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STRUCTURE DES MAMELLES

profondément dans la glande (Jahreskr, 1850, p. 41). H. Meckel dit avoir fait la même observation.

Le mamelon et Y auréole renferment de nombreuses fibres musculaires lisses, auxquelles ils doivent leur contractilité (§36) ; ils sont recouverts d'un épiderme très mince, dont la couche cornée ne dépasse ptfs 0mm,01A- d'épaisseur chez la femme, tandis que la couche de Malpighi mesure 0mm,09 et renferme du pigment dans sa profondeur; ils portent enfin des papilles composées, de 0mm,2 à 0mm,06 de hauteur. Sur la glande elle-même, les papilles sont petites (0""n,033 à 0""",Ü25) et simples, l' épiderme encore plus mince (0""",07 à 0""",09), mais àcouche cornée plus forte(0mm,05 à Ü""",Ü6). Au niveau de l'auréole, surtout vers la périphérie, mais non dans le mamelon lui-même, on trouve de grosses glandes sudoripares dont le contenu présente quelquefois un aspect tout spécial , et des follicules sébacés en connexion avec des poils très fins. Ces glandes forment souvent des tubercules saillants, visibles à l'extérieur (voy. § 69 et 75). Chez l'homme, j'ai observé aussi de semblables follicules, mais sans poils, sur le mamelon.

Les vaisseaux sanguins de la mamelle sont fort nombreux, et fournissent un réseau capillaire assez étroit autour des vésicules glandulaires. Les veines forment sous l'auréole un cercle qui n'est pas toujours complet {cercle veineux de Huiler). Les vaisseaux lymphatiques sont en nombre considérable dans la peau qui couvre la glande ; mais dans la mamelle elle-même, personne n'en a rencontré jusqu'ici. Les nerfs cutanés de la mamelle proviennent des nerfs sus-claviculaires, et des rameaux cutanés des deuxième et quatrième nerfs intercostaux. Il est impossible de poursuivre ces nerfs dans l'épaisseur de la glande, si ce n'est quelques ramuscules très ténus qui accompagnent les vaisseaux, et dont on ignore le mode de terminaison.

A l'époque de la lactation, la glande mammaire prend un accroissement très considérable. Son tissu perd son aspect homogène, blanchâtre et dense, il devient plus mou, granuleux et lobulé ; le parenchyme glandulaire, d'un jaune rougeàtre, se distingue alors nettement du tissu interstitiel , blanchâtre et lâche. Les vésicules et les canaux de la glande s'élargissent, se remplissent de lait, les vaisseaux deviennent beaucoup plus nombreux. A l'extérieur, on remarque surtout l'élargissement de l'auréole et du mamelon, phénomène qui semble dépendre non d'une simple extension de la coloration, mais d'une hypertrophie de tous les éléments qui entrent dans la composition de ces parties, même des fibres musculaires et des petites glandes. Chez l'homme, la mamelle est tout à fait nui im en taire ; elle est dense, non lobulée et mesure 1 à 5 centimètres de largeur, sur 2 à 7 millimètres d'épaisseur. Les canaux galactophores sont dépourvus de sacs à lait et ne présentent jamais le même développement que chez la femme ; tantôt ils répondent, quant à la forme, à ceux qu'on trouve chez le fœtus, et tantôt, dansles glandes plus volumineuses, ils présentent des ramifications multiples et un certain nombre de vésicules terminales, dont le volume, en général très considérable, ne permet point de les considérer comme des vésicules glandulaires ; car, d'après Langer, leur diamètre est trois fois plus

considérable que chez la femme ; Luschka, au contraire, ne leur donne que 0mm,05 a 0mm,06 de diamètre. Dans quelquescas rares, la glande mammaire de l'homme prend assez de développement pour devenir apte à sécréter du lait.

