LARYNX
de la cellule mesure On,m,05 à 0min,056. Les cils vibrât îles sont des prolongements très fins, transparents et mous, delà membrane des cellules; leur longueur est de 0mm, 0036 à 0mw,OQ45 ; ils ont une base un peu élargie et se terminent en pointe. Ils sont en général très serrés les uns contre les autres, sur toute la face libre des cellules; d'après Valentin, il y en aurait en moyenne de dix à vingt-deux sur chaque cellule, évaluation qui me semble
au-dessous de la vérité. Rarement les cils sont peu nombreux ; on prétend cependant n'en avoir trouvé, dans quelques cas, qu'un ou deux pour chaque cellule. On évitera de prendre pour un eil unique plusieurs cils accolés entre eux, comme cela se voit fréquemment chez les embryons. — Les caractères chimiques de l'épithélium vibratile ne diffèrent en rien de ceux de l'épithélium cylindrique; l'eau produit sur ses éléments le même effet, en écartant la membrane de son contenu. Les cils sont encore plus délicats que la membrane de cellule; ils tombent très rapidement, et sont modifiés ou détruits par la plupart des réactifs; mais ils se conservent assez bien dans l'acide chromique. Virchow a découvert que les cils vibratiles dont les mouvements ont cessé reprennent une activité énergique, mais passagère, sous l'influence de la soude ou de la potasse étendues. Chez l'homme, le sens du mouvement vibratile dans la trachée est de bas en haut; ce mouvement persiste quelquefois cinquante-deux et même cinquante-six ou soixante-dix-huit heures après la mort (Biermer, Gosselin). Rien n'annonce une desquamation normale de l'épithélium du larynx. A la vérité, il n'est pas rare de voir quelques cellules vibratiles, détachées de la muqueuse, être expulsées avec le mucus bronchique ; mais jamais on n'ob-
Fig. 23". — Épithélium vibratile de la trachée humaine. Grossissement de 350 diamètres.
A. Épithélium in situ, a, portion interne des fibres élastiques longitudinales; b, couche superficielle homogène de la muqueuse; c, cellules les plus profondes, qui sont arrondies: d, cellules moyennes, un peu allongées; e, cellules extérieures, garnies de cils vibratiles.
B. Cellules isolées des diverses couches.
Fig. 237
serve une élimination considérable de cellules. Même dans les maladies des voies respiratoires, la desquamation de l'épithélium est loin d'être un phénomène aussi fréquent que le croient quelques auteurs; car souvent, aitdessous du mucus puriforme ou même des fausses membranes diphthéritiques, il est possible de retrouver l'épithélium plus ou moins intact. Il est probable que le mode de reproduction des cellules éliminées est le suivant (voyez § 11) : les cellules les plus profondes se multiplient, par scission sans doute, et celles d'entre elles qui sont devenues superficielles se regarnissent de cils.
La muqueuse laryngée contient, dans son épaisseur, une quantité notable de glandules qui, toutes, appartiennent à la catégorie des glandes en grappe, de même que celles de la bouche, du pharynx, etc. ; ces glandules ont des vésicules glandulaires arrondies, de 0mm,07 à 0,nn',09 de diamètre, tapissées d'un épithélium pavimenteux, et des conduits excréteurs munis d'un épithélium cylindrique. De ces glandules, les unes sont disséminées à la face postérieure de l'épiglotte, où elles forment des corpuscules de 0mm,2 à 1 millimètre de diamètre; souvent elles sont enfouies dans des excavations creusées dans la substance cartilagineuse; d'autres occupent la cavité laryngienne, où il est facile de distinguer leurs ouvertures, même à l'œil nu ; d'autres, enfin, réunies en grand nombre, sont situées à l'entrée du larynx, au devant des cartilages aryténoïdes, formant une espèce de L dont une des branches est horizontale et enveloppe le cartilage de Wrisberg, souvent très atrophié, et dont l'autre est verticale et s'enfonce dans la cavité du larynx [glandules ar y té noidiennes latérales). On trouve également des glandules sur le muscle aryténoïdien transverse ; un autre groupe, assez considérable, de ces glandules se montre à la face externe du ventricule de Morgagni, en arrière et au-dessus des ligaments thyro-aryténoïdien supérieurs. Ces glandules sécrètent, comme celles de la cavité buccale, un liquide muqueux qui ne renferme aucun élément organisé.
Le larynx reçoit de nombreux vaisseaux et nerfs. Les vaisseaux y affectent la même disposition que dans le pharynx et se terminent par un réseau superficiel, formé par des capillaires de 0mn\007 à 0nim,009 de largeur. Les lymphatiques sont très nombreux et aboutissent aux ganglions cervicaux profonds. Quant aux nerfs du larynx, les recherches de Bidder-Volkmann nous ont appris que le nerf laryngé supérieur, affecté plus spécialement à la sensibilité , se compose surtout de tubes minces, tandis que le nerf laryngé inférieur, qui est principalement moteur, est formé en grande partie de tubes larges. Ce nerfs se terminent dans les muscles, clans le périchondre, et surtout dans la muqueuse ; le mode de terminaison dans cette dernière est le même que dans la muqueuse pharyngienne (voyez p. kk%) ; on trouve de petits ganglions microscopiques sur les minuscules qui vont à l'épiglotte.
Dans les affections catarrhales, les glandules du larynx, et des voies aériennes en général, sont altérées ; leurs vésicules mesurent alors jusqu'à 0n,m,1 8 et même 0mm,32
DE LA TRACHEE.
en diamètre, et se montrent remplies de petites cellules arrondies, comparables aux corpuscules muqueux qui se développent à la surface des muqueuses.
