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STRUCTURE DES ÉLÉMENTS DE LA. LYMPHE

petits, de 0""",005 à 0""",ü07 de diamètre, et entourent étroitement un petit noyau ; souvent ils semblent en voie de se produire parla réunion de petites granulations. Lorsque le chyle a traversé les glandes mésentériques, il présente des cellules plus nombreuses et plus grosses : ainsi , dans les chylifères de la racine du mésentère (il en est de même des gros troncs lymphatiques), on trouve, outre les petites cellules dont nous venons de parler, une foule de cellules plus grosses, qui ont jusqu'à 0mm, 012 de diamètre. Eu môme temps se manifeste plus ou moins nettement, du moins chez le chien, le chat et le lapin, une multiplication des corpuscules lymphatiques par voie de scission, c'est-à-dire que les grosses cellules s'allongent et atteignent jusqu'à O""1',!^ et 0mm,18 de longueur, que leur noyau se divise en deux, et qu'enfin un étranglement, de plus en plus marqué à la partie moyenne, amène la séparation de la cellule en deux moitiés. Ce phénomène ne se montre plus guère dans le canal thoracique ; aussi les grosses cellules de 0""", 009 à 0mm, 011. de diamètre s'y montrent-elles en général très rares. Néanmoins, chez les animaux, les cellules y sont presque toujours un peu plus grosses que les globules sanguins, car elles mesurent 0""",0052 à 0""",()075; tandis que chez l'homme, elles ont toujours été trouvées plus petites (0""",005 en moyenne); c'est du moins ce que Virchow et moi avons observé sur un supplicié. Les noyaux de ces corpuscules, visibles seulement après additiond'acideacétique, étaient généralement simples et arrondis ; quelquelois cependant ils étaient crénelés, ou en forme de fer à cheval ou de biscuit ; rarement ils étaient multiples. Chez les mammifères, il y a peu de cellules dont les noyaux soient attaqués par l'acide acétique, ou présentent des étranglements dès l'origine, ou bien soient multiples (3 à 5), abstraction faite de celles qui sont sur le point de se diviser; parfois, cependant, on trouve de ces cellules, et même en assez grande quantité.

Le chylede l'homme, recueilli avec précaution, ne m'a jamais présenté de corpuscules rouges dans les circonstances normales ; chez les animaux, au contraire, on trouve toujours dans le canal thoracique une certaine quantité de globules rouges ; quelquefois on en rencontre également dans la lymphe de certains organes, tels que la rate. Comme ces corpuscules ne paraissent nullement se développer dans l'intérieur des vaisseaux lymphatiques, je les considère comme des éléments issus des vaisseaux sanguins, et tant qu'on n'aura pas établi qu'il existe dans la périphérie des deux systèmes vasculaires des communications directes entre eux, je suis d'avis que ce passage résulte de la déchirure accidentelle de petits vaisseaux sanguins, déchirure facile à concevoir quand on songe à la structure spéciale de la rate et des glandes lymphatiques. J'ai pu, d'ailleurs, observer directement cette déchirure sur des têtards. Je ferai remarquer encore que souvent j'ai trouvé dans le chyle des gros vaisseaux des cellules granuleuses brunes et sphériques, deOm,n,009 à 0""",01 de diamètre, analogues à celles que nous aurons à décrire dansle sang, et qui proviennent probablement des glandes lymphatiques.

D'après ce que nous venons de dire, il paraît certain que les corpuscules

ö/iO ËisfoLô&iB SPECIALE-

lymphatiques se développent comme des cellules, par suite de la formation d'une membrane autour de noyaux libres; ce phénomène se produit dans les radicules des lymphatiques, mais surtout dans les glandes lymphatiques, peut-être aussi dans les follicules solitaires et les groupes de Peyer, ainsi que dans les vésicules de Malpighi de la rate. A cette production s'ajoute, mais non toujours, la multiplication des cellules par voie de scission. Les corpuscules lymphatiques sont infiniment moins nombreux que les corpuscules sanguins, non-seulement dans les lymphatiques d'Uii calibre très petit ou moyen, mais encore dans le canal thoracique ; aussi la lymphe peut-elle être examinée facilement au microscope, sans qu'il soit besoin de la diluer en y ajoutant un autre liquide. Des estimations exactes, sous ce rapport, restent encore a faire; on peut dire cependant qu'il existe des différences considérables, et qu'un chyle laiteux n'est pas toujours riche en cor pu seules.

