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STRUCTURE DU COEUR

repose immédiatement sur la couche superficielle de la membrane élastique, composée pour ainsi dire exclusivement de fibres longitudinales très fines. Le reste de cette membrane est formé par une couche fondamentale de tissu conjonctif ordinaire, mêlé de noyaux, que traversent des réseaux très serrés défibres élastiques fines ou grosses; dans les oreillettes, ces réseaux sont si nombreux (quelquefois même ils sont entremêlés à de vraies membranes fenêtrées) (voy. § 27), que l'endocarde de ces cavités représente une véritable membrane élastique jaune à plusieurs couches. Tout à fait eu dehors, enfin, se trouve une couche de tissu conjonctif, mince il est vrai, mais qu'il est possible néanmoins d'isoler en couche continue dans les ventricules aussi bien que dans les oreillettes ; cette couche, dans ses portions voisines de la couche élastique, renferme encore des éléments élastiques fins, et représente un tissu sous-séreux lâche, destiné à unir la couche musculeuse du cœur avec l'endocarde proprement dit. Sur les cordes tendineuses l'endocarde consiste simplement en une couche d'épithélium et une couche de tissu élastique ; la couche de tissu conjonctif y fait complètement défaut ; elle est très mince, d'un autre côté, sur les trabé» cules du ventricule droit et sur les muscles pectinés.

Les valvules auriculo-ventriculaires sont des lames qui naissent des anneaux fibreux des orifices correspondants; dans les points où elles ont le plus d'épaisseur, on y distingue trois couches, deux couches superficielles, fournies par l'endocarde, et une couche intermédiaire, plus épaisse à gauche, composée de tissu conjonctif avec des réseauxélastiques,etàla formation de laquelle participe bien évidemment l'épancuissement des cordes tendineuses ; vers le bord libre ces trois couches se confondent en une seule, composée de tissu conjonctif et de réseaux élastiques fins, et recouverte par l'épithélium. Les valvules semi-lunaires se comportent comme les autres, mais elles sont plus minces. Sur les deux espèces de valvules l'endocarde est plus développé du côté où, pendant la vie, la tension est la plus grande. Du bord externe de la couche moyenne des valvules auriculo-ventriculaires naissent çà et là quelques fibres musculaires de l'oreillette; mais dans les valvules elles-mêmes il n'y a aucun élément musculeux.

Les vaisseaux du cœur sont fort nombreux, mais ne diffèrent en rien de ceux des autres muscles striés (voy. § 85), si ce n'est que les capillaires, en raison du peu de volume des fibres musculaires, entourent souvent plusieurs de ces dernières à la fois. La couche de tissu conjonctif de l'endocarde est assez riche en vaisseaux ; mais on en trouve fort peu dans l'endocarde proprement dit. Dans les valvules auriculo-ventriculaires, il est facile de voir, chez les animaux et chez l'homme (voy. Luschka, loc. cit., p. 182 et fig. 5), quelques vaisseaux, dont les uns proviennent des muscles papillaires, les autres, plus nombreux, de la base des valvules, et qui se distribuent en partie dans le revêtement endocardique lui-même. Les valvules semilunaires sont dépourvues de vaisseaux. — On trouve quelques rares vaisseaux l ymphatiques sur le feuillet externe du péricarde; ces vaisseaux sont, au contraire, très nombreux au-dessous du feuillet interne, sur la couche

0Q# HtèîÔtOÛLË SPÉCIALE.

musöuleuse. On petit les voir déjà, comme Cruikshank l'indique avec raison, sur un cœur (ju'on a laissé quelques jours dans l'eau ; les troncs de ces lymphatiques se rendent tous aux sillons du cœur, cheminent avec les vaisseaux sanguins, et se jettent dans les ganglions situés derrière la crosse de l'aorte, au niveau de la bifurcation de la trachée, où viennent se rendre également les lymphatiques du poumon. La substance musculeuse du cœur et l'endocarde sont-ils pourvus de lymphatiques, ainsi que l'admettent quelques auteurs? la chose n'est pas encore certaine. — Les nerfs du cœur sont fort nombreux ; ils proviennent du plexus cardiaque, formé principalement par le nerf vague et le grand sympathique, et situé au-dessous et en arrière de la crosse aortique. Réunis en deux plexus secondaires, appelés plexus coronaires, l'un droit, plus faible, l'autre gauche, plus considérable, ils gagnent les ventricules et les oreillettes droites et gauches, cheminent avec les vaisseaux ou les croisent à angle aigu, en se dirigeant vers la pointe du cœur, et, après s'être anastomosés entre eux un grand nombre de fois, s'enfoncent dans l'épaisseur du cœur sur différents points, quelques-uns déjà dans le sillon coronaire, pour se distribuer soit dans le tissu musculaire lui-môme, soit. dans la couche de tissu conjonctif de l'endocarde. Les nerfs cardiaques de l'homme sont jaunâtres, et, sauf les gros troncs, ne contiennent que des tubes fins et pâles ; mais ces tubes s'y montrent en grandes quantités et ne sont mélangés qu'avec un nombre assez peu considérable de fibres à noyaux. Bien que les tubes nerveux conservent leurs contours foncés même dans l'endocarde, où ils sont assez nombreux, il a été néanmoins impossible jusqu'ici de déterminer quel est leur mode de terminaison dans cette membrane, ainsi que dans le tissu musculaire du cœur; Martin seulement a vu dans le cœur du brochet des tubes nerveux divisés dichotomiquement et terminés par des extrémités libres [Gott., Nachr., 1853, n° 6). On trouve des ganglions non-seulement sur divers points du plexus cardiaque, mais encore, comme Remak l'a trouvé chez le veau, dans la substance musculeuse des ventricules et des oreillettes ; le même fait se présente chez l'homme et chez les autres animaux. Chez la grenouille, où ces ganglions ont été surtout bien étudiés, ils sont situés en général dans la cloison et sur la limite entre les ventricules et les oreillettes ; ils contiennent des cellules apolaires et unipolaires (Ludwig, Bidder, R. Wagner, Kölliker). Les petits renflements fusiformes signalés en particulier par Leo sur le trajet des branches nerveuses externes sont de simples épaississements du névrilème, et non des ganglions.

