Cellules sanguines du pigeon, a, de face; b, de profil
DU SANG. 6/l9
raie 'Joe. cit.): 3" des amas arrondis de granulations ftnes et pdles, trouvés dans le sang de la veine spléniqnë par Funke: 4" des corpuscules spéciaux, formés de couches concentriques, dont le volume est 3 ou 4 fois celui des globules blancs, et qui ressemblent à ceux du thymus (voy. Henle, Zeilschr. f. rat. Med., t. Vif, p. 44) ; ces éléments ont été rencontrés par Hassall dans des caillots fibrineux du cœur; 5" des cellules analogues à celles du pus ; dans les cas d'hypertrophie de la rate et de sang blanc (Virchow), ces cellules sont en nombre énorme ; il est impossible de les distinguer des globules blancs; souvent, d'après Virchow, elles ne contiennent qu'un seul noyau ; 0° des cellules fasi formes pdles ou colorées (Virchow, Arch., II). Il nous reste à dire un mot des éléments morphologiques qui se produisent clans le sang extrait du corps ou arrêté dans son cours, c'est-à-dire des caillots fibrineux et des cristaux. Les premiers se rencontrent, en général, dans le sang coagulé sous la forme de fibrilles minces irrégulières, fortement enchevêtrées les unes dans les autres ; parfois ces fibrilles ont plus de largeur (0""",()02 à 0"m.007), elles constituent alors des fibres rectilignes bien calibrées, suivant Nasse, on y trouverait aussi quelquefois des lamelles analogues aux lamelles épidermiques. J ai rencontré en 1 8 49 (Zeilschr. für iviss. Zool., 1, p. 266, Todd's Cgclop. o{ Anal., art. Spleen, j>. 792, et Mikr. Anal., H, p. 280) des cristaux rouges dans le sang normal du chien, de quelques poissons et d'un python; ces cristaux étaient soit dans l'intérieur des cellules sanguines, soit dans le sérum, notamment dans la rate et dans le foie. Leur présence dans le premier de ces organes m'avait j aru démontrer qu'ils existent déjà dans le sang pendant la vie, et qu'ils sont formés par une substance voisine de l'hémaline et de l'hématoïdine (Virchow); mais j'ai montré qu'ils se dissolvent dans l'acide acétique, l'acide nitrique et. les alcalis caustiques, eonséquemment qu'ils ne sont point identiques avec l'hématoïdine. Plus récemment Funke, qui ne connaissait point mes observations, a retrouvé ces cristaux à l'état de liberté dans le sang du cheval, du chien, de 1 homme et des poissons ; il a fait à ce sujet des recherches très importantes [De sanguine venœ lienalis, Lips , 185'; Henle' s Zeilschr. N. Folge, t. I, p. 172, et Neue ßeobneht. üb d. Krystalle d. Milzvenen u. Fischblutes, ibid., Il, p 199). qui prouvent que ces cristaux se forment en dehors du corps. Funke supposa qu'ils sont constitués par la globuline des corpuscules unie à de l'hématine. Lehmann, à qui nous devons de beaux travaux sur ces cristaux, a confirmé ces idées par des analyses exactes '[Phyè. Chan., 1853, I, p. 365, et II, p loi). Il a montré aussi que les curieux tétraèdres rouges formés d'albumine et décrits par Reichert en l'année 1849 [Müll. Arch.) dans les enveloppes des œufs du cochon d'Inde, n'étaient autre chose que de semblables cristaux. (Voyez pour plus de détails les ouvrages mentionnés plus haut, et mon Anal, nucrosc, II, 2, fi g 585 et suivantes.) J'ajouterai cepen- Fig. 301.
dant l'observation suivante : les cristaux
d'hémato-cristalline (Lehmann) ou cristaux de g lobuline, comme je les appelle, se forment très facilement lorsqu'après avoir couvert d'une lame de verre une goutte de sang un peu desséchée, ou bien le sédiment rouge qui s'est déposé dans le sang battu et qu'on a préalablement étendu d'un peu d'eau, on laisse le liquides "évaporer lentement Ce sont des aiguilles, rougesou incolores, des colonneltes, des tablettes, appartenant probablement au système rhomboidal, parfois aussi des tétraèdres, des octaèdres (cobaye, rat, souris), ou des tablettes hexagonales (écureuil); ces cristaux
Lu;. 301. — Cristaux extraits du sang frais. 1, cristal prismatique de l'homme} 2, tétraèdre du cochon d'Inde; 3, plaques hexaédriques de l'écureuil. D'après Funke.