Brücke pense que les corpuscules de la lymphe et du chyle ne se forment que dans les glandes lymphatiques et dans les follicules intestinaux. Supposé que ces derniers versent leur produit dans les chylifères, l'opinion de Brücke est encore en opposition avec ce fait que dans les vaisseaux lymphatiques périphériques on rencontre également des cellules incolores, et qu'il en existe aussi chez les animaux dépourvus de glandes lymphatiques et de follicules intestinaux. A ceux qui soutiennent que les corpuscules du chyle peuvent naître librement dans les chylifères, Brücke objecte que ces corpuscules ne peuvent se développer aux dépens des gouttelettes graisseuses du chyle: mais nous lui ferons remarquer qu'aucun anatomiste sérieux n'a soutenu une sembla! le opini n. et qu'il n'est nullement nécessaire de supposer une telle transformation. Les cellules peuvent se former dans le chyle tout aussi bien que dans les glandes lymphatiques ; rien du moins n'empêche à priori de l'admettre.

§ 226. Du sang. — Le sang, tant qu'il circule dans les vaisseaux, est un liquide légèrement visqueux, composé de deux éléments seulement, les corpuscules sanguins, appelés aussi globules sanguins ou cellules sanguines, et la liqueur sara/uine, ou le plasma sanguin. Les globules sont presque tous colorés en rouge; untres petit nombre d'entre eux sont incolores. Soustrait à la circulation, le sang se coagule en général d'une manière complète, par suite de la solidification de la fibrille dissoute dans le plasma; plus tard , lorsque le principe coagulé s'est rétracté, le sang est divisé en caillot sanguin ou placenta, et en sérum. Le caillot est d'un rouge intense, et contient, outre la fibrine, presque tous les globules rouges et la plupart des globules blancs, ainsi qu'une portion des éléments dissous du plasma ; le sérum, au contraire, se compose du reste du plasma et d'un petit nombre de globules blancs du sang . Dans quelques cas, chez l'homme, sous l'influence de certaines maladies, le sang, avant de se coaguler, laisse déposer plus ou moins ses globules rouges au-dessous du niveau de la partie liquide ; on voit alors à la surface du caillot une couche incolore ou blanchâtre (couenne inflammatoire, crusta phlogistica), composée simplement de fibrine coagulée, de globules sanguins incolores, et d'une certaine quantité de sérum qui imbibe ces éléments solides

Les globules colorés ou rouges du sang, aussi appelés improprement globules du sang, sont de petites cellules sans noyau, de la forme d'une lentille aplatie ; ces cellules, qui sont le siège exclusif du principe colorant du sang, y existent en quantité si prodigieuse, qu'il est difficile de les étudier avec soin sans diluer le sang, et qu'ils semblent composer à eux seuls toute la masse sanguine. 11 serait sans doute delà plus haute importance de connaître exactement le a $ a.

rapport entre le plasma et les globules , le vo- a ®* ^ $ lume et le nombre de ces derniers; mais jusqu'à j ®$* 0 ces derniers temps , tous les efforts des investi- © Q gateursont échoué devant les difficultés du pro- *(Çq ^Jtm blême, et même les données de Schmidt, d'après v ^ f

lesquelles il y aurait dans le sang d'un homme FlG# 2i)8>

hl à 5h pour 100 de globules frais, ne peuvent

être considérées que comme approximatives. Une seule méthode pourrait conduire à des résultats certains, c'est celle qui consisterait a compter directement les globules sanguins d'une quantité parfaitement déterminée de sang, et à déterminer rigoureusement le volume des corpuscules (Vierordt); mais elle n'a été appliquée jusqu'ici qu'a la solution de la première partie de la question Vierordt, qui a eu le mérite d'imaginer celte méthode, a trouvé dans un millimètre cube de sang 5,055,000 globules; Welker, par une méthode un peu différente, en a compté U, 600,000 ; différences qui s'expliquent d'autant mieux que Vierordt a montré récemment [Arch. /. phys. Heilk., XIII, p. 260) que chez les animaux le nombre de globules sanguins varie dans la proportion de 1 à 3.

