STRUCTURE INTIME DU THYMUS
eux, lesquels sont formés de corpuscules arrondis, du diamètre de 0mm,2 à 0""",7, et répondant aux vésicules glandulaires : ce sont les granulations glandulaires [acini des auteurs). Les acini se reconnaissent déjà à la surface des lobules, qui leur doit un aspect comparable à une mosaïque et analogue, en quelque sorte, à celui du poumon. Ces granulations ne sont point cependant des vésicules, comme les vésicules pulmonaires qui, parmi les éléments des vraies glandes, leur ressemblent le plus par le volume ; ce sont des corpuscules pleins, fortement adhérents les uns aux autres vers la cavité des lobules ou vers ses cavités secondaires, séparés au contraire vers la face externe. Chaque lobule peut être considéré comme une espèce de poche à parois épaisses et pourvues de dépressions en cul-de- sac, poche dont la face interne serait lisse et indivise, tandis que la face externe présente des dépressions plus ou moins profondes, qui divisent l'organe en granulations glandulaires.
La disposition suivante, qui s'observe quelquefois, s'éloigne un peu de celle que nous venons de décrire : au lieu d'un canal étroit, dans lequel s'ouvrent les cavités des lobules glandulaires, chaque moitié du thymus présente une cavité plus large, du diamètre de 1 à 2 millimètres, avec laquelle les lobules communiquent par des ouvertures en forme de fente. Plusieurs anatomistes, A. Cooper entre autres, parmi les modernes, considèrent l'existence de cette cavité comme un fait normal, tandis que d'autres, Simon à leur tête, ont de la tendance à la regarder comme produite artificiellement par les manipulations qu'on a fait subir au thymus (injection, insufflation). Pour moi, je ne puis qu'approuver Simon quand il prétend que dans un organe aussi délicat que le thymus l'injection et l'insufflation doivent conduire nécessairement à des erreurs, si l'on n'use des plus grandes précautions; je suis donc d'avis qu'un grand nombre des prétendus réservoirs qu'on a observés dans le thymus sont un résultat du mode de préparation mis en usage. Mais je n'en suis pas moins convaincu qu'il est des thymus qui, pendant la vie, sont munis d'une cavité centrale, car on trouve de ces cavités, occupant une partie ou la totalité de la glande, dans des cas où la pièce n'avait subi ni injection, ni préparation quelconque. L'existence d'un canal central étroit me paraît être le fait primitif et habituel ; mais ce canal, suivant moi, peut s'élargir dans certaines circonstances, lorsque la sécrétion est abondante, par exemple, et constituer alors une cavité plus ou moins spacieuse.
§ 187. structure intime du thymus.— Le tissu qui sert d'enveloppe aux lobules se compose de tissu conjonctif ordinaire mélangé de fibres élastiques fines, souvent aussi de cellules adipeuses; ce tissu enlevé, on a sous les yeux la surface externe des lobules, sillonnée de nombreuses dépressions qui répondent aux intervalles des granulations. On trouve d'abord, à un fort grossissement, une membrane fibroïde ou presque complètement homogène, que Simon a parfaitement décrite ; cette membrane est très mince, car elle n'a que 0mm,001 à 0mm,002 d'épaisseur ; elle se continue sur tout un
lobule, voire même sur la glande tout entière, et ne manque pas d'analogie avec la paroi des follicules qui composent les plaques de Peyer. À la face interne de cette membrane, entre elle et la cavité de la glande, se trouve
une substance grisâtre molle et délicate, qui occupe une épaisseur de 0,,,n\3 à 0mm,6, et qui, examinée au microscope, paraît formée exclusivement de petites cellules et de noyaux libres ; aussi tous les observateurs s'accordent-ils à la considérer comme le produit de f} sécrétion des vésicules glandulaires du thymus ; niais cette substance ne s'enlève pas sous » un filet d'eau, comme ce serait le cas si elle était simplement déposée dans les espaces limités par les enveloppes ; elle présente un certain degré de viscosité et de résistance, et un examen plus attentif finit par découvrir que d'autres éléments entrent dans sa composition , cà savoir des vaisseaux sanguins et une petite quantité d'une substance fibreuse, de nature conjonctive , ce qui dénote une structure fort analogue à celle du contenu des follicules de Peyer.
Les éléments vésiculaires forment, avec une petite quantité de liquide qui les unit entre eux, la masse principale des parois lobulaires. Parmi ces éléments, les noyaux libres forment toujours la majorité; ils ont un diamètre de 0n?m,005 a 0mm,01, une forme arrondie, légèrement aplatie, et renferment une substance transparente, que la soude et l'acide acétique troublent et rendent granuleuse, et dans laquelle existe ou non un nucléole. D'un autre côté, les cellules, contrairement à l'assertion de Simon, ne font jamais défaut; mais elles sont toujours beaucoup moins abondantes que les noyaux. Leur nombre est d'ailleurs très variable ; il en est de même de leur volume, car elles ont de O1""1, 009 à 0""",0'2 de diamètre. Les cellules ont habituellement un seul noyau distinct et un contenu pâle ou formé de granulations graisseuses; Ecker prétend que sur le thymus complètement développé les cellules manquent de noyau et sont entièrement remplies de graisse Entre ces éléments cheminent de nombreux vaisseaux sanguins de différents calibres. Les vaisseaux principaux sont appliqués immédiatement contre la cavité centrale; ils sont parallèles à l'axe longitudinal de l'organe, et fournissent un grand nombre de rameaux pour la cavité centrale, rameaux qui perforent la paroi de celle-ci, pour se distribuer à la face interne de cette paroi, dans une membrane délicate de tissu conjonctif qui la recouvre^
Fio. 247. — Section faite sur le sommet d'un lobule injecté d'un thymus d'enfant. Grossissement de 30 diamètres, a, enveloppe du lobule; 6, membrane des granulations glandulaires ; c, cavité du lobule, a partir de laquelle les vaisseaux d'un certain calibre se ramifient dans les granulations, pour se terminer en partie par des anses à la surface de ces dernières.