DESCRIPTION GÉNÉRALE
de ces derniers. Les connexions des canalicules urinifères avec la capsule des corpuscules de Malpighi sont faciles à démontrer sur les reins de grenouilles et de poissons, qu'il suffit de déchirer; mais chez les mammifères eux-mêmes, on les verra presque toujours en examinant de fines tranches de reins durcis et surtout injectés. Les glomérules sont souvent injectés naturellement et faciles à reconnaître ; maison les voit beaucoup mieux après une injection artificielle; en poussant une masse fine dans les artères, on réussit presque toujours. Dans ces cas, on injecte en môme temps tout le réseau capillaire de la substance corticale et des pyramides, et cette portion de l'appareil circulatoire du rein peut être étudiée très commodément sur des sections verticales. On étudiera aussi des pièces injectées par les veines, sur lesquelles les réseaux capillaires seuls, et non les corpuscules de Malpighi, sont remplis; pour l'étude des vaisseaux efférents, il faut se servir de préparations injectées incomplètement par les artères. On peut voir le trajet des canalicules urinifères sur de fines tranches traitées par l'alcool, l'acide nitrique étendu et bouillant, ou desséchées (Wittich), ou sur des reins durcis par l'acide chromique et rendus transparents au moyen de l'acide acétique, ou enfin sur de fines tranches d'un rein frais ou injecté, obtenues au moyen du couteau double : ces tranches peuvent servir à montrer les particularités les plus importantes, et même les divisions des tubes de Bellini ; mais il sera toujours utile d'injecter les canalicules urinifères, préparation à laquelle le cheval, parmi les mammifères, serait le plus favorable. Souvent, quand on injecte les artères, les canalicules se remplissent accidentellement par suite de la rupture des vaisseaux du glomérule de Malpighi; rarement cependant la matière à injection va au delà des canalicules flexueux : il vaut beaucoup mieux pousser une injection dans l'uretère, en s'aidant de la machine pneumatique(Huschke, /s/s, I 826), ou bien, après avoir rempli le bassinet, continuer à pousser sur le piston, pendant qu'en malaxant le bassinet on cherche à faire pénétrer le liquide dans les tubes de Bellini, et plus loin (Cayla). En se servant de canules très fines, on peut aussi injecter directement par les papilles un certain nombre de canalicules urinifères.
Bibliographie. — M. Malpighi, De renibus, dans Exercit. de vise. struct. ■ — Al. Schumlansky, Diss. de structura rehum, c. tnb. Argentor., 1782,4. — W. Bowman, On the Structure and Use of the Malpighian Bodies of Ihe Kidney, dans Phil. Trans., '1842, I, p. 57. — Ludwig, Beiträge zur Lehre vom Mechanismus der Harnsecretion. Marburg. 1842, et art. Niere, dans Wagn. Handw., II, p. 628. — J. Gerlach, dansil/ü//. Arch., 1845 et 1848. — Kölliker, dans Müll. Arch., 1 845. — Remak, dans Fror. N. Not., n° 76 8, 18 45, p. 308. — F. Bidder, dans Müll. Arch., 1 845, et Untersuchungen über die Geschlechts-und Harnwerkzeuge der Amphibien. Dorpat, 1 846. — J. Hyrtl, dans Zeitschr. d. Wiener Aerzte, 1 846. — G\ von Patruban, Beiträge zur Anatomie der menschlichen Niere, dans Prag. Viertel] < 1 847, III. — G. Johnson, art. Ren, dans Cycl. of Anat., mai 1 848. — V. Carus, dans Zeitschr. f. wiss. Zoologie, II, p 6 I . — Von Wittich, dans Aich. f. path. Anat., III, 1, 1 849. — Von Hessling, dans Fror. Not., 1 849, p 264, et Histologische Beiträge zur Lehre von der Harnsecreiion. léna, 1851. — Frerichs, Die Rriglä'sche Nierenkrankheit, 1851. — A. Lang, De adipe in urina et renibus conlento. Dorpat, I 852, Diss. — Voyez en outre les divers traités d'anaiomie, en particulier ceux de Henle, Valentin, J. Müller et le mien, les mémoires sur 1 histoire du développement, spécialement ceux de Valentin, de Hathke [Abh. z. Entw., II, p. 97), et de J.Müller, De gland, secr. structura, et enfin les Comptes rendus annuels de Reichert, 1 846 et 1849.
SECTION II
DES CAPSULES SURRÉNALES.
§ 196. Description générale. — Les capsules surrénales (glandes surrénales) sont des organes qui, par leur structure, se rapprochent beaucoup
des glandes vasculaires sanguines, et dont les fonctions nous sont complètement inconnues. Chacune d'elles se compose d'une enveloppe de tissu conjonctif, mince, mais assez solide, qui s'applique intimement sur toute la surface de l'organe, et envoie dans son intérieur une foule de prolongements par le moyen desquels elle est unie au parenchyme. Celui-ci est formé d'une substance corticale et d'une substance médullaire. La première, qui est la plus dense, a 0mm,25 à 1 mètre d'épaisseur ; elle se déchire facilement dans le sens de l'épaisseur et présente une cassure fibreuse. Sa couleur est, en général, jaune paie ou jaune; mais, vers le tiers interne de la substance, elle passe ordinairement au brun jaunâtre ou au brun, de sorte qu'une section offre deux couches, une externe, plus large, cle couleur claire, et une interne, de couleur foncée, formant comme un étroit liséré.
La substance médullaire est plus claire, à l'état normal, que la substance corticale; elle est d'un gris blanchâtre, tirant légèrement sur le rouge; mais l'état de congestion des nombreuses veines qu'elle renferme peut lui donner la teinte foncée du sang veineux. La consistance de la substance médullaire est moindre que celle de la substance corticale, mais la différence n'est pas aussi considérable qu'on le croit d'ordinaire. Quant à son épaisseur, elle est très faible sur les bords et à l'extrémité supérieure et externe de l'organe (0mm,35 à 0mm,75); à la partie moyenne, au contraire, et dans la moitié inférieure des capsules, elle va jusqu'à 2 et même 3 millimètres. Chez l'homme, la substance corticale se détache très rapidement, après la mort, de la substance médullaire. La capsule surrénale paraît alors creusée d'une cavité, qui occupe souvent tout l'organe, et qui contient un liquide sanieux provenant de la destruction partielle de la couche brune corticale; ce liquide est mêlé de sang et baigne la substance médullaire, généralement intacte; dans quelques cas, cependant, cette dernière s'est également altérée.
§ 197. Structure intime des capsules surrénales. — La substance corticale est pourvue d'une charpente de tissu conjonctif, en continuité de tissu avec la membrane d'enveloppe commune, qui en forme pour ainsi dire le point de départ ; cette charpente est composée de lamelles minces qui s'unissent entreelles et qui divisent toute l'épaisseur de la substance corticale en un grand nombre d'alvéoles très rapprochés les uns des autres. Ces alvéoles, dirigés verticalement, traversent la substance corticale tout entière, et mesurent 0mm,035 à 0mm,05 et même 0mm,07 en largeur; ils renferment une substance granuleuse, divisée elle-même par des cloisons secondaires très minces, obliques ou transversales, en amas plus ou moins considérables. Ecker décrit ces amas comme des utricules glandulaires, composés chacun d'une membrane amorphe renfermant une substance granuleuse mêlée de noyaux et même de cellules. Quant à moi, dans la plupart des cas, je n'ai vu dans ces cylindres de l'écorce, comme je les appellerai, que des cellules polygonales de 0mm,014 à 0mm,027 , je crois donc que les utricules véritables, qui se rencontrent très rarement dans les capsules