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CHUTE PÉRIODIQUE ET UEPHODUCTION DES OEUFS, COUPS JAUNES

lieu en effet à d'autres périodes. Il est à remarquer que chez les animaux l'accouplement paraît être une condition indispensable à l'accomplissement de ce phénomène, qui se montre à l'époque du rut. Chez eux il est possible de suivre exactement les modifications anatomiques qui correspondent aux faits physiologiques, tandis que chez l'homme les occasions de faire de semblables observations se présentent beaucoup plus rarement. •

Lorsque les follicules de Graaf approchent de l'époque de leur rupture, ils grossissent de plus en plus; leur circonférence acquiert de 9 à 1A millimètres et même davantage ; ils se rapprochent graduellement de la surface de l'ovaire, au-dessus de laquelle ils finissent par former une saillie verruqueuse ou hémisphérique ; à ce moment leur paroi ne consiste plus qu'en une pellicule très mince, constituée par l'albuginée et une lamelle péritonéale. En même temps les vaisseaux qu'ils reçoivent, deviennent extrêmement nombreux, et sécrètent un liquide qui s'ajoute au contenu du follicule, tandis que la membrane fibreuse du follicule s'épaissit à sa face interne dans tous les points où l'œuf ne se trouve point, c'est-à-dire dans le fond et sur les côtés du follicule; la membrane granuleuse elle-même gagne en épaisseur, ses cellules grossissent (jusqu'à prendre 0mm,02 de diamètre). Quand ces phénomènes ont atteint un certain degré, les membranes délicates qui ferment le follicule en dehors, deviennent incapables de résister à cette pression interne, devenue de plus en plus considérable ; elles se rompent au point culminant, en même temps le plus aminci, où précisément se trouve l'œuf, et si, à ce moment, la trompe de Fallope est appliquée sur ce follicule, l'œuf, entouré des cellules du cumulus, s'engage dans l'oviducte. Mais là ne se terminent pas les phénomènes vitaux dont le follicule de Graaf est le siège; une autre série d'actes commence alors, ayant pour but d'abord la production de ce qu'on a appelé le corps jaune, puis la disparition complète du follicule.

Les corps jaunes, corpora lutea, n'acquièrent leur développement complet que dans les cas où la chute de l'œuf a été suivie de conception et de grossesse. Au summum de leur accroissement ils représentent des corps sphériques ou oblongs, denses, généralement un peu plus gros que le follicule qui leur a donné naissance. En général on les distingue déjà à l'extérieur, car ils forment une saillie notable à la surface de l'ovaire; à la partie culminante de cette saillie se voit une cicatrice étoilée, provenant de la déchirure du follicule. Les corps jaunes présentent à leur face externe une membrane fibreuse blanchâtre et très mince (fig. 270, 2 f), qui les sépare du stroma de l'ovaire; plus en dedans on rencontre une lame très vasculaire, jaunâtre et plissée, ce qui la fait paraître beaucoup plus épaisse (fig. 270, c); à la partie centrale, enfin, est une cavité plus ou moins spacieuse (fig 270, d, é) remplie soit par du sang coagulé (caillot), soit par un liquide gélatineux, légèrement sanguinolent. Quant au mode de production des corps jaunes, on reconnaît facilement, d'une part, que leur partie centrale résulte du sang épanché pendant la rupture du follicule et mêlé quelquefois à un reste du

liquide folliculaire ; d'autre part, que leur membrane fibreuse extérieure n'est autre chose que la couche externe de la membrane fibreuse du follicule. Pour ce qui est de la couche corticale jaunâtre et plissée, elle doit être rapportée en grande partie à la couche interne de la membrane fibreuse du follicule primitif ; cette ' couche, même antérieurement à la chute de l'œuf, Jj^ se gonfle , et l'œuf une fois tombé, elle s'épaissit très rapidement et acquiert jusqu'à | — 1 milli- ■(> mètre. Les portions d'épithélium ou de la membrane granuleuse qui n'ont pas été éliminées avec l'œuf, semblent participer à cette sorte d'hypertrophie, mais à un degré beaucoup moindre. Par suite de ce travail, il se forme une infinité de cellules plus ou moins grosses, dont les unes se transforment en tissu conjonctif et en vaisseaux, tandis que les autres conservent leur forme primitive, mais augmentent de volume et se distinguent