sont remarquables par leur peu de stabilité ; ils se détruisent à l'air, et se dissolvent dans l'eau, dans l'acide acétique, les alcalis et l'acide nitrique. L'alcool les rend insolubles ; mais l'acide acétique leur donne ensuite un volume triple ou quadruple, tandis que le lavage les rend à leur volume primitif (cristaux de Reichert). Chez l'homme, les cristaux se forment facilement dans le sang des cadavres. — Teichmann prétend avoir obtenu également des cristaux rouge brun et noirs, en traitant du sang par l'acide acétique; ces cristaux ressemblent fort à l'hématoïdine de YirchoWj et, d'après Feichman, seraient formés d'hématine..
§ 227. ■ — Considération*» physiologiques. — Les artères et les veines se développent suivant deux types différents. Dans le premier type, qui se trouve réalisé probablement lors de la formation des premiers vaisseaux de l'embryon et de quelques-uns de ceux qui naissent plus tard, ainsi que dans le développement du cœur, les premiers rudiments des vaisseaux sont des traînées de cellules plus ou moins larges et sans cavité centrale ; celle-ci se développe par liquéfaction des cellules internes, dont une partie se transforme en corpuscules sanguins; les diverses cavités, d'abord séparées les unes des autres, deviennent bientôt contluentes et forment alors un canal complet. Lorsque les vaisseaux sanguins et le cœur sont restés quelque temps dans cet état de canal celluleux, dans lequel le dernier organe se contracte déjà, les cellules qui composent leurs parois, à l'exception des plus internes, commencent à s'allonger pour produire, en se métamorpbosant, les divers tissus de fibres et les membranes des vaisseaux. En même temps les vaisseaux prennent plus d'ampleur, ce qui, dans l'origine, dépend moins peut-être d'une multiplication de leurs cellules que d'une apparition à leur face externe de cellules nouvelles, formées aux dépens du blastème environnant; plus tard, au contraire, cet accroissement est dû principalement, et même exclusivement, à une augmentation dans la longueur et l'épaisseur des éléments constituants. Dans le second type, qui a peu attiré l'attention jusqu'ici, les vaisseaux d'un certain volume résultent d'une métamorphose des capillaires, à la surface externe desquels s'appliquent de nouvelles cellules, qui peu à peu donnent naissance aux divers tissus de fibres des artères et des veines. D'après mes observations, ce mode de développement serait beaucoup plus répandu que le précédent ; dans tous les cas, c'est d'après lui que se forment tous les gros vaisseaux qui naissent alors que les premiers rudiments des organes existaient déjà. Au cinquième mois de la vie fœtale, tous les vaisseaux d'un calibre considérable ou moyen présentent déjà, dans leurs parois, des membranes et des tissus évidents ; et l'on n'y retrouve plus aucune trace des cellules formatrices. Mais ces tissus sont encore bien éloignés de leur état parfait : les fibres musculaires sont courtes et délicates ; à la place des forts réseaux de fibres élastiques, on ne voit que des fibrilles très ténues, et au lieu des futures membranes élastiques, on ne rencontre que des couclies de cellules fusiformes plus ou moins confondues ensemble. Seule, la membrane interne à fibres longitudinales se montre déjà, dans beaucoup de vaisseaux, comme une tunique élastique homogène, sous-jacente àrépithélium ; elle n'existe point, cependant.
dans les petits vaisseaux, où elle est remplacée par une couche de cellules allongées, qui paraissent destinées à la produire. Chez l'adulte, on croit souvent rencontrer çà et là des cellules analogues clans les vaisseaux où la membrane élastique commence à disparaître. Les fibres musculaires du cœur, comme celles des autres organes, proviennent de cellules qui se réunissent entre elles ; je n'ai pu voir comment se forment les anastomoses de ces fibres, si elles sont dues à ce que certaines cellules formatrices se ramiiient, ou bien à ce que de petites séries de cellules s'appliquent latéralement à d'autres séries ; il est probable que les deux modes de formation se rencontrent.
