STRUCTURE INTIME DE LA GLANDE THYROÏDE
des aspects si divers, qu'il est très difficile de déterminer quel est l'état normal. Mes observations sur l'homme et sur les animaux m'ont donné la conviction qu'elles se composent, de même que les vésicules des glandes véritables, des glandes muqueuses,
nues; 'elles ont 0mm,009 à 0mm,014
,V , ' , , , ' Fîg. 243.
de diamètre , et présentent un
noyau simple et un contenu transparent, visqueux, tirant légèrement sur le jaune, et dans lequel l'alcool, l'acide nitrique et la chaleur décèlent une grande proportion d'albumine. Tel est le contenu qu'on trouve à l'état normal dans la thyroïde de l'homme , particulièrement chez les enfants. Mais quand l'organe est un peu altéré, on observe quelques différences; très souvent on ne trouve, au lieu d'un épithélium régulier, qu'un liquide dans lequel nagent des granulations plus ou moins claires et des noyaux libres. Je ne saurais dire si cet état particulier du contenu ne résulte point d'un phénomène plutôt cadavérique que pathologique ; il est si fréquent, en effet, de rencontrer dans le liquide granuleux un nombre plus ou moins considérable de cellules identiques avec celles qui constituent ailleurs l'épithélium, un peu plus pâles seulement, ou ayant subi un commencement de dissolution, qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit là simplement d'une de ces décompositions si fréquentes après la mort. D'un autre côté, le caractère pathologique du produit connu sous le nom de tissu colloïde, et qu'on trouve si fréquemment dans la glande thyroïde, ne saurait inspirer le moindre doute, bien qu'on le rencontre si souvent, que quelques auteurs l'ont rangé parmi les éléments normaux. ïl se développe, dans ces cas, dans les vésicules glandulaires, qui en même temps s'élargissent notablement, une substance particulière appelée substance colloïde, qu'on rencontre d'ailleurs dans une foule d'autres tissus ; cette substance est transparente, amorphe, jaunâtre, molle, et remplit plus ou moins les vésicules. A un faible degré de l'altération, les vésicules sont peu agrandies; elles ne dépassent point 0mm,1 ; sur une coupe elles se présentent sous la forme de
par exemple , d'une membrane propre, à' un épithélium et d'un contenu fluide. La membrane propre, complètement homogène, est fine et transparente; elle a 0mm,001.S d'épaisseur et devient plus évidente , comme celle des autres glandes, sous l'influence des alcalis caustiques, qui la gonflent. A sa face interne se trouve une simple couche de cellules épithéliales polygonales, claires, finement gre-
Fig. 2i3. — Quelques vésicules glandulaires de la thyroïde d'un enfant. Grossissement de 250 diamètres, a, tissu conjonctif intermédiaire aux vésicules; b, membrane des vésicules glanduleuses ; c, épithélium.
taches ou de granulations transparentes et jaunâtres que Ecker a comparées très heureusement à des grains de sagou cuits ; leur structure, du reste, n'est point altérée. A un degré plus avancé, les vésicules pleines de matière
colloïde se transforment en kystes de 0mm,2 à 0mni,5 de diamètre , dans lesquels on trouve rarement un épithélium distinct; on n'y rencontre plus, outre le produit pathologique, que des cellules granulées ou remplies de matière colloïde et des noyaux. Ces kystes étouffent le stroma, qui se résorbe peu à peu ; ils deviennent alors confluents, et forment de grandes cavités anfractueuses dont le contenu subit diverses métamorphoses et dans lequel s'épanchent des liquides très variés. — Les glandes thyroïdes dont les vésicules sont distendues par la matière colloïde, se rencontrent aussi parfois chez les mammifères et les oiseaux.
Les vaisseaux sanguins de la glande thyroïde sont, comme on sait, extrêmement nombreux; leur distribution ne présente rien de remarquable. Chaque lobule glandulaire reçoit plusieurs petites artérioles qui se divisent en ramuscules plus fins et se distribuent dans le stroma, pour former en dernier lieu, autour de chaque vésicule, un beau réseau capillaire analogue à celui des vésicules pulmonaires, mais dont les mailles sont un peu plus larges; ces mailles, formées de vaisseaux de 0""",007 à 0m,",01, sont polygonales ou allongées, et ont 0""",018 à Ü""",003Zt de largeur. Lesveiîies naissent de ce réseau; elles sont encore plus nombreuses que les artères, et ne les accompagnent pas toujours dans leur trajet. Un certain nombre de lymphatiques proviennent de la glande thyroïde : on connaît peu leurs rapports avec la glande. Quelques rares filets nerveux, enfin, pénètrent dans cet organe ; ils sont destinés aux vaisseaux et proviennent de la partie cervicale du grand sympathique.
C'est à tort que Kohlraiisch veut que les cellules épithéliales des vésicules glandulaires soient des corpuscules sanguins en voie de développement. Le même auteur prétend avoir vu la substance colloïde apparaître sous la forme de globules pâles et mous qu'il appelle protéides.
Le goitre est la maladie la plus fréquente du corps thyroïde. Ecker le divise en qoître vasculaire et goitre glandulaire. Dans le goître glandulaire on trouve les altérations des vésicules glandulaires que nous avons mentionnées plus haut, tandis que le goître vasculaire, dont Rokitansky ne fait point une forme particulière, est con-
Fig. 244. — Vésicules glandulaires de la thyroïde contenant de la matière colloïde. Grossissement de 50 diamètres.