VAISSEAUX ET NERFS DE LA KATE
foncés, et se terminent probablement, d'après les observations de Ecker (loc. cit., p. !Zi9,fig. 10), en se divisant en plusieurs branches qui présentent une extrémité libre. Chez le veau, les nerfs ont 0,m",05 à 0""",06 sur des artères de 2 millimètres, 0mm,01 à 0mm,014 sur les penicilli arteriarum. Dans des filets nerveux de 0mm,025 à 0""",06, j'ai rencontré encore quelques tubes a contours foncés; le reste était formé d'un tissu fibreux parsemé de noyaux, tissu qui se montrait exclusivement dans les filets nerveux plus fins. Il n'est pas probable que là ce tissu ait la signification de fibres de Remak, comme dans les troncs. Bien plus, je le rangerais volontiers, avec Ecker, dans la catégorie du tissu nerveux embryonnaire, que d'autres régions nous ont fait largement connaître, et j'admettrais que les fibres à bords foncés qui composent les troncs se continuent avec des fibres pales, formant à elles seules ou presque seules les plus petits ramuscules nerveux, et terminées enfin en se ramifiant. Les troncs des nerfs spléniques du veau présentent, même avant leur entrée dans la rate et aussi dans la rate elle-même, de nombreuses bifurcations des tubes à bords foncés, larges et minces. Je n'ai point encore pu découvrir de semblables bifurcations chez l'homme.
Parmi les mammifères, il en est qui, sous le rapport des veines spléniques, ressemblent complètement à l'homme; d'autres, comme le cheval, le bœuf, le mouton, le cochon, s'en éloignent considérablement. Chez ces derniers animaux, on ne trouve une paroi vasculaire et une gaine spéciale que sur les premières portions des troncs veineux les plus considérables ; tandis que plus loin ces membranes ne sont distinctes que du côté de l'artère. Toutes les petites veines qui cheminent isolément (sans artère) ne présentent aucune trace de parois ; elles paraissent môme n'être que des canaux creusés dans la substance de la rate, car on voit autour d'elles une foule de trabécules anastomosées entreelles, et elles ne sont séparées les unes des autres que par de la substance splénique rouge qui, souvent, fait saillie dans leur intérieur. Néanmoins les veines ont constamment une surface parfaitement lisse et brillante, 'due à un revêtement que le microscope seul permet de reconnaître, et qui est formé de cellules épithéliales fusiformes, unies entre elles en forme de pavé, et mesurant 0mn,,0l à 0mm, 82 en diamètre. Cet épithélium correspond exactement à celui des grosses veines; mais ici il ne repose point sur une paroi distincte; il est appliqué immédiatement sur la substance de la rate, c'est-à-dire sur les trabécules et sur une pellicule très mince qui sert de limite à la pulpe déposée entre les trabécules. Dans ces circonstances, il peut certes être question de sinus veineux, d'autant plus que ces veines privées, pour ainsi dire, de parois, ont un calibre énorme et sont perforées d'une foule d'ouvertures par lesquelles des veinules s'y abouchent. Ces veinules peuvent être poursuivies assez loin avec des ciseaux ; mais il ne m'a pas été donné de me convaincre qu'elles se continuent avec le réseau capillaire qui procède des penicilli artériels ordinaires, bien que ce réseau soit très évident. Je crois même difficilement qu'on réussisse jamais à prouver cette continuité, car les veines les plus petites, qui ne sont limitées que par quelques trabécules, ou même, le plus souvent, uniquement par la pulpe splénique, sont tellement délicates, qu'elles se déchirent sous la moindre pression, et qu'il est impossible de les insuffler ou de les injecter ; elles ne peuvent même être observées au microscope : mais ce qu'on peut voir néanmoins, c'est qu'elles prennent en définitive des dimensions excessivement minimes, au point qu'il est impossible d'admettre qu'elles commencent par un élargissement. Pour moi, je suis d'avis que même ici les veines s'unissent aux capillaires a la manière ordinaire, avec cette différence seulement que les veines ne naissent du réseau capillaire qu'avec une seule membrane, l' épithélium, et qu'elles ont peut-être des connexions
un peu différentes avec la membrane amorphe des capillaires. Les petites séries de cellules épiihéliales arrondies qu'on trouve quelquefois en dilacérant le tissu de la rate appartiennent probablement à ces veinules très petites.