Les capillaires se développent d'une tout autre manière que les artères et les veines; ils résultent, ainsi que Schwann et moi l'avons démontré, de la fusion de simples cellules. Dans une première période, il se forme des tubes d'un certain calibre de la manière suivante : Des cellules polygonales se placent en ligne droite les unes à la suite des autres ; puis elles se confondent ensemble, les parois par lesquelles elles se toucbent et le contenu sont résorbés; leurs noyaux, au contraire, persistent et restent appliqués contre la membrane de cellule, devenue maintenant la membrane du capillaire.
Sur les parois de ces petits vaisseaux on voit naître ensuite des prolongements délicats, terminés en pointe, qui s'étendent rapidement pour s'unir et se confondre avec des prolongements analogues, appartenant à fies cellules étoilées, disséminées dans les tissus voisins. En même temps d'autres prolongements de ces mêmes cellules s'unissent entre eux, de sorte que bientôt un réseau de cellules étoilées se trouve en continuité avec le capillaire ou les capillaires déjà existants. Ce réseau n'a jamais une grande étendue, car les prolongements et les
FlG. 302.
Fig. 302. — Capillaires de la queue d'un têtard, a, capillaires développés; b, noyau et restes du contenu des cellules formatrices primitives; c, prolongements d'un vaisseau terminés en cul-de-sac; tf, cellule formatrice éloilée, reliée par trois prolongements avec autant de prolongements de capillaires déjàcreiu; e, corpuscules sanguins renfermant encore quelques granulations Grossissement de 3*>0 d-amètres.
cellules les plus rapprochées des capillaires déjà développés se transforment très rapidement en capillaires nouveaux , par suite de l'augmentation de volume de ces prolongements à partir de leur racine et de la formation d'une cavité dans leur intérieur. C'est ainsi que naissent des vaisseaux d'abord excessivement étroits , ne laissant passer que le plasma du sang , de véritables vaisseaux séreux, qui bientôt s'élargissent progressivement, admettent les globules dans leur intérieur et constituent de vrais capillaires. Comme, dans cette évolution des prolongements des cellules étoilées, le corps des cellules ne se développe point d'une manière proportionnelle et reste simplement le point où se réunissent plusieurs vaisseaux, il s'ensuit que peu à peu s'évanouit toute trace du réseau de cellules primitif; si bien que plus tard les noyaux qui persistent indiquent seuls les points uù existaient les corps de cellules. Une fois que des premiers capillaires, comme point de départ, se sont développés des tubes plus fins, ceuxci. à leur tour, servent à l'élargissement ultérieur du cercle circulatoire, attendu que sans cesse les cellules étoilées les plus voisines se transforment en vaisseaux : en même temps de nouvelles cellules étoilées s'unissent aux vaisseaux fermés et fournissent des matériaux nouveaux à cette génération. 11 arrive aussi très fréquemment qu'entre des capillaires déjà perméables s'établissent de nouvelles connexions, par suite de la rencontre mutuelle de prolongements qui en naissent, ou bien parce que des cellules formatrices situées dans leurs mailles contractent des liaisons avec eux; de là résulte naturellement que le réseau primitif se rétrécit. Ce mode de production des capillaires est le même, d'après mes observations, chez tous les animaux, sans exception, pourvus de vaisseaux de cet ordre. Les différentes objections qu'on a soulevées contre cette théorie, créée par Schwann et moi. proviennent principalement de ce qu'on a cru que tout réseau intermédiaire, chez les animaux, entre les artères et les veines, est un réseau capillaire. Cette opinion est certainement erronée, et si les vaisseaux de l'auréole vasculaire, confondus à tort avec les capillaires, se développent d'après le type des gros vaisseaux, ce fait n'est nullement en opposition avec notre manière de voir.
Les capillaires du système lymphatique, qu'il est facile d'étudier dans la queue des têtards (fig 295), suivent, dans leur développement, la même marche que ceux du système sanguin (fig. 302 \ sauf que les anastomoses y sont peu nombreuses, et que les cellules fusiformes ou à trois prolongements principaux se rangent simplement en séries d'où résultent les vaisseaux. Nous manquons encore d'observations touchant les gros troncs lymphatiques ; mais il n'est pas douteux qu'ils se comportent exactement comme les vaisseaux sanguins. Tout récemment Engel (loc. cit.) s'est occupé des glandes lymphatiques : il avance que ces glandes proviennent de vaisseaux lymphatiques qui décrivent de nombreuses circonvolutions et d'où naissent des prolongements latéraux.