Si l'on examine les globules sanguins en eux-mêmes, voici ce qu'on trouve. La forme des globules est en général celle d'un disque circulaire biconcave ou aplati, à bords arrondis; aussi les globules se montrent-ils, aux yeux de l'observateur, sous un aspect différent, suivant qu'ils se présentent de face ou de profil. Dans le premier cas, ce sont des corpuscules jaunâtres, circulaires, dont la partie centrale, ordinairement déprimée, représente une tache claire ou foncée, suivant qu'elle est ou non au foyer du microscope; c'est ce dernier aspect qui a porté certains auteurs à admettre un noyau dans les corpuscules sanguins. Vus de profil, les corpuscules figurent de courts bâtonnets, de la forme d'une ellipse très allongée ou d'un biscuit. Quant à leur composition, les globules sanguins consistent chacun en une membrane de cellule incolore, très mince, mais néanmoins assez solide et élastique, et formée d'une substance protéique voisine de la fibrine, et en un contenu coloré, jaune sur les globules isolés, visqueux, composé essentiellement de globuline et d'hématine; dans ce contenu, on ne trouve, chez l'adulte, aucune trace de particules organisées,

Fig. 208 — Globules sanguins de l'homme, u, vus de face; b, vus de profil; c, globules empilés comme des pièces de monnaie ; d. globule devenu sphérique sous l'influence de l'eau ; f, globules ratatinés par suite de l'évaporation.

de granulations ou de noyau. Les globules sanguins sont donc des vésicules ; aussi le nom de cellules sanguines est-il celui qui leur convient le mieux. L'élasticité, la mollesse et la souplesse de leur enveloppe sont telles, qu'elles permettent aux globules d'adapter leur forme à celle des canaux plus étroits que leur propre diamètre, et de revenir à leur forme primitive après avoir été comprimés , aplatis, allongés ou modifiés d'une manière quelconque sous le microscope. Les corpuscules sanguins sont d'autant plus aptes à traverser des canaux étroits que leur surface est parfaitement lisse et polie, de sorte qu'ils glissent avec facilité sur les parois, très lisses également, des capillaires les plus étroits.

Le volume des corpuscules sanguins présente, chez des individus différents, des variations qui, en raison de la petitesse de ces corpuscules, ne manquent point d'importance. Voici les dimensions moyennes des corpuscules, d'après les observateurs les plus exacts : Harting (Pieck, microm.), qui a mesure des corpuscules frais, leur assigne 0'"m,00ö8 de largeur et 0inm,00l45 d'épaisseur ; Schmidt, dont les mesures ont été prises sur des corpuscules desséchés, a indiqué 0""',UÜ7 pour la largeur. Suivant Harting, le diamètre moyen des globules, chez des individus différents, varie entre

0 ,0058 et 0 ,0074; d'après Schmidt, entre 0 ,0065 et 0 ,0072. Ces

chiffres diffèrent peu de ceux que nous ont fournis les autres observateurs. Les différences trouvée* par Harting entre les deux dimensions extrêmes, chez

les différents individus, sont de 0""',0022 à 0 ,0035 pour la largeur, de

0m,n,0002 à 0""", 0011 pour l'épaisseur; ces dimensions extrêmes sont 0mm,00V2-0 ,u084 et ü""",0012-0mm,00t. Schmidt assure que sur 100 globules 95 à 90 sont d'égal volume. Quant au volume des globules sanguins chez le même individu, on peut dire d'une manière générale qu'il doit varier nécessairement aux diverses époques, qu'il doit augmenter ou diminuer, par exemple, suivant le degré de concentration du plasma ; mais des mesures directes, à ce point de vue, nous t'ont encore presque complètement défaut. Harting avance (pie les corpuscules sanguins d'un homme adulte, mesurés deux fuis a un intervalle de trois ans, ont présenté les mômes dimensions moyennes, tandis que chez le même individu , après un repas copieux, ces globules ont donné une moyenne plus petite (de 0",m,(100. 8) et des extrêmes plus considérables. Sous le rapport du nombre des globules sanguins, il est a remarquer que les observations laites jusqu'ici relativement a la quantité des principes solides qu'ils contiennent, permettent, de conclure, d'une manière générale, que les globules sont plus nombreux chez l'homme que chez la femme; qu'ils diminuent, de quantité après des saignées répétée s pendantla grossesse, après une longue abstinence ; qu'il en est de même dans certaines maladies, telles que la chlorose et l'anémie. Mais ce ne sont point là les seules variations qu'éprouvent les globules, et l'on ne saurait s'empêcher d'admettre que chez tout individu, suivant le rapport qui existe entre les substances ingérées et les substances excrétées, la masse des globules sanguin.; est soumise à des oscillations nombreuses et même journalières, dont la détermination n'a point été faite jusqu'ici. Le volume des cellules san-

