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STRUCTURE INTIME DE LA GLANDE THYROÏDE

stitué, non-seulement par une hypérémie générale de l'organe, mais encore et surtout par la dilatation anévrysmatique d'une foule de petits vaisseaux, qui ont en général 0""",07 à 0""",09 de largeur, et que Ecker considère comme des artérioles ou de gros capillaires. Lorsque ces anévrysmes se rompent, ils déterminent des épanchements sanguins plus ou moins considérables, qui subissent les altérations les plus diverses ; car tandis que le sang se métamorphose, de nouveaux épanchements ou des exsudations plastiques s'y ajoutent, de sorte que des portions de tissu normal sont englobées dans le foyer. Très fréquemment aussi Ecker a trouvé, dans le goitre vasculaire, les vaisseaux incrustés de matière calcaire, c'est-à-dire que dans les parois des vaisseaux d*un très petit calibre, dilatés ou normaux, s'étaient déposées une foule de granulations calcaires, qui leur donnaient une couleur blanche, les oblitéraient complètement et les transformaient en concrétions. Rokitansky admet que dans certaines formes de goitre il y a une véritable hypertrophie de la glande, par suite de la multiplication de ses éléments normaux, soit que les nouvelles vésicules se développent d'une manière indépendante, soit qu'elles résultent d'un bourgeonnement qui s'opère sur les parois des anciennes vésicules dilatées.

D'après Remak, le développement de la glande thyroïde se fait de la manière suivante: Une portion de la paroi antérieure du pharynx se sépare du reste par suite de la formation d'un étranglement, et se divise ensuite en deux moitiés. Sur un embryon humain de trois mois, j'ai trouvé la glande thyroïde composée déjà de vésicules distinctes. Ces vésicules, qui avaient 0""",034 à 0m'",1 de diamètre, étaient formées d'une enveloppe homogène dans l'intérieur de laquelle se trouvaient des cellules polygonales. Je crois avoir observé que les vésicules se multiplient par suite du développement sur leur paroi de bourgeons qui s'en séparent ensuite par un étranglement. S'il en était ainsi, on pourrait peut-être considérer le développement de la thyroïde tout entière comme une série de bourgeonnements et de divisions des follicules glandulaires, série dont Remak n'aurait observé que le point de départ. Il en résulterait une certaine analogie avec ce qui se voit pour le thymus, dans lequel, toutefois, les bourgeons des premiers rudiments, ainsi que les suivants, ne s'isolent point, mais restent tous en liaison entre eux. Les vésicules de la thyroïde ne seraient donc point des cellules agrandies, encore moins des noyaux métamorphosés (Rokitansky); elles représenteraient de véritables vésicules glandulaires.

Pour étudier les vésicules glandulaires de la thyroïde, on choisira de préférence celle des animaux, en particulier des oiseaux et des amphibies, puis celle des enfants ; les sections faites avec le couteau double ou sur des glandes durcies conviennent le mieux pour l'examen de la structure et des connexions des vésicules ; mais on peut atteindre le même but par la dissection et la dilacération. Les injections sont très faciles et réussissent parfaitement chez les enfants ; les segments superficiels sont ceux qui présentent le mieux les réseaux vasculaires des vésicules.

Bibliographie de la glande thyroïde. — Schwager-Bardeleben, Obs. micr. de glandulär um duclu excrel. carentium s truc t. Berol., 1841, Diss. — Panagiotides et K. Wagener, Einige Beobachtungen über die Schilddruse, dans Fror. N. Not., XL,p. 193, et Panagiotides, De glandul. thyreoideœ structura peniliori, Diss. Berol., 1 847. — A. Ecker, Versuch einer Anatomie der primitiven Formendes Kropfes, etc., dans Henle und P feu/fer s Zeitschr. f. rat. Med., VI, p. I23, et art. Blulgefässdrüsen, dans Wagn. Handw. d. Phys., III. — Rokitansky, dans Zeitschr. d. Wiener Aerzte, 1 847, el Zur Anatomie des Kropfes, dans Denkschriften der kaiser l. Akad. zu Wien, I. Wien, 18 49. — E.- R. Legendre, De la thyroïde, thèse. Paris, 1852, - Kohlrausch.. Beitrüge z. Kennin. d. Schilddrüse, dans Müll. Arch., 1 853, p. 1 42.

SECTION III

DU THYMUS.

§ 186. Conformation générale du thymus. — Le thymus est une

autre glande vasculaire sanguine située dans l'intérieur de la poitrine. C'est un organe symétrique, allongé, aplati, élargi à sa partie inférieure; du tissu conjonctif lâche lui forme une enveloppe et l'unit aux parties voisines.

Une observation très superficielle fait voir dans le thymus de gros lobes de 5 à 10 millimètres de diamètre moyen, arrondis, oblongs ou filiformes, mais en général aplatis ; ces lobes sont assez serrés les uns contre les autres ; mais comme ils ne sont unis entre eux que par un tissu conjonctif très lâche, ils se séparent avec la plus grande facilité.

Quand on dissèque ces lobes de dehors en dedans , on trouve qu'ils sont indépendants les uns des autres, mais qu'ils sont tous unis ensemble par une sorte de pédicule creux qui, en général, est contourné en tire-bouchon et parcourt un peu irrégulièrement la partie centrale de la glande. Ce conduit a normalement 1 à 3 millimètres de largeur; \\ présente à sa face interne un grand nombre d'ouvertures ovalaires ou en forme de fente, qui conduisent chacune dans un lobule et constituent l'orifice d'une cavité dont ce lobule est creusé. Une autre circonstance qui établit une analogie entre ce canal thymique et les canalicules des nombreux lobules qui s'y ouvrent, d'une part, et le conduit excréteur et les lobules d'une vraie glande, de l'autre, c'est que les lobules du thymus se composent également de lobules plus petits , creux comme

Fig. 246.

FiG. 24i

Fig. 245.— Fragment d'un thymus de veau, dont les lobules ont été séparés par la dissection, a, canal principal; 6, lobules glandulaires; c, granulations glandulaires isolées, reposant sur le canal principal. Grandeur naturelle.

Fig. 246. — Moitié du thymus de l'homme, montrant dans sa partie inférieure élargie une vaste cavité et de nombreux orifices qui conduisent dans l'intérieur des lobules.

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