Le développement des corpuscules sanguins, chez l'embryon, est assez bien connu quant à ses périodes principales. Chez les mammifères et chez les vertébrés en général, les premiers corpuscules du sang sont des cellules a
noyau incolores, à contenu granuleux, et ne différant en rien des cellules formatrices des autres parties de l'embryon. Les premiers rudiments du cœur et des gros vaisseaux sont des cordons pleins: mais bientôt, au bout d'un temps plus ou moins court, suivant la région, il s'amasse du liquide (le premier plasma) entre les cellules centrales de ces cordons ; ces cellules sont ainsi mises en liberté et constituent les premiers corpuscules sanguins. Peu à peu elles perdent leurs granulations et se remplissent d'hématine, à l'exception du noyau. Ces premières cellules sanguines colorées, encore munies d'un noyau, sont sphériques, d'une couleur plus intense que les corpuscules sanguins de l'adulte, et d'un volume plus considérable (chez un embryon de brebis de 7 millimètres de longueur, ils avaient, pour la plupart, 0n,p,,01 à 0",n,,015 de diamètre; un petit nombre n'avaient que 0m",(J054 à 0n,n,,O075; chez un embryon humain de 9 millimètres de longueur, leur diamètre était de 0mn\09-0mm, 15 d'après Paget). Elles ont, du reste, tous les caractères des globules de l'adulte, et constituent à cette époque, avec les cellules incolores qui les produisent, les seuls éléments morphologiques du sang. Bientôt un grand ^ nombre de ces cellules commencent à se multi- ' %• .. # plier par voie de scission. On les voit d'abord grossir, revêtir une forme elliptique, et même s'aplatir en partie , de manière à représenter des cellules qui ont jusqu'à 0nim,()2 de longueur sur 0mm,009 à 0m,n,Ö14 de largeur. Ces cellules, qui ont la plus grande analogie avec les corpus- p 303
cules sanguins des reptiles, renferment trois
ou quatre noyaux arrondis ; enfin , il se produit à leur surface un ou plusieurs étranglements circulaires, qui, devenant de plus en plus profonds , finissent par diviser les cellules en deux, trois ou quatre cellules nouvelles. Dès l'époque où le foie commence à se développer, ce mode de multiplication des cellules sanguines cesse dans toute la masse sanguine; bientôt aussi (chez les embryons de mouton de 25 millimètres de longueur), les corpuscules sanguins cessent de se produire aux dépens de cellules formatrices incolores; mais dans le foie, ainsi que l'a supposé Reichert, et que je l'ai démontré directement, commence une production très active de globules sanguins, dont la cause peut-être rattachée à ce fait, que depuis lors tout le sang de la veine ombilicale, qui apporte à l'embryon de nouveaux matériaux nutritifs, au lieu d'être versé immédiatement dans le torrent circulatoire gênerai, se répand d'abord dans le foie. Pendant cette production de cellules dansles vaisseaux du foie, la multiplication par scission devient de moins en moins importante, et se trouve remplacée graduellement par une formation
t u;. 303. — Corpuscules sanguins d'un embryon de mouton, de 7 millimètres de longueur, a, gros globules sanguins colorés, à 2 ou 3 noyaux, eu voie de scission et à différentes périodes; 6, grosse cellule ronge et spbérique, dont le noyau commence a se diviser; c, cellule plus petite. Grossissement de 300 diamètres.
de cellules de toutes pièces. Au milieu du liquide sanguin, on voit naître des noyaux, qu'on trouve souvent à l'état de liberté ; ces noyaux s'entourent de cellules incolores, de 0mm,007 à 0mm,009 de diamètre moyen (extrêmes : ()""", 0034 et 0nm1,0U), qui ensuite se transforment en cellules à noyau colorées ; cette transformation a lieu en grande partie dans le foie, soit immédiatement, soit lorsque ces cellules se sont multipliées de la même manière que les premiers corpuscules colorés. Cette fonction du foie, qui explique le développement considérable de cet organe chez l'embryon et la quantité notable de sang qu'il reçoit, paraît durer pendant toute la vie fœtale ; du moins l'ai-je trouvée encore en exercice chez des fœtus de mammifères très avancés en âge, et même chez des nouveau-nés. Cependant elle diminue progressivement, peut-être à mesure que se développe et s'élargit le canal veineux, qui, d'après Rathke, est une formation secondaire, attendu que par ce canal une portion considérable du sang de la veine ombilicale est soustraite au foie et passe directement dans la circulation générale.