guines est évalué par Harting, qui les considère comme des cylindres très courts, à 0mm,0763 millimètres cubes, et leur poids à 13" .dg4p7g de milligramme, leur poids spécifique étant supposé celui de l'eau, et abstraction faite de la dépression centrale. Si l'on admet avec Schmidt que le sang contient 50 pour 100 de globules, et que la masse totale du sang est de 10 kilogrammes, on arrive à cette conclusion que le nombre total des globules sanguins est de 65 billions, 570 millions. D'après Schmidt, le poids spécifique des globules est de 1,0886-1,0889 chez l'homme, de 1,0880- 1,0886 chez la femme. Ces chiffres concordent avec les données du môme auteur sur la masse des globules. Comparés aux autres éléments du sang, les corpuscules sont plus lourds que le sérum et le plasma. Dans le sérum ou dans le sang défibriné, ils forment, par le repos, un sédiment rouge; dans le plasma, au contraire, la coagulation rapide de la fibrine ne leur permet pas, en général, de descendre au-dessous du niveau flu liquide. Celte précipitation des globules, qui est plus ou moins rapide suivant leur propre densité et celle du liquide dans lequel ils sont en suspension, peut être déterminée aussi par leur accotement entre eux, manifeste surtout dans le sang inflammatoire; là, en effet, les globule, se précipitent si rapidement, qu'une portion du caillot est incolore. Le même phénomène s'observe sur du sang parfaitement normal; on le voit constamment, par exemple, dans les gouttes qu'on obtient en faisant une très petite ouverture à la veine, très souvent aussi dans le sang des saignées. Dans ces cas, les globules s'appliquent face à face les uns sur les autres, et forment de petites colonncttes ou des piles, sur les côtés desquelles peuvent s'appliquer d'autres piles, d'où résultent souvent des arborisations très compliquées, et même des réseaux qui couvrent tout le champ du microscope (fig. 298, c).

Outre les globules' rouges, on trouve dans le sang un certain nombre d'éléments incolores; ceux-ci sont de deux espèces : des granulations élémentaires, de nature graisseuse, et de véritables cellules. Les premières ne diffèrent en rien de celles du chyle (v. § 225); elles se rencontrent en nombre fort variable dans le sang : tantôt elles sont très rares, ou même font com pi élément défaut ; tantôt elles existenten nombre considérable ou même prodigieux, donnant au sérum une couleur blanchâtre ou laiteuse. ïl est probable qu'elles se montrent dans le sang chaque fois que de la graisse a été versée dans ce liquide par le chyle, par conséquent, avec une alimentation ordinaire, trois, six heures ou plus après le repas ; mais dans beaucoup de cas elles semblent disparaître pendant que le sang traverse les vaisseaux pulmonaires, attendu que Nasse (voy. Nasse, Wagner s Handio. î, p. 126) et d'autres ne les ont jamais trouvées dans le sang de la peau chez les personnes bien portantes. J'ai fait la môme observation sur mon propre sang. Chez les herbivores, au contraire, chez les oies, chez les animaux qui allaitent, l'existence de ces mo'écules dans le sang parait un fait constant; chez les femmes enceintes, après l'ingestion d'une quantité notable de lait ou d'eau-de-vie, chez les personnes soumise?, à la diète (par suite de la résorption des parties grasses du corps), les granulations graisseuses se ren-

contrent très fréquemment. — Les cellules incolores, on corpuscules blancs du sang, proviennent du chyle, et peuvent être appelées pour ce motif corpuscules lymphatiques ou chyleux du sang. Les unes ne renferment qu'un seul noyau, et ressemblent parfaitement aux petits éléments celluleux du chyle (voy. le paragraphe précédent) ; les autres contiennent plusieurs noyaux, et ont en moyenne 0nuu,0î de diamètre. Ces dernières sonttellement semblables

