VAISSEAUX ET NERFS DES REINS
Les artères des enveloppes rénales naissent en partie de l'artère rénale, avant son entrée dans le bile, et des artères capsulaires et lombaires, en partie des artères interlobulaires ; ces dernières, après avoir fourni les rameaux des corpuscules de Malpighi, émettent çà et là quelques ramuscules destinés à la capsule fibreuse du rein, dans laquelle ils forment un réseau capillaire à larges mailles qui se prolonge également dans la capsule dite adipeuse.
Les lymphatiques sont comparativement peu abondants dans le rein ; ils accompagnent les artères dans l'intérieur de l'organe, et ne paraissent guère s'étendre au delà des vaisseaux interlobulaires. Dans le bile, ils se réunissent pour former de petits troncs qui reçoivent encore les lymphatiques du bassinet, et se jettent ensuite dans les ganglions lombaires. Sans vouloir nier l'existence des lymphatiques superficiels décrits par les auteurs anciens (Nuck, Cruikshank, Mascagni et autres), je dois avouer que je ne les ai jamais vus, si ce n'est dans la capsule adipeuse.
Les nerfs du rem proviennent du plexus cœliaque du grand sympathique; ils sont assez nombreux et forment un lacis qui entoure les artères. Au niveau du bile ils présentent encore quelques petits renflements ganglionnaires; on peut les poursuivre avec les vaisseaux jusque sur les artères interlobulaires. Mais nous ignorons où et comment ils se terminent.
Les vaisseaux et nerfs du rein sont soutenus par un tissu eonjonetif qui , en même temps , sert de stroma aux éléments sécréteurs ; ce tissu est plus développé dans la substance médullaire que dans la substance corticale. A la superficie du rein, le tissu eonjonetif se condense en une membrane, souvent fort distincte, de 0mm,02 à 0mm,05 d'épaisseur, qui n'adhère que lâchement avec la capsule fibreuse ; cette membrane, qui loge en partie le réseau capillaire superficiel,
se continue avec le stroma interne par Vf~^m .
une foule de prolongements qui partent FlG 054
de sa face profonde.
A la suite des inflammations du rein et des exsudations qui en sont la conséquence, le stroma s'épaissit souvent à ce point qu'il devient visible à l'observation la plus superficielle, et qu'il étouffe plus ou moins les canalicules urinifères. La partie ajoutée se compose principalement d'exsudations fibrineuses aux divers états qui forment les transitions vers le tissu eonjonetif, et des éléments propres du tissu conjonc-
Fig. 254. — Section transversale de quelques tubes droits de la substance corticale. Grossissement de 350 diamètres ; chez l'homme : a, section transversale de canalicules urinifères dont la membrane propre, seule est conservée; b, canalicules qui sont encore tapissés de leur épithélium ; c, stroma, formé de tissu eonjonetif avec des noyaux allongés; d, cavité dans laquelle se trouvait un corpuscule de Malpighi.
tif de nouvelle formation, tels que les cellules fibro-plastiques. Ces produits se rencontrent quelquefois dans l'intérieur des corpuscules de Malpighi (Frerichs), ordinairement sous la forme de dépôts concentriques, quelquefois assez épais, qui compriment les vaisseaux afférents et efférents, atrophient le glomérule et endommagent très notablement la sécrétion urinaire. D'autres fois, l'hypertrophie du stroma est simplement apparente, et ne dépend que d'une disparition des canalicules urinifères. Dans les maladies chroniques du rein, les parois des artères et des vaisseaux des glomérules sont souvent épaissies et chargées de dépôts graisseux (Johnson) .
§ \9h. Canaux excréteurs de l'urine. — L'uretère, le bassinet et les calices sont formés d'une membrane fibreuse externe, d'une couche de fibres musculaires lisses et d'une membrane muqueuse. La membrane fibreuse se compose de tissu conjonctif ordinaire et de fibres élastiques fines ; arrivée aux points où les calices entourent les papilles, elle se continue avec l'enveloppe fibreuse du rein. La couche musculeuse est très évidente dans l'uretère;
elle présente des fibres externes longitudinales et des fibres internes transversales ; au voisinage de la vessie on trouve, en dedans de ces dernières, une troisième couche formée défibres longitudinales. Dans le bassinet, les deux couches musculeuses conservent encore la même épaisseur que dans l'uretère ; dans les calices, au contraire, elles deviennent de plus en plus minces, pour se terminer au niveau de l'insertion des calices sur les papilles. La muqueuse de tous ces organes est mince, assez vasculaire et dépourvue de glandes et de papilles ; elle se continue, en s'a mincissant notablement , sur les papilles rénales, où elle a Oimn,Gl à 0mm,02 d'épaisseur , abstraction faite de l'épithélium , et s'unit au stroma interne de ces dernières. L'épithélium a de 0n,ra,05 à 0""'\09 ; il est stratifié et se distingue par les variétés que présentent la forme et le volume de ses éléments. Les cellules les plus profondes sont petites et arrondies ; celles des couches moyennes sont cylindriques ou coniques, et mesurent 0m,n,02 à 0nim,05 de longueur; tandis que celles de la surlace sont polygonales, arrondies, de 0mm,014 à 0mm,09 de diamètre, ou aplaties en forme de lamelles qui ont jusqu'à 0,nm,05 de diamètre. Ces cellules ont cela de remarquable qu'on y rencontre souvent deux noyaux; on y trouve aussi des granulations arrondies, claires, à contours médiocrement foncés, de 0n"",002 à 0mm,005 de largeur, qui prennent quelquefois l'aspect de noyaux.
Fie. 255. — Epithélium du bassinet de l'homme. Grossissement de 350 diamètres.
A. Cellules isolées.
B. Épithélium en place, a, petites cellules pavimenteuscs ; b, grosses cellules pavimenteuses; c, les mêmes avec corpuscules en forme de noyau dans leur intérieur; d, cellules cylindriques et coniques des couches profondes; e. formes intermédiaires.