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DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

§ •207. Enumeration. — Les organes génitaux de la femme comprennent : 1° deux glandes foUiculeuses, les ovaires, avec les organes de Hosenmüller, et les canaux excréteurs des ovaires, c'est-à-dire les oviclueies on trompés de Fallope, qui ne sont point unis directement à ces glandes; 2° ['utérus, destiné à protéger l'œuf et à lui fournir ses matériaux nutritifs; le vagin et lês parties génitales externes, qui servent à conduire au dehors le germe développé, en même temps qu'ils sont les organes de la copulation.

§ 208. ©vaïre. — ©rgassc de Roseniaiialler. — Uovaire est formé d'un parenchyme spécial ou st.roma qui contient les œufs, et de plusieurs enveloppes. Ces dernières sont: V enveloppe peritoneale, qui revêt l'ovaire tout entier, à l'exception de son bord inférieur, et la tunique albugïnëe, ou membrane propre de l'ovaire, membrane blanche, dense, résistante, de 1/2 millimètre d'épaisseur, qui s'applique exactement sur le parenchyme, et se continue avec lui sans que l'on puisse fixer une limite précise entre les

deux parties ; l'albuginée de l'ovaire n'envoie pas dans l'intérieur de l'organe des prolongements analogues à ceux que fournit l'albuginée du testicule, dont elle partage du reste complètement la structure. Le stroma ou parenchyme de l'ovaire est une substance gris rougeàtre, assez dense, formée d'un tissu conjonctif compact, fibroïde, mais non distinctement fibrillaire, dans lequel cheminent les vaisseaux et sont déposés les œufs. Du bord inférieur de l'ovaire , par où pénètrent les vaisseaux, et où l'on ne rencontre jamais de follicules ovariques, le tissu conjonctif s'élève dans l'intérieur de l'organe sous la forme d'une lame compacte qui envoie des faisceaux divergents vers les deux faces et vers le bord libre ; il en résulte qu'une coupe antéro-postérieure de l'ovaire donne l'image d'un pinceau. Les capsules ovariques ou ovisacs , appelées ordinairement vésicules de Graaf (fig. 267, ab) , sont plongées dans les portions périphériques du stroma ; aussi quand on examine une coupe transversale d'un ovaire normalement développé, le parenchyme paraît composé de deux substances , l'une corticale et l'autre médullaire, dont la première seule contient des follicules. Ce n'est aussi que sur de tels ovaires que l'on peut prendre une idée exacte de la forme, du siège et du nombre des vésicules de Graaf. Chaque ovaire renferme habituellement de 30 à 50 vésicules de Graaf; dans des cas exceptionnels, cependant, on en a trouvé jusqu'à 200, tandis que dans les ovaires atrophiés ou dégénérés, qu'on observe si fréquemment chez les vieilles femmes , il n'en existe souvent que 2 à 10; quelquefois même on n'en rencontre pas un seul.

Un follicule complètement développé est composé d'une enveloppe et d'un contenu. L'enveloppe peut très bien être comparée à une membrane muqueuse; elle présente : 1° une tunique fibreuse, theca folliculi de Baer, très vasculaire, d'une épaisseur relative assez considérable, unie au stroma de l'ovaire par un tissu conjonctif très lâche, ce qui la rend très facile à isoler en totalité. De Baer distingue, dans cette membrane, une couche externe qui est serrée et d'un blanc rougeàtre (fig. 268, a), et une couche interne, plus épaisse, lâche et d'une couleur plus rouge (fig. 268, b). Mais il est à remarquer que la couche interne peut être subdivisée à son tour, et que les deux couches offrent exactement la même composition, c'est-àdire qu'elles sont formées d'un tissu conjonctif peu développé, mêlé de noyaux et de nombreuses cellules formatrices, généralement fusiformes. Une membrane propre amorphe et très délicate forme la limite interne de cette tunique dans les follicules très jeunes, et peut également se démontrer quelquefois comme membrane distincte, sous l'influence d'un alcali, dans

Fig. 267. — Coupe antéro-postérieurc de l'ovaire d'une femme morte dans le cinquième mois de la grossesse, a, follicule de Graaf de la partie inférieure; &, follicule de la face supérieure de l'organe ; c, enveloppe péritonéalc, continue avec les feuillets du ligament large et intimement confondue avec l'enveloppe fibreuse b; vers le centre on voit deux corps jaunes ; c, stroma de l'ovaire.

Fig. 268.

rranulée avec de

ovaire. 575 les follicules âgés; 2° un épit hélium, couché granuleuse des auteurs (tïg. 268, c), qui tapisse toute la face interne du follicule ; son épaisseur est de ()""", 01 8 à 0mm,027 ou plus, mais vers la surface de l'ovaire, où se trouve l'œuf, elle augmente considérablement, et l'épithélium forme là un épaississenient verruqueux, de 0""",6 de largeur, qui fait saillie dans l'intérieur du follicule et qui enferme l'œuf dans son intérieur; c'est ce qu'on appelle le disque proligère , cumulus proligerus (fig. 268, e). Les cellules dont se compose l'épithélium, ont 0""",007 à 0""",009 de diamètre; dis* posées en plusieurs couches, elles ont une forme polygonale et renferment un gros noyau, souvent avec quelques granulations graisseuses jaunâtres. Ces cellules sont extrêmement délicates et se détruisent très rapidement après la mort ; on ne voit plus alors, à la place de l'épithélium, qu'une membrane finement nombreux noyaux. — La cavité du follicule renferme un liquide transparent, un peu jaunâtre [liquor folliculi) , qui a la même composition que le sérum du sang , et dans lequel nagent presque toujours des granulations, des noyaux et des cellules ; ces éléments sont évidemment des portions détachées de la membrane granuleuse.