réactifs ont pour effet de donner de la transparence au contenu, qu'il n'est pas rare de voir s'échapper au dehors, sous forme de gouttelettes, à travers les déchirures de la membrane. Souvent l'action de l'acide acétique est plus énergique, et ce réactif transforme les globules blancs en corpuscules échancrés et comme étranglés à leur partie moyenne, ou même les divise en un certain nombre (quatre, cinq, six ou plus) de petites granulations colorées en jaune, tandis que la membrane de cellule se dissout graduellement. Les autres réactions de ces corpuscules incolores du sang sont les mêmes que celles de toutes les cellules. D'api ès les recherches de Donders et de Molescholt, la proportion de ces cellules auraitétéévaluéejusqu'iciheaucoup trop haut; en moyenne, on trouverait un globule blanc pour 357 globules rouges, ou 2,8 sur 1000. La proportion des globules blancs est plus faible chez les personnes à jeun, les petites filles non menstruées et les vieillards. La moyenne se trouve dans le sang des hommes jeunes, soumis à un régime pauvre en albumine; elle est dépassée chez les hommes et les adolescents nourris avec des aliments albumineux (3,5 sur 1000), chez les femmes enceintes (3,6), les femmes menstruées (fr,0) et chez les garçons (A, 5). Chez les animaux soumis à l'abstinence, les globules blancs diminuent, ainsi que Heumann l'a constaté sur des pigeons, et finissent par disparaître complètement, du moins chez les grenouilles. Un fait très remarquable, c'est l'augmentation, non-seulement relative, mais même absolue, du nombre des globules blancs à la suite des saignées; cette augmentation a été telle chez le cheval, il est vrai après une perte sanguine énorme (de 50 livres), que les globules blancs sont devenus aussi nombreux que les globules rouges. — Les globules sanguins incolores sont plus légers que les autres;

Fig. 299. — Globules blancs ou lymphatiques du sang, a , b , petites cellules, telles qu'on les rencontre dans le cariai tlioracique, a, cellule vue de face; b, cellule vue, de proiil ; c, e, cellules avec un noyau apparent ; d, d, grosses cellules, possédant plusieurs noyaux; e, c,e, les mêmes traitées par l'acide acétique, et dont le noyau est en voie de destruction ou détruit.

aussi sont-ils plus nombreux dans les couches supérieures du sang battu ou du caillot sanguin. Lorsque ce caillot est couvert d'une couenne, on rencontre toujours dans ce dernier une grande quantité de globules blancs, surtout si le nombre de ces globules a été accru par des saignées antécédentes; il arrive quelquefois, dans ces cas, que les globules en question formentla moitiéde la masse de la couenne (Donc! ers, Remak). Ils ont d'autant moins de tendance à gagner le fond du vase, qu'en général ils ne se réunissent point en amas un peu considérables ou en piles, bien que leurs surfaces soient moins lisses et qu'ils s'accolent facilement les uns aux autres.

Caractères des globules sanguins dans les diverses espèces de sang . — Quelle que soit la sensibilité aux divers réactifs que présentent les globules sanguins en dehors de l'organisme, leur forme n'en est pas moins constante dans l'intérieur de notre corps ; ainsi, non-seulement il est impossible de constater à l'état physiologique aucune différence notable et constante, soit entre les globules du sang artériel et ceux du sang veineux, soit entre les globules des différents organes; mais même dans les maladies les plus diverses, ces globules ne présentent pas la moindre altération appréciable. 11 est hors de doute, cependant, que, de même que la couleur et la composition chimique des globules sanguins, leur forme est soumise à certaines variations, certaines modifications dépendant du degré de concentration ou de dilution du sang, de la richesse plus ou moins grande de ce liquide en sels de diverses espèces ; mais ces changements sont si minimes, qu'il n'est nullement étonnant qu'on ait échoué jusqu'ici à les constater. Pour ma part, du moins, je dois déclarer hautement, avec Henle, que certaines formes exceptionnelles qu'on a signalées, telles que les corpuscules dentelés, les corpuscules sphériques plus petits, colorés ou non, ne se rencontrent jamais dans le sang en circulation. Peut-être parviendra-t-on un jour à reconnaître des degrés moindres d'aplatissement ou de gonflement. Mais dans ce genre de recherches, il faut ne jamais oublier avec quelle rapidité les globules sanguins changent de forme, et éviter de prendre pour l'état naturel une modification survenue en dehorsde l'organisme. Les rapportsde cjuantité des cellules sanguines paraissent bien plus variables que leurs rapportsde forme. Les globules rouges sont un peu plus nombreux dans le sang veineux que dans le sang artériel ; au premier rang, à ce titre, se trouve le sang des veines sus-hépatiques, qui, d'après Lehmann, contient beaucoup plus de globules rouges que celui de la veine porte, et qui l'emporte même sur le sang des veines jugulaires, plus riche en globules que celui de la veine porte. Les globules blancs, d'après mes recherches et celles de Funke, existent en grande quantité dans le sang des veines spléniques, où ils renferment tantôt un seul noyau et tantôt plusieurs. Lehmann assure qu'il en est de même du sang des veines sus-hépatiques, dont les globules blancs se distinguent, en outre, par les grandes différences de volume qu'ils présentent (voy. § 227). Ces particularités, que j'ai observées également dans quelques cas, mais non dans tous, ne me semblent point constituer un caractère

