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STRUCTURE INTIME DU THYMUS

s'anastomoser ensemble et former des réseaux capillaires assez étroits. De ce réseau artérielpartent, au niveau des orifices des lobules, une foule de vaisseaux qui pénètrent dans ces lobules, cheminent dans la portion la plus interne de leur paroi, et envoient des ramuscules vers l'extérieur, dans les granulations glandulaires , de manière à former dans ces dernières un réseau capillaire qui les remplit entièrement, réseau dont les mailles ont 0mm,02 à 0""",05 de largeur, et les vaisseaux 0"'m,007 à 0""'\01 (fig. 267). Les dernières ramifications de ces vaisseaux, chez l'homme, sont si bien dans l'intérieur des granulations, que même après une injection aussi complète que possible, on ne trouve aucun vaisseau à la face externe de l'enveloppe amorphe des vésicules : tous se terminent en anses à sa face interne. Outre ces vaisseaux sanguins, que Bruch a vus également dans ces derniers temps, il paraît qu'il existe dans les parois épaisses des lobules glandulaires un peu de tissu conjonctif; au moins ce tissu forme-t-il, à la face interne des parois, là où se trouvent les vaisseaux, une membrane, souvent assez distincte, qui sert à soutenir ces derniers et qui est l'analogue de celle qui tapisse la cavité centrale. Mais dans d'autres cas, et surtout chez les animaux, il est impossible de démontrer l'existence de cette membrane, et alors la cavité des lobules est immédiatement limitée par cette substance granuleuse qui est interposée aux vaisseaux et dans laquelle on trouve à peine quelques légers tractus fibreux. Jamais on ne rencontre un épithélium tapissant la face interne de la paroi ; l'opinion qui voudrait faire une membrane muqueuse des portions internes de cette paroi ne saurait donc se soutenir.

La cavité commune ou le canal central du thymus est constitué sur le même plan que la cavité des lobules en particulier ; la couche fibreuse qui l'entoure est seulement plus épaisse, tandis que la couche granuleuse qui la tapisse est moins forte et renferme des vaisseaux plus volumineux. Sur les thymus qui ont atteint leur développement complet, la cavité centrale, de même que les cavités des lobules, contient un liquide grisâtre ou laiteux, dont la réaction est légèrement acide ; ce liquide se montre souvent fort abondant; il est formé d'une sérosité limpide, albumineuse, tenant en suspension une foule de noyaux, quelques cellules, et, dans certains cas, des corpuscules à couches concentriques (voyez plus bas). Les lymphatiques du thymus sont en nombre considérable ; les nerfs qui y pénètrent, accompagnent les artères, sur lesquelles on peut les poursuivre fort loin, mais non jusqu'à leur terminaison.

Outre les éléments normaux que nous venons de décrire, on trouve dans le thymus, pendant sa période de développement surtout, des corpuscules arrondis spéciaux, que j'appellerai avec Ecker corpuscules concentriques du thymus. Ces corpuscules se présentent sous des formes diverses, qu'on peut toutefois réduire à deux principales : 1° les corpuscules simples, qui ont 0nm,,014 à 0mm,02 de diamètre, et dont l'enveloppe épaisse, formée de couches concentriques, renferme une substance grenue, ayant l'apparence tantôt d'un noyau et tanlôt d'une cellule; 2" les corpuscules composés, qui sont formés de plusieurs corpuscules simples, réunis dans une enveloppe commune également stratifiée, et dont le diamètre peut atteindre 0""",09

et 0"U".I8. Tous ces corpuscules, dont Hassall et Virchow ont les premiers fait mention, niais que Ecker et Bruch ont étudiés plus minutieusement, me paraissent résulter, non d'une métamorphose directe des noyaux et cellules de la paroi des lobules glandulaires, mais du dépôt successif de couches concentriques de substance amorphe autour de ces noyaux et cellules ; leur mode de développement se rapproche conséquemment de celui des calculs prostatiques. La portion stratifiée de ces corpuscules est formée d'une substance difficilement attaquable par les alcalis, et qui bien certainement n'est point de la graisse: c'est plutôt une substance analogue à la matière colloïde ou à celle des calculs prostatiques, et qui résulte probablement d'une transformation de l'albumine dans les parois glandulaires. Les corpuscules concentriques se rencontrent non-seulement dans la matière sécrétée par le thymus, mais encore dans la portion interne de la paroi glandulaire, au voisinage des vaisseaux les plus considérables.

§ 188. Développement du thymus. — D'après Remak, le thymus du poulet se développe de la manière suivante : les bords des deux derniers arcs-viscéraux (3e et ke)et l'épithélium intestinal qui les tapisse se séparent du reste par un étranglement; à l'époque où les trois derniers arcs aortiques se détachent des parois pharyngiennes, ces portions ainsi séparées les suivent pour former deux petites poches longitudinales couchées de chaque côté entre ces arcs.

