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DES RESTITUTIONS DE MATIÈRE OPÉRÉES PAR LES CELLULES

tives des parties constituantes sont encore tout à fait différentes ici de ce qu'elles sont dans le plasma. Nous avons ici, en effet, une quantité considérable de graisse, plus de protéine et de sels, et parmi ces derniers, plus de potassium et. aussi plus de sels terreux.

Ces faits sont de nature, déjà, à établir que les cellules jouissent d'une activité propre et significative. Mais ce point de science a acquis encore un bien plus haut degré de probabilité dans ces derniers temps, depuis les travaux de Ludwig. Je crois notammentpouvoir interpréter l'influence des nerfs sur la sécrétion salivaire, influence mise en lumière par cet observateur, en ce sens que ce ne sont pas seulement les membranes propres des vésicules glandulaires des glandes salivaires qui peuvent être modifiées dans leurs rapports moléculaires, sous l'influence des nerfs, et exercer ainsi une attraction énergique sur le plasma qui les baigne, mais encore que les cellules épithéliales qui revêtent l'intérieur de ces vésicules agissent de même. S'il en est ainsi, nous aurons acquis la connaissance d'un nouveau principe d'action qui règle dans les cellules les emprunts de matière, et place en même temps la vie des cellules dans une liaison telle avec l'activité du système nerveux, qu'il ne paraîtra plus inopportun de parler des fonctions trophiques de ce système. — En tous cas, de pareils phénomènes ne seraient pas en dehors de toute analogie. Nous avons déjà dans les éléments contractiles une sorte de lien entre l'activité nerveuse et un contenu de cellule modifié : peut-être que les progrès d'une observation prospère ajoutés à ce que nous savons déjà permettront de ranger tous ces faits dans une catégorie générale. — Dans tous les cas, ces considérations nous conduisent à souhaiter un nouvel et attentif examen des forces moléculaires des cellules, et particulièrement des phénomènes électriques qui s'accomplissent certainement en elles.

Dans ces derniers temps, Donders (Nederlamch Lancet) a signalé avec raison un phénomène qui, jusqu'ici, avait été passé sous silence dans la discussion des fonctions des cellules, je veux parler des forces élastiques des membranes de cellule et de la pression déterminée par elles sur le contenu de cellule. Les membranes de cellule, en effet, sont élastiques, et il en résulte naturellement que lorsque les cellules contiennent beaucoup ou peu de contenu, celui-ci se trouve dans un état de tension plus ou moins considérable. Cet état exerce à son tour une influence telle sur les emprunts et les restitutions de matière, que pour une forte pression les dernières l'emportent, et que pour de faibles pressions ce sont les emprunts qui dominent : de cette manière, cette tension peut aider à l'entretien régulier des échanges de matière. — Donders croit aussi pouvoir déduire de là la densité plus considérable du contenu des cellules ; suivant lui, elle tient à ce que ce contenu est toujours soumis à une pression plus forte que le cytoblastème.

§ 16. Des restitutions de matière opérées par les eellules. — Les fonctions végétatives des cellules animales ne se bornent pas à emprunter et à métamorphoser les matières, mais elles laissent encore échapper des matières qui se trouvent ainsi de nouveau à l'état de liberté, et qui trouvent ensuite, d'une manière ou d'une autre, leur emploi ultérieur, ou bien sont simplement évacuées hors de l'organisme. Dans beaucoup de cas, les choses se passent de telle manière que les cellules disparaissent; cela a lieu dans beaucoup de glandes dans lesquelles le produit achevé delà sécrétion n'est rien autre que le contenu lui-même des cellules des glandes (lait, sperme, matière sébacée, bile des animaux inférieurs, encre des Céphalopodes). D'autres fois, les cellules persistent sans modifications et sécrètent en dehors d'elles certaines substances. Ce phénomène peut s'accomplir de deux manières :

1. Les ce/ iules restituent des matières qu'elles ont empruntées au dehors, et

/lO HISTOLOGIE GÉNÉRALE.

seins que ces matières soient modifiées. Cela a lieu clans les cellules epitheliales des glandes qui, comme les reins, les glandes lacrymales, les poumons, etc., se laissent simplement pénétrer par certaines substances du sang ; cela a lieu aussi dans les cellules qui revêtent la surface des membranes séreuses et la surlace de la peau, et probablement dans beaucoup d'autres.

2. Les cellules sécrètent des substances quelles ont préparées dans leur intérieur. — C'est ainsi que les cellules de la graisse donnent de la graisse dans l'amaigrissement, que les cellules du foie sécrètent la bile ; les cellules des glandes de l'estomac, la pepsine; les cellules des membranes ou des glandes muqueuses, le mucus. A cette catégorie appartiennent encore la membrane secondaire, ou la capsule de cartilage, qui se forme en dehors de la cellule primordiale de cartilage, et aussi les membranes propres de beaucoup de glandes qui apparaissent comme produits des cellules des premières ébauches glandulaires.

Ces sécrétions, dont beaucoup nous sont certainement encore inconnues, se laissent dans quelques cas expliquer par exosmose, comme, par exemple, la sortie de la pepsine en dehors des cellules des glandes de l'estomac ; dans d'autres, notamment dans les sécrétions glandulaires, il ne saurait être question de quelque chose de semblable. Ici la sortie du contenu est la conséquence de la pression à laquelle il est soumis. Cette pression, pour remonter à sa source, est déterminée, d'une part, par la tension sanguine, d'autre part, par la force d'attraction exercée par la cellule elle-même dans les emprunts de matière, et par la force élastique des membranes de cellules, ainsi mise en jeu.

Souvent les matières sécrétées ne présentent plus aucun rapport avec les cellules d'où elles procèdent ; alors elles remplissent un certain but, ou bien elles sont tout à fait expulsées comme dans les glandes. Dans quelques endroits, ces matières prennent la forme solide, et persistent comme substance extra-cellulaire, en dehors des cellules. Ces matières forment tantôt des enveloppes extérieures (correspondantes aux membranes de la cellulose végétale) autour des cellules isolées, comme dans les cellules de cartilages; tantôt des revêtements membraneux à grandes dimensions autour de groupes entiers de cellules, commeles membranes propres des glandes (par exemple, les canalicules des reins), la gaine propre de la corde dorsale, et probablement aussi certaines membranes transparentes (capsule du cristallin, membrane de Demours); tantôt, enfin, ces matières s'accumulent sur les cellules en masses adhérentes partielles, comme l'émail des dents (voyez plus bas Dents) . Ce n'est que plus rarement que les substances sécrétées par beaucoup de cellules se rassemblent en un composé interposé, solide, ou substance intercellulaire, comme dans la substance propre de l'ivoire (voyez les dents) et peut-être dans les recouvrements contenant de la cellulose de quelques tuniciers. La substance fondamentale des cartilages appartient aussi à ce mode de formation, du moins en partie; dans certains cartilages, en effet, la substance intercellulaire est formée uniquement par les membranes extérieures des cellules de cartilages fondus ensemble. Dans d'autres eartilages, il se joint

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