distinctif du sang des veines sus-hépatiques, car, sur des animaux parfaitement bien portants, j'ai trouvé une quantité non moins grande de globules blancs dans le sang delà veine porte, et Lehmann lui-même rapporte un fait analogue; il en est de môme du sang des veines pulmonaires. Les globules blancs sont plus abondants, du reste, dans le sang veineux que dans le sang artériel (Remak). Zimmermann a remarqué que ces globules n'avaient qu'un seul noyau dans la veine cave supérieure et la veine iliaque du chien, tandis qu'ils en contenaient plusieurs dans la veine cave inférieure.

On a fait une foule d'expi riences relativement à l'influence qu'exercent les divers agents chimiques sur les globules sanguins ; mais les résultats auxquels on est arrivé n'ont pas tous une grande importance; aus-i ne rapporierai je ici, d'après mes propres essais, que les réactions qui pourront éclairer l'anatomie ou la physiologie du sang. Traités par Veau, les globules sanguins commencent par prendre une forme sphérique : ils deviennent pins petits, leur diamètre transversal diminuant d'étendue, tandis que leur épaisseur augmente (0""",005 à 0'"m,0052) : c'est ce qu'on constate très bien sur des corpuscules empilés en colonne. Puis la matière colorante des globules est entraînée par l'eau, tantôt lentement et sans autre modification de volume, tantôt subitement et avec un gonflement progressif des corpuscules ; la liqueur sanguine se colore ainsi en rouge, tandis que les globules pâlissent et se transforment en vésicules ou cercles incolores, qu'il est souvent extrêmement difficile d'apercevoir Mais il est possible de les rendre plus évidents en y ajoutant de la teinture d'iode, qui les colore en jaune, ou certains sels (sel de cuisine, nitre, etc.), de l'acide gallique ou chromique, qui les font revenir sur eux-mêmes et dessinem plus nettement leurs contours; on peut se convaincre de la sorte que l'eau ne dissout ni n'altère les globules sanguins. Toujours quelques corpuscules isolés résistent plus longtemps à l'action de l'eau, et restent rouges alors que déjà tous les autres ont perdu leur principe colorant ; mais il n'est point démontré q ie ce soient là des corpuscule ■> plus jeunes ou plus vieux, comme on l'admet ordinairement. On pourrait dire, en faveur de la dernière hypothèse, que les vieilles cellules ont en général une membrane plus dense que les jeunes, et que les globules sanguins qui sont sortis du torrent circulatoire, ceux d'un épanchement, par exemple, deviennent avec le temps de plus en plus inaltérables ; mais il faut convenir 'que ni l'une ni l'autre opinion ne s'appuie sur des faits certains. Une foule de substances agissent sur les globules comme l'eau, mais plus énergiquemenl, en général, et môme en les détruisant : telle est l'action des acides et des alcalis, qui cependant n'ont pas tous la même énergie. L'acide gallique, l acide pyroligneux , l'eau chlorée, les solutions aqueuses d'iode, ïéther sulfurique, le chloroforme, exercent à peu près la même inlluence que l'eau Les trois premières substances transforment les globales en cercles pâles, mais distincts; tandis que l'éther sulfurique les convertit instantanément en cercles à peine visibles au milieu du coagulurn finement granulé qui se produit en même temps: le diamètre des globules ainsi altérés n'est plus que |ou i de leur diamètre primitif; mais on peut les rendre de nouveau un peu plus distincts en y ajoutant certains sels, tels que le nitre, par exemple. Je n'ai jamais vu, dans ces conditions, les globules se dissoudre d'une manière complète. Le chloroforme agit de la même manière, mais plus lentement ; il commence par rendre les corpuscule^ notable aient plus petits et brillants. — : V acide acétique au dixième fait pâlir instantanément les globules sanguins, au point qu'ils sont à peine visibles; mais dans cet état ils ne sont nullement dissous, et au bout de plusieurs heures on les retrouve encore sous la forme de cercles très pâles. Une solution au cinquième agit déjà plus énergiquement : dans l'acide acétique glacial, enfin, les globules disparaissent complètement, dans l'espace de deux heures, au milieu d'un sang brun et visqueux. L'acide sulfurique concentré