§ 215. Considérations physiologiques. — Le développement de la mamelle procède comme celui des autres glandes de la peau ; la glande n'est d'abord (du quatrième au cinquième mois), ainsi que je l'ai constaté (Mitth. d. Zürche?\nat.Ges.,\S5Q, n°M)avec Langer (loc. cit.), qu'une excroissance verruqueuse de la couche muqueuse de l'épiderme, entourée d'une couche plus serrée de tissu dermique (fig. 277, 1). Du sixième au septième mois, un certain nombre de bourgeons se développent sur cette excroissance, et forment les premiers rudiments des lobes de la glande (Qg. 277, 2). Dans l'origine, les lobes sont donc simplement de petits bourgeons piriformes ou en forme de bouteille, qui reposent sur le corps de la glande ; ce n'est que vers la fin de la période fœtale qu'ils s'isolent les uns des autres et s'ouvrent au dehors, tandis qu'à leur extrémité profonde, arrondie ou un peu allongée , commencent à pousser de nouveaux bourgeons solides. A l'époque de la naissance, la mamelle a 3 à 9 millimètres de largeur, et l'on y reconnaît déjà distinctement un certain nombre de Fi c>77 lobes, douze à quinze, dont les plus internes, encore

plus voisins du mamelon rudimentaire, se terminent simplement en bouteille ou par deux ou trois culs-de-sac, tandis que les autres sont garnis d'un nombre de culs-de-sac beaucoup plus considérable. Chacun de ces lobules rudimentaires est pourvu d'un conduit excréteur simple ou présentant deux ou trois ramifications, et composé d'un épithelium cylindrique et d'une tunique fibreuse; celle-ci est constituée par du tissu conjonctif embryonnaire, muni de noyaux.

Le canal excréteur est creux, mais ses extrémités renflées en massue sont encore des corps pleins, et ne sauraient en conséquence être appelées des vésicules glandulaires ; l'espace circonscrit par la membrane fibreuse y est complètement rempli de petites cellules à noyau. Les transformations qui, de cette glande rudimentaire, formeront la glande mammaire de l'adulte, sont les suivantes : sur les extrémités en massue des canaux glandulaires poussent constamment de nouveaux bourgeons ; en même temps la cavité du canal s'étend de plusen plus, d'où naît enfin un canal extrême-

Fig. 277. — Développement de la niamelle. 1, rudiment de mamelle d'un fœtus mâle de cinq mois, a, couche cornée; b, c-.uche muqueuse de l'épiderme; c, prolongement fourni par celle-ci, ou rudiment de la glande; d, enveloppe fibreuse.

2, mamelle d'un fœtus femelle de sept mois, vu de face, a, masse centrale de la glande, avec des bourgeons solides gros (b) et petits (c), qui sont les rudiments des lobes principaux.

mentrameux, dont les branches sont garnies, à leur extrémité, de groupes devésicules glandulaires creuses. Ces transformations se font plus lentement dans la mamelle que dans tous les autres organes de sécrétion. D'après Langer, auquel nous devons d'excellentes recherches sur ce sujet, on ne rencontre point, chez l'enfant, de véritables vésicules terminales avant l'éruption des règles, mais seulement des canaux incomplètement développés et terminés en massue. Vers la puberté naissent des vésicules glandulaires proprement dites ; elles se montrent d'abord sur la périphérie de la glande seulement, et ce n'est que pendant la première grossesse que la mamelle acquiert son développement complet. Après la première lactation, elle subit une légère diminution de volume, bien que tous ses éléments persistent ; dans la grossesse suivante, elle grossit de nouveau, mais cette fois sans que de nouvelles parties se développent en elle. Après la ménopause, peut-être aussi dans les cas où, après une grossesse, il se passe un long temps sans que la glande entre en activité, la mamelle s'atrophie ; chez les vieilles femmes toutes les vésicules ont disparu et l'on ne trouve plus, au milieu du tissu graisseux qui les a remplacées, que les canaux galactophores plus ou moins bien conservés, mais dont l'épithélium a subi la transformation graisseuse.