Fig. 270. i -i i

alors par leurs noyaux vésiculeux , de 0 111 "',02 a 0mm,05 de diamètre, renfermant dans leur intérieur un nucléole et une quantité plus ou moins grande de gouttelettes graisseuses. Arrivés à ce degré de développement, les corps jaunes restent en général stationnaires pendant quelque temps, jusque vers le deuxième ou le troisième mois de la grossesse; car si leur partie centrale (caillot sanguin ou substance gélatineuse avec petite cavité centrale) diminue graduellement et se décolore, la couche corticale jaune continue encore à gagner en épaisseur; en même temps le tissu du corps jaune s'organise davantage et devient plus compacte, puisque d'un côté la substance centrale se transforme en tissu fibrillaire, et que d'un autre côté l'écorce jaune se confond plus intimement avec elle, en donnant naissance, dans son épaisseur, à du tissu conjonctif embryonnaire de plus en plus abondant, Au quatrième ou cinquième mois le corps jaune commence à s'atrophier, et cette atrophie marche avec une certaine lenteur jusqu'au terme de la grossesse ; chez la femme morte en couches, il mesure encore 9 millimètres en moyenne ; plus tard la résorption se fait plus rapidement, jusqu'à ce qu'enfin, au bout de quelques mois, il ne reste plus aucune trace du follicule de Graaf métamorphosé, ou qu'il n'en reste qu'un corpuscule excessivement petit et diversement coloré, qui peut persister fort longtemps et ne disparaît peut-être qu'près plusieurs aimées. Ces corps jaunes rudimentaires [corpora albicantia ou nigra des auteurs) présentent encore, dans l'origine, une membrane d'enveloppe distincte, un noyau dentelé, de couleur grisâtre, rouge, brune ou même

Fig. 270. — Section de deux corps jaunes de grandeur naturelle. 1, corps jaune huit jours après la conception: 2, corps jauue au cinquième mois de la grossesse o, albuginée; b, stroraa de l'ovaire ; c, membrane fibreuse du follicule épaissie et plissée (couche interne -; cZ, caillot sanguin dans la cavité de cette membrane ; c, caillot décoloré ; f, enveloppe libreuse qui limite le corps jaune.

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noire (ces dernières colorations résultent de l'hématine altérée), mais rarement pourvu d'une cavité, et enfin une substance corticale, souvent très nettement plissée, et offrant une coloration plus ou moins jaunâtre ou blanche ; plus tard ils se réduisent à de simples taches informes, confondues avec le stroma de l'ovaire. Les éléments qui les composent sont des fibres voisines de l'état embryonnaire et analogues à celles qui constituent le stroma de l'ovaire, diverses espèces de molécules pigmentaires et des cristaux colorés (hématoïdine), la myéline de Virchow, ainsi que de la graisse blanche ou jaune. Cette dernière, au commencement, est encore renfermée dans de grosses cellules sphériques, oblungues ou fusiformes, qu'on trouve dans la substance corticale ; ces cellules détruites, elle est mise en liberté et se résorbe plus ou moins complètement.

Lorsque la rupture des follicules de Graaf n'est point suivie de conception, les phénomènes sont encore les mêmes; mais ils se succèdent bien plus rapidement, de sorte qu'en général, dans ces cas, les corps jaunes disparaissent plus ou moins complètement dans l'espace d'un ou de deux mois ; aussi n'ont-ils jamais complètement la structure de ceux que nous venons de décrire, et qu'on a désignés, pour cela, sous le nom de vrais corps jaunes,

Pour remplacer les nombreux follicules ovariques qui se détruisent pendant toute la durée de la période de fécondité, il se produit constamment, même chez l'adulte, de nouvelles capsules ovariques qui , en s'accroissant, deviennent des follicules de Graaf. Chez les animaux, cette reproduction, étudiée d'abord par Barry, Bischotf et Steinlin, s'opère à l'époque du rut, et peut être observée très facilement. Chez la femme, au contraire, on n'a pas encore eu l'occasion de la constater directement; mais on doit supposer qu'elle se fait également chez elle, car dans les ovaires normaux on trouve constamment des follicules de diverses grosseurs. Probablement c'est encore à l'époque de la conception et de la menstruation que se fait cette génération. Les phénomènes histologiques qui l'accompagnent chez les animaux sont exactement les mêmes qui ont été décrits plus haut, à l'occasion du développement des premiers follicules de l'embryon.