donne au sang une coloration noir brun; les corpuscules sont devenus pâles et difficiles à reconnaître, bien qu'ils conservent un peu de couleur; leurs contours sont confondus En y ajoutant du nitre ou de l'eau, qui donne naissance à un précipité particulier, les corpuscules redeviennent évidents, sous la forme de grains sphéfiques d'un jaune pâle. Au bout de quelques heures, la dissolution est complète. — V acide chlor hydrique concentré, qui colore le sang en brun et y détermine un précipité blanc, amène, quand il afflue lentement, un retrait dans la plupart des globules, dont beaucoup deviennent granuleux ; il produit aussi, dans quelques-uns, des déchirures à travers lesquelles le contenu s'échappe au dehors sous l'aspect d'un bâtonnet, formant au corpuscule comme un pédicule; puis tous les corpuscules pâlissent, au point qu'ils cessent presque d'être visibles, si l'on n'y ajoute un sel. Au bout de plusieurs heures, la plupart des corpuscules sont dissous; quelques-uns cependant résistent plus longtemps. — V acide nitrique colore le sang en brun-olive, et les corpuscules en vert ; ces derniers se ratatinent, mais ne diminuent point de volume; les uns sont pris dans le caillot qui se forme alors, les autres restent libres et couvrent le caillot. Après plusieurs heures, la dissolution n'est point encore opérée; pour être complète, elle demande plusieurs jours. Parmi les alcalin, la potasse agit le plus énergiquement sur le sang; une dissolution au dixième de ce réactif donne au sang une couleur noire et dissout instantanément tous les corpuscules, devenus d'abord sphériques et plus petits. 11 en est de même d'une dissolution au cinquième, laquelle ne laisse des corpuscules que des cercles pâles ; au contraire, une solution concentrée, formée de deux parties de potasse et d'une partie d'eau, n'altère point les corpuscules, si ce n'est qu'elle les rapetisse énormément : ces éléments conservent leur forme sphérique, ou bien ils deviennent dentelés ou plissés. Cette solution coagule le sang, qui prend au commencement une couleur rouge-brique, puis une couleur brune claire. En ajoutant alors de l'eau, on voit les corpuscules grossir plus que dans n'importe quel réactif, acquérir jusqu'à 0",n,,01i de diamètre, pour se dissoudre ensuite comme dans les solutions de potasse étendues. — La soude caustique et [ammoniaque caustique au d xième se comportent comme les solutions correspondantes de potasse; leur action est cependant un peu plus faible; une solution de soude concentrée ( l }, partie peur I d'eau) agit exactement comme la potasse concentrée. Le phénomène de la diminution de volume des corpuscules sanguins, que nous ont montré plusieurs des substances mentionnées précédemment, se manifeste clans beaucoup d'autres circonstances ; il dépend d'une soustraction d'eau opérée par toutes les solutions concentrées. Presque loujours, dans ces cas, la couleur du sang devient plus claire, en général rouge brique, parce qu'alors les corpuscules réfléchissent partiellement la lumière; ce changement de couleur, cependant, n'est pas en rapport avec le degré de retrait des corpuscules (Moleschott). Déjà la simple évaporation de l'eau du sérum suffit pour ratatiner plus ou moins les cellules, qui en même temps se transforment en globules arrondis, foncés, brillants de 0"'m,002 à ü""",0üö de diamètre, ou bien en corpuscules dentelés ou étoilés, ou enfin en lamelles diversement recourbées ou plissées. Teile est aussi l'action des sels métalliques ou autres, en solution concentrée, quand ils ne détruisent pas les globules, comme fait la piene infernale, par exemple. Donders et Molescholt ont étudié avec beaucoup de soin les réactions des sels solubles qu'on rencontre dans le sang; ils ont observé qu'a outées à un égal volume de sang, les solutions concentrées de ces sels (4 | artie de sel sur 7 d'eau) rapetissent les globules et donnent au sang une couleur plus vive ; l effet le moins considérable est produit par les chlorures de sodium et de potassium : le phosphate et le carbonate de soude, le nilraîe dépotasse agissent déjà plus énergiquement, moins cependant que le sulfate de soude ou de potasse. En solution étendue (1 partie de sel sur I 4 parties d'eau), tous ces sels colorent le sang en rouge vineux foncé et déterminent le gonflement des cellules, qui pâlissent et se dissolvent complètement en 4 ou 5 heures ; les combinaisons sodiques , abstraction faite du sel de cuisine, qui ne détruit pas les cellules du sang, ?v;i-sent plus rapidement que les composés potassiques. — L'alcool, la teinture diode,