Quelle que soit la manière dont ont pris naissance les cellules sanguines sphériques et à noyau qu'on trouve chez l'embryon, les modifications qu'il leur reste à subir pour atteindre leur développement complet sont les suivantes. On voit leur surface s'aplatir déplus en plus, et même se creuser légèrement, tandis que leur noyau se rapetisse évidemment, et, sous l'influence de l'acide acétique, présente une grande tendance à se détruire. En définitive, les noyaux disparaissent complètement; les globules sanguins ressemblent alors à ceux de l'adulte par le défaut de noyau, bientôt aussi par la forme qui, au commencement, était quelque peu irrégulière. Quant à l'époque où se montrent ces cellules colorées privées de noyau, il est à remarquer que je ne les ai point trouvées sur un embryon de mouton de 7 millimètres de longueur, non plus que Paget sur un embryon humain âgé d'environ quatre semaines et long de 9 millimètres. Chez des embryons de mouton de 2 centimètres de longueur , ces cellules étaient extrêmement rares, tandis que chez ceux de 28 millimètres, elles formaient la grande majorité des cellules sanguines, et que, chez un embryon humain de trois mois, elles constituaient, dans le sang du foie, -J- des corpuscules colorés, dans celui des autres parties du corps, j à £ environ. Plus tard ces cellules l'emportent de beaucoup sur les autres : c'est ainsi que chez un embryon de mouton de 10 à 25 centimètres de longueur, les globules rouges à noyau ne forment que | ou | de la masse des globules rouges dans le sang du foie, et que, dans le sang des autres organes, elles ne sont pas plus abondantes chez les embryons avancés que les globules lymphatiques chez l'adulte. A quelle époque, chez l'homme, les cellules rouges à noyau commencent-elles à diminuer et à disparaître? Cette question n'est pas encore résolue; mais, sur un fœtus de cinq mois, Paget en a encore trouvé une assez grande quantité. Sur les embryons des mammifères, hune époque avancée, on trouve non-seulement dans le foie, mais encore dans tout le sang, des corpuscules colorés, ainsi que des cellules incolores, qui souvent sont aussi nombreuses
que les premiers, et qui proviennent évidemment en grande partie du foie : car dans cet organe, chez les embryons de mouton de 32 centimètres, les cellules incolores et les cellules à noyau à peine colorées forment certainement | de la masse totale des corpuscules sanguins ; peut-être aussi, dans les derniers temps de la vie fœtale, proviennent-elles en partie de la lymphe. Il est impossible de dire si ces cellules se transformeront plus tard en corpuscules rouges; il est certain, cependant, queles nombreuses formes intermédiaires aux deux espèces de globules qu'on rencontre dans le sang des veines sus-hépatiques, font complètement défaut dans le sang du reste du corps.