Tous les auteurs disent que les vaisseaux lymphatiques de la rate sont très nombreux chez les mammifères. Cette opinion est exacte pour ce qui est des vaisseaux superficiels, qui, chez le veau par exemple, sont très abondants dans le tissu conjonctif sous-séreux et anastomosés fréquemment entre eux. Les lymphatiques profonds, au contraire, m'ont paru très rares. Ainsi, je ne trouve dans le bile d'une rate de veau que quatre troncs lymphatiques d'un diamètre total de 0mm,38. Les lymphatiques superficiels et profonds semblent ici communiquer ensemble: car avec les petits rameaux artériels qui arrivent de la profondeur de la rate pour se distribuer dans les enveloppes, émergent également des vaisseaux lymphatiques très fins qui s'ouvrent dans les troncs superficiels et qui peut-être communiquent avec ceux qui sortent de la rate par le hile. Ces derniers, chez le bœuf, peuvent être suivis facilement dans une certaine étendue, assez loin pour donner Ja conviction qu'ils accompagnent les artères, non-seulement au commencement, mais encore dans tout leur trajet. Leur mode d'origine nous est inconnu : nous savons seulement que les corpuscules de Malpighi et les penicilti ne sont plus accompagnés de lymphatiques, comme le démontre l'observation microscopique. Les lymphatiques de la rate sont munis de valvules et ne présentent rien de spécial dans leur structure.
Les artères de la rate humaine ont des parois très musculeuses, expliquant parfaitement les augmentations et diminutions de volume de l'organe qui, comme Tont constaté un grand nombre d'observateurs, ont lieu cinq à six heures après le repas. Chez les animaux, il y a, outre ces éléments contractiles, ceux que j'ai découverts dans l'enveloppe et clans les trabécules de la rate. Ces derniers contribuent également aux changements de volume de la rate, et expliquent pourquoi les rates des animaux se contractent plus énergiquement sous l'influence du galvanisme que celle de l'homme, dont la contraction a été constatée dernièrement à Würzburg sur un supplicié (voyez Wiirzb. Verh., Y).
Tout récemment Hlasek a émis sur la structure de la rate des idées tout à fait particulières. Suivant cet auteur, la pulpe splénique n'existe point, à proprement parler, car elle se trouve clans- l'intérieur d'espaces veineux anastomosés, qui, tapissés d'un épithélium régulier, s'étendent à travers toute la rate dont ils forment la masse principale. Les autres parties de la rate, enveloppes, trabécules, artères, capillaires, nerfs, vésicules spléniques, lymphatiques, se trouvent en dehors de ces veines caverneuses et contribuent a la formation de leurs parois. Hlasek ne dit pas comment les capillaires se comportent par rapport à ces espaces veineux, qui, d'après lui, ?e continuent avec les origines des grosses veines. — Cette manière de voir ne peut manquer d'attirer l'attention et de trouver des partisans, car elle rend palpable le rôle de la pulpe dans la formation des corpuscules sanguins, et explique facilement la leucémie dans les cas d'hypertrophie de la rate. Elle me paraît cependant très inexacte. Rien n'est plus facile que de montrer que la pulpe n'est nullement renfermée dans des espaces tapissés d'un épithélium, car ces espaces louchent partout aux trabécules, aux corpuscules de Malpighi, aux artères, aux veines, aux capillaires et aux enveloppes de la raie, toutes parties qui sont dépourvues de revêtement epithelial . 11 résulte de là que la pulpe ne se trouve point contenue dans l'intérieur des vaisseaux sanguins, et n'est point, comme Hlasek doit l'admettre nécessairement, simplement un sang riche en cellules. Un autre fait vient à l'appui de ma manière de voir, c'est la forte réaction acide que présente la pulpe, tandis que le sang de la rate est alcalin comme ordinairement. Il est donc certain pour moi que la description de Hlasek est erronée; mais je ne prétends en aucune façon que nous connaissions d'une manière exacte et précise les rapports entre les capillaires et les veines, notamment chez les mammifères, et encore moins la disposition des espaces veineux caverneux, que je ne mets nullement en doute chez les ruminants, le cheval, etc . Si, par hasard, contrairement à ma conviction, la description que j'ai donnée du système
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^asculaire de la rate était démontrée inexacte, il faudrait alors admettre inévitablement que dans la rate les capillaires et tes origines des veines ne communiquent point ensemble directement, et se terminent librement dans la pulpe splénique, et que le sang traverse également cette pulpe où il nest pas contenu dans des voies déterminées, de même que le chyle traverse les alvéoles remplis de cellules et de capillaires que les recherches les plus récentes ont démontré exister dans les glandes lymphatiques. Une semblable disposition, que la physiologie et la pathologie ne repousseraient pas plus que la théorie de Hlasek, ferait, si elle était démontrée exacte, de la raie une glande casculaire sanguine dans l'acception la plus rigoureuse de ce mot; mais elle aurait, toujours contre elle la réaction acide de la pulpe splénique. Il est vrai qu'un esprit porté aux hypothèses ne verrait peut-être pas, dans cette réaction, un obstacle insurmontable; mais une autre circonstance viendrait encore contrarier cette théorie, c'est l'absence d'espaces veineux dans la rate de l'homme et d'une foule d'animaux où 1 union entre les artères et les veines a lieu, sans aucun doute, de la manière habituelle.