Y acide chromique et la créosote, produisent les mêmes modifications que les sels concentrés: les deux premières substances rapetissent et ratatinent les globules, les deux autres les rendent en outre granuleux. La cré< soie est très remarquable sous ce rapport ; elle transforme les corpuscules du sang en partie en molécules et en sphères homogènes ou granulées, très foncées et même brillantes comme les granulations graisseuses, en partie en très belles vésicules transparentes, qui souvent deviennent polygonales par pression réciproque — 11 est très important, enfin, de rappeler l'action de l'oxygène et de l'acide carbonique sur les corpuscules du sang ; suivant que l'un ou l'autre de ces gaz est absorbé, soit dans l'intérieur du corps (dans le poumon ou dans les capillaires des organes), soit à l'extérieur, les corpuscules prennent une couleur vive ou foncée. Pendant que ces modifications de couleur se produisent, la forme des corpuscules ne varie point (J. Müller et Todd- Bowman , contrairement à Nasse et Harless). On peut répéter plusieurs fois l'expérience en se servant du mémo sang, sans altérer en rien les globules (Magnus, Bischoff, de l'Fspinasse, Reneman et Molescholt, contrairement à Harless). Les gaz en question agissent sur l'hématme isolée comme sur les corpuscules (Magnus, Marchand) ; il est probable que le changement de couleur ne dépend point d'une modification chimique de l'hématine. mais d'une action physique spéciale, qui trouve son analogue dans d'autres changements de couleur déterminés dans quelques liquides par certains gaz absorbés.

Corpuscules sanguins des animaux. — Les corpuscules sanguins des mammifères sont tous dépourvus de noyau et ont la même forme que ceux de l'homme; seuls ceux du chameau et du lama sonjt elliptiques et mesurent 0"m,,008 de longueur. Ils sont, en général, plus petits que chez l'homme; ceux du chien ont 0n"",065, ceux du lapin, du rat 0n,n',006, ceux du cochon 0""",0056, du cheval et du bœuf 0""",0052, du chat 0m,n,005, du mouton 0mm,045 ; les plus petits sont ceux du cochon d'Inde (()""", 002). Rarement les corpuscules sont plus gros que chez l'homme; ceux do l'éléphant, cependant, ont 0m,»,01. Tous les vertébrés d'un ordre inférieur, à très

peu d'exceptions près, ont des corpuscules sanguins elliptiques, '■^ c munis d'un noyau de la forme d'une graine de courge. Les f\ k corPuscules des oiseaux ont de 0""",009 à 0n,,",0 1 8 de Ion»

1 If ' Il 1 gueur, et un noyau sphérique ; ceux des reptiles mesurent de ■ I \ * j ()""",0I8 à 0"'"\052 en longueur, et renferment des noyaux ^IÏF , " sphériques ou elliptiques; les plus volumineux sont ceux des

2ÉàJ amphibies nus (grenouille, 0n-m,02o à 0mm,028 de longueur

1|1 y sur 0mm, 0 1 5 à 0""", I 8 de largeur ; protée, 0""",054 de longueur

sur 0""",035 de largeur; salamandre, 0""",05 de longueur). Les Fig. 300 corpuscules des poissons, enfin, ont en général 0mm,0!2 à

0""",015 de longueur; ceux des plagiostomes seuls mesurent 0""",02 à ()""", 032 ; ceux des lépidosiren, ()""", 042 en longueur et 0""!',025 en largeur. Les globules de la myxine et du pélromyzon ont 0n,,ll,0l de diamètre; ils sont arrondis et légèrement concaves sur leurs deux faces Vamphioxus n'a point de corpuscules, et le leptocéphale n'a que des globules blancs. — Les corpuscules sanguins des animaux invertébrés ressemblent aux globules blancs des animaux supérieurs, et sont presque toujours incolores.

On rencontre souvent dans le sang des éléments particuliers, qui n'y existent point normalement; ce sont : 1° des cellules remplies de globules sanguins, observées par Ecker et par moi dans les vaisseaux de la rate et du foie, quelquefois aussi dans les autres vaisseaux (voy. mon Anat. microsc, II, 2, p. 269 et suiv.) ; 2° des cellules granuleuses colorées ou, incolores, constatées par moi, Ecker, Meckel, Virchow et Funke, surtout dans les cas de fièvre intermittente et dans les affections de la

Fig. 300. — J. Cellules sanguines de la grenouille, a, Mie de face; b, vue de côté ; c, cellule décolorée par l'eau.

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