La formation des globules sanguins après la naissance et chez l'adulte, malgré les nombreux efforts qu'on a faits dans le but d'élucider ce point de la science, est toujours une des parties les plus obscures de l'histoire des globules sanguins. Je suis convaincu cependant que la doctrine qui mérite le plus de confiance est celle qui admet que les globules rouges du sang proviennent des petits corpuscules du chyle, lesquels perdraient leurs noyaux, s'aplatiraient et se chargeraient d'hématine. Ces corpuscules ont à peu près le même volume que les globules sanguins; quelquefois même ils ont un volume moindre ; ils sont pourvus d'une membrane analogue, un peu aplatis, assez souvent légèrement colorés en jaune ; des modifications qui ne sont guère plus considérables que celles que nous observons dans les cellules incolores du fœtus suffiraient donc pour les transformer en globules rouges. Où et comment se font ces modifications? c'est ce que personne n'a pu voir jusqu'à présent. Malgré tous mes efforts je ne suis jamais parvenu à trouver chez l'adulte un corpuscule rouge renfermant un noyau ; mais un fait qui attira mon attention, c'est que dans les veines pulmonaires, parfois aussi dans le sang des autres vaisseaux, les petits corpuscules lymphatiques présentent souvent une coloration rouge assez marquée, beaucoup plus évidente que dans le canal thoracique; si bien que, abstraction faite de leur aspect granulé, ils eussent été souvent difficiles à distinguer de véritables globules sanguins, couchés sur une de leurs faces; ils avaient aussi des noyaux plus petits que les autres: cette circonstance toutefois est loin d'être suffisante pour trancher la question. Mais on peut invoquer encore les analogies suivantes : 1° Chez tous les vertébrés d'un ordre inférieur, et la chose est très évidente chez les reptiles , par exemple, on peut observer, même sur les adultes, la transformation des corpuscules lymphatiques en cellules sanguines renfermant un noyau; 2° j'ai' démontré de la manière la plus irréfragable que, même chez les embryons humains, les globules sanguins rouges proviennent de cellules incolores, très semblables aux corpuscules lymphatiques. Si l'on ajoute que nous ne voyons aucune trace quelconque d'une formation indépendante ou autre de cellules sanguines, on m'accordera peut-être que mon opinion, d'après laquelle les corpuscules lymphatiques se changeraient en cellules sanguines, se trouve suffisamment justifiée. Si la transition entre les deux espèces n'a pu être observée
jusqu'ici, c'est probablement parce que cette transformation est tellement rapide qu'elle échappe à tous nos moyens d'investigation.
Si, dans ce qui précède, je me suis prononcé dans le sens d'une formation des globules rouges du sang aux dépens des éléments de la lymphe et du ehvle, je n'ai nullement entendu prétendre que tous les éléments de ces deux derniers liquides se transforment en globules sanguins à toutes les époques de la vie extra-utérine. Le microscope nous apprend, en effet, que toujours on rencontre dans le sang un certain nombre de gros globules blancs, à noyau multiple, ou à noyau simple se décomposant en deux ou trois par l'acide acétique; ces globules, qui bien certainement proviennent du chyle ou résultent d'une modification des éléments de ce liquide, ne sauraient néan moins être considérés comme devant plus tard se transformer en globules sanguins. Cela posé, il s'élève une question, c'est de savoir si peut-être les mutations des globules sanguins, leur formation et leur destruction ne sont point des phénomènes dont la durée est beaucoup plus longue qu'on n'a coutume de l'admettre, et si, par conséquent, les globules sanguins ne sont pas des éléments bien plus stables qu'on ne le croit généralement. îl m'est impossible de répondre catégoriquement à cette question ; je ferai remarquer cependant qu'aussi longtemps que notre corps croît et que la masse sanguine augmente, on ne saurait s'empêcher d'admettre une production de globules très active; mais il n'est nullement décidé si, dans cette période de la vie, les globules se détruisent, et c'est ce qui fait qu'il est impossible de déterminer la proportion des éléments du chyle qui subissent la transformation en corpuscules sanguins. Chez l'adulte, il parait certain qu'après une perte sanguine ou un appauvrissement quelconque du sang, ce liquide, avec ses globules, se régénère dans un certain laps de temps : mais il est loin d'être démontré que dans les circonstances ordinaires les globules sanguins se détruisent et se reproduisent d'une façon quelconque. Comme les preuves d'une formation de globules nous font défaut, il ne nous reste, pour décider la question, que le fait bien connu de la destruction de ces globules ; mais ce fait ne permet point de conclure à une modification incessante, s'opérant à de courts intervalles dans les éléments du sang; car, bien que l'on trouve dans la rate de beaucoup d'animaux une foule de corpuscules sanguins en voie de décomposision, il n'est nullement démontré que cette décomposition soit fréquente et régulière. Tout bien considéré, je crois qu'il est impossible, d'après les faits connus, de donner une réponse précise à cette question : Quand et dans quelle mesure les corpuscules sanguins se détruisent-ils chez l'adulte? Cependant j'incline à admettre que les éléments du sang sont loin d'être aussi transitoires qu'on le croit généralement.
