VAISSEAUX ET NERFS DE LA HATE
Chacune des brandies principales de l'artère spîénique se divise, immédiatement après son entrée dans la rate, en une touffe de rameaux dont les plus gros gagnent le bord antérieur, les plus petits le bord postérieur de l'organe, sans s'anastomoser avec ceux des branches voisines. Lorsque ces rameaux n'ont plus que 0mm,5 à 0""",2, ils se séparent des veines, contenues jusque-là avec eux dans la même gaine, et émettent des ramuscules de Dn,m,02 à 0mm,05, dont nous avons déjà décrit les rapports avec les corpuscules de Malpighi. Ces ramuscules, qui souvent sont appliqués immédiatement sur la surface des corpuscules, mais qui, d'après mes observations, ne pénètrent jamais dans leur intérieur, contrairement à ce qui avait été admis autrefois par J. Müller, s'engagent ensuite dans la pulpe spîénique et se divisent immédiatement en un petit faisceau d'artérioles qu'on a appelé pmicilli (fig. 235) et dont les unes pénètrent dans les corpuscules de Malpighi (voyez ci-dessus, § 171), et dont les autres se résolvent en dehors des corpuscules en véritables capillaires de 0,n,n, 007 à 0mm,01 de largeur. Ces capillaires forment, tant autour des corpuscules que dans les autres points, un réseau qui s'étend dans toute l'épaisseur de la rate.
Pour ce qui est des veines, je dois m'élever avant tout contre l'hypothèse des espaces ou sinus veineux, décrits par les anatomistes anciens et même par quelques modernes. Les grosses veines qui cheminent avec les artères n'offrent absolument rien de particulier, abstraction faite de leur calibre. Toutes sont pourvues d'une membrane qui est facile à mettre en évidence, surtout du côté de l'artère, et qui s'amincit graduellement en même temps que la gaine des vaisseaux. Les orifices de petites veines qu'on a nommés stigmates de Malpighi, ne se rencontrent qu'en petit nombre dans les plus grosses de ces veines ; dans les petites, au contraire, ils sont très nombreux. A partir du point où les veines se séparent des artères, elles se comportent un peu différemment : ainsi, elles donnent naissance, sur tous les points de leur circonférence, à un grand nombre de veinules qui s'en détachent généralement à angle droit, d'où il résulte que leur paroi offre des places où elle paraît percée en crible ; dîme autre part, leurs tuniques se confondent avec la gaine des vaisseaux, si bien que les deux membranes réunies ne forment bientôt plus qu'une paroi très mince, mais dont il est toujours facile de démontrer l'existence, même sur les plus petits vaisseaux isolables par la dissection. Nulle part ces veines ne m'ont présenté de dilatations d'aucune espèce; je ferai remarquer seulement qu'elles se rétrécissent moins vite que les artères. Les connexions de ces veines avec le réseau capillaire sont les mêmes que dans tous les autres organes ; elles sont faciles à constater sur une rate bien conservée, celle d'un enfant en particulier, dans laquelle on aura poussé une injection veineuse. A ce niveau encore, il n'y a aucune trace de dilatation.
L'épùhélium des vaisseaux spléniques, des veines surtout, se détache facilement et plus ou moins rapidement après la mort ; il se montre alors à L'état de liberté dans la pulpe spîénique. Les cellules ne sont autre chose que les corps fusiformes (fig. 236) qu'autrefois j'avais eu quelque tendance à comparer aux
fibres-cellules musculaires; elles ont souvent un noyau pariétal; quelquefois elles sont enroulées sur elles-mêmes ; il n'est pas rare non plus de les trouver au milieu d'une vésicule qui, vraisemblablement, n'a pris naissance qu'après la mort. — Ce sont ces mêmes cellules que Führer vient de décrire comme des capillaires en voie de développement ! leur faisan! jouer un rôle dans des hypothèses singulières sur la fonction de l'hématose dans la rate.
Les vaisseaux lymphatiques sont relativement rares dans la rate humaine. Les lymphatiques superficiels , en très petit nombre , cheminent entre les deux enveloppes de la rate ; ils sont à peine distincts , si ce n'est sur des rates complètement saines et dans le voisinage du hiie. Les lymphatiques profonds se trouvent dans le bile ; ils sont en petit nombre également et d'un petit diamètre, et accompagnent les artères, mais seulement dans un court trajet. Les deux ordres de vaisseaux lymphatiques se réunissent dans le hiie, traversent quelques petites glandes lymphatiques qui se trouvent à ce niveau, et se confondent enfin en un tronc unique qui s'ouvre dans le canal thoracique à la hauteur de la onzième ou douzième vertèbre dorsale. Sur des rates malades on ne retrouve ordinairement aucune trace des lymphatiques superficiels.
Les nerfs de la rate sont composés d'un grand nombre de tubes minces, de quelques tubes larges et d'une quantité assez notable de fibres de Remak; ils proviennent du plexus splénique, formé par deux ou trois troncs qui enlacent l'artère splénique et se continuent dans l'intérieur de l'organe, en fournissant à chaque rameau artériel une ou deux branches anastomosées çà et là entre elles. Chez le mouton et le bœuf, ces nerfs spléniques ont des proportions vraiment colossales ; leur réunion donne un volume qui n'est point inférieur à celui des parois de l'artère splénique, ce qui est dû surtout à l'énorme quantité de fibres de Remak qu'elles renferment. Chez les animaux, les nerfs delà rate, qui ne portent point de ganglions, peuvent être poursuivis avec le scalpel assez avant dans l'intérieur de l'organe, beaucoup plus loin que chez l'homme; en m'aidant du microscope, j'ai pu souvent les reconnaître encore sur les petites artérioles qui portent les corpuscules de Malpighi. Quant à leur mode de terminaison, je puis dire seulement que les nerfs se rendent dans la pulpe splénique, et qu'on peut les distinguer sur les pinceaux artériels ; là ils sont devenus d'une ténuité comparable à celle des plus fins capillaires; ils ne contiennent plus de tubes à contours
i ig, 236. — Cellules épithéliales des veines spléniques de l'homme.
A. Cellules libres.
B. Cellule incluse dans une vésicule. Grossissement de 35Q diamètres»
Fig. 236.