§ 178. lîc fia trachée. — La trachée et ses branches sont unies aux parties voisines par du tissu conjonctif mélangé de fibres élastiques ; elles sont entourées d'un tissu fibreux et élastique serré, qui unit entre eux les anneaux cartilagineux auxquels il sert de péricliondre, et qui s'amincit un peu en arrière, pour revêtir la paroi postérieure et membraneuse de ces canaux. A cette couche succèdent , en avant et sur les côtés, les cartilages, en arrière une couche de fibres musculaires lisses. Les cartilages ont une épaisseur de -| à 1 millimètre ; ils sont les analogues des cartilages du larynx , mais n'ont aucune tendance à s'ossifier. Les muscles, au contraire, cessent de présenter des stries transversales à partir de la trachée; ils forment, sur la paroi postérieure des canaux exclusivement, une couche de fibres transversales qui a 0mm,7 d'épaisseur ; à la face externe de cette couche on trouve quelques faisceaux longitudinaux ; les éléments de ces muscles ont 0mm,07 de longueur et 0mm,005 de largeur, et naissent par de petits tendons élastiques très nets tant de la face interne des extrémités des anneaux cartilagineux que de la tunique fibreuse externe (voyez mon Anat. micr., II , 2, fig. 277).
Eu dedans des cartilages et des muscles , qui ne forment, en quelque sorte, qu'une seule et même couche, on rencontre une couche de tissu conjonctif ordinaire, d'environ 0""",27 d'épaisseur, puis la muqueuse proprement dite. Cette dernière se compose de deux couches, d'une couche externe de tissu conjonctif, de 0'nm,27 d'épaisseur, et d'une couche interne, jaune, élastique, qui a 0m,n,19 à 0""",2 d'épaisseur. Les fibres élastiques qui composent presque exclusivement cette seconde couche ont jusqu'à 0mm, 0032 de largeur; elles sont dirigées longitudinalement, s'anastomosent pour former des réseaux, et constituent parfois, à la paroi postérieure surtout, des faisceaux aplatis, volumineux, proéminents, qui se réunissent fréquemment à angle aigu. La portion la plus interne de la couche élastique, surtout en arrière, est
Fig. 238. — Section perpendiculaire à travers la paroi antérieure de la trachée de l'homme. Grossissement de 45 diamètres, a, tunique fibreuse ; bed, cartilages; b, couche externe à cellules plates; d, couche interne à cellules allongées; c, tissu conjonctif sousmuqueux; //portion de glande muqueuse; g, couche de fibres élastiques longitudinales;
épithéliurn, dont on ne voit point les cils vibratiles ; «, orifice d'une glandule.
souvent formée, dans une épaisseur de 0""",05 à G""11, 07 , de tissu eonjonetif et de fibrilles élastiques comme dans le larynx ; elle peut être séparée en forme de pellicule très mince de la couche élastique; à sa partie interne il existe toujours une couche homogène d e 0,mn,01 d'épaisseur. V épithélium vibratile repose sur cette couche homogène ; il est stratifié et ne diffère nullement de celui du larynx. — On trouve dans la muqueuse un grand nombre de glandules, dont les unes, plus petites, de ()mm,2 à 0mm,5 de diamètre, se rencontrent surtout sur la paroi antérieure, et siègent dans l'épaisseur de la muqueuse, immédiatement en dehors de la couche élastique; les autres, plus grosses, ont 0mm,5 à 2 millimètres de diamètre, et se voient particulièrement sur la paroi postérieure en dehors des muscles et de la muqueuse, ou entre les cartilages. Ces dernières ne diffèrent point, quant a leur structure, des glandules du larynx, et présentent, dans leurs vésicules, un épithélium pa\imenteux ordinaire ; les plus petites, au contraire, qui occupent l'épaisseur de la muqueuse, ont des parois épaisses de 0mm,(H& à ()mm,02, formées presque entièrement par un épithélium cylindrique, et des vésicules allongées, de 0m"\005 à 0mm,07 de largeur, circonscrivant une cavité très étroite; quelques-unes sont de simples culs-de-sac, et présentent tout au plus une bifurcation.
Les vaisseaux sanguins de la trachée sont fort nombreux ; ceux de la muqueuse présentent cette particularité que les grosses branches se dirigent principalement dans le sens de la longueur, tandis que le réseau capillaire superficiel, qui se trouve souvent au-dessus des éléments élastiques, immédiatement au-dessous de la couche homogène, est formé de mailles polygonales. De nombreux lymphatiques se rencontrent dans la trachée; leurs origines sont peu connues ; celles que j'ai décrites précédemment (Mikr. Anat., il, 2, p. 307) n'étaient peut-être que des vaisseaux sanguins modifiés d'une manière spéciale (voyez mon Anat. micr.. Il, 2, p. 526). Les nerfs de la trachée sont également très abondants; ils se comportent comme ceux du larynx.
§ 179. »es poumons. — Les poumons sont deux grosses glandes en grappe composées, dans lesquelles ont doit distinguer : 1° une enveloppe séreuse spéciale, la plèvre ; 2° un parenchyme sécréteur, formé par les ramifications des bronches et leurs terminaisons, les vésicules pulmonaires, avec une grande quantité de vaisseaux et de nerfs ; 3° un tissu interstitiel qui sépare les différents éléments du poumon, en même temps qu'il les réunit en lobules de divers ordres.
Les plèvres ont la même structure que le péritoine; comme lui elles présentent un feuillet externe plus épais que l'interne, et se composent d'un tissu eonjonetif riche en éléments élastiques plus ou moins fins, et d'un épithélium pavimenteux. A ces deux parties se joint, sur les parois thoraciques et sur la face externe du péricarde, une lamelle nettement fibreuse. Les vaisseaux de la plèvre sont bien évidents dans son feuillet viscéral ; ils proviennent des artères bronchiques et pulmonaires, et se distribuent dans le