DES POUMONS
§ 176. structure générale des poumons. — Les poumons ressemblent exactement, quant à l'a structure, à une glande en grappe composée ; les lobes, lobules et vésicules pulmonaires représentent le parenchyme glandulaire proprement dit, tandis que les brandies, la trachée et le larynx figurent les organes excréteurs. Les particularités qui établissent une différence entre le poumon et les glandes ordinaires, c'est que le poumon est le siège d'un double phénomène, d'une sécrétion et d'une absorption de matériaux, qu'il agit sur toute la masse sanguine, que ses cavités sont plus spacieuses, et, en raison de leur contenu spécial, ont dû avoir une structure spéciale, solide bien qu'élastique.
§ 177. Larynx. — Le larynx est la partie la plus complexe des voies aériennes; il est formé: 1° d'une charpente solide, les cartilages du larynx avec leurs ligaments; 2° d'un grand nombre de petits muscles qui s'y insèrent ; 3° enfin, d'une membrane muqueuse, très riche en glandes, qui tapisse sa face interne.
Les cartilages du larynx n'ont pas tous la même structure: les uns sont formés de tissu cartilagineux ordinaire; d'autres, de tissu fibrocartilagineux ; d'autres, enfin, de tissu cartilagineux réticulé ou jaune. Dans la première catégorie, il faut ranger les cartilages thyroïde, cricoïde et aryténoïde. Ces cartilages se composent d'une substance fondamentale homogène, hyaline, clans laquelle sont disséminées des capsules de cartilage (fig. 2f 8) ; parmi les cartilages vrais, ceux des côtes sont ceux dont ils se rapprochent le plus : ils présentent, en dehors, des cellules aplaties, au-dessous desquelles se voit une couche blanchâtre formée d'une substance fondamentale fibroïde et de grosses cellules mères très nombreuses; à la partie interne, enfin, la substance fondamentale est très abondante et renferme de petites cavités disposées en séries rayonnantes. La capsule des cellules est très épaisse et la cellule qu'elle enveloppe renferme le plus souvent une grosse goutte de graisse. Fréquemment les cellules et la substance fondamentale des cartilages du larynx s incrustent de petits grumeaux calcaires ; mais on y trouve aussi de véritables ossifications, qui s'accompagnent toujours d'un développement de grandes cavités remplies d'une moelle gélatineuse, riche en vaisseaux. — Vepiglotte, les cartilages de Santorini et de Wrisberg sont constitués par du cartilage jaune ou réticulé (voyez § 26, fig. 23); il en est de même, d'après Rheiner, de la corne antérieure ou vocale des cartilages aryténoïdes, et quelquefois de leur pointe. Ces cartilages présentent des fibres foncées, très serrées et comme feutrées, qui sont beaucoup plus fortes chez certains animaux (chez le bœuf, par exemple) que chez l'homme; au milieu de ces fibres se rencontrent de grosses capsules
de cartilage transparentes, de 0mm,02 à 0mm,05 de diamètre, dans lesquelles fïenle a vu, sur un sujet, des dépôts concentriques disposés de telle façon que le reste de la cavité cellulaire ressemblait à une cellule osseuse simple avec quelques prolongements (Anat. génér., pl. V, fig. 8). Le cartilage corniculé est formé de tissu conjonctif et de cellules de cartilage disséminées dans son intérieur, c'est-à-dire de fibro- cartilage ordinaire; quelquefois cependant il est constitué par du tissu cartilagineux hyalin (Rheiner, Segond).
Les ligaments crico-thyroïdien moyen et thyro-aryténoïdien inférieur ont une couleur jaunâtre et sont formés principalement de tissu élastique ; d'autres ligaments du larynx, tels que les ligaments thyro-aryténoïdien supérieur, hyoet thyro-épiglottiquc, la membrane hyo-thyroidienne, sont remarquables au moins par la grande quantité de fibres élastiques qu'ils renferment. Les libres élastiques des ligaments du larynx sont de l'espèce la plus One; elles ne dépassent guère 0mm,002 de largeur, et forment, par leur union, un réseau élastique très dense, dans lequel on trouve toujours du tissu conjonctif mélangé, même dans les points où le tissu élastique parait le plus pur. Les muscles du larynx sont tous des muscles striés, qui ont la même structure que ceux du tronc; leurs fibres primitives ont ûmm,036 à 0""n,05 de largeur. Ces muscles naissent des cartilages du larynx et se fixent soit sur un autre cartilage, soit sur un ligament élastique ; ce dernier fait se rencontre pour le muscle thyro-aryténoïdien, qui se perd en grande partie sur la face externe concave des cordes vocales.
La muqueuse du larynx est un prolongement de celle de la bouche et du pharynx; elle est lisse, d'un blanc rougeàtre, et unie aux parties sousjacentes par un tissu sous-muqueux très abondant sur certains points. Elle est dépourvue de papilles, et garnie d'un épithélium vibratile, excepté au niveau de l'orifice supérieur du larynx. Ses parties profondes surtout sont riches en fibres élastiques; mais la couche la plus interne, qui a ()"lm,07 à 0mm,09 d'épaisseur, est composée principalement de tissu conjonctif, et se confond, vers la face libre delà muqueuse,avec la couche homogène, d'environ 0""n,009 d'épaisseur, qu'il est impossible d'isoler. U épithélium vibratile commence à se montrer, chez l'adulte, sur la base de l'épiglotte et sur les cordes vocales supérieures, à 5 ou 7 millimètres au-dessous de l'orifice supérieur «lu larynx, d'après Rheiner. 11 forme plusieurs couches (fig. 237) qui ont une épaisseur totale de 0n,m,06 à 0min,09, et tapisse tout l'intérieur du larynx ; il faut en excepter cependant les cordes vocales, qui, d'après les recherches de H. Rheiner, dont j'ai pu vérifier l'exactitude, présentent un épithélium pavimenteux stratifié; cet épithélium forme également, sur les cartilages aryténoïdes, une bande étroite qui s'étend jusqu'au pharynx. Les cellules d3 épithélium cylindrique vibratile ont, en moyenne, 0,nn,,032 àOn,m,05 de longueur et 0m"\005/i à 0mm,009 de largeur; elles présentent un noyau oblong de 0mm,007 à 0mm,009 de longueur, avec quelques granulations graisseuses. Elles se terminent, en général, par une pointe très aiguë, quelquefois même par un filament très mince, dont la longueur peut être telle que l'ensemble