Je dois ajouter que, dans ces derniers temps, plusieurs auteurs se sont prononcés dans le sens d'une formation de globules sanguins aux dépens des cellules incolores. A l'appui de cette opinion, Lehmann invoque la grande quantité de globules blancs que l'on trouve dans les veines sushépatiques : Funke, ceux des veines spléniques ; à tous deux il paraît vrai-
semblable qu'il se forme de nouveaux globules sanguins dans les vaisseaux du foie et de la rate. A mon avis, il faut être très circonspect dans cette question, tant que l'on n'aura pas observé directement la transformation des globules blancs en globules rouges. Nous connaissons trop peu le rôle que jouent les globules blancs dans le sang, pour qu'il soit permis de conclure, de leur présence, à une formation de globules rouges. Je dois dire cependant que j'ai observé dans ces derniers temps que chez les jeunes mammifères il se produit des globules rouges dans la pulpe splénique, et que cette production a lieu aussi dans le sang du foie, il me paraît vraisemblable, d'après cela, que chez les animaux adultes également la rate est le siège d'une génération abondante de globules blancs, qui se transforment en globules rouges dans cet organe lui-même, peut-être aussi dans le foie.
Gerlach et plusieurs autres anatomistes ont pensé que les cellules remplies de corpuscules sanguins que l'on rencontre fréquemment dans la rate, parfois aussi dans le sang artériel, jouent un rôle dans la formation des globules rouges. Cette opinion doit être rejetée, car les corpuscules de toutes ces cellules sont en voie de destruction.
La question de savoir si des globules blancs peuvent prendre naissance dans le sang lui-même, et où se forment les globules rouges, a été examinée dans mon Anatomie mîcrosc, II, 2, p. 598 et suivantes.
L'élude du cœur est facile pour ce qui est des fibres musculaires ; on trouvera aisément des anastomoses de ces fibres sur chaque préparation faite avec un peu de soin. Le trajet des fibres du cœur présente, au contraire, de grandes difficultés. Le mieux c'est de se servir, pour les suivre, de cœurs conservés dans l'esprit-de-vin; de tout temps on a conseillé de faire bouillir dans l'eau des cœurs frais ou conservés depuis plusieurs semaines dans le sel, méthode que Purkyné et Palicki proposent de remplacer par la coction dans une solution de sel marin ou mieux de sulfure de calcium. Ludwig, après avoir enlevé le péricarde, place le cœur dans l'eau, et après chaque ablation d'une couche de substance musculaire sous l'influence d'une légère pression, il renouvelle cette macération. Pour étudier les vaisseaux sanguins, il ne suffit pas d'une simple dissection des diverses tuniques au moyen du scalpel et de la pince ; il faut nécessairement y ajouter l'examen de sections longitudinales et transversales, comprenant toute l'épaisseur de la paroi vasculaire. Dans ce but il convient d'étendre sur du papier et de faire sécher des fragments de vaisseaux ; on peut de cette manière faire des coupes, môme sur des vaisseaux d'un très faible calibre. Après avoir ramolli ces coupes dans l'eau, on les traite par l'acide acétique ou l'acide nitrique au cinquième, quand on veut étudier la distribution musculaire, par la soude caustique dans tous les autres cas ; ces réactifs ont aussi l'avantage de mettre en évidence le tissu élastique. Pour préparer rapidement l'épi thélium, la membrane élastique interne, la tunique musculeuse, j'ai trouvé les gros vaisseaux de la base de l'encéphale le plus convenables ; les membranes élastiques de la tunique moyenne sont faciles à isoler sur des pièces qui ont séjourné dans l'acide acétique concentré. Les fibres musculaires de cette tunique se voient par simple dilacération ; l'acide nitrique les rend très évidentes. Pour étudier les capillaires, on choisira de préférence le cerveau, la rétine, les têtards et les embryons; pour suivre leur développement on se servira des têtards, de l'allantoïde des embryons, de la capsule vasculaire du cristallin. Le sang sera examiné, autant que possible, dans le sérum même, ensuite avec les divers réactifs que nous avons mentionnés ; on n'oubliera pas surtout avec quelle rapidité s'altèrent les éléments du sang. J'injecte les glandes
lymphatiques avec de la gélatine colorée par du carmin, ou avec de la cire à cacheter et de la térébenthine dissoutes dans l'alcool ; on peut aussi faire des coupes sur des pièces durcies dans l'alcool.
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MEMBRANE FIBREUSE DE L'öEIL.