Relativement au trajet des fibres musculaires des ventricules, nous ferons remarquer ce qui suit : sur la face extérieure des ventricules se trouve une couche de '1-2 millimètres d'épaisseur, dont les fibres, sur le ventricule gauche, se dirigent, obliquement en bas et en arrière, de l'artère pulmonaire, du sillon longitudinal antérieur et du sillon transverse gauche vers la pointe du cœur et le sillon longitudinal postérieur, et qui, à la partie moyenne de la paroi ventriculaire, descendent presque verticalement. Sur le ventricule droit, ces fibres ne sont obliques que sur l'infundibuium ; latéralement et en arrière elles sont plus ou moins transversales Ces fibres

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Itiperßcielles franchissent les sillons, et passent d'un ventricule sur l'autre'; de sorte qu'une petite partie de celles du ventricule gauche proviennent de la partie antérieure de l'oritice aurieulo-ventriculaire droit, celles du ventricule droit, en grande partie de la moitié postérieure de l'orifice aurieulo-ventriculaire gauche. En suivant les fibres du ventricule gauche, on voit (fig. 280, à, a', a") qu'abstraction faite de celles qui, au niveau du sillon longitudinal postérieur, passent sur le ventricule droit, ces fibres vont gagner la pointe du cœur, pour y former une sorte de tourbillon , puis se recourbent en anse, pénètrent dans la cavité ventriculaire, où, devenues internes , et en général longitudinales, elles remontent jusqu'aux orifices auriculo-ventriculaires , ou se terminent dans le muscle papillaire postérieur. Après avoir enlevé ces faisceaux, on trouve, enchâssée entre leur portion externe et leur portion interne, une couche épaisse dont les faisceaux semblent, au premier abord, former des cercles horizontaux ou obliques autour de la cavité des ventricules, mais qui, sans exception, partent des orifices auriculo-ventriculaires, et paraissent y revenir, en décrivant des huit de chiffre encore plus évidents que ceux delà couche superficielle; c'est ce qui a été démontré parfaitement par Ludwig. J'ai remarqué que

les faisceaux de cette couche (fig. 280, c, e\ c", c'" ) , après leur origine du bord gauche de l'aorte et de la moitié antérieure de l'orifice aurieulo-ventriculaire gauche, se portent obliquement en bas et à gauche (c), puis, avant d'atteindre la pointe du cœur, se recourbent vers la paroi postérieure du ventricule (c'), d'où elles vont en remontant sur la cloison (c"), et la paroi antérieure, pour s'insérer dans toute l'étendue de l'orifice aurieulo-ventriculaire et au bord supérieur de la cloison (c""j. Ce sont ces fibres qui, sur la paroi libre de ce ventricule, forment dans la profondeur les couches qui s'entrecroisent avec les couches superficielles, et qui produisent du côté gauche les fibres dirigées obliquement de bas en haut et d'arrière en avant.