Chez les mammifères, les thymus les moins avancés en développement ont été observés par Bischoff sur des embryons de bœuf de 5 centimètres de longueur ; ils se présentaient sous la forme de deux traînées blastématiques étendues du larynx vers la poitrine, et en apparence continues, en haut, avec la glande thyroïde. Simon donne une description analogue du thymus observé par lui sur des embryons de bœuf et de cochon de 2 h U millimètres de longueur ; mais il ne mentionne point cette continuité avec la thyroïde, et il décrit le cordon comme un tube limité par une membrane amorphe très mince et rempli d'une substance granuleuse; plus tard le tube s'allongerait et grossirait en poussant des bourgeons, simples d'abord, ensuite de plus en plus ramifiés. C'est ainsi que sur des embryons de veau longs de 1 à 6 centimètres, Simon a trouvé déjà des excroissances verruqueuses et sphériques, ou même pédiculées, qui plus tard augmentèrent en nombre, et dont chacune donna naissance d'abord à deux ou quatre bourgeons, puis successivement à un nombre de plus en plus considérable de corpuscules sphériques, jusqu'au développement complet des lobules. D'après cela, l'utricule primitif deviendrait la cavité centrale du thymus, et chaque bourgeon de cet utricule formerait dans la suite un lobule entier du thymus. — Chez Y homme, j'ai vu, sur un embryon de sept semaines, le thymus déjà lobulé à son extrémité inférieure ; l'extrémité supérieure de l'organe était encore simple. Sur un embryon dedix semaines, la portion supérieure du thymus représentait un tube à paroi très mince, rempli de cellules polygonales, et mesurant 0"n,,09 à 0mm,l& de diamètre; à la partie inférieure, ce tube avait une largeur de ü'"m,35 et présentait des excroissances arrondies, isolées ou réunies en groupes de 2 à 5, de 0"'m,05 à 0njm,07 de hauteur. La portion inférieure de la glande était garnie de toutes

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parts de lobules plus avancés en développement, et mesurant 0n,,n, 18 à 0""",22; ces lobules montraient déjà à leur surface de nouvelles granulations glandulaires, composées d'une enveloppe amorphe et d'un contenu celluleux. A douze semaines le volume du thymus n'était guère plus considérable, mais les cornes étaient plus larges et garnies, comme le reste de l'organe, de lobules de 0mm,25 à 0mm,52 de diamètre. — En conséquence, bien que les premières phases du développement du thymus n'aient pas encore été observées chez l'homme, il n'est nullement douteux que cette glande se développe exactement comme Simon l'a vu sur les mammifères.

Le développement ultérieur du thymus présente encore quelques particularités intéressantes. Chez l'embryon, le thymus grossit peu à peu à partir du troisième mois; à six moisit s'étend jusqu'à la glande thyroïde, et dès le septième mois il contient un suc blanchâtre. Après la naissance ce développement est loin de s'arrêter comme on le croyait autrefois ; le thymus continue, en général, à s'accroître jusque vers deux ans, et même assez notablement au commencement. Puis il subit un temps d'arrêt, et persiste presque toujours un temps assez long sans subir d'altération; enfin il s'atrophie et disparaît complètement. L'époque à laquelle ont lieu ces derniers changements est très variable: Simon place entre la huitième et la douzième année le début de l'atrophie ; mais mes observations, conformes à celles d'Ecker, me font penser que l'assertion de Simon ne s'applique point à la majorité des cas; car très souvent, sur des sujets qui sont dans leur vingtième année, on trouve encore le thymus bien nourri, gorgé de fluides, exempt de dégénérescence graisseuse, et constitué comme chez les enfants. L'époque de la disparition complète du thymus est encore plus difficile à déterminer : on ne saurait fixer à cet égard aucun âge précis ; il est rare cependant qu'après la quarantième année on trouve encore des traces de cet organe. La disparition résulte d'une résorption progressive des éléments de la glande, avec développement simultané de graisse dans les granulations glandulaires, et de cellules adipeuses dans le tissu conjonctif interlobulaire. En même temps les corps concentriques deviennent de plus en plus abondants, et' du tissu conjonctif se forme, d'après Ecker, dans les lobules, dont la structure glandulaire s'efface complètement.

U étude du thymus présente de grandes difficultés. Je recommanderai avant tout les préparations cuites, qui à elles seules donnent déjà le moyen d'éiudier parfaitement les connexions des lobes avec le canal central et des cavités des lobules ; durcies dans l'alcool, elles permettent de faire des tranches très fines. On emploiera aussi avec beaucoup d'avantage des pièces fraîches durcies dans l'alcool, l'acide pyroligneux, l'acide chromique, ou l'acide acétique bouillant. Le thymus des petits mammifères, qui est comme membraneux sur ses bords, se prête également très bien à un examen superficiel. Mais pour arriver à des résultats complets et détaillés, il est indispensable de se servir de thymus humains injectés.

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