Dans l'épaisseur du disque proligère, très près de la membrane fibreuse, conséquemment dans la portion la plus saillante de ce disque, se trouve Yœuf, entouré de toutes parts de cellules qui le maintiennent en place. Lorsque le follicule crève spontanément, ou quand il est rompu artificiellement, l'œuf s'échappe, entraînant avec lui les cellules qui composent le cumulus, et les portions de l'épithélium qui l'avoisinent ; ces cellules l'entourent de toutes parts; vues de face elles forment autour de lui comme un anneau ou un disque (disque proligère, de Baer). L'e^/lui-môme estime vésicule sphérique qui, à l'état parfait , a j à J de millimètre de diamètre. Bien qu'il constitue sous certains rapports un élément tout spécial , l'œuf représente une simple cellule. La membrane de cellule de l'œui, ou membrane vitelline, est remarquable par sa grande épaisseur (0"'m,009 à 0mm,01) '■; vue au microscope, elle forme autour du vitellus un anneau transparent, ce qui lui a fait donner le nom de zone transparente , zona, pellucida. Cette membrane est hyaline, solide et très élastique ; elle se laisse

Fi g. 2G9.

Fig. 268. — Vésicule de Graaf du cochon, à un grossissement d'environ 10 diamètres. a, couche externe de la membrane fibreuse du follicule; b, couche interne; c, couche granuleuse; d, liquide du follicule; e, disque proligère, épaississement de la membrane granuleuse; f, œuf, montrant sa zone transparente, son vitcllus et sa vésicule embryonnaire.

Fig. 269. — OEuf humain provenant d'un follicule de moyenne grosseur. Grossissement de 250 diamètres, o, membrane vitelline, ou zone transparente; b, limite extérieure du vitellus et limite interne de la membrane vitelline; c, vésicule germinative avec la tache germinative.

distendre considérablement sans se déchirer; ses propriétés chimiques permettent de la ranger à côté des membranes propres (§ 16 ). Le vitellus , sur les œufs frais, remplit toute la cavité de la membrane vitelline ; il présente une couleur jaunâtre et se compose d'un liquide visqueux et d'une infinité de granulations qui y sont disséminées; dans les œufs complètement mûrs, il s'y joint aussi quelques granulations graisseuses. Vers la périphérie de ce contenu on trouve, dans les œufs arrivés à maturité, un beau noyau vésiculaire de 0mm,05 pie diamètre, qui porte le nom de vésicule germinative (vésicule de Purkin^S. Ce noyau contient une substance transparente

et un nucléole homogène, arrondi, périphérique , de 0' ,007 de diamètre :

c'est ce qu'on a appelé la tâche germinative , macula germinativa, tache de Wagner.

h' organe de Rosenmüller est un débris du corps de Wolff de l'embryon; il est formé d'un certain nombre de canalicules de ()""", 3 à ()""",:"> de largeur, qui du bile de l'ovaire s'étendent en divergeant dans le ligament large ; dans l'espèce humaine ces canalicules ne communiquent point avec l'ovaire ni avec aucun autre organe, et ne contiennent qu'un peu de sérosité limpide, lis se composent d'une membrane fibreuse de 0""",05 à 0mm.0() d'épaisseur, et d'une couche simple de cellules pales, cylindriques et peutêtre vi brat i les. Les corps de Rosenmüller n'offrent d'autre intérêt que comme débris d'un organe embryonnaire.

Les artères de l'ovaire proviennent de l'artère ovarique et de l'artère utérine; elles sont très nombreuses et cbeminent d'abord entre les deux feuillets du ligament large, pour gagner le bord intérieur de l'organe. Bans l'intérieur de l'ovaire, elles ont un trajet très llexueux ; elles se terminent en partie dans le stroma et dans l'albuginée, en partie et surtout sur les parois des follicules de Graaf, où elles forment deux réseaux, l'un extérieur, à larges mailles, l'autre interne, plus serré, qui touche la membrane granuleuse. Les veines proviennent de ces réseaux, et se jettent dans les veines utérines et ovariqucs. Elles sont très faciles à voir, chez l'homme, dans les parois des gros follicules. Quelques rameaux lymphatiques qui émergent de l'ovaire par le bile, accompagnent ensuite les vaisseaux sanguins et aboutissent aux ganglions lombaires et pelviens. Quant aux nerfs de l'ovaire, ils proviennent du plexus ovarique; ce sont de petits rameaux composés de tubes minces et de fibres de Remak, et qui pénètrent dans l'ovaire avec les artères. Nous ignorons comment ils se comportent dans l'intérieur de l'organe.

§ 209. Chute périodique et reproduction des eeufs, corps jaunes. —

Depuis l'époque où la femme devient nubile jusqu'à l'âge de retour, il se fait dans les ovaires une élimination incessante d'amfs -par suite de la déhiscence des vésicules de Graaf. Cette élimination, indépendante de la copulation, a lieu chez les filles vierges aussi bien que chez les femmes qui ont eu des rapports sexuels, et correspond généralement à l'époque des règles; mais sous des influences encore mal déterminées, elle peut avoir lieu et a souvent

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