§ UU. Considérations physiologiques. — La rate, SC déàeloppè Vers la fin da second mois de la vie embryonnaire. Dans le mésogastre, prèâ du grand cul-dc-sac de l'estomac, se dépose un blastème qui provient du feuillet moyen du blastoderme, et qui est indépendant de l'estomac, du l'oie et du pancréas. Ce blastème forme d'abord un corpuscule blanchâtre, souvent un peu lobule; dans la neuvième ou dixième semaine il a ln,rn,5 de longueur et 0""n,9 de largeur. Peu à peu ce corpuscule rougit et devient aussi vasculaire que nous le voyons chez l'adulte. Les petites cellules arrondies qui, dans l'origine, composent toute la rate, se transforment en partie, vers le troisième mois, en vaisseaux et en fibres, tandis que les autres persistent comme parenchyme celluleux. Les corpuscules de Malpighi ne se montrent que plus tard ; ils existent tous, néanmoins, vers la fm de ïa période fœtale, mais ils sont notablement plus petits que dans la suite. Je ne saurais dire comment ils se forment; je présume qu'ils procèdent simplement d'amas celluleux, dont les éléments extérieurs se transforment en enveloppe de tissu conjonctif, tandis que les éléments centraux constituent le contenu, soit en persistant dans leur premier état, soit en se métamorphosant en vaisseaux.
Ce n'est pas ici le lieu de m' étendre sur les fonctions physiologiques de la rate; on consultera sur ce sujet les §§ 172, 173 et mon Anatomie microsco* pique, II, 2, p. 282 ; je dirai seulement que je considère la rate comme un organe dans le parenchyme duquel certains éléments constituants du sang sont épanchés en quantité notable, en plus grande abondance à certaines périodes, pour ff subir, sous l'influence des .éléments celluleux qui sont dans un travail incessant de formation et de dissolution, une rnétomorpkose principalement régressive, en partie aussi progressive, et pour être repris ensuite par le sang et les vaisseaux lymphatiques dans le but d'être définitivement éliminés de l'économie ou de servira d'autres usages, celui, surtout, de donner naissance aux globules blancs.
L'étude de la rate ne présente point de difficulté, a moins qu'on ne veuille examiner certains détails. La pulpe, les trabécules, l'enveloppe, les corpuscules de
Malpighi se montrent d'eux-mêmes. Ces derniers seront étudiés d'abord avec a\ anläge sur le cochon et le bœuf, où les enveloppes et le contenu se séparent aisément et où il est également très facile de voir les connexions des vaisseaux.. Si l'on veut voir des cellules remplies de corpuscules sanguins, il faudra éviter d'ajouter de l'eau. Les fibres musculaires sont très nettes dans les lines trabécules du bœuf, celles du cochon et du chien; la macération dans l'acide nitrique au cinquième sera utile dans ce genre d'exploration. Les artères et les capillaires de la rate s'injectent très facilement; c'est tout le contraire pour les veines ; celles de la rate humaine présentent le moins de difficultés. Les nerfs se rencontrent aisément sur les artères. Les lymphatiques seront étudiés sur la rate du bœuf.
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