§ 210. Owiducte et matrice. — Des trois tuniques qui composent l'oviducte, la plus externe, appartenant au péritoine, ne présente rien de remarquable; la moyenne, formée de fibres musculaires lisses, est assez épaisse, surtout dans la moitié interne de la longueur de l'oviducte, et présente une couche externe de fibres longitudinales et une couche interne de fibres circulaires. Les éléments de ces fibres, très difficiles à isoler, même pendant la grossesse, sont mélanges avec une quantité considérable de tissu conjonctif embryonnaire, analogue à celui du stroma de l'ovaire. La tunique la plus interne, ou tunique muqueuse, est une couche mince, molle, d'un blanc rosé, unie à la tunique musculeuse par un peu de tissu sous-muqueux; elle n'offre ni glandes, ni villosités, mais de simples plis longitudinaux, et se compose de tissu conjonctif peu développé et de nombreuses

cellules formatrices fusiformes. Sa lace interne, depuis l'utérus jusqu'au bord libre des franges, est garnie d'une couche simple de cellules coniques ou filiformes, à cils vibratiles, de 0m"',016 à 0""",02 de largeur. Les cils de ces cellules, qui sont très distincts, produisent un courant qui de l'orifice abdominal se dirige vers l'orifice utérin de la trompe, et contribue probablement à faire cheminer l'œut, mais non le sperme.

L'utérus a la même composition que Foviducte, avec cette particularité que la tunique musculeuse et la membrane muqueuse y sont beaucoup plus épaisses et présentent une structure un peu différente. La tunique musculeuse est d'un rouge pâle; on peut y distinguer trois couches, qui cependant ne sont point nettement séparées comme dans d'autres organes, dans l'intestin, par exemple. La couche la plus superficielle se compose de fibres longitudinales et de fibres transversales; les premières forment une lame mince, unie intimement avec le péritoine, et étendue sur le fond, la face antérieure et la face postérieure de l'organe, jusqu'au col ; les fibres transversales, en couche beaucoup plus épaisse, entourent l'utérus circulairement et se continuent en partie dans le ligament rond, le ligament de l'ovaire, le ligament large et l'oviducte. La couche moyenne est la plus puissante ; elle présente des faisceaux aplatis, longitudinaux, transversaux et obliques, qui s'entrecroisent dans toutes les directions, et renferme des vaisseaux volumineux, notamment des veines, ce qui lui donne un aspect spongieux, surtout dans l'état de grossesse. La couche la plus interne, enfin, est très mince comme la couche externe, et se compose d'un lacis de fibres longitudinales minces, de fibres transversales et obliques plus épaisses qui, au niveau de l'ouverture des oviductes, forment quelquefois des anneaux parfaitement distincts. Au fond de l'utérus, où les parois de l'organe ont leur plus grande épaisseur, la couche moyenne offre son maximum de développement ; elle s'y trouve souvent comme stratifiée, tandis que dans le col, dont les parois sont plus minces, on rencontre principalement des fibres transversales, entremêlées seulement de quelques fibres longitudinales. Vers l'orifice utérin externe et au niveau de ce dernier on voit, immédiatement au-dessous de la muqueuse, des fibres transversales très développées, qu'on peut considérer comme formantun véritable sphincter uteri. Les éléments des fibres musculaires de l'utérus sont tous des fibres-cellules fusiformes, courtes (de 0mm,05 à 0n,m,07 de longueur), à noyau ovalaire; comme ils sont unis entre eux par une grande quantité de tissu conjonctif embryonnaire et à noyaux, comme celui qui forme le stroma de l'ovaire, il en résulte qu'ils sont très difficiles à isoler ; même sous l'influence de l'acide nitrique au cinquième, ils ne deviennent point aussi évidents qu'ailleurs.

La muqueuse utérine est une membrane blanche ou rougeâtre, intimement unie à la tunique musculeuse, dont il est impossible de la séparer; sur des coupes, cependant, elle s'en distingue par sa couleur plus claire, sans qu'on puisse fixer une limite précise entre les deux tissus. La couche fondamentale de la muqueuse utérine est formée de ce même tissu con-

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