Le lait, sécrété par la mamelle, est formé d'une portion liquide, le plasma dulait, et d'une infinité de corpuscules arrondis, opaques, brillants comme des gouttelettes de graisse , qui sont en suspension dans ce liquide. Ces corpuscules ou globules du lait, qui donnent au lait sa couleur blanche, ontOmm,002 à 0mm,005 de diamètre au plus; il est très vraisemblable qu'ils ne sont pas formés uniquement de graisse , et qu'ils possèdent une enveloppe délicate de caséine. Il est à

remarquer qu'en dehors de la lactation et de la grossesse la mamelle ne contient qu'une petite quantité d'un mucus jaunâtre, avec un certain nombre de cellules épithéliales , et qu'elle est tapissée intérieurement, jusqu'aux vésicules glandulaires, d'un épithélium pavimenteux qui, vers l'extérieur, se rapproche de l'épithélium cylindrique. La conception modifie cet état de choses : dans les cellules des vésicules glandulaires s'amasse de la graisse, dont la quantité augmente de plus en plus ; devenues par là beaucoup plus grosses, elles remplissent complètement la vésicule glandulaire. Quelque temps avant le terme de la grossesse se produisent, en outre, de nouvelles cellules graisseuses, lesquelles repoussent les anciennes dans les conduits galactophores. C'est ce qui explique pourquoi, dans la seconde moitié de la grossesse, on peut en général exprimer quelques gouttes de liquide de la glande, bien que la sécrétion lactée n'ait pas encore commencé. Ce liquide, comme le montre sa couleur jaunâtre, n'est

Fig. 278. — Éléments du lait; grossissement de 350 diamètres, a, globule du lait; b, corpuscules du Colostrum; c, d, cellules à corpuscules graisseux du Colostrum ; l'une d'elles, d, présente un noyau.

point du lait; mais ii contient un certain nombre de globules graisseux, provenant de cellules graisseuses plus ou moins altérées, et analogues aux petits globules du lait} on y trouve, en outre, ces cellules, pourvues ou non d'une enveloppe, qu'on a appelées corpuscules du Colostrum. Lorsque, après l'accouchement, la lactation commence, la production de cellules dans les vésicules glandulaires prend une activité extraordinaire; les liquides accumulés jusque-là dans les canaux et vésicules glandulaires sont chassés au dehors, sous le nom de Colostrum ou lait imparfait, dans l'espace de trois à quatre jours, pour être remplacés par du lait véritable.

Le lait, tel qu'on le trouve dans les vésicules glandulaires, se compose uniquement de sérosité, en petite quantité, et de cellules pleines de globules de graisse; ces cellules tantôt remplissent à elles seules la cavité des vésicules et tantôt laissent à leur périphérie un espace, occupé par des cellules epitheliales, renfermant également plus ou moins de graisse ; elles résultent ou bien d'une formation de toutes pièces de cellules nouvelles, ou bien d'une multiplication incessante des cellules epitheliales, analogue à celle qui s'observe dans la sécrétion des follicules cutanés (voy. § 75). Ces cellules, auxquelles je donnerai le nom de cellules du lait, se détruisent déjà dans les conduits galactophores, où l'on ne trouve plus que leurs éléments, les globules du lait, sans aucune trace de la membrane de cellule, ni, le plus souvent, du noyau ; aussi le lait, tel qu'il est versé au dehors, ne présente-t-il rien qui mette sur la trace de son mode de formation. Tout au plus reucontre-t-on dans le lait quelques rares amas plus ou moins considérables de globules de lait qui, vu leur analogie avec les éléments du Colostrum, pourraient être désignés également sous le nom de corpuscules de Colostrum. La sécrétion laiteuse consiste donc en une formation de sérosité et de cellules adipeuses au sein des vésicules glandulaires, et doit, en conséquence, être rangée avec les sécrétions dans lesquelles les éléments organisés jouent un certain rôle ; c'est ce qui a lieu surtout pour la sécrétion des produits graisseux, tels que celui des follicules cutanés, dans lequel on trouve des cellules complètement identiques avec celles des vésicules glandulaires de la mamelle et du Colostrum.

Chez le nouveau-né la mamelle renferme très souvent une petite quantité d'un liquide qui, sous le rapport physique et microscopique, se comporte comme le lait, et dont la formation est probablement en connexion avec le développement des canaux glandulaires.