Le ventricule droit possède beaucoup moins de fibres propres que celui du côté gauche. Les faisceaux superficiels passent presque tous dans le ventricule gauche, aussi bien les antérieurs, qui franchissent le sillon longitudinal antérieur pour se perdre dans le tourbillon de la pointe, que la plupart des postérieurs qui, au niveau du sillon longitudinal postérieur, s'étaient portés du ventricule gauche sur le ventricule droit. Ces derniers faisceaux, par conséquent, forment autour du ventricule droit un cercle complet, et vont dans le tourbillon, ou se réunissent, dans le sillon longitudinal antérieur, avec la couche musculeuse moyenne du ventricule gauche. Les fibres propres du ventricule droit ne se voient que : l°sur Yitifündibulum : elles naissent de l'orifice aurieulo-ventriculaire droit, entre l'auricule droite et l'aorte, circonscrivent l'infundibulum, et reviennent de gauche à droite à leur point de départ; 2° à la pointe du ventricule droit, où il n'est pas rare de rencontrer un second tourbillon; dans ces cas, une partie des fibres superficielles provenant de l'orifice aurieulo-ventriculaire gauche se recourbent également de dehors en dedans, comme au tour-

Fig. 280. — Figure schématique représentant le trajet des fibres musculaires du ventricule gauche et de la cloison, a, a, a", fibres superficielles ; a, fibres de la paroi antérieure ; a', réflexion de ces fibres à la pointe du cœur; a", leur passage dans le muscle papillaire postérieur; b, b', 6", fibres de la cloison du coté droit; b, trajet oblique de ces libres en bas et en ayant; b', leur entrée dans le tourbillon et dans la couche musculeuse interne du ventricule gauche, ainsi que leur terminaison dans le muscle papillaire antérieur b" ; c,c", c", couche musculeuse moyenne; c, origine des fibres de cette couche au côté droit de l'orifice aurieulo-ventriculaire, et leur trajet sur la paroi antérieure, oblique en bas, à gauche et en arrière; c', leur réflexion sur la cloison et leur trajet daus cette dernière; c', c'", leur réflexion sur la paroi antérieure et leur trajet daus l'épaisseur de cette paroi, jusqu'à leur terminaison à l'orifice aurieulo-ventriculaire c"".

billon du ventricule gauche, pour se continuer avec les fibres superficielles de la cavité ventriculaire droite ; leur extrême intrication ne permet point de les suivre plus loin. — Outre ces fibres, il existe dans le ventricule droit des fibres profondes, qui affectent la disposition suivante : 1 u du bord supérieur de la cloison et de la partie postérieure gauche de l'orifice pulmonaire partent des faisceaux aplatis qui cheminent le long de la cloison, de haut en bas et d'arrière en avant, vers la pointe du cœur et le sillon longitudinal antérieur ; dans ce sillon ils se réunissent aux fibres superficielles et gagnent avec elles le tourbillon du cœur, d'où il est possible de les suivre jusque dans le muscle papillaire antérieur du ventricule gauche (fig. 280, b, b', b"); 2° à ces faisceaux il s'en ajoute d'autres qui, du côté droit de l'orifice pulmonaire et delà moitié droite de l'orifice auriculo-ventriculaire, droit, marchent obliquement dans l'épaisseur de la paroi libre du ventricule au-dessous de la couche superficielle, se dirigent en bas et en arrière et gagnent le sillon longitudinal postérieur, où, se recourbant fortement sur eux-mêmes, ils se portent sur la cloison pour y suivre le même trajet que les fibres décrites sous la rubrique 1°. mais plutôt sur la moitié inférieure de la cloison, vers la pointe du cœur, et se terminer comme elles; 3° à ces fibres il faut joindre également une partie des éléments du gros muscle papillaire du ventricule droit, tandis que ceux des deux petits muscles papillaires se continuent avec les fibres de la cloison décrites dans la catégorie 1°. Les muscles papillaires reçoivent, du reste, des fibres musculaires directes, dont les unes descendent de l'orifice auriculo-ventriculaire et se recourbent dans leur épaisseur, et dont les autres procèdent du réseau des trabécules du cœur, sans qu'il soit possible de reconnaître leur véritable origine.

En somme, il résulte de ce qui vient d'être dit que les fibres musculaires des deux oreillettes sont presque complètement distinctes, tandis que sur les ventricules toute la couche superficielle, qui est assez épaisse, entoure les deux cavités à la fois et se comporte comme si le cœur ne formait qu'une poche simple. On ne trouve une certaine indépendance que dans le ventricule gauche, lequel non-seulement présente au-dessous de la couche superficielle une masse musculeuse épaisse qui naît et se termine dans son épaisseur, et à laquelle appartient aussi presque toute la cloison, mais encore reçoit presque toutes les fibres profondes nées à droite et situées dans la paroi ventriculaire libre et dans la portion droite de la cloison. On pourrait donc décrire le cœur comme formé de deux poches musculeuses, dont l'une, à parois plus minces, serait commune aux deux ventricules, tandis que l'autre, à parois épaisses, appartiendrait spécialement au cœur gauche et serait enchâssée en partie entre les couches de la première. A cette seconde poche se rapporteraient toute la cloison et la couche musculeuse moyenne, en partie interne, du ventricule gauche ; de la première feraient partie les couches superficielles et leurs prolongements dans les couches internes, ainsi que la portion libre, du ventricule droit.

SECTION II

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