qu'ils soient semblables à ceux de la cristallisation. Dans les deux cas, il est vrai, des corps solides prennent naissance au sein de liquides et s'accroissent par attraction de molécules, mais dans la formation des cellules, des substances variées se groupent entre elles d'une manière déterminée, il ne se forme jamais de surfaces planes, et le phénomène est toujours limité, et de la même manière, à la formation de la membrane de cellule. Les substances organiques, et môme les substances histogéniques, étant capables de cristalliser, il n'est pas nécessaire de chercher l'origine de la formation des cellules dans Impropriété d' Imbibition, ou dans toute autre propriété des substances organiques. Ces propriétés, alors môme que les substances organiques ne cristalliseraient pas, ne suffiraient pas d'ailleurs à expliquer toutes les particularités connues des cellules, ni le pouvoir qu'elles ont de se partager et de se multiplier. La formation des cellules, comme aussi la formation des organismes, a son point de départ dans une combinaison particulière et encore inconnue des forces naturelles. Approfondir ce sujet est un problème histologique plein de difficultés. La science doit, dans ce but, fixer ses regards sur ce qu'on appelle les forces moléculaires des formes organiques, et avant tout diriger toute son attention sur les phénomènes électriques qui surviennent dans les cellules, aussi bien que dans les tubes nerveux et les fibres musculaires, leurs dérivés.

§ \h. Phénomènes de la vie des cellules achevées. — Accroissement.

— Les cellules une fois formées, surviennent en elles un certain nombre de fonctions. De même que pour l'organisme, ces fonctions se partagent en

animales vi végétatives. Les dernières concernent tout ce qui est relatif, d'une part, à la forme des cellules envisagées dans leur entier et dans leur contenu, et, d'autre part, à leur composition chimique; on peut les désigner sous les noms & accroissement et & échange de matières (1).

V accroissement se montre dans toutes les cellules, mais non au même degré dans toutes. Il se traduit, clairement et sans exception, dans les cellules qui se forment directement autour d'un noyau, en ce que la membrane, qui, dans le principe, est immédiatement appliquée sur lui, s'en éloigne de plus en plus. Les cellules, au contraire, qui se développent autour de portions de contenu ou de sphères enveloppantes, et qui, dès le principe, sont pourvues d'un contenu, ne s'accroissent souvent que d'une manière insignifiante. Le contenu des cellules, tout aussi bien que la membrane de cellule, participent l'un et l'autre à l'accroissement. Cependant, le caractère propre de l'accroissement, c'est de dépendre spécialement de la membrane de cellule. Le développement de cette membrane se montre sous deux formes, ou bien elle augmente en surface, ou bien elle augmente d'épaisseur. L'accroissement en surface a lieu très ordinairement en tous sens : exemple, les cellules qui croissent sans changer de forme, telles que l'œuf, beaucoup de cellules nerveuses, etc. Souvent , aussi, il a lieu dans des sens partiels, comme cela a lieu dans toutes les cellules qui s'éloignent de leur forme sphérique primitive ; alors les membranes de cellules croissent seulement sur un ou plusieurs points par addition de substance nouvelle. Vépaississement des membranes de cellules, avec ou sans extension en surface, peut être observé, quoique à un moindre degré, dans presque toutes les membranes de cellules Il est certain qu'elles deviennent toutes un peu plus solides avec l'âge, mais, dans beaucoup de cas, il est extrêmement difficile de décider si cet épak sissement doit être mis sur le compte de la croissance de la membrane elle-même, ou sur celui de matières déposées à sa surface externe.

Les noyaux et les nucléoles concourent aussi, jusqu'à un certain degré, à la croissance des cellules. L'accroissement en tous sens du noyau est très facile à constater dans toutes les cellules qui grossissent. L'accroissement partiel du noyau peut être observé dans quelques cellules, telles que celles des muscles lisses, les cellules formatrices des fibres élastiques, de l'épithélium vasculaire et autres ; accroissement à la suite duquel les noyaux prennent souvent la forme de petits bâtons étroits et allongés. H. Meckel [Müller s Archiv , 1846, tab. Il, fig. 26, 32, 33) a décrit dans les cellules glandulaires des invertébrés des tissus très ramifiés provenant de noyaux. Il n'est pas rare que les nucléoles croissent pareillement avec leurs cellules (globules ganglionnaires, œufs), mais ils ne prennent que rarement, excepté lorsqu'ils se partagent, une apparence différente de la forme sphérique. Leydig a vu des

(1) Le mot de nutrition osl celui qui se rapproche le plus de l'expression allemande Stoffwechsel; mais il ne rend qu'incomplètement l'idée; nous avons préféré la traduction littérale (échange de matière). D'ailleurs, il y a dans la langue allemande un mot (Ernährung) qui signifie exactement nutrilion. ( A'o/e du traducteur. )

Page 1