C'est Reinhardt qui, le premier, a démontré que les corpuscules et les globules graisseux du Colostrum sont en connexion, ainsi que l'avaient présumé Nasse et Henle, avec une production de cellules graisseuses dans la glande mammaire, et que les corpuscules, dans leur forme ordinaire, ne sont autre chose que des cellules privées d'enveloppe, les globules que des gouttelettes graisseuses devenues libres. Ce physiologiste, néanmoins, est porté à établir une distinction entre la production du Colostrum et la sécrétion laiteuse, et à considérer la première plutôt comme un phénomène pathologique, une transformation graisseuse par laquelle les anciennes cellules épithéliales sont évacuées au dehors, avant que le lait commence à être

sécrété : son opinion est fondée surtout sur cette considération, qu'il lui a été impossible de trouver des cellules adipeuses dans le lait proprement dit. Mais comme ces cellules ont été observées depuis par v. Bueren, et que par conséquent le lait et le Colostrum présentent les mêmes caractères morphologiques, une telle distinction n'est plus possible, et l'on ne peut guère considérer la formation du Colostrum chez les multipares que comme une introduction à la sécrétion laiteuse. Je suis d'avis, néanmoins, que la production du premier Colostrum est liée avec l'énorme développement que prend la glande mammaire pendant la première grossesse, et qu'elle résulte en partie de la destruction des cellules internes qui remplissent complètement les extrémités renflées des rudiments de vésicule glandulaire. Je me représente de la même façon la production de lait chez le nouveau-né, où bien certainement on ne saurait admettre une véritable sécrétion.

Donné, qui le premier a vu les corpuscules du Colostrum, avance que dans les inflammations et engorgements du sein qui surviennent chez les nourrices, le lait reprend les caractères du Colostrum ; ce fait a élé nié par d'Oui repont et Münz (Neue Zeitschr. f. Geburtskunde, t. X). D'un autre côté, d'après Lehmann ( Phys. Chemie, II, p. 327), dans les maladies aiguës en général et pendant la période menstruelle (Donné, d'Outreponl), le lait renfermerait des corpuscules de Colostrum, que Donné regarde, quand ils sont en nombre considérable, comme indiquant un lait de mauvaise nature. Pendant les épizoolies, Herbergcr et Donné ont trouvé dans le lait les éléments du Colostrum. Dans le lait caillé, on voit la caséine coagulée en grumeaux et le? globules du lait plus ou moins confluents en gouttes volumineuses. Le lait bleu ou jaune contient, d'après Fuchs (voy Scherer, art. Milch, dans flandw. d. l'Iujs., II, p. 470), des infusoires incolores qu'il appelle vibrio cyanogenus et xanthogenus, et qui, mêlés à du lait normal, lui donneraient les mêmes colorations ; ces faits ont élé constatés par Lehmann pour le lait bleu. Suivant Bailleul [Compt. rend., XVII, p. 1 1 38) et Lehmann, on trouve en outre un cryptogame dans le lait bleu. Du lait rouge a été vu par C. Nsegele, qui y a dècouvertdes productions végétales analogues au protococcus.

Pour étudier la mamelle, on choisira de préférence celle d'une femme enceinte, d'une nourrice ou d'une femme qui a déjà eu des enfants ; car ce n'est que dans ces cas que les vésicules glandulaires ont acquis tout leur développement. En djlacérant les petits lobules, on arrive aisément à isoler les éléments de la glande; mais si l'on veut étudier l'arrangement de ces éléments, on devra faire usage de tranches minces faites sur la glande traitée par l'acide acétique bouillant, puis desséchée ; on peut aussi se servir de pièces injectées ; l'injection se fait facilement par les sacs lactifères. Pour V étude du développement de la mamelle, il est nécessaire d'avoir sous la main des pièces fraîches et des pièces traitées par l'acide acétique. Les fibres musculaires lisses de l'auréole se découvrent même par la simple dissection, mais non toujours facilement ; car, en dehors de la grossesse, elles sont